‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 40 sur 59 · II · texte numérisé non relu

II

En somme, les sciences s'éloignent toujours de la vie et n'y reviennehtqueparuh détour Car elles sont proprement des compendium de la vie elles réduisent en règle générale, en systèmes, les expériences exté-rieureset intérieures.

Au fond, elles n'intéressent qu'un monde particulier, le monde scienttGque :car,si l'on y convie aussi le public, et si on lui fait quelque part de ces connaissances comme cela se pra-tique dé nos jours, c'est Un abus, et la chose est plus nuisible qu'utile.

Les sciences ne devraient agir sur le monde qu'en donnant la pratique une direction plus éievée car, à proprement parler elles sont toutes ésotériques, et ne peuvent cesser de l'être que par le perfectionnement de quelques procédés pratiques. Toute autre participation ne mené a rien.

Les sciences, considérées môme dans leur domaine intérieur, sont cultivées avec l'intérêt de la circonstance et du moment. Une forte impulsion~ surtout si elle est produite par quelque chose de nouveau et d'inouï, ou du moins de~ puissam-ment encouragé, éveille une participation générale, qui peut durer des années, et qui) surtout dans ces derniers temps, est devenue très-féconde..

Un fait important, un aperçu ingénieux, occupe un très-grand nombre de personnes, d'abord seulement pour apprendre à le connattre, puis pour l'étudier, enfin pour le mettre en œuvre et le développer.

A chaque nouveau phénomène important qui vient a pa-raître, la foule demande a quoi il sert, et elle n'a pas tort, car elle ne peut apercevoir le mérite d'une chose que par son, utilité.

Les vrais sages demandent ce qu'est la chose en elle-même

PE~SËËS. i et par rapport auxautrcs objets, sans s'occuper do t'ut!!itë, c'est-à-dire de l'application a ce qui est connu et nécessaire a la vie cette application) de tout .autres cspnts, ingénieux, éveiDps, qui ont t'Itabileté et l'expérience techniques, la trouveront aisé-ment.

Les faux sages cherchent Uniquement a tirer) aussit6t que possible, de chaque découverte nouvelle) quelque avantage pour eux-mêmes) en tachani'd'acqUenr une vaine glôire, la propager) tant6t la développera tantôt a la'perfectionner) a s'en emparer vite, peut-être môme par anticipation: Ht, par ces actes prématurés/ils rendent incertaine la véritable sCieYicc; ils la troublent, et même ils eh amoindrissent évidemment la plus belle conséquence, l'épanouissement pratique. Le préjuge le plus funeste, c'est qu'une recherche quelconque dans le domaine des sciences hàturc)tes pourrait être punie d'excommunication.

Tout investigateur doit se considérer absolument coMme Une personne appelée a faire partie d'un jury. Sa tache est unique-ment de juger si l'exposé est comp!ct et explique par' des pièces claires, n'apres cc!à, it forme sa conviction et donne sa voix, que son opinion s'accorde ou non avec ccHo du rap-porteur.

Là-dessus il demeure également tranqui)!e) qu'it ait pour lui la majorité ou qu'i! se trouve dans la minorité, car il a rempli sa tache; il a exprimé sa conviction il n'est pas le maître des esprits et des cœurs.

A!ais ces idées n'ont jamais prévalu dans le monde savant; on ne considère absolument que l'autorité et la domination, et, comme itya très-peu d'hommes vraiment indépendants, la foule entraîne après cHe l'individu.

L'histoire de la philosophie, des sciences) de la religion, tout démontre que les opinions se répandent par Masses, niais que celle-là obtient la prééminence qu! est plus compréhen-sible, c'cst-a-dh'cquicst convenable et accommodée a l'esprit humain) dans sa condition ordinaire. Nous dirons même que l'homme qui travaille a son perfectionnement dans un sens é)cvé peut toujours présumer qu'il aura la majorité contre lui. Si la nature n'était pas aussi foncièrement stéréométriquo dans ses priuctpës inanimés, cohimënf pourrait-elle s'élever enfin a la vie incalculable, imrne~ l' Ii'hommC)'cniant'qu'h'a l'usage blen constltucis i est pa~!d!-m6mc!ëplusg~an~ etië'plusexac~~ sique qui puisse existera et le plus grand abu~~ inodërhë est d~aVoir) en quelque sortc~ sepai'é les expériences de l'honUne; de rëcohn'attrë là.hâture Uniquement dans ce que montrent 'des mstru)nehts ar~uÏcteis de vouloir' même limiter et déntohtrcrparëux ce qu'elle est M Il eh est de m6më du càlcul.'ll ya'un gran~~ choses Yraics'quihc se peuvent calcUlerj tout comme il yen a un très-grand qui ne se laissent pas réduire en expérience positive. ` Hn revanche, l'homme occupe une~ place si emtnentc, que ce qui est d'aiHeurs ihcxprimab!e s'exprime en lUi~Qu'est-cc donc (tU'une corde et toutes ses divisions mécaniques, auprès de ForcHië du musicien? On peut aitcr jusqu'à dire que sont les phénomènes élémentaires de la nature cHc-mcme~ auprès de l'homme, qui doit commencer parles mattriser tous et lesmo-dincr, afin de pouvoir eu quelque façon se les assimiler? C'est trop demander d'une cxpértehcc/ de prétendre qu'elle réponde à tout. On ne put d'abord produire que par le frotte-ment l'électricité, dont la plus puissante manitestatton s'obtient aujourd'hui par le simple contact.

i)e môme que l'on ne contestera jamais & la langue ffàncaise le privilège d'agir comme langage poli des cours et du ntondC) i en se développant et se perfectionnant toujours davantage, personne ne s'avisera de rabaisser les services que les mathé-maticiens rendent au monde dans leur langage) en traitant les auaircs les plus importantes, cUx qui savent rcgler/dctcrmihër et décider tout ce qui est soumis au calcul et a la mesure, dans le sens lé plus élevé.

Tout penseur qui jette les yeux sur son almànach) qui re-garde a sa montre, se rappellera les hommes auxquels il est redevable de ces bienfaits; mais, quoique, avec le plus profond respect, nous soutirons qu'ils règlent tout dans le temps et dans l'espace, ils devront reconnaitrc que nous avons décou-vert quelque chose qui est d'une tout autre portée, qui appar-'

PËKSËËS.

tient a tout lcmpnde;et,sans quoi ils ne pourraient eux-mêmes ni agir ni opérer, je YeUx dire et l'AMouR. Qui sait quelque chose de l'électHcité, disait dh naturaliste jovml, sinon quand il ~ôtte un/(~at dans l'obscurité, ou qUahd l'éclatr sillonne la nue,;et que le tonnerre gronde à côté de luit Quelle grande et quelle petite connaissance n'en a-t-il pasalorst .t..

Nous pouvons nous sërYtr~es ouvrages de Lichiënbërg' comme de la plus mervëhleuse baguette dtvmatoire chez lui souschaquëplaisahtëne"ëst,cacheunprobl~~ Dans le grand espace vide entre Mars et Jupiter, il sut loger, aussi une joyeuse boutade. Kant ayant soighëusemeht démon-tré que ces deux planètes avaient dévore et s'étaient approprie tout ce qui avait pu se trouver de matière dans ces espaces, LÎchtenberg dit; plaisamment, a sa manière ~Pourquoi n'y aurait-il pas aussi des mondes invisibles Ï Et n'a-t-il pas dit parfaitement .vrai? Les planètes noUvenement découvertes ne sont-elles pas invisibles pour tout le monde) excepte pour quel-ques astronomes, aux calculs et a la parole desquels nous de-vons ajouter foi t Rien n'est plus nuisible a une vérité nouvelle qu'une vieille erreur.

Les hommes sont tellement accables par les innombrables déterminations des phénomènes, qu'ils n'en peuvent démêler la cause déterminante, unique et primordiale.

"Si les voyageurs éprouvent une très-grande jouissance a grimper les montagnes, pour moi je trouve quelque chose de barbare et même d'impie dans cette passion. Les montagnes nous annoncent t il est vrtu, la puissance de la nature, mais non la bonté de la Providence. De quel usage sont-eiles pour l'homme? S'il essaye d'y établir sa demeure, une avalanche, en hiver, un éboulement, en été, ensevelissent ou emportent sa maison; les torrents entratnent ses troupeaux, les tour-billons ses granges. Se met-il en chemin, chaque montée est le tourment de Sisyphe, chaque descente, la chute de Vulcain;

1. Géorge-Christophe Uchtenberg, physicien, moraliste et littérateur estimé (t74'UM). son sentier est, chaque jour, encombré df: cailloux te torrent v n'est pas navigable;q~and ses troupeau~ ont ifouvét o"q"and~lachéttveMéntfamass~p~ 'è,lî~j:é:p~ti,Vt¡f noùr-riture, ils lui sont ravis pa~ les.eleme~ts ou'par les bêtes sau-vages; it mène Une vie soittaire~~ ,comme la mousse sur un tombeau.privé de toutes ies!dotic6urs de la vie et de toute société. Et ces crétes~dentelées, ces afTreuses parois de rochers~ ces pyraihtdés mfdrmes de granit, qui couvrent des~ horreurs du.pM les plus beaux espaces du monde, cpmmeQt un;cceur~bte~ plaire etunànudeshoc~esiesesttmèr?* A ce plaisant paradoxe d'un excellent homme on pourrait répondre que, s'it avait ptu à Dieu e~a~ !a,nattire 'dedévc~OPi>er et de prolonger jusqu'à l'Àttahttque le massif des montagnes de Nubie) et d'entrecouper quelque~ au sud, ces chaînes de montagnes, cela aurait produit des vaHëes, dans tcsqudies plus d'un père Àbraham aurait trouvé unChahaan, et p)us d'un Albert Julius Un FeisenboUrg~ où ses descendants, riYaltsant avec les étoiles, auraient pn aisëment se multiplier. Les pierres sont des instituteurs muets elles rendent muet l'observateur) et ce qu'on apprend de meilleur avec elles ne peutsecommumqucr.

Ce que je sais bien, je ne le sais que pour moi; une parole énoncée est rarement prontable;'elle provoque le plus souvent la contradiction, l'hésitation et le chômage. La cristallographie, envisagée comme science/donne lieu a des considérations toutes particulières. Elle n'est pas produc-tive, elle n'existe que pour elle-même et n'a point de consé-quences, aujourd'hui surtout qu'on a reconnu tant de corps isomorphiques) qui se présentent comme tout a fait différents par Jours éléments constitutifs. Comme elle n'est proprement applicable à rien, elle s'est développée en elle-même a un très-haut degré. Elle donne a l'esprit je ne sais quelle satisfaction limitée, étoile est si diverse dans ses détails, qu'on peut la 1.1'~< <te F<!Mn6ot<t'g est une !mitation assez heurouso de HoMnton Cr«M~, due~taptumedeLouisSchnabe!, qui !apuMia(t)3!-n4i) en quatre Yotunies, sous te titre de Aventures extraordinaires d6 quelques voyageurs et particu-ti~rement d'Atbert Jules do Gisander.

PH~S~HS.

dire inépuisable c'est pourquoi elle'captive si vivement et si longtemps incmë des hommes'dtstihgués~ >:

La 'crjstaliographie'à quelque' chose des hàbHudes" du "moine et du ccitbataire, et, par'consëqUéhi, elle se~~ E!!eh'asUrIavieaUc~neihnuencëpM~ cieuses. ~irôductidüs ~c~é·sdit'doinatiïe;~l`es p~èrréries'ciistdlliüés, cicUses productions i ~esOh'domaihe, les piërreries' i iÍCS; doivent d'abord être tàulécs, avant que nous puissions eh parer nos dames.

faut dirc'tout Ic'côhtràirc'dc la'chimïe, q~ a t daris n~ lâ"~·ie; l'applicàtidh là plus étendue et Ia~ plus vaste mtluencë. Nous ne pouvons absolument pas' concevoir l~idée 'de cohi-menccmeht' :àussi', quand nous voyons' une 'chbsc'~prëndre naissance ) nOUs pensons qu'efte était 'dej~ c'est' pourquoi nous trouvons intc)Hgu)ië!e système d'emboucmënt.

Combien hc voit on pas a'objëts importants formes par àgl'~gatioh' `dé ~~i~ties Qué 1'b~ü' cônsld~`Te ar agrégation de parties t Que i'ôn considère les oUvrages 'd'architccture.On 'voit beaucoup de choses s'agglomérer regutieremcn<ct!rrcgun6rcmeht aussi l'idée atômistique s'offre-t'eue d'abord à t'csprit, et nous ne craignons pas de l'appliquer même aUx êtres organiques.

Cctui qui ne sait pas saisir la ditferëhce du tahtastiquë et de l'idéal, du positif et de l'hypothétique, est, comme naturaliste, dans une fâcheuse situation. '1 H y a des hypothèses où l'esprit é l'imagination prennent la place de l'idée.

On ne fait pas bien de s'arrêter trop longtemps aux abstrac-tions. La doctrine ésotériqUc ne tait que nuire, quand el!es'cf-forcc de devenir cxotérique. Hien n'enseigne mieux vivre que la vie.

ÏV

On ne saurait parler pertinemment sur maints problèmes que présentent les sciences naturelles, moins d'appeler a son aide la métaphysique, mais non cette philosophie de l'école, qui se paye de mots ce que nous avons en vue a existé avant la physique, existe avec elle et subsistera encore après.

La circonstance qu'une chose est déjà arrivée une fois, qu'elle a été'dite ou décidée, l'autorité ) en un mot, a une grande valcurTmais il n'y à que le pédant qui invoque en toute occastonl'âûtôrité.' On respecte d'antiques fbhdeniehtS) mais on ne doit pas renoncer au droit de reconstruire une fois quelque part des la base.

Tiens ternie a ton poste). maxime ~plushéc~~ (}l!e'¡ja:. mais, attendu que les hommes sont divisés'én grands partis, et que, d'un autre c6te~ chacun'~ part veut aussi se faire valoir selon ses lumières et ses facultësthdividucilës. On fait toujours mieux de s'exprimer tout itnimeht comnie on pense, sans vôulotr prouver beaucoup, car toutes !a preuves que hous allëgubhs ne sont que des formes nouvelles de hôsopihiohsYet les opposants n'écoutent ni les unes hr les autres.

Les sciehccs naturelles et les progrès qu'elles font sans cesse me dévehant toujours plus familiers cela me suggère beau-coup de réflexions sur les pas en avant et en arrière qui se font en' même temps. Bornons-nous & faire observer ici que noua ne pouvons délivrer la science des erreurs même avérées. La cause en est un mystère évident.

Qu'un événement soit faussement expliqué, faussement en-chamc, faussement déduit, j'appelle cela une erreur: or il arrive que, dans le cours de' l'expérience et de la méditation, un phénomène est aussi enchaîné conséqucmment et déduit justement on admet bien la chose, mais sans yattacher une importance particulière, et l'erreur subsiste tout tranquille-ment a coté. Je connais un petit magasin d'erreurs que l'on conservcsbigneusement.

Or, l'homme ne s'intéressant proprement qu'à son opinion, quiconque produit la sienne cherche droite et & gauche des secours, pour soutenir et lui-même et les autres. On se sert de la vérité aussi longtemps qu'elle est de mise, mais on a recours au mensonge, avec une éloquence passionnée, aussit6t qu'on peut l'utiliser.pôur le moment, éblouir par son moyen, comme avec un argument équivoque, unir en apparence~ comme avec un remplissage, ce qui est morcelé. Cette découverte fut d'abord pour moi un scandaie~ puis un sujet d'afïliction, et

eOKTHE.–t 1 M maintépaht j'en éprouve une maligné joie. Je me suis donné parole dé ne plus signaler jamais unçpare~ Chaque être est l'anatogùe de tous le~~ autrés r c'est iÙ)~r.<î1)~i l'existence nous parait iout:~ la .;SnfÓn suit trop i'analogîe/tduts'identine et se'con~~ si 'Ó~)'~tftè, tout se disperse à l'inuni. Dans l'un et l'autre cas, l'obser-vation t~ comme frappée de m6rt< ) La râtsoh étudie le développement des .êtres; respr~le3 êtres développés ia raisoh ne s'enquiort pas;du; but -t'esprit, du point de départ: elle së~complatt dans le développement il voudrait Uxertout) afin de poUvôtr l'utiliser. C'est Une particularité innée chez.l'liomme et intimement unie a sa nature, qu'il nelui suffit pas de cônnattre ce qui est le plus près de lui: et cependant chaque phénomène que nous observons est) pour le moment, l'objet le plus ;proche, et) si nous te~pressons fortement, nous pouvons exiger de lui qu'tt s'explique lui-même.

Mais c'est la ce que les hommes n'apprendront.pas, parce que:cela est-contraire a leur nature 'aussij les doctes eux-mêmes, lorsqu'ils ont reconnu en temps et lieu quelque vé-rité) ne savent pas s'abstenir de la relier, non-seulement avec ce qui est le plus proche) mais aussi avec ce qui est !e plus éloigné et le plus étranger, et de la résulte une foute d'erreurs. Le phénomène prochain ne se lie aU phénomène éloigné qu'en ce sens que tout se rapporte à un petit nombre de grandes lois qui se manifestent partout.' Qu'est-ce que l'universel? Le cas individuel. Qu'est-ce que le particulier? Des millions de cas. <.

L'analogie a deux égarements a craindre; de s'abandonner à l'esprit de saillie, qui la réduit au néant, ou.de,s'enve-loppor de figures et d'emblèmes~ ce qui est pourtant moins pernicieuxt On rie doit sôunrir dans là science ni légendes ni mytho-logie il faut abandonner ces choses aux poëtes, dont la mis-sion est de les meure en œuvre pour l'avantage et le plaisir du monde. Que le savant se borne a la réahté la plus proche et la plus évidente. Cependant si, dans l'occasion, il lui plaisait de <airc de l'éloquence là chose ne devra pas non plus lui être défendue.; .j, Pour me préserver d'ërrëui')' je considère tous les phéno-mènes cômtnQ'indcpehdan<s!esuns\desau~M~ 3e iri'ellorce de les isolera ensuite'je les eùhsjdèrecomMedcs. et, par I'enc!iainement)'i!sprennent~u~~ p! ique surtout 'Cette nie th ode a !a nature} mais 'cette manière d'observer, est féconde,'même quand .on i l'applique a~'histoirè contemporaineqû! se dérotde.~ ~tiiÓti~M,ú~tisu.; Tout ce que nous appeIohs~inYëntion ~découverte, dans !e s~hâ é!evë, est là mise ë)) pratique, la réalisation remarquable, d'un sentin~ehto~1gine~;de!Yé~i~)-iqui.)~ longtemps, cuttn'édaits le sitencCj conduit ihùpihément, avec. la~vhesse de l'éclair a une conccptionféMhde. C'est uno'î:éYé<ation,iqui se développe de rintéricur à l'extérieur, qui fait pressentir ~l'homme sa res-semblance avecia Divtn.ité;.c'estjUne synthèse du monde et de l'esprit, qui nous donne la plus délicieuse assurance de l'éter-nelle harmonie del'etre). ;.<)' L'honnne ne doit jamais cesser de croire que l'incompré-hensible peut se comprendre) sans cela il renoncerait aux re-cherches.

Est compréhensible toute idée particulière qui peut de quel-que taçon être appHquée. De la sorte, l'incompréitensible peut devenirutilOt < t Il est un empirisme délicat, qui s'identinc,profondément avec l'objet, et) par Ia~ .devient une\YéritaMc titéorie mais cette exaltation des facultés ;into!lectueIIes appartient a une époquetrès-avancée.

Rien de plus importun que les observateurs pointilleux et les thcoristes fantasques leurs essais sont tninutieux et compli-qués, leurs hypothèses~ abstruses etbizarres.

il y a des pédants qui sont en même temps des fripons, et co sont tes pires..

pour concevoir que le ciel est bleu partout, on n'a pas be-soin de faire le tour du monde.

L'universel et le particulier coïncident le particulier est l'universel manifeste dans diverses conditions.

Il n'est pas nécessaire d'avoir tout vu et tout éprouvé soi--

PEKSËRS.

même; mais, si tu veux te fier ~queiqù'ùh et ses descrip-tions, songe que tu as dcsôDnais auaire à trois entités, savoir àl'objeië~adeuxsujëts.

Qualité fondamentale de l'Unité vivante se diviser, se réu-nir, se dëployér dans l'universel ) persister dans le particulier, se tràhsfbrmier)'se spécifier, et (cominë la vlé'aime a se mani-fester dans mille conditions) parattré et disparàttre, et se 6)ndre, se coaguler et couler) se dilater et se contracter; Or, tous ces effets se produisant ensemble dans le même instant toute chose et chacune peuvent arriver 'eh même temps formation et dépérissement création et destruction, naissance et mort, plaisir etpeinO) tout agit pêle-mêle) dans te même esprit et là même mesure aussi ce qui arrive de plus particulier se présente toujours comme l'image et le sym-boledel'universel.

Si toute la nature est une composition et une décomposition perpétuelles, il s'ensuit qu'en observant cet état de choses prodigieux, les hommes composeront et décomposeront tour a tour. w Je dois présenter séparément la physique et les mathéma-tiques la physique doit se maintenir dans une parfaite indé-pendance, et ) avec amour avec une piété respectueuse, t employer ses forces a pénétrer dans la nature et dans sa vie sacrée~ sans considérer du tout ce que les mathématiques peu-vent faire et accomplir de leur coté {les mathématiques doivent, en revanche, se déclarer indépendantes de tout objet exté-rieur, suivre leur grande marche intellectuelle, et se développer en elles-mêmes d'une manière plus pure que cela n'est pos-sible, si, comme jusqu'à ce jour, elles s'occupent de ce qui est, et s'efïbrcent d'en tirer ou d'y adapter quelque chose. Un tnt~ra<t/'ca~o~ue est aussi nécessaire dans l'étude de la nature que dans l'ordre moral t mais~ il faut bien-se le dire,. avec cela, on n'est pas au bout, on est seulement au début. La perfection serait de comprendre que toute réalité est déjà théorie. J/azur du ciel nous révèle la loi fbndamentate de la chromatique mais ne cherchons rien derrière les phénomènes; i ils sont eux-mêmes la doctrine.

On trouve dans les sciences beaucoup de choses certaines, ~dcs qu~ohhé se Ia)sse pas déconcerter par les exceptions, et qu'on sait respecter les problèmes.

Si je reste calme chfin en présence du phénomène primor-dial, ce n'est aussi je l'avoue .que de là résignation mais il y a toujours une grande diuerchcc entre se résigner devant les bornes de l'humanité ou dans les étroites limites assignées, par hypothèse, a mon individu borné.

Si l'on considère les problèmes d'Aristote, on admire ce talent d'observation et touiçe que les Grecs ont su voir seu-lement ils ont le défaut ;de la précipitation, et passent immé-diatement des phénomènes a rexphcation, ce qui amené des décisions théoriques totit fait insuffisantes mais c'est la faute générale que l'on commet encore tous les jours. J' Les hypothèses sont des chansons de berceau, avec lesquelles le ma!tre endort ses écoliers l'observateur sérieux et de bonne foi apprend toujours plus a connattre les bornes de son esprit; il voit qucpIUs la science se développe, plus il se dé-couvre de problèmes.

Kn quoi nous péchons, c'est que nous doutons du certain et que nous voudrions nxcri'inccrtaint J'ai pour maxime, quand j'étudie la nature, de m'attacher au certain et d'observer l'in-certain.

J'appelle hypothèse loisible celle qu'on établit connue par plaisanterie, pour se faire réfuter par la sérieuse nature. Comment parattrcz-vous mattre dans votre science, si vous n'enseignez rien d'inutile? 1 La folie est que chacun croie devoir enseigner ce qu'il croit avoir su.

Comme on demande la certitude dans l'exposition didactique, attendu que le disciple ne veut pas qu'on lui communique rien de douteux, le mattre ne peut laisser aucun problème sans so-lution, ni tourner alentour a quelque distance. 11 faut d'abord planter des bornes, des jalons, et pendant quelque temps, on croit posséder l'espace inconnu, jusqu'à ce qu'un autre vienne arracher les jalons et les replanter en resserrant ou étendant les limites.

Hcs questions pressantes sur la cause, la confusion de la cause et de l'effet, l'acceptation pure et simple d'une fausse

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