‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 12 sur 59 · LES QUATRE SAISONS · texte numérisé non relu

LES QUATRE SAISONS

Toutes les quatre, plus ou moins, noUstutiMht,

tcmme!esjo)it!N))ettes.

~eiPfitntetnpo.

1. A moi, distiques', hâtez-vous Entants joyeux, éveiués ) 1 Hiche est !c jardin, i'ichcia campagne t Ici des ucurs pour les couronnesi i 2.–La campagne est riche en Heurs~ niais quelques-unes né sont belles qu'aux yeux; d'autres le sont pbur!e cceur seule-ment lecteur, choisis toi-même.

3. Bouton de rosé, tu es consacré à !a florissante jeune HUC) qui se montre a !a foisia plus bélle, la ptùs modeste. 4. Beaucoup de violettes attachées ensemble, et le petit bouquet ne paratt encore qu~une nour jeune ménagère, c'est toncmbtOno.

6. J'en connaissais une qui était svelte -comme un lis, et son orgueil était innocence.'Sàiomon n'en vit jamais de plus belle.

6.– Déjà se!evel'anc6!ic) et sa joitetcfe s'incline. Est-ce sentiment, est-ce caprice2 Vous ne devinez pas. t. Ces 6p!grammes sont tirées de quatre recueils di~ërents, queCoetheet Schiller aM!entpub)i~sen commun, La propriété de quetques-unes est Incertaine. Chacune de ces petites pièces se compose en efTet d'un heiametre et d'un pentamttre. 7. 0 jacinthe, tu bà)anccs<es nombreuses c~ô~hcs odo-rantes; mais les cloches n'attirent pas comme lés parfums. 8. –Violette de nuif, on passe devant toi quand le jour brille; mais, au chant du rossignol tu exhalés une précieuse senteur.

9. TubéreusCt qui triomphes et qui charmes en pléih air, demeure loin de ma tctè) demeure loin de mon cceur. 10. –Je vois de loin le pavoti il brille. Si je m'approche, ah je m'aperçois trop tôt qu'il n'est qu'une rosé menteuse. 11. Tulipes~ dédaignées par le connaisseur sentimental, un joyeux esprit aime aussi vos joyeuses corolles. 12. OEil!ets, que je vous trouve beaux! Mais l'un res-semble a l'autre, on vous distingue a peine, et je ne puis me décider.

13. Brillez des couleurs de l'aurore, renoncules, tulipes, asters t voici une feuille sombre, dont le parfum vous (ait honte. 14. Renoncules, aucune de vous ne m'attire et je n'en souhaite aucune: mais, entremêlées dans le parterre, l'oeil vous voit avec plaisir.

15.– Dites-moi, qu'est-ce qui remplit la chambre d'un suave parfum ? Le réséda, sans couleur, sans forme; herbe dis-crète et modeste.

16.–Tu serais l'honneur des jardiniers, mais, où tu te montres, tu dis < Cércs m'a semée elle-même, avec sa graine dorée.

17. Ton aimable petitesse, ton ceil charmant, disent tou-jours < Ne m'oubliez pas toujours N'allez pas m'oublier. 18. Quand les images de toutes les fleurs disparaîtraient aux yeux de l'âme, Ëléonorc,Ie cceur se représenterait ton image. ` image. t~ 19. L'amour se montre cruel avec moi. 0 Muses, jouez avec les douleurs qu'en se jouant il éveille dans mon sein. 20. Je possède des manuscrits comme aucun savant, aucun roi, n'en possède, car ma mattresse écrit pour moi ce que j'ai composé pour elle.

1. C'est toe~ranium triste. 2h Comme~ en Invcr.Iasemcncc negcrmequ'avcc lenteur commet eh été, elle croit et mûrit promptement, ainsi fut-it de monanëcttônpourtoi; 22. Les champs et les bois et les rochers et les jardins ne furent jamais pour moi qu'un espace A mou amie, et tu m'en 11 faisun séjour.

23. L'espace et le temps, je le vois bien, sont de simples fbrmesdelapensée) puisque~ avec toi) mon amie, ce petit coir mescmble infinit 24. Le soUci,il monte a cheval avec toi, ii monte sur le vais-seau l'amour s'empare de nous avec bien plus de tyrannie encore.

25. L'inclination est difficile a vaincre; mais,'si l'habitude, prenant racine, s'y joint insensiblement elle est insurmontable. 26. Quelle est cette fcuille~que je lis deux et trois fois de suite? Une lettre bonne et tendre, que m'écrit ma bien-aimée. 27. Elle me ravit et m'abuse peut-être. Q poètes et chan-teurs, 6 mimes, ma bien-aimée pourrait vous en remontrer. 28. --Toute la joie du poëte, de produire de bons vers, qu'elle là ressente avec moi l'aimable enfant qui les inspira) l 29. « Une epigramme serait trop courte pour me dire quelque chose de tendre?.Eh quoi, mon bien-aimC) le tendre baiser. n'est-il pas plus court?

30.-Connais-tu l'admirable poison de l'amour non satisfait? Il consume et restaure, il dévore la moelle et la renouvelle. 31. Connais-tu l'eflet admirable de l'amour enfin satisfait? Il enchatne doucement les corpS) s'il délivre les âmes. 32. C'est l'amour véritable qui reste toujours, toujours égal à lui-même, soit qu'on lui accorde tout, soit qu'on lui re-fuse tout.

33. Je voudrais tout avoir, pour tout partager avec elle je sacrifierais tout pour qu'elle seule fut a moi. 3~. Affliger un cœur aimant et devoir se taire les supplices qu'imagine Uhadamantc ne sauraient être plus cruels. 35. « 0 Jupiter pourquoi suis-je passagère ?~ demandait la beauté. Le Dieu répondit Je n'ai donné la beauté qu'aux choses passagères.

36. Et l'Amour, les fleurs, la rosée et la jeunesse l'en-tendirent, et tous s'éloignèrent en pIeuMntdu trône de Jupiter.

37. –Il iattt vivre, t! faUt aimer; la vie et l'amour <ihisse!)t~ 6 Parque t s! du moins tu coupais les deux fils en même temps t

~*An<<mtM.

38.– La vie produit des fruits pour l'homme: mais rare-ment ils pendent, riants et vermeils, à la branche, une pommehôussàlue.

39. Que le bâton de commandement règle la vie et les af-faires et laissez du moins l'Amour, aimable dieu, jouer avec la Muse.

40.–Enseignez) Cela vous sied biën~ et nous respectons l'u-sage: mais la Muse ne se laisse pas régenter par vous. 41. EmprUnteaPromethéesôhnambcàu; Muse, anime les hommes t Emprunte a l'Amour le sien, et hâte-toi de les torturer et de les ravir comme lui.

42.–Toute la création est l'ccuvre delà nature: Du trône de Jupiter jaillit l'cctair tout-puissant qui féconde et qui ébranle l'univers.

43.– Amis) ne faites rien qu'avec amour et sincérité l'un et l'autre vont si bien aux Allemands, auxquels tant de choses, hélas t vont si mal 1 44. Les enfhnts jettent la balle au mur et la ressaisissent: moi, j'aime ce jeu, lorsqu'un ami me la renvoie. 45. –Aspirez sans cesse au tout, et, si devenir vous-même un tout vous est impossible, attachez-vous à un tout comme membreutile.

46. JI est beau d'être inventeur soi-même, mais l'heureuse invention d'un autre, si tu la reconnais et l'apprécies avec joie, est-elle moins à toi?

47. Ce qui saisit l'adolescent, et captive l'homme et récrée encore le vieillard, aimable enfant, puisse-t-il rester ton heu-reux partage.

48. La vieillesse se rapproche volontiers du jeune tige et le jeune dge de la vieillesse mais les pareils se recherchent plus volontiers encore. 49. –Garde fidèlement l'image des nobles cœurs comme des astres lumineux, la nature les sema dans l'espace muni. 60. Quel est l'homme !e plus heureux? 'Celui qui sait sentir le mente étranger et Jouir du bonheur étranger comme du sien propre.

5l. Le temps nous donne beaucoup et nous 6te beaucoup aussi! mais que l'amitié des meilleurs te soit toujours une douce jouissance..

52. Fanatiques si vous étiez capab!edc saisir l'idéal, oh) i vous sauriez aussi, comme déraison~ honôrct'la nature. 63.–Qui nous devons croire, loyal ami? Je puis vous le dire croyez la vie.' Elle instruit mieux que les orateurs e! les livres.

54. Toutes les fleurs doivent passer, pour que les fruits succèdent ~voits seules, o Muses, vous donnez & la fois les {leurs et les fruits.

55. Je préfère là vérité nuisible à l'erreur utile là vérité guérit la douleur que peut-être c!!e nous cause. 56. Une erreur est-elle nuisible vraiment ? Pas toujours, mais errer est toujours nuisible. A quel point, on le voit au bout du chemin.

57. Nous n'aimons jamais les enfants étrangers autant que les nôtres t l'erreur, notre propre entant, nous tient au coeur. 58. L'erreur ne nous quitte jamais; mais sans. cesse un besoin supérieur éteve doucement à la vérité l'esprit qui la cherche; 59. Que nul ne soit égal & un autre, mats que chacun soit égal au plus grand. Comment y réussir? Que chacun soit complet en lui-même.

60. Pourquoi le goût et le génie veulent-ils si rarement s'unir? Celui-là craint la force, celui-ci dédaigne le frein. 61 < Tous les sages discours sont impuissants a propager le monde; ils ne sauraient non plus produire aucune œuvre d'art.

62. Quel lecteur je désire?. Le lecteur non prévenu, qui m'oublie, qui oublie et lui-même et le monde, et vit tout entier dans le livre.

63. Celui- *t est mon ami, qui chemine avec moi, quand je m'évertue: s'il m'invite à m'asseoir, je me dérobe pour l'heure.

64.–Comme je déplore proi~ndémeht que cette grahde~~ dignede marcher au but avec nioi,ne sache vbir'èn moi qu'un moyen! 1 65. Vante à l'enfant lés poupées; pour lesquelles il jette a\'cc passion ses petits sùUsi eh vérité, tu seras Un dieu pour les marchands etiesehiants. w 66. Comment la haturo s'y prend-ette pour unir dans rhommë tes hautes et les basses inclinations? Elle loge entre deuxlaYanité.

67. Je n'ai jamais estime !a race sentimentale vienhe l'oc-casion~ ces gens se montrent toujours de mauvais compères. 68. La gaHomanie, dans hoire époque troublée, comme autrefois la luthéromame fait receler là paisible culture. 69. Ce qui est passé de mode en France, les Allemands le jouent encore, car l'homme le plus orgueilleux flatte la popu-lace et rampe.

70. < La populace) oses-tu dire ? Ou est la populace ? Si les affaires allaient a votre guise, vous changeriez Yolonticrs les peuples en populace.

71. On naissent lés partis, chacun se tient de ce c6té-ci ou-do celUi-1~: bien des années se passent avant que le milieu les unisse.

72. Ces gens-là forment Un parti quelle entreprise cri-minelle 1 Mais tM~'c parti, à la bonne heure 1 c'est une chose toute simple.

73. Veux-tu rester libre, mon fils, apprends quelque chose de bon, modère tes désirs et ne regarde jamais au-dessus de toi.

74.–< Quel est, dans chaque condition, l'homme le plus noble? Celui qui incline toujours vers l'équilibre, quelles que soient ses prérogatives. y

75. Savez-vous comment les petits eux-mêmes pourront avoir quelque valeur? Qu'ils fassent bien les petites choses 1. Proprement le ~M~nMt'Mte, mais il fallait une expression s)'m«riq')0 et qui dût se prendre en mauvaise part. c'est Justement ainsi que tes grands souhaitent de faire les grandes.

76. Qu'est-ce que sainteté?' Ce qui unit beaucoup d'âmes ensemble, fut-ce même d'un lien léger) comme te jonc unit lacoûrbhhe. ` 77t'– Quelle est la sainteté suprême ? 'Ce qui) maintenant et à jamais, de plus en plus profondément senti, unit toujours plus intimement les àmés< 78.Quel est le plus digne membre'de'l~ citoyen sous toute forme, il est toujours là plus noble matière. 79. –« Qui donc est véritablement prince?* J'ai toujours vu que celui-là est véritablement princCt qui est capable de l'être. 80. Si l'intelligence manque en haut et la bonne volonté eh bas aussitôt la force mené, ou bien elle termine la querelle. 81:– J'ai vu des républiques la meilleure est celle qui pro-'cure aux gouvernants des charges et non des avantages. 82.– Que l'on connaisse son propre avantage, qu'on laisse à chacun le sien, et la paix éternelle sera faite. 83.–Nul ne s'en'tient volontiers à la part qui lui revient) et voilà le sujet de guerres perpétuelles.

84. H y a deux manières de dire la franche véritc tou-jours publiquement au peuple) toujours eh secret au prince. 85. Si vous blâmez un homme avec éclat, il s'obstinera, comme la multitude s'ôbstinC) quand vous la louez en masse. 8C. –Tu es roi et chevalier tu peux commander et com-battre mais, pour chaque traité) appelle ton chancclicrt 87. Habile et terme et actif, connaissant tout, adroit avec les supérieurs et les inférieurs i.. qù'H soit et qu'il reste ministre. 88. Quel courtisan j'estime?..< Le plus clairvoyant et le plus nn. Les autres qualités qu'il à peut-être encore, c'est a l'homme que j'en tiens compte.

89. De savoir si tu es le plus habile, cela n'importe guère mais sois le plus honnête, chez toi comme au conseil. 90. Je ne m'inquiète point de savoir si tu veilles, pourvu seulement que tu chantes/Chante, guetteur, ta chanson en'dor-mant, comme font bien d'autres.

91. –Automne, tu ne répands aujourd'hui que dé légères feuilles flétries une autre'fois donne plutôt des fruits mûrs.

POËStES.

~'ntw.

92.–L'eau est solide et lé neuve est un plancher. Le plus nouveau théâtre s'ouvre, la clarté du soleil, entre les rives. 93; –En vérité, oh dirait un songe ( Des images expres-sives de la vie voltigent, riantes et sérjeuses, sur la plaine de glace.

94. Nous avons Vu des siècles rester ainsi engourdis et gelés l'humanité et la raison ne taisaient que ramper au fond secrètement.

95< –Là surface toute seule détermine les chemins on tour-billonne là vie lasurtace est-elle polie, nous oublions le dan-ger voisin.

96.–Tout le monde s'efforce et s'empresse on se cherche et l'on s'évite mais la route plus unie les renferme tous dans sa gracieuse barrière.

97. Je vois glisser pele-mélc les écoliers et les mattres, et le commun peuple, qui,se tient au mi!ieU.

98.–L~ chacun montre ce qu'il sait; ni louange ni'Mamc n'arrêteraient celui-ci, ne pousseraient celui-h't vers le but. 99. Preneurs du charlatan, frondeurs du maitre, je voudrais vous voir ici mUets sur la rivc~ avec une rage impuis-sante.

100. Apprenti, tu chancelles, tu hésites et tu cràins la surface polie du courage I. tu brilleras un jour dans la carrière.

10<. -Tu veux déjà paraître étégant et tu n'es pas terme? Peine inutile! La force accomplie produit seule la grâce. 102. Tomber est le sort des mortels. Ici l'écolier tombe comme le màttre mais celui-ci tombe avec plus de péril.

103. Que le plus agile coureur de. la carricrc vienne à tom-ber, on rit sur le bord comme, la pipe la bouche et le verre à la main, on triomphe des vaincus.

.104. Glisse joyeusement) donne des conseils a l'écolier qui se forme, prends plaisir à voir le matfre, et jouis du moment.

105. Vois, déjà le printemps s'approche: par-dessous, l'eau ruisselante, et, par-dessus, le regard plus doux du soleil, cou-sument la glace. 106. Ce peuple s'est retire, cette société bigarrée est dis-parue; au~ mariniers et aux pécheurs appartient de nouveau l'onde Huilante.

107. Poursuis ta course, hage~ g)àcôh puissant, et~ si tu n'arrives pas au terme comme ghcon~ tu arriveras du moins comme goutte d'eau dans là mer.

Page 1