‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 13 sur 59 · SONNETS · texte numérisé non relu

SONNETS

je veut toucrt'~mour <n atmiht.

Toute forme vient d'en haut.

t. <eien<e snrpr~e.

De la grotte rocheuse, entourée de nuages, s'élahccavcc fracas un fleuve pressé de s'unir a l'Océan; quelque objet qui se re-flète dans ses eaux de ravins en ravins, il poursuit vers la vallée sa marche irrésistible.

Mais tout coup, entraînant après eHc en tourbiUons mon-tagne et foret, une Orcade se précipite avec func pour trouver la-bas le repos. KHe arrête le courant, cnc forme une barrière au vaste bassin.

!/ondejaiHit et s'étonne et recule, eUe s'cnnc et s'etevê) pour s'absorber cttc-mëme sans cesse. I! est arrête désormais, son élan vers !c père des fleuves.

HUc se balance et repose, refoulée en lac par le barrage. Les étoiles, en se reflétant, contemplent le scintillement des vagues qui battent le rocher, nouveUe scène de vie.

M. Agréable rencontre.

Enveloppe jusqu'au menton dans mon large manteau, je sui-vais la route rocheuse, éséarpée, obscure, puis je descendais 1. tes Sonnets do Goethe sont versifiés et rim~ssuh'aht tes r~tcs propres A co genre de pocsic. vers les froids pâturages, l'esprit inquiet, méditant une fuite rapide.

Tout a.c6up!ëhou\'cau jour se montra sàhsv~ ;.ÜhejCùne Me survint, Une figure céleste, aussi accomplie que les char-mantes temmes du monde poétique d'autrefois mon impatience, s'était calmée.

Cependant je nie détourne et jda laisse passer, etjemcscrrc plus étrôitcmeht dans tes pus de mon manteau, comme si je voulais ilerement me réchauffer eh moi-même.

Je là suivais pourtant. Elle s'arrêta. Adieu ma résolution t Je ne pus durer dans mon enveloppe; je la rejetai là bette était dans mes bras.

<Ht MaM be~Mcert 1 Devrais-je tant m'accoutumer à sa vue? Mais ce serait enfin pour moi une pure sounrahce) Aussi, je veux t'essayer des ce jour, je n'approcherai pas du charmant objet auquel l'habitude m'enchame.

Mais, 6 mon cœur, comment obtiendrai-je que tu me pardon-nes de ne pas te consulter dans cette importante affaire? Viens, nous exprimerons notre plainte en d'aimables chants, tristes et doux.

Vois-tu, cela nous réussit attentive au signal du poëte, la lyre résonne soUs mes doigts avec mélodie, pour offrir eh secret un sacrifice d'amour.

A peiney songes-tu, et voilà notre chanson achevéet Que faire maintenant? Si tu m'en crois, courons, dans le premier feu, courons la chanter devant cite.

BV. La Jexne <Ute parle.

Que ton visage est sérieux, mon bien-aimét Je pourrais te comparer à ce marbre, ton image. Comme lui, tu ne me donnes aucun signe de vie; comparée a toi, la pierre se montre sensible. L'ennemi se cache derrière son bouclier l'ami doit s'offrir à nous, le front découvert. Je té cherche, tu cherches à m'éviter du moins arrête-toi, comme cette figure que l'art a formée. Auquel faut-il maintenant que je m'adresse? Devrai-je essuyer la froideur de tous deux, de lui, que l'on dit sans vié, et de toi, qu'on appelle vivant?

pb~sïMs.

)73 Eh b!ch, sans ptds prodiguer'de parôtes/je Veux cottvnr (!e baisers cette pierre, jusque ce que ta jalousie vienne m'en ar-racher.

v· Vt–CrotMMCt.

Gentnie petite enfant, tu courais avec mol aux champs et aux prairies, dahs mainte journée de prmtemps. Une nllétte~mgnohne comme toi;'je voudrais, avec de tendres soins, la bénir comme père, et lui bâtir une maison." il, Et lorsque tu commenças a observer le mônde~ ionp!a!sir fut le soin du ménage. "Une sceUrpàrëille'ët je serais tranquille ) t Commejepourrais me fier ehelle, elle en moi! b Rien ne peut désormais arrêter sa belle croissance; je sens dans mon cœur lés brûlants transports de l'amour. La prèsserai-je dans mes bras, pour calmer mes douleurs? Mais, hélas ti) me faut maintenant voir eh toi une princesse; tu te montres a mes yeux imposante, inaccessible je m'incnnc devant ton regard qui m'effteure<

VM. Prottttom de Toy~e.

Il fauut me désaccoutumer du feu de ses regards; ils nede-vatent plus embeUir ma vie. Ce qu'on <ippe!!e destin ne se laisse pas attendrir je le sais bich~ et je m'éloignai trouble. !)es lors aussi je ne connus plus aucun bonheur je commençai d'abord à me désaccoutumer dételle et telte chose, jusqu'alors nécessaire rien ne me semblait nécessaire que ses regards. Vins généreux, chère Variée et délicate~ le confort et Je som-meil et les autres jouissances, la compagnie même, je l'écartai, en sorte qu'il me restât peu de chose.

Et maintenant je puis en paix courir te monde ce qu'il me faut,onletrouvepartout, et je porte avec moi l'indispensable..<, t l'amour t

VM. t,e ttépart.

J'étais insatiable âpres mi!!c baisers, et, avec un seul, je dus ennn m'eloigncr d'elle; après les douleurs, profondémcntsen-ties, d'une séparation cruelle, le rivage auquel je m'étais ar-raché,

Avec ses maisons, ses montagnes, ses collines, ses fleuves, aussi longtemps que je le vis distinctement, me fut un trésor de jouissances. Enfin dans le ciel fictif esta. le ravissant spectacle des ombres lumineuses, qui s'cuacaieni au loin. Et lorsqu'une fois la mer borhà' le regarda mon d~sir bru-iant retomba sur mohcceur: vivement afflige, je cherchais mon bien perdue- Soudain le ciel me parut resplendir it me sembla que rien, rien né m'avait échappée et que j'âYàis encore ~oui ce qui fut jamaismonpartage.

V<H.–)L<-t<re<c~atitHn<e.

Un regard de tes yeux dans les miens, Un baiser de ta bouche sur ma bouche. Qui aconnu, comme moi/cette volupté, autre chose lui peut-elle bien sembler aimable?

éloignée de toi~ devenue étrangère aux miens, je promène sans cesse mes pensées a !a rond6) et toujours cHes rencontrent cette heure, cétteheure unique. Ators je comhtehceapicurer. Kt puis insensiblement les larmes s'essuient. Je médis Il aime sans doutet H sait me trouver ici, dans cette solitude. Ht ne devrais-tu pas atteindre au loin?

'écoute !c murmure de ce soufne d'amour. Mon unique bon-heur sur la terre est ton aucctueux souvenir qu'il m'en vienne un signe de toi) 1

)X< Menxt~me te«re de t'amtmtp* Pourquoi cette lettre nouvelle? Ami, ne le demande pas ex-pressément car, au fond, je n'ai rien te dire; mais enfin cette feuille parviendra dans tes mains chéries.

Comme je ne puis aller, ce que j'envoie te portera mon coeur sans partagea avec ses joies, ses espérances, ses extases, ses tourments tout cela n'a point de commencement et n'aura point de fin.

Le jour présent, je ne veux rien t'eri dire, ni t'avouer comme, dans ses pensées, ses désirs, ses rêves,ses volontés, mon cœur fidèle vole et se tourne vers toi.

Ainsi j'étais un jour en ta présence, à te contempler, et je ne disais rien. A quoi bon le langage? Je sentais mon être ac-compli..

POËSIA~. 175

X<–<SMè*epe)'<antf.

Si je renvoyais d~bordcet~~ f~it,iJÍi,i}êhé~ ~ITJJe~ de la cou-vrir (le mon ëcrtture.~peut-~ire~tu la.remp passetentps, et tu me ~adresserais, à mo~~ :); Et~quand je Verr~is~i'enYeloppe\azurëe~ curieuse àûssit8t; comm~ tl stëd aux femmes, je la d~chtreràis/pour~ üè restât cachot et je lirais les mots qui, sortant de ta bouche, me ravissaient autrefois l 5.

C~e c/<n~ MtOM ,p~~ c<B~ bien /< Ainsi que tu apaisais doucement mon ardeur avec des paroles caressantes, et me faisais goûter troR de délices.- Je croirais même encore lire ton chuchotement, avec îeque! tu remptissàts mon âme de tes feux, etH~embeUissais à mes ycuxpourtôujours.i~

''Xt.–Kfémtttt.

} l, ,0 J.J J 1.1 Quand ta peste furieuse exerce ses ravages parmi Je peuple, on doit prudemment m!r la société de m6me) pour àvoirsu tarder et m'abstenir) je me suis souvent, garanti de maintes innuences.

Rt,bien que l'amour m'ait souvent favorisé) à la fin je n'ai pas voulu me commettre avec lui.'Aihsi en fut-il encore décès poètes !armpyantSt!orsqu'i!s couvaient leurs quadruples et iripicsrimes' Mais aujourd'hui !e chattment suit le coatempteur, cpmme si les serpents de feu des Ëumënides le poussaient des mon(s aux vallées, de la terre sur les flots.

J'entends le ricanement des gémeS) mais toute rénexion m'est ravie par la fureur des sonnets et le délire de l'amour.

XM.ré«'"tde!Weta.

t' l" Ma mignonne, voici, dans une botte, des douceurs de formes diverses. Ce sont les fruits des saints jours de Noël, de simples pâtisseries h distribuer aux enfants.

Je voudrais maintenant, par un savant et doux langage, ap-prêter, pour la fête, do poétiques confitures; mais à quoi bon Allusion à la forme du sonnet. de parères vanités? N'allons pas essayer d'éblouir par la flat-terie! 1 Toutefois H est une 'do~ceMr éhcoM~qu~du cœur~ coeur, qu'on peut savourer de loin celle-là, c'est jusqu'à toi seulement qu'éUé peut Yolert Et si tu éprouves alors'un aimabie souYêMr, pareti au sôùr'rë bri!!ant de l'ëtoite bten'cohnue~ tu ne dédatghëràs point cet humblepreseht. amx.

XtX.–ATerttMemeat.

Au dernier jour, quand resonneront les tM que toute vie ierrestre'àura cessé, nbùs sërotis tenus a rendre compte de' toute parole !nuii!e,écnappëe de nos!ev~e3/ L Qu'arrivera- t-it àtbrs dé toutes lés paroles" par tësqùeltes, avec tant d'amour, je t*aimani~sté mon désir de te plaire) si ettesnefontqueseperdreàtohorei!Ie?

C'est pourquoi, 6 ma Men~-aiméë, que ta conscience réné-chisse sérieusement, combien de temps tu as balahce~Mn que le monde né sounrc pas asôntourUneparëiUédoutéur. S'il faut que je suppute et que j'excuse tout ce que j'aurai inuti!cmcntdébité devant foi) le dernier jour durera toute une année.

XtVt–tjè*<tcepttq<tM.

VoUs aintex tes sonnets et voUs en écrivez! Misérable ifan-tais!e( La force du coeur, pour se manifester, doit cHerchcr des rimes et les accoupler t Enfants) croyez-le, votre volonté reste impuissante.

Libre de tous liens, l'abondance dû coeur s'exprime encore a peine; elle'veùt se concentrer, puis) semblable aux orages, éclatersur tous les tons, puis se replonger dans la' nuit'et le silence.

Pourquoi tourmenter et vous et hous-mémes ra rouler pas à pas) sur le rapide sentier, la pierre'mcommodë qui pesé en arrière ) pour causer toujours une fatigué nouvelle?

t<<Mtm)mcreux.

Au contraire, nous sommes dans le bon chemin! Pour tondre heureusement les corps les plus durs, il faut que le feu de l'amour brûle avec une extrême puissance.

roÉsiHS.

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