STANCES A M. D’ARNAUD
Tu frémis, Gabrielle; et ma muse attendrie Pleure avec toi, te plaint et maudit ton époux.
Mais qu’entends-je? mes chants ont réveillé l’Envie;
'Et sa bouche me dit en écumant de fiel :
t « Crois-tu persuader qu’il n’est point de génie « Plus brillant que celui de l’auteur de Fayel?... »
Non : mais est-il une âme aussi tendre, aussi pure?
Et que devient l’esprit sans les trésors du cœur?
Un beau masque qui couvre une horrible figure;
♦ Il faut d’abord être homme, avant que d’êtro auteur.
J’aime mieux l’arhrisseau dont la tête modeste , >
Se chargé tous les ans de fruits délicieux.
Que le cèdre qui touche à la voûte céleste Et n’a que des rameaux à m'étaler aux yeux.
Maintenant que ma voix a chanté ta grande âme, D’Arnaud, goûte le prix de tes dons répandus. ^
J’ai peint tous mes malheurs. J’aime mieux qu’on m’en blâme Que d’avoir de leurs fruits dépouillé les vertus.