REFLEXIONS DÉTACHÉES ET APHORISMES
Quand une doctrine est assez mûre pour devenir Une science, il doit nécéssàh'ement se produire une crise, car on Voit parat-h'c la diuerence entre ceux qui séparent l'objet particulier et le présentent sëparement, et ceux qui considèrent l'ensemble et qui Voudraient lui rattacher et lui incorporer la spécialité. Ce-pendant, comme la tractation sciehtinque, idéale, plus com-préhensive, recrute sans cesse de nouveaux amis, partisans et coopératëurs, cette séparation ne reste pas'aussi tranchée dans la région supérieure, niais pourtant assez sensible. Ceux que j'appellerais < univcrsalistes" sont persuadés et se figurent qu'avec des déviations, il est vrai, et des diversités in-unies, tout est présent partout et qu'on peut même espérer de le dëcouvrir; tes autres, que je nommerat'smgutaristes,B ac-cordent eh général le point principal; ils observent memc.~ts dënhissent et ils enseignent en conséquence~ mais its~ toujours trouver des exceptions dans tes cas où le type tout en-tier n'est pas exprima en quoi ils ont raison. Leur tort est seu-lement de méconnaître la forme fondamentale, lorsqu'elle s'enveloppe, et de la nier, lorsqu'elle se cachet Or, comme les deux manières de concevoir sont originelles, et qu'elles seront éternellement en présence, sans se réunir ou se détruire, il faut se garder de toute controverse, et présenter clairement et nùmeht sa conviction.
Je vais donc répéter la mienne; c'est que; dans ces hautes régions, on ne peut pas savoir, mais qu'on doit agir tout comme, dans un jeu, la théorie est peu de chose et la pratique est tout. La nature nous a donné l'échiquier, hors duquel nous ne pouvons ni ne voulons agir; elle nous a taillé les pièces, dont nous apprenons peu a peu a connaître la valeur, la mar-che et là force c'est a nous ensuite de faire des coups dont nous nous promettons le gain de la partie. Chacun l'essaye a sa ma-nière et ne se laisse guère persuader. Il faut en prendre son parti, et, avant tout, observer exactement a quelle 'distance chacun se trouve de nous, puis nous accorder de préférence avec ceux qui se déclarent pour le coté auquel hobs nous ran-geons. Il faut considérer ensuite que l'on a toujours affaire a un problème insoluble, et se montrer empressé et fidèle à peser tout ce qui, d'une manière ou d'une autre, est mis en avant, principalement ce qui fait contre nous car c'est de la sorte qu'on reconnaîtra le plus promptement le problématique, qui repose, il est vrai, dans les objets m6mcs, mais plus encore dans les hommes. Je ne suis point sûr d'avancer par moi-même le travail dans ce champ s! bien cultivé, mais je me propose do fixer mon attention et d'attirer l'attention des autres sur telle ou telle phase de l'étude, sur telle ou telle marche des individus. L'homme ne peut guère demeurer seul; aussi se rattachc-t-it volontiers a un parti, parce qu'il y trouve, sinon le repos, du moins satisfaction et sûreté.
Il y.a sans doute des hommes insumsants par nature pour telle ou telle affaire, mais la précipitation et la vanité sont do
pëKS~HS.
dangereux génies, qui rendent Insufiisants les plus capables~ar-rétent toute àctiviié) paralysent les libres progrès c'~ qu'on volt arriver dans les afïaires civiles, et particulièrement aussi dans les sciences. · i)ans le dohïàinc de la nature régnent ItemoUvehieM l'ac-tion; dans le domaine delà'Tiberté~l'àptiïUdc htouvementést éternel et) dans toute condition favorable~~ se manifeste irrésisublemeht. Les aptitudes se développent àussi~ it est ~'ralYconfôrMémeht'aia~ nature ornais it faut d'abord qtte la volonté les :aitJcxcrcées~etsiimÏdéés par degrés. C'est p6~ quoi l'on n'est pas aussi certain de la volonté libre qtie de l'ac-tion spontando celle-ci se produit d'clle-méhie.cclle-la est pro-duite. En eflet,pour s'accomplir et pour agir, elle'doit) dans l'ordre moral, se conformer a la conscience) qui ne se trompe pas, et/dans le domaine de l'art) a la règle) qui n'est nulle part cxpriméet La conscience n'a pas besoin d'ancêtres; avec elle tout est donne;'elle n'a anairc qu'avec soit for intérieur. Le génie n'aurait non plus besoin d'aucune règle; il se suffirait a lui-memO) il se prescrirait a lui-même la règle, mais~ comme il exerce son action au dehors, il est gène de plusieurs façons par la matière et par le temps, et, a l'un et a l'autre égard, il doit nécessairement être embarrasse c'est pourquoi dans les arts de toute espèce, qu'il s'agisse de gouvernement, comme de poésie~ de statues où de tableaux; on voit régner tant de bizar-reries et d'incertitudes.
C'est une chose fâcheuse et qui arrive pourtant a plus d'un observateur, de rattacher d'abord a un phénomène une consé-quence et de les considérer tous deux comme équivalents. L'histoire des sciences nous montre, dans tout ce qui se fait pour elles) certaines époques, qui se succèdent, tantôt plus vite~ tantôt plus lentement. Une idée importante, nouvelle ou renou-velée, vient & se produire; elle est acceptée tôt ou tard il se trouve des collaborateurs; le résultat passe aux disciples; on l'enseigne, on le propage, et nous observons malheureusement qu'il ne s'agit pas du tout de savoirs! l'idée est vraie ou fausse erreur et vérité font le même chemin l'uhc et l'autre unissent par devenir une phrase; l'une et l'autre s'impriment dans la mémoire comme une lettre morte.
COETftE.–t 1 3t Ce qur~ntribuë"parUcù1~ eont les livres qui répandent d'une manière'encyclopédique le vrai et le~uxdut moment. Dans ces ouvrages, la science ne saurait être élaborée oh y recueille ce que leshommes savent, crojent, imaginent c'est pourquoi ces livres paraissent si étrah-gesaubp~t de cinquante ans.
Querpn s'instruise d'abord'soi-m6me, puis l'on recevra l'tn-struction~desàutreSt I~s théories sbhtid'ordinàirei'œuv~rép~ impatient, qui voudrait se débarrasser des phénomènes et qùt leur subsUtue des images, des conceptions; sôuvëhlinême dés mots et nen de plus. On pressent on voit même ) que c'est un simple expëdiëht; mais la passion et l'ésprit'dë parti Q'aimeht-its pas toujours lesexpedients! Et c'est a bon droit) car ils en ont grand besoin.
Kous attribuons notre situation tantôt a Dieu, tàntûtati dia-ble, et nous nous trompons dans l'un comme dans l'autre cas: l'énigme réside en nous-mêmes, qui sommes le produit de deux mondes. H en va de même pour lâ'cbuleur tantôt on là cher-che dans la lumière, tantôt au dehors dans l'univers; et l'on ne sait pas la trouver justement dans son domaine, t tl viendra un temps où l'on enseignera une physique expé-rimentale pathologiquCt et où l'on exposera au grand jour tous ces vains simulacres qui abusent l'espfit, qui surprennent les convictions, et, ce qui est le pire, empêchent absolumént tout progrès pratique. Il faut, Une bonne fois, que les phénomènes soient th'és de cette ténébreuse chambre de torture empirique, mécanique, dogmatique, et soient portés devant le jury du sens commun.
Lorsque Newton, dans ses expériences sur le prisme, a pris l'ouverture aussi petite que possible, pour symboliser commo-dément une ligne en rayon do lumière, it a répandu dans le monde une erreur incurable, dont on souurira peut-être pen-dant des siècles.
Malus fut conduit par ce petit trou a une théorie bizarre, et, si Secbeek' était moins sur ses gardes, ciïe l'onpccheràit de t. Savants, connus t'un et t'autre par tours traraux sur l'optique. découvrir, la source première de ces phénomènes, savoir les Sgures et les couleurs en~~ ,J, Mais ce qui est le plus extraordinaire, c'est que l'homme n'est pas délivre de l'erreur) quand même il enàdécouvei't la source. Plusieurs Anglais, surtout le docteur. Reade, s'élèvent avec passion, contre Newton disant que l'image prismatique n'est point l'image du solei! ) niais l'image de l'ouverture de notre volet) ornée de franges colorées~ qu'il n'y a dans l'image pris-matique aucun yert originel qu'il se forme par la combinaison du jaune et du bleu, en sorte qu'une raie noire; pourrait, tout aussi bien qu'une Manche, pàrattre décomposée~ e si l'on voulait ~parler ici de décomposition bref, tout ce que nous avons démontré,depuis nombra d'années, ce bon obser-vateur le présente également. Néanmoins l'idée Uxe d'une ré-frangibilité diverse ne le quitte pas~ mais il la retourne, et il est encore, s'il se peut) plus prévenu que son illustre mattrc. Au lieu d'être excite par cette vue nouvelle se dépouiner de la chrysalide, il cherche a reloger dans le vieil étui ses membres déjà formés et déployés.
La vue immédiate des phénomènes premiers nous jette dans une sorte d'angoisse; nous sentons notre insumsance il faut que le jeu éternel de l'expérience les anime pour qu'ils nous réjouissent.
Le magnétisme est un phénomène premier) qu'il suffit d'ex-primer pour l'avoir expliqué par la il devient aussi un sym-bole de tout le reste,, pour quoi nous n'avons nul besoin de chercher des mots et des noms.
Tout être vivant développe une atmosphère autour de !ui. Les honnncs extraordinaires du seizième et du dix-septième siècle étaient & eux seuls des académies, comme de nos jours Humboldt. Mais, quand la science eut pris ses immenses déve-loppements, les savants se réunirent, pour exécuter ensemble ce qui était devenu impossible aux individus. Ils se tenaient éloignés des princes, des rois et des ministres. Voyez comme leslettrés français, réunis en conventicule secret, s'efforcèrent d'éviter la domination de Richelieu t comme la société d'Oxford et celle de Londres repoussèrent l'influence des favoris de Charles M! Mais lorsqu'une fois l'usage fut établi, et que les sciences se, schtircht un men~bre politique du corps polittq~ qu'elles prirent rang dans les processions et ~lès autres 's616h'~ nitcs~ on perdit bientôt de vue 'leur but élevé on' produisit sa personne tes sciences s~envëldppereht' àusst de petits man-teaux et se cbtfïerehi dë~bohnets. J'en ai cite avec' détail "des exemples dans mon histoire de'la doctrine des couleurs~ Mais ce qui est écrit est la justement pour s'accomplir de* jour en joun~ Saisir la nature et la mettre eh usage d'une mamere immé-diate est dohhe a peu de gens :éntrë là connatssancc et l'usage on se crée volontiers une clumere/quë l'on développe sôighëu~sèment, et la-dessus oh oublier la (ois l'objet et son usage. De même/les gens ont de la peine comprendre que les choses se passent en grand dans là nature comme elles se pas-sent dans la plus étroite sphère. Mais, que l'expérience le leur fasse toucher au doigt, ils finissent par l'admettre.'Les brins de paille attires par l'ambre qu'on frotte sont en affinité avec le phts effroyabië tonnerre, ou plutôt c'est un seul et même phé-nomène. Cette <' micromcgiet* nous t'admettons encore dans quelques autres cas, mais le pur esprit de là nature nous aban-donne bientôt) le démon du factice s'empare de nous et sait se faire valoir eh toute occasion.
La nature s'est réserve tant de liberté, qu'avec toute hotrc science, nous ne pouvons jamais la pénétrer tout a fait ni la pousser dans ses derniers retranchements.
Il est difficile dé s'accommoder avec les erreurs de l'époque qui leur résiste se trouve seul; qui s'y laisse prendre n'en re-tire ni gloire ni plaisir.
H y a dans New-York quatre-vingt-dix confessions chré-tiennes différentes, qui toutes adorent Dieu et !e Sauveur a !eur manière, sans vivre d'aiHcurs en mauvaise ihtcHigencc les unes dvce tes autres. C'est a quoi nous devons arriver dans t'étude de la nature et même dans toute espèce d'étude pouvons-nous en effet, sans inconséquence, parler de libéralisme et vouloir empêcher les autres de penser et de s'exprimer à leur manière? La notion de cause et d'effet, qui nous est si naturelle, si né-cessaire/devient dans !a pratique la source d'erreurs innoih-brablcs'quisercpètcntsansccsse< Une grande faute que nous commettons est de rapprocher toujours dans nôtre pensée la cause de l'euet, comme la corde de la nèche-qu'eHeJance au loin et'cependant~ cette faute, nous ne pouvons l'éviter, parce que les idées decauso et d'eftet se présentent toujours ensemble et que l'esprit les rapproche conséquemment.
Les causes prochaines et claires sont saisissabics, et; par la même, les plus compréhensibles c'est pourquoi hôUs sommes enclins à nous représenter comme mécanique ce qui est d'une naturcplusé!evée.
Remonter de l'effet a la cause est tout simplement un procède historique par exemple, du meurtre de l'homme, je remonte aucoupdefusil.
Le granit s'cffieurit volontiers en forme de boule et d'oeuf il n'est donc nullement nécessaire d'imaginer, a cause de ces formes, que les blocs trouves fréquemment dans le nord de l'Allemagne ont été poussés en tout sens dans les eaux, et usés, émoussés, par le choc et le roulement.
CttUTE ET tMpuLsMN. Vouloir expliquer par la le mouvement des corps célestes est proprement un anthropomorphisme dé-guisé c'est la marche du voyageur dans la campagne le pied levé s'abaisse, le pied resté en arrière s'élance en avant .et tombe, et ainsi de suite, depuis le départ jusqu'à l'arrivée. Que serait-ce si l'on empruntait de même sorte la comparai-son à l'art du patineur? La, c'est au pied resté en arrière de nous faire avancer~ car il est chargé de donner encore une im-pulsion telle) que l'autre, devenu des lors son serre-nle, en est déterminé quelque temps encore a se mouvoir en avant. Je ne me suis jamais permis a moi-même l'induction si quelqu'un voulait l'employer contre moi, je savais aussitôt la décliner.
Je regarde comme aussi utile qu'agréable l'exposition par analogie; le cas analogue ne prétend point s'imposer ni rien prouver il se place en regard d'un autre, sans se lier avec lui. Un nombre de cas analogues ne se réunissent pas en séries
PEKSÉHS.
closes~ ils sont comme la bonne société, qui anime plutôt quelle nedohhë.
Être dans l'erreur, c'est se trouver dans un état où il semble que la vérité n'existe' point découvrir l'erreur, pour soi et pour!csàufrés,c'estinventeràréculôns.
On dit fort tnèn qUc le phéhômène est une conséquence sans principe, un effet sans cause. Si l'hômh~o à tant de peine à troUverle prih'éipe et là cause, c'est qu'ils sont tellement sim-ples qu'ils se dérobent aU regard.
Quëde choses h'a-t-oh pas dites sur le grânitt On l'a ramené jusqu'aux époques modernes, et pourtaht il ne s'en forme plus sous nos ycUx. Si la chose se passait dans les profondeurs de la mer)'nous n'en aurions aucune connaissance.
AucUn phénomène ne s'explique eh lui-même et par lui-même; mais Un grand nombre, observés ensemble; classés méthodiquement, unissent par offrir quelque chose qu'on pourrait admettre comme théorie.
Le développement dé là science rend nécessaire de temps en temps une classification nouvelle elle se fait le plus souvent d'après de nouveaux principes) mais elle reste'toujours provi-soire.
L'homme du métier ne perd pas de vue l'cnchatncmcnt niais là chose est plus difficile à l'amateur, lorsqu'il sent la nécessité deseicniràucouraht.
< C'est pourquoi nous aimons les livres qui nous présentent A la fois les nouvc!!cs découvertes de la pratique et les nouvci!cs méthodesenfavcur.
Cela est surtout nécessaire dans la minéralogie) où la cristal-lographie élevé de si grandes exigences, et où la chimie entre-prend dé déterminer le détail et de classer l'ensemble. Dcuxsa-vants nous ont été fort Utiles, ce sont Léohhard et Oeavelahd Quand nous voyons exposées d'après une autre méthode, ou seulement daus une langue étrangère, les choses que nous sa-vons, cela leur donne un singulier attrait de nouveauté et comme un air de fraîcheur.
1. Professeur de mineratogie et de gcotogie & Heidctherg. 2. Prcfcsseur de mathématiques, de chimie et de n)ine)a)c~ic & Boston. Quand deux mahres qui exercent le hi~me àrt,differcnt l'un de l'autre dans leur exposé, selon toute yraisemijlance, le pro-blème insoluble est dans l'intervalle qui les sep Je lis maintenant la géognosie deM. d'ÀUbùIsspn de,Yo!sit)s~ dans làtraductiondeM. Wiemann, etcëttetecturë mcp~ divers égards, bien qu'elle me mécontente au. pom~ de Vue principal car) dans ce livret la géognosie~ qui ctevrait proprement reposer sur l'observatiph vivante de la crpùte terrestre, est déppu Hléë de tout caractère intuitif, 'et n'est pas même transformée eh notion, mais réduite a la nomenclature; :Sous ce dernier point de Vdë, elle est vraiment, pour chacun comme pour moi, utitcet profitable.
Les cercles de la vérité se touchent Immédiatement, mais il reste dans les intermondes assez de place a l'erreur pour se donner carrière~ La nature ne s'inquiète d'aucune erreur; elle-même ne peut jamais agir autrement que bien, sans s'inquiéter de ce qui pourra s'ensuivre.
La nature n'a de légitime aptitude pour aucune chose, qu'elle ne la développe et ne la produise dans l'occasion. Ce n'est pas seulement la matière libre, mais aussi le solide et le compacte, qui prend, de forcer unengure} des masses en-tières sont cristallines naturellement et foncièrement dans une masse informe et indifférente, se développe, par un rap-prochement stcechiométrique et par un empiétement mutuel, la roche pdrphyrique, qui pénètre toutes les formations. Les marchands do minéraux se plaignent que !e goût des amateurs pour leurs marchandises diminue en Allemagne, et ils en accusent la tendance de la cristallographie a pénétrerdans l'intérieur cela peut être, mais, dans quelque temps, le désir même de connaitre la fbrme plus exactement rendra au com-merce une vie nouvelle, et même élèvera le prix de certains exemplaires.
La cristallographie, comme la stcechiométrie, achève aussi l'oryctognoste, mais je trouve que, depuis quelque temps, on s'est trompé dans la méthode d'enseignement. Les manuels des-tinés aux leçons publiques, et en même temps à l'usage parti-culier, peut-être même a faire partie d'une encyclopédie scien--
PHNSKHS.
tinqué, ne méritent pas l'approbation t le libraire peut les cômmahde~màis non l'élevé lés désn'cr. ,[, 11 faut qUe les tràités'ëlémchtaircs ~ofirëht de l'attrait, ët~ pour cela, qu'ils prësëntënria science par son côté le plus agréable ei le plus accessible.
Tous les hommes'dùméucr sont dans cette Mciteuse situa-tion, qu'il ne leur est pas perhns~d~ Nousavouohs plus'volontiers nos erreurs, nos défauts/et nos ih~rmités morales que'sciehtiuqucs~ D w Celatieht a ce qhe la conscience~ est liumble et se complait même dans l'Humiliation, tandis que l'esprit est orgucinëux et qu'une rétractation qu'on !u! arrache !e réduit au dés-espoir.
C'est de la qu'il arrive que des vérités découvertes, d'abord avouées en secret, se répandent peu a peu~ jusqu'au moment ou ce qu'on a obstinément nie peut enun se produire comme une chose toute haturctie.
Les ignorants font des questions auxquelles les savants ont répondu depuis dés siècles..
Dcscartes changea plusieurs fois la forme de son D~cottt'~Kr ~amMo~c,et ce livre, tel que nous le possédons aujourd'hu), ne peut néanmoins nous ctrc d'aucun secours toute personne qui persiste quelque temps dans une recherche consciencieuse doit changer de méthode t6t ou tard.
Le dix-neuvième siècle a tout sujet d'y rcticchir. Des mots aussi vides que ceux de décomposition et de polari-sation de la lumicrc'doivcnt être bannis delà physique, si l'on veut qu'elle fasse quelques progrès il est possible cependant, il est même vraisemblable~ que ces spectres reviendront encore jusqu'à la moitié du siècle.
Qu'on ne prenne pas mal ces paroles c'est précisément ce que personne n'accorde, ce qhc personne ne veut entendre, qu'il faut répéter plus souvent.
Nous vivons en deçà des phénomènes dérivés, et nous ne savons en aucune façon comment parvenir il la question première.
Dans les sciences, comme dans tout le reste, quand un homme vise a l'universalité, il n'a idus A Hn d'autre res--
.l'RNSËHS.
source pour se compléter,, que. de 'présenter ta vente pour l'erreur, rerrcùrpoUrIa/Yérité.n no~' ~èfi(iQùt àpi));ofondir lui-même il est forcé de~ s'en tenir & da tradition, et, s'il Veut obtenir un cmplùl, il.doit s'inféoder aux opinions de ses pro-tecteurs. Que lès personnes vouées a'l'enseignement universi-taire s'examinent 1~-dessus:
Vos yeux sont-ils témoins d'un phénomène,~ c'en est assez pour que vos pensées se portent souvent au delà} si vous n'en avez connaissance que par'orn~ dire, il n'éveille chez vous aucuhcpénséet'' Informez-vous du phénomène considérez-le avec toute l'at-tention possible ~vôyëz jusqu'en il peut vous menet~ soit dans la spéculationsoit dans l'application pratique, et ne vous in-quiétez pas du problème. Les physiciens agissent au rebours: ils s'attaquent directement au problème, et s'embarrassent che-mina faisant, dans de si nombreuses difficultés, qu'enfin toute clarté s'évanouit pour eux.
C'est pourquoi l'académie de Saint-Pétersbourg n'a reçu au-cune réponse a la question qu'elle avait mise au concours. On aura beau prolonger le terme, cela ne servira de rien. L'aca-démie devrait doubler le prix et le promettre a la personne qui ferait voir clairement et nettement pourquoi aucune réponse n'a été faite, et pourquoi il ne pouvait en être fait aucune. Celui qui y réussirait aurait bien mérité le prix, si grand qu'il fut..
Comme, depuis quelque temps, on demande, davantage ma ~ocn'utc (~M cox/ctn'~ des tableaux, vivement enluminés, devien-nent nécessaires en m'occupant de ce petit travail, je ne puis m'empêcher de sourire, en songeant a la peine incroyable que je me suis donnée pour rendre palpable le raisonnable aussi bien que l'absurde. Peu a peu ils seront saisis et reconnus tous deux.
L'erreur de Newton est si nettement exposée dans le Dte~'M-- )tau<; </c la cot)MMa<t()!), que, si l'on veut seulement apprendre par cœur la page in-octavo, on sera débarrassé de la couleur pour le reste de sa vie.
< Nous ne subtilisons nullement avec les dieux nous gar-dons la tradition paternelle, qui s'est développée avec nous,'et la sagesse ne nous ébranle point, fût-eHe même manifestée par degrands;génics.EuR)HDË' AutoRitÉ. L'homme ne peut exister sans el!e) et pourtant elle amené autant d'erreur que de'vérité elle éternise dahs le détail les choses qui'dévràieht passer en détaul~ elle écarte et laisse passer cé qu'il faudrait maintenir/et, eh~généràt,ël!e est cause que l'itUmanité reste ioujdurs'stàtiôtmaire. Lés plus grands objets,' comme .les plus petits (que les )pro-cédés artificiels peuvent seuls nous rendre perceptibies)~ don-nent naissance a la métaphysique des phénomènes dans l'in-torval!e se trouvent lès objets particuliers, proportionnés à nos sens et en rapport avec ma nature c'est pourquoi Je rends grâce aux esprits excellents qui mettent ces régions a ma portée..
Comme il est rarèque ceu~ qui entreprennent des expériences scientifiques sachent proprement-ce qu'Us veulent et ce qui doit en résulter) i!s poursuivent le plus souvent leur chemin avec beaucoup d'ardeur; mais bientôt, n'obtenant aucun succès dé-cisif ~i!s renoncent a leur entreprise et cherchent même a la rendre suspecte aux autres.
Apres que le microscope eut rendu tant de servives dans ta deuxième moitié du dix-septième siècle, au commencement dh dix-huitième~ on essaya de le rabaisser.
iAprès s'être appliqué de nos jours avec la plus parfaite exac-titude aux observations météorologiques, on veut maintenant les bannir des régions septentrionales et ne les permettre à l'observateur qu'entre les tropiques.
Mais on s'est lassé de même du système sexuel; qui/a Je prendre dans unsens élevé, a une s! grande valeur.et'i'on a voulu l'écat'ter. H en est parfaitement de même de l'ancienne histoire do l'art, à laquelle oh s'est appliqué consciencieuse-ment depuis un demi-siècte, en cherchant a démêler les diffé-rences des époques qui se sont succédé aujourd'hui on estime tout ce travail inutite.et toutes ces diverses époques sont jugées identiques et indivisibles.
1. Bacchantes, v. 201. On s'est borné à traduire la traduction. À notre avis/ chacun doit p~rsistcr'dàhs là voie où il est entre, sans souffrir que l'autorité 1 impose, que l'opinion générale le tyrannise et que la modeTentràthé.