ODE AD PRINCE DE SALM-SALM
Le hasard, des hauts rangs dispensateur suprême, Rarement aux héros qu’il ceint du diadème
Asservit cent peuples divers ; '
Sur des trônes obscurs il cache leur naissance :
S’il avait aux vertus égalé la puissance,
Salm eût régné sur l’iinivers. ^
Oh! que d’infortunés partagent ses richessesl Tout parle, tout est plein de ses vastes largesses ;
Son peuple en instruit l’étranger;
La mère à ses enfants se plaît à les redire;
Et vaincus par ses dons, les cœurs, sous son empire. Courent en foule se ranger.
Rois, vous foulez aux pieds les droits de la nature!
Seraient-ils donc pour vous un vain son, une injure, Ces noms et de frère et de sœur?
Savez-vous honorer et chérir une mc^?
Jamais, sans défiance, avez-vous pu d’un’ frère
Presser le sein sur wtre cœur?
Ces paisibles vertus, au peuple abandonnées,
iU ODE AU PRINCE DE' SALM-SALM.
A mon héros aussi ie ciel les a données,
Pour embellir ses jours heureux ;
C’est elles qui d’un prince annoncent la sagesse : Comment un fils ingrat, un frère sans tendresse Serait-il un roi généreux?
J’ai vu, j’ai vu les arts toujours sûrs de lui plaire. Ainsi que des enfants auprès d’un tendre père,
Se rassembler autour de lui ;
Déjà les muses même, à sa cour honorées.
Célèbrent leurs beaux jours sur des lyres dorées. Présents de leur plus cher appui.
Tant de vertus, ô Salml auront leur récompense.
Nous payons tous les biens qu’un maître nous dispense , De dons égaux, mais' différents ;
Les grands sont les auteurs du bonheur du vulgaire;
Le vulgaire, à son tour, ést le dépositaire De la célébrité des grand s.»^
Je sais qu’à de faux dieux un vulgaire stupide *
A prodigué souvent un renom plus rapide