‹ Œuvres de GilbertChapitre 30 sur 41 · A M. DORAT · texte numérisé non relu

A M. DORAT

y jour, pour dissiper l'ombre de ma tristesse , J'errais dans les détours de ces bois de lauriers. Immortels ornemens des coteaux du Permesse; Devant moi s'avançaient des poètes altiers , Leurs pinceaux à la main , le lierre sur la tête. Ce spectacle m'attire, et déjà je m'apprête A porter plus avant mes pas audacieux ;

Quand un mortel frappe mes yeux.

La douce Tolupté , mollement étendue, Près de lui sur des fleurs reposait demi-nue ; Et tandis qu'à l'écorce il confiait ses cbants , L'Amour, au doux sourire, aux yeux vifs et toucbans, La tête sur son corps indolemment pencbée, Lui soufflait tous les feux dont il brûle les cœurs. Les Grâces, à l'Amour enviant ces faveurs , Et l'âme de dépit profondement toucbée,

Autour de lui se rassemblaient en cbceurs ; Et , voulant que leurs mains eussent part à l 'ouvrage , S'approchaient en dansant, et le semaient de fleurs-. La Jalousie , en vain versant des pleurs de rage,

D'un antre me criait : Ces fleurs sont des pavots. Curieux , je m'approche , et ne vois que des roses Brillantes par leur pourpre et fraîchement écloses ; Connais-tu ce mortel, vainqueur de cent rivaux, Me dit l'Amour, surpris de me voir sur ses traces , Toi, dont l'œil, de sa gloire envisage l'éclat? Oui, dis-je, quand on voit un mortel près des Grâces , Craint-on de se tromper en disant: C'est Dorât.

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