‹ Œuvres de Gilbert précédées d'une notice historiqueChapitre 18 sur 134 · STANCES A M. D’ARNAUD · texte numérisé non relu

STANCES A M. D’ARNAUD

Tu frémis, Gabrielle; et ma muse attendrie Pleure avec toi, te plaint et maudit ton époux.

Mais qu’entends-je? mes chants ont réveillé l’Envie;

'Et sa bouche me dit en écumant de fiel :

t « Crois-tu persuader qu’il n’est point de génie « Plus brillant que celui de l’auteur de Fayel?... »

Non : mais est-il une âme aussi tendre, aussi pure?

Et que devient l’esprit sans les trésors du cœur?

Un beau masque qui couvre une horrible figure;

♦ Il faut d’abord être homme, avant que d’êtro auteur.

J’aime mieux l’arhrisseau dont la tête modeste , >

Se chargé tous les ans de fruits délicieux.

Que le cèdre qui touche à la voûte céleste Et n’a que des rameaux à m'étaler aux yeux.

Maintenant que ma voix a chanté ta grande âme, D’Arnaud, goûte le prix de tes dons répandus. ^

J’ai peint tous mes malheurs. J’aime mieux qu’on m’en blâme Que d’avoir de leurs fruits dépouillé les vertus.

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