‹ Œuvres de Gilbert précédées d'une notice historiqueChapitre 29 sur 134 · ODE AD PRINCE DE SALM-SALM · texte numérisé non relu

ODE AD PRINCE DE SALM-SALM

Le hasard, des hauts rangs dispensateur suprême, Rarement aux héros qu’il ceint du diadème

Asservit cent peuples divers ; '

Sur des trônes obscurs il cache leur naissance :

S’il avait aux vertus égalé la puissance,

Salm eût régné sur l’iinivers. ^

Oh! que d’infortunés partagent ses richessesl Tout parle, tout est plein de ses vastes largesses ;

Son peuple en instruit l’étranger;

La mère à ses enfants se plaît à les redire;

Et vaincus par ses dons, les cœurs, sous son empire. Courent en foule se ranger.

Rois, vous foulez aux pieds les droits de la nature!

Seraient-ils donc pour vous un vain son, une injure, Ces noms et de frère et de sœur?

Savez-vous honorer et chérir une mc^?

Jamais, sans défiance, avez-vous pu d’un’ frère

Presser le sein sur wtre cœur?

Ces paisibles vertus, au peuple abandonnées,

iU ODE AU PRINCE DE' SALM-SALM.

A mon héros aussi ie ciel les a données,

Pour embellir ses jours heureux ;

C’est elles qui d’un prince annoncent la sagesse : Comment un fils ingrat, un frère sans tendresse Serait-il un roi généreux?

J’ai vu, j’ai vu les arts toujours sûrs de lui plaire. Ainsi que des enfants auprès d’un tendre père,

Se rassembler autour de lui ;

Déjà les muses même, à sa cour honorées.

Célèbrent leurs beaux jours sur des lyres dorées. Présents de leur plus cher appui.

Tant de vertus, ô Salml auront leur récompense.

Nous payons tous les biens qu’un maître nous dispense , De dons égaux, mais' différents ;

Les grands sont les auteurs du bonheur du vulgaire;

Le vulgaire, à son tour, ést le dépositaire De la célébrité des grand s.»^

Je sais qu’à de faux dieux un vulgaire stupide *

A prodigué souvent un renom plus rapide

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