LES INQUIÉTUDES DE L'AMOUR
l JU armant ruisseau, c'est près de toi Que je viens respirer la fraîcheur du feuillage, Hélas ! sais-tu pourquoi , O ruisseau! ton aspect me soulage?
J'étais assise sur tes bords , Lorsque Tircis... le barbare! il m'oublie , Mais il m'aimait alors!
Jura de m'adorer durant toute sa vie.
Oui, disait-il, ce ruisseau que tu vois Remontera plutôt aux beux de sa naissance, Oui, plutôt que Tircis se dérobe à tes lois. O ruisseau ! mon Tircis a manqué de constance , Et moi, tendre toujours, j'ai gardé mon serment. Tu peux, oui , tu peux maintenant Remonter vers ta source.
Mais ton onde toujours fuit d'une égale course ; Infortunée! et cependant ,
DE GILBERT. rti:
Hélas ! il est trop vrai, j'ai perdu mon amant; Et je brûle pour lui ! je le regrette encore ! Et rien ne peut calmer le feu qui me dévore ! Peut-être une autre a su, mais moins belle que moi ,
Le ranger sous sa loi ; Peut-être, en cet instant, sa bouche lui répète Les sermens qu'il me fit de m'aimer à jamais.... Ruisseau! si quelquefois cette Xymphe inquiète Sur tes bords enchanteurs vient respirer le frais ,
Dis-lui que le berger qui l'aime , Que ce berger jura de m'adorer de même.
i68 ŒUVRES
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