BT DU DUC DE BRETAGNE
« que pour moy contrarier Clichon le tient en celle opinion ;
• et tant qu*il soit en cel estât je n'entenderay à nul trait- « tié de paix , ne d'amour devers le roy. Guerre ne feray- « je point au roy , car c'est mon seigneur ^ naturel ' ; mais, « se par hayneuse et envieuse infourmation , il me fait « guerre , je me defienderay , et me trouvera-on en ma « terre , non point autrement , et tout ce vueil-je très-bien
• que le roy sache. »
Ainsi se démenoient ces traittiës rigoreusement entre le conseil du roy de France et le duc de Bretaigne, car le duc estoit maistre et sire de son conseil ; mais le roy de France ne Testoit pas , ainchois le conseilloient messire Jehan le Merchier, messire Olivier de Clichon, connestable de France, le Bôghe de Velainnes^ et ^ Montagu. Le duc de Bourgoingne qui cler veoit et ouoit sur ces traittiés , souffîroit bien que les raisons et deffenses du duc de Bretaigne fuissent jettées en place, et les soustenoit couvertement ce que il povoit, et avoit assés d accord son frère le duc de Berry, car il haioit trop grandement en cuer ceulx du conseil de la chambre du roy, pour ce que ils avoient destruit son trésorier Béthisach, sicomme ^ cy devant est devisé ^ que il fut honteusement justicié à Bésiers ; mais souffrir luy convenoit, car il n*estoit encoires pas heure du contrevengier.
En celle ^ détriance * demourèrent-ils plus de trois mois , tousjours séjournans à Tours, et ne povoient leurs traittiés venir à bonne conclusion , et furent sur le point de départir sans riens faire. Et estoit le roy de France en grant voulenté, euls partis de là et retournés en France, de faire ung grant mandement, et sur Testé qui venoit aler en Bretaigne et faire guerre au duc et à ceulx qui de son accord seroient
•"• Droitarier. — * Messire Jehan le Mercier. — * Messire Guillaume de. — •• Vous savés. — '-• Différence.