‹ Œuvres de FroissartChapitre 69 sur 75 · XIV. — raoïasART · texte numérisé non relu

XIV. — raoïasART

410 NOTflS.

Là faiioit bel veir Tordeiiaiiché Des nobles cheTalliert de Franche ; Ploitenrs j prendoient plnisâr.

Quant Tenoit ae laachea aanr.

On pealt bien clérement Teir»

Qni en Ini aToit congnissanche, Leqnelle partie an départir ÀToit rnienbc fiait à aon dëair Et le miealx monstre sa TaiUanche.

Regnanlt de Roie, ce sachiés.

Pu en la plache moalt prisiës.

Les XXX jours, de tonte gent.

Bouchicaut j fn essaachi^ Et de plnisenrs anctorisi^, Car il Jonsta moalt noblement ; Et Sempi le fist grandement :

Maint Englès bâti durement.

Chascun des iii fn resongni^ Des Englès. Qai le jugement Des iii Teult rendre justement.

Garde que soit bien oonssilli^ :

Che sont les trois dont parlé ay.

Pour lesquels che dit commenchai ; Car chascun a bien desservi Que on die de 11, tout pour Trai, Plus grant bien que dire ne sçay.

Onques telle TsiUanche ne ri.

Maint jour fn là, lors me parti Sain du corps, le cœur e^oil.

A Bottlongne je m*en alai.

Des joutes fi che dit droit chl ; A dire Toir, n*ai point falli, Onoques bourdes n'i ajoustai.

Ores pleust à Dieu» noble rois.

Que, en che lien, ii jours ou trois, Bnssiés esté lés tos amis

Qoi tons Bont sages et courtois,

Et les eassi^ Teas tous trois

Jouster contre vos annemis;

Bien diriës qae les flears de lis

Y avoient honneur et pris

Par les lii seigneurs. Cb'est bien drois,

Que leurs bienfais soient mëris.

Et chasoun d*eux mont conjols

En tous lieux et en tous endrois.

Tous cheulx qui parler en oront,

Je suis seurs, se repentiront

Que en chelle plache n'ont este.

Pluiseurs clames en parleront,

Quant le vray oy en aront.

Et leur en saront très-bon gré

De che qu'il ont si bien joustë

Sans estre blechië, ne navré.

Et plusieurs mëhaignë en ont.

Qrant honneur j ont conquestë.

Loës soit Dieux de majesté,

Quant si très-bien issu en sont.

Or peut-on faire, par raison.

Maint biau dit et mainte canchon

Des trois seigneurs dessus nommes.

Quant, de Temprinse de renon.

Sont à leur conclusion

Venu, ainsi que tous oës.

Cremn seront et redoutés ;

Partout en seront honnourés.

Et il y A noble ocoison.

Les Englès les ont molt loés

Pour che que bien se sont portés,

Sans orgeul, ne présumption.

Après les joustes, par ma foy, Faisoit bel à veir le conroi De nostre gent en Tabéle Et comment mes seigneurs, tous trois.

4lt

Se umUôêùî en noble airoi.

Pour festier la baclielerie« Leur donnoîeat, à ebière lie, A lOQper. Noble oompaignie

Y ot ante par plniatora iSoia.

Soolat ettoit, par mélodie.

De Teoir la feete Jolie,

Et emt eeU le court da roj.

CboTalliera et eaculére ploieeani

Y aroit, ûôsans les hooneara ; La fette en eetoit bien pirée.

Jehan Piquet, Hoetri de Boora Maietre d*oetel, lea xxx jours.

Parent de la feste lo^e ; Grand hoaneor j ont oonqnestée.

Or TOUS diray, 8*il foos agrde.

Les noms des Englès qui lea ooiin Ont fait à le feste doot^.

Deox hiraax de grant rsnoaunie Me les ont nommés par amours.

Je n'ai point mis les noms en rime Par consonans : en le minioM On ne porroit la rime faire Sur brief langage. Moût desplaire Peuvent leurs noms qui sont si fora.

Pour à rime bailUer aoort ; Car on ne les pelt acorder.

Sur brief si les veul reoorder.

Selonc mon sens, sans Tarier, Comme Bourbon et Bleu-LArrier Me les ont à nommer aprin.

Et TOUS dirai, soies toxis fins, L*eatrstenement des joum^ Es quelles les joustes doubt^ Se sont faites, de jour en Jour, Par hardement et par vigour.

HOTIt. 41S

Le jour dn dimenche repnit Forent à Feipine pendus Les deux escns dont parlé ay, XX jours en mai , il est tout vrai, iiiixx et ix aveuc mille ans Et iii cent, terés eooTenana, De rincamaction qu*ai dit.

Chi fault le rime de mon dit, Jusqnet à tant que parlé arai Dea Jouatea, plus que parlé n*ai.

Le lundi xxi* jour de mars Tan dessus dit joustèrent ;

Monseigneur Jehan de Hollande, comte de Huntiton, firére au roi d*Bn-

gleterre.

Monseigneur le conte Marissal d'Engleterre. Monseigneur de Biaumont.

Monseigneur de Cliffort.

Monseigneur Pierre de Courtenay.

Monseigneur Jehan Gouloffre, Monseigneur Jehan Roussel.

Monseigneur Thomas Salbinbreune.

Le mardi enssieTant Joustèrent :

Michidan.

Monseigneur Nicole Clifton.

Guilaume Scadron.

Yerlarquet.

Nicolas Sacton.

Thomas HaTestreton.

Monseigneur Guillaume Héron.

Jehan Lancastre.

Thomas Quari.

Monseigneur Thomas Toiblebot, chapitaine de Guines.

Monseigneur Thomas Climeron.

Le merqredi enssievant joustèrent :

414 MOTBS.

Jehan Sauvage .

Monseignear Bniiant Stapeleon.

Guillame Maqaeri.

Jehan Marque dit d*Itis8e.

Monseignear Jehan de Rondelle.

Nicolas Lx>nc.

Jehan TEscot.

Rogier Lono.

Monseignear Jehan d^Erbredcoart.

Monseignear Hère Hansse.

Janeqtiin le Maressal.

Richart de Bore.

Jehan Craqnenfert.

Le jeudi enssieTant Joost^nt :

Monseignear Henri de Doras.

Henri Gooloffre.

Jehan de Mellant.

Monseignear Jehan de Hacheberi.

J«han Moleton.

Robert Steri.

Jehan Halle.

Le landi enssievant JonstArent :

Monseignear Jehan de Holande.

Le comte Marissal.

Nicolas Richelai.

Richart Béton.

Monseignear Andrë Haqae.

Monseignear Hae de Loaterel.

Carmeliench.

Vaadeqainhalle.

Le mardi enssieTant :

Ooillame Creaseli.

Richart Sesacre. G6orge d^ÂIedon.

Richart EtoD.

Rogier Brale.

Jean Cafort.

Ooillame Horseble.

Thomas Bnigot.

Jehan Godistare.

Le merqredi ensdevant :

Jehan Treberton.

Henri Sadol.

Chriatofle Langueton.

Hae Draeten.

Tomelin Alberet.

Thomelin Trelbin.

Le lundi vii« jour d*apyrîl enseievant Tan mil cce iiii>> et x jonstèrent :

Monseigneur Maque Ravenette.

Monseigneur Bertelego.

Jehan Hëraut.

Thomelin Chaut.

Thomelin Herdebi.

Monseigneur Jehan Fissorin.

Robert Ferbî.

Jehan Nores.

Jehan Picarde.

Le samedi enssievant :

Monseigneur Hend de Persi.

Jehan de Coutenai.

Robert Bridelai.

Eloi Bardai.

Thomelin Nosenton.

Jehan Hareton.

416 nons.

La merqredi enasieTant :

Monaeignear le conte d*Erbj.

Monseigneur Jehan de Biaofort, battart de Lanelaati^.

Monieignenr Thomas Sabincorde.

Monaeignear Robert de Ferrières.

Le jeadi enssievant :

Monseigneur Richard d*Aledeberi.

Monseigneur Pierre Loqueton.

Jehan de CastiaTaine.

Thomelin Hodden.

Monseigneur Gautier Bolater.

Richart Doncastre.

Simon, esculer.

Monseigneur Ouillame Moenten.

Raulin Stamelle.

Jehan de Temistelbastre.

GniUame Hinqueboge.

Le samedi enssierant :

Thomelin Bredon.

Thomeli de Coti.

Jehan de Cusat.

Montenai.

Jehan d*Alingrinehe.

Le dimenehe enssierant :

Monseigneur Jehan Alecton, capitaine de NioK.

Robin Rocheferte.

Monseigneur Richart Sabian.

Thomelin Lon.

RichaK de Ronsuges.

JehaaWisj.

Somme, pour ent sçâToir virit^, C et T qui tout ont joiut^.

Mais point ne tooI mètre en oubli Qne le noble conte d*Erbi Eult contre chaecon de nos gens Chine lanohes, à vea de mon sens.

Ne parlerai point des asises :

Il en appartient les devises

As nobles gens qoi là estoient

Et à héraox qne on Teoit.

De Renault de Roie, ch'est cler»

Puis-je hardiment parler,

Qui Blanquetin Haie le bras

Percha (à jouster n*est point gas),

Et À Christofle Lancheton

Bouta, à jouster de randon.

Son fer par dedens le visage,

Par devant trestout le bemage.

Pluiseurs aultres biaux ooux assës

Y assist, dont vous or^

Le vérité dire plus À plain,

Car point ne sçai le chertain.

Mais Boudcaut» tout en ung mont.

Porta le seigneur de Biaumont,

Et son cheval jetta à terre :

Chi ne corrunt point ma matière.

Ung auitre jour, de coup de lanche.

Porta jus sire Hère Hausse,

Et sire Hère Hausse Ij :

Ensi fut 1» ju départi.

Et Sempi, le bon chevallier,

Fist en pluiseurs cas à prisier.

Car le conte englés Msrissal

Porta à terre et son cheval.

Et en la desraine sepmaine

n porta jus le capitaine

De Niort qu'on nonmie par son nom

Monseigneur Robert Electon»

De trèe-bel cop, sans neeon blasme,

Sicomme le Toiz et le Dune

Des gens d^honneor en li coaroit.

Poar dire raison et pour droit

Franohois j ont en grant honneur.

Encore sachi^, mi seigneur.

Que tels nu Englès ont horté A Tescu, qui point n*ont jonst^ Par leur dëiaute. Ch*est raisons Que chascun oie les nous :

Robert Oousel est appelles Che premier des malexcos^ ; Jehan de Haie, Jehan Strés, Thomas Chele, À ung brief mot, Thomelin Ansetonne ossi, De jouster a droit-lÀ fidll.

Rogier Langneferforte, pour foir, Y a &it tris-mal son doToir.

Regnault Bradesedebise PTa point empli son emprinse :

Robert Seninlarde n^est rien.

Juges furent, je tous di bien, De cheete feste noble et grande Le conte de Norbonbrelande poor Englès, Et, pour les Franchois, Ung cheTsllier noble et courtois :

Lanselot le Personne a à non.

Ore Techi le conclusion

Que TOUS dirai pour tout comprendre :

Je Ti les u escus despendre.

Chelui de guerre despendi

Le cheTsllier que je tous di.

Qui Lanselot est appelles ;

Et ung aultre moult renommés

Qui est sires de Saint-Saulieu,

Despendi adonc d« son lieu L'escQ pour les roches sëans.

Hostri de Boars fa emportans Le lanche. Che fa grant biaatës De veoir les solempnitës.

Là Ti le trompeté da roi ; Et sî Ti, en très-noble arroi, Le trompeté du noble conte De Saint-Pol. Je ne sçai le conte Des nobles mënestreux Jaans.

Et là fa (sÔB li poorsierans De monseigneur Jehan de Roie Hëranx, à solempnelle joie.

Des m chevalliers fu nommes Saint-Inglebert, et sermentés En avant du rbj des Franchois.

Dont chi me terai, car ch*est drois Que de Saint-Inglebert chi fine Le dit, la matère et la rime.

Void en quels termes la chronique de Berne rapporte la joute de Saint-Inglevert :

« Eodem anno videlicet }â9 CGC® octogesimo nono très milites Karoti régis Francias et de ejns hospitio, scilicet Buchicaudus migor , qui non mnltam post ftiit marescallus Francias ordinatus , Reginaldus de Roya et ille de Sampeio dominus factum recitatione dignum viriliter peregerunt. Nam contra omnes nobiles extraneos videlicet de Anglia, Danemarcia, Almannia, Boemia, Polonia et aliis regionibus et patriis hujus christianitatis , finiente februario, apud Sant-Inglevert domum quommdam religiosorum inter Boloniam supra mare et Kalesinm sitam, convenienter ubique ex parte eorum prsecognisatione pnedicta facta in regnis et regionibus snpradictis per heraldnm duels Lincastrise gallice dictum Lincastre, qnod erant parati ad sustinendnm omnes ci\]ascanqne conditionis , dumtamen essent nobiles , qui ibi ad eos venirent « et contra eos spatio XXX. diemm a prima die mensis martii, demptis dominicis et festivis diebus, cursus lancearum ferratarum atque aliarum ad rochetos facere volebant, tali conditions quod si qais eorum tamen quocnnque casu infirmaretur, eodem XXX> dierum

ifons. 411

D'après Cabaret d*Orroiiville, la garde de la ville d*Afriqiie itait confiée à trois princes sarrasins^ les rois de Tunis , de Tlemoen et de BoQgie.

Il s'agit ici de Mehédia, Tancien Aphrodidum , qne Charles Quint désigne encore dans ses commentaires sous le nom de ville d'Afrique. Il ne tut du reste pas plus heureux que le duc de Bourbon et forma vainement le projet de s*en emparer en 1535.

Tant de chevaliers , à ce que raconte Cabaret d*Orronville , avaient demandé à accompagner le duo de Bourbon, qne l'on avait manqué de navires. Le doge de Qénes s'appelait Antoine Adome.

Siège de Vendat (pp. 159-205). — Lorsqu'on s'éloigne de l'Allier pour gagner , À travers la forêt de Marcenac , la ville de Saint-Poui^ çain, on passe au pied du château de Vendat, dont les ruines s'élèvent à mi-côte sur un mamelon rapide et escarpé. (Yojez ï Histoire de l'aneien Bawrhonnais, par M. Allier, tome II.)

Sujpplice â^Aimerigot Marcel {p^. 205-211). — Froissart observe que, si Aimerigot Marcel avait « tourné ses argus en bonne vertu », il eût pu a moult valoir »• Le regret du chroniqueur s'adressait à la plupart des capitaines de compagnies, À la fois si braves et si avides.

Siège de la tnlle d'Afrique (pp. 211-253). — Cabaret d'OrronviUe rapporte que les Sarrasins répandaient une poudre d'un effet merveilleux sur les pierres qu'ils lançaient. Le feu qui s'j attachait, embrasait les retranchements des chevaliers chrétiens.

D'après la chronique 5006 de la Bibliothèque Nationale de Paris , les chrétiens perdirent au siège de la ville d'Afrique cent quatone chevaliers et environ cent soixante écuyers.

Joutes à Londres (pp. 253 269). — Le Religieux de Saint-Denis mentionne aussi les vifo reproches que l'on adressa en France au comte d'Ostrevant lorsqu'on apprit qu'il avait accepté l'ordre de la Jarretière de la main de Richard II.

Une partie de ce chapitre est publiée pour la première fois d'après le manuscrit de Breslau.

Y a-t-il quelques rapports entre les plaintes soulevées en France contre le comte d'Ostrevant, et la déclaration du 30 septembre 1390 par laquelle sa femme Marguerite de Bourgogne déclara renoncer à lli^tage de son père et de sa mère f

Fin de VexpédUion en Barbarie (pp. 269-280). — Au mUiea des •ooffnMces des chrétiens et de leur douloureuse anxiété on vojait

HOTES. 4t3

tenue obligiée aux rojs de France que à Dula aatree princes da monde.

« Item , que le roy a très-grant affection et désir de fidre cesser le scisme qui à présent est en TEglise et qui longuement a duré» et mettre TEglise en union par toutes les Toies et manières qu*il pourra bonnement. Et diront comment naguérss il entreprist de mener nostre Saint-Pôre À Rome , et Teust fait s'il n*eu8t esté empeschié pour le fait de la paix et aucanes autres besoignes.

« Item, que naguôres nostre Sain t-Pére escripvi au roy que une ligue devoit estre faicte es parties dTtalie ou préjudice de TEglise, et que il sentoit que le conte de Vertus estoit requis que il se Toulsist mettre en la dicte ligue : si requéroit qu*il pleust au roj qu*il Toulsist escrire au dit conte que il ne se meist point en la dicte ligue, car ce pourroit

estre trop grant préjudice en TEglise.

a Item, que tantost le roy euToia par deveiY ledit conte et lui escripTi et fist prier qu'il ne se meist point en la dicte ligue , mais iceUs empeschast À son povoir en tant qu'elle seroit ou préjudice de rÈglise.

« Item , que le dit conte , pour amour et contemplation du roy , ne se Toult pas mettre en la dicte ligue.

« Item, que nouvellement le dit conte de Vertus a euToiô, par devers le roy, messire Nicole de Naples et autres ambassadeurs À tout lettres de créance.

a Item, que les dis ambassadeurs en disant leur créance, entre les autres choses , ont dit de par ledit conte , que le antipape lui a fait assavoir que lui et tous les Ytaliens et le roy d'Angleterre entendent À faire une ligue à laquelle il caide induire le roy des Rommains, laquelle sera faicte pour garder lonneur de Tantipape, de l'Eglise et de l'Empire , requérant au dit conte que il se voulsist mettre en la dicte ligue : À quoy le dit conte , pour l'onneur du roy et pour l'amour et affection qu'il a À lui, ne y a voulu entendre.

« Item, ont dit les dis ambassadeurs de par le dit conte que de^à U plus grant partie de ceulx d'Ytalie ont fait une ligne et se sont alliés ensemble, par espécial les voisins de ses terres , et pour ce que il ne se vuelt allier avec eulx , il demeure tout seul , qui est et pourroit estre ou grant préjudice de lui et de son estât. Si requiert que le ray le veuille prendre en sa protection et sauvegarde , et vuelle faire alliance avec lui.

a Item, que nostre Saint-Père , qui de ce a oy nouvelles, a envolé messire Raymon Bernart devers le roy , pour lui prier qu'il vueille

Page 1