PRISÉES
aussi des expériences secondaires, tertiaires) etc. :;si oh leur accorde !a m6me va!ëur, eltes né font qû'embrounîer ce que les premières avatenteclatrci.
Un grand maF dans les sciences/et m6me en toUtes.chosès.resuttc dece qUc des.hommes sans aucune force de conception se hasardent a théoriser, parce qu'ils ne comprennent pas que beaucoup desàVoir n'en donne pas ledroit/Itsse~~m~ à l'œuvre avec Un loUaMe bon sehs~ mais a ses bornes) et, lorsqu'il les franchit~ court le risque de devenir absurde/Le dpmaineetl'apanagc du bon sens est le champ de la pratique et de faction: Quand il agit, il se trompe rarement) mais les méditations~ les inductions et les jugements d'un ordre élevé ne sont pas son affaire.
L'expérience est d'abord utile a la science; cependant elle est aussi nuisible, parce qu'elle laisse voir la loi et l'exception: or la moyenne entre l'une et l'autre ne donne point la vérité. On dit qu'entre deux opinions contraires se trouve la vé-rité! nullement, c'est le problème qui se trouve entre deux, l'invisible) la vie éternellement active, conçue en état de repos.
Quand je considère ce que les sciences naturelles ont gagné) t dans le temps ou nous sommes, en lumières et en étendue, il me semble être le voyageur qui cheminait vers l'orient au point du jour qui contemplait avec joie, mais avec impatience, la lueur croissante, et soupirait après l'arrivée de la pleine lu-mière, mais qui, a son apparition; dut détourner les yeux, étant incapable de supporter la clarté désirée et attendue. Sans exagérer, c'est l'état où je me trouve quand je lis l'ouvrage de AL Carus qui développe les indices de tous les germes, depuis la vie la plus simple jusqu'à la plus diversifiée, et qui, parsonlangage.et ses figures~ met sous nos yeux ce grand mystère, que rien no prend naissance qui n'ait été an-noncé) et que l'annonce n'est rendue claire que par la chose annoncée) comme la prophétie par l'accomplissement. Le même sentiment s'éveiUe chez moi, quand j'étudie l'ou-- Sans doute sa Physiologie. Ch.-G. Gust. Carus, conseiller et médecin du feu roi de Saxe, est célèbre comme ph'tosophe et comme naturaliste. vragc d'Alton qui présente, après leur accomplissement et leur destructioh, les éires créés~ èt/avecleseco~ 'd~YaH; met sous nos yeux l'intérieur et l'extérieure la chàrpcirite et l'enveloppe, éhuiî~ avec la mort, compose une.vie.~î~~ je vois' lajUs~esse'de ina cph'tpâràison~ je'sbnge comme, de-puis undémt-siëclé~~oëil'fixé sur le but,'j'ai passé) dans ce même domaine~ dés1[énèbrë~au;crépuscule et du crépuscule au jour~et ~omme il nl'arrtve'ënSn que !a plus pure lumière fa-vorable a ~oùieconceptioh~et tôu~ savoir, se montre avec puissance', m'anime' en ~éblouissante et, eh ~tneme ~temps qu'énerëmpIit~mesYœux'raisôhnës; Justine complëtcmeht mes ardents eûbrts.
Comme Socrate rappcta l'homme moral a lui-même, afin que par !a méthode la plus simptè~it apprit en quètque mesure a se connattrë; de même l'Iatoh et Aristote se présentèrent devant la nature comme des esprits qui étaient faits) l'un, pour s'identiner avec eUe par 1'intcHigence et le sentiment, l'autre, pour se l'approprier par l'observation et la méthode. Aussi tout rapprochement qui, dans l'ensemble'et'Ie dotait, peut s'établir entre nous et ces 'trois génies, est l'événement qui nous tait éprouver le plus de joie, et qui, en tout temps, se montre eMcace pour avancer notre culture..
Pour échapper à la diversité ihnnie, au morcellement et à la complication des sciences naturelles chex lés modernes, et pour se réfugier dans la simplicité) il faut toujours se poser cette question < Comment Platon aurait-il procédé en présence de la nature ) telle qu'elle nous apparaît aujourd'hui dans la diversité plus grande qu'elle déploie, nonobstant son inalté-rable unité?
Car nous sommes persuadés qu'en suivant la même voie, nous pouvons parvenir organiquement jusqu'aux dernières ra-mifications de la connaissance, et) sm" cette hase, élever et aucrmir peu à peu jusques aux combles l'édifice de chaque t. Edouard d'Atton, professeur & Bonn. science/Dèsavoir~'que! point le mditY~mc~ dU '~ièCie hÓU$ 'sc~ conde et nous gène eh cela)' c'est ce que hoUs ~devons examiner chàquejour, si nous ne voulons~pas'repousser ce qui nous pro-nteët accueillircëqûinousnbitt 'i:
On dit~ a ta gloire du dix-huittemë siècle~ qu'il s'est occupe principalement d'analyse i la tache du dix-neuvième sera'de démêler! ies .faussés synthèses; qu'on voit régner, et d'en sou-atettrel'obJet a une nouvelle àhalysë/ :ii' La nature, mise a là question, reste muette ~'màts qu'on l'iit-terrôge Idya~ement/ sa réponse fidèle est toujours oui oui} non,h6h!'Toûtce"qutestdeplUs vicntdu maL.; Les hommes sont fâches que !a.Y~nt6,s6it si :simpte s ils de-- Yraieht songer qu'ils ont chcorè assez de peme a l'employer d'une inameré pratique pour. leur usager « Je maudis les gens qui ïoht dë~l'erreur uh monde particu-lier, et ne cessent pourtant de demander que l'homme se rende utile. itJnc ëcole peut être considérée comme Un individu quî s'en-tretient avec lui-m6ine pendant un siècle~ et qui se cotnpiaît, d'une façon tout extraordinaire~ en sa propre nature, si sotte qu'elle puisse être.
Une fausse doctrine ne se laisse pas réfuter, car elle repose sur la conviction que le faux est vrai mais il est possible et permis et nécessaire d'énoncer itérativement le contraire. Colorez deux baguettes, l'une en rouge, l'autre en bleu; et plongez-les dans l'càû) l'une a cAtc de l'autre la Meuc para!tra brisée comme la rôuge< Chacun peut ~voir cette simple expé-rience avec les yeux du corps celui qui l'observe avec les yeux de l'esprit sera délivré do mille et mitle paragraphes erronés.
Une vérité insumsante opère quelque temps, et tient lieu d'une complote'iumicre; mais tout a coup, se produit, une cr-reur éblouissante cela sumt au monde, et des.siècles sont aveuglés.
Dans les sciences, il est extrêmement méritoire de recher-cher et de développer la hérite insuffisante que les anciens ont déjà possédée.
Un phénomène, une expérience, ne peuvent rien prouver: c'est l'anneaU d'une grande chaine, lequel h~a de valeur qUe parla liatsoh: Si quelqu'un voulait iëhir~c~~ collier de perles ) et iic montrer q()ë là plus tielle, en nous demandant de croire que toutes les autres sont pareilles, un acheteur se déci-derait difncitëment a conc!ùré le hiarcM.
Des Images des descriptions dés mesures, des nombres et des signes ne suffisent'pas encore pour rëpreschter un phéno-mène. Si là doctrine de Newton 'a pu subsister si longtemps~ y c'est Uniquement ~pàrcë que l'erreur a ét~ embaumé pour une couple dé siècles, dans l'in-quarto de la traduction latine. Il faut répéter de temps en temps sa profession de foi, dire ce que l'on approuve) ce que l'on condamne: l'adversaire n'y manque pas non plus.
Dans le temps où nous vivons ) nul ne doit céder où se taire; i il faut parler et se remuer) non polir vaincre/mais pour .se maintenir dans son poste. De savoir si nous sommes avec la majorité bu la minorité, c'est une chose tout fait indif-férente.
Celui qui s'adonne aux sciences spufïrc d'abord par les rctar-demcnts, puis par les anticipations i !es gens ne veulent d'abord accorder aucune valeur à nos communications, et ensuite' ils auectent de conhaitrc déjà tout ce que nous pourrions leur communiquer.
Il existe dans l'objet une loi inconnue) qui répond a Une loi inconnuedanslesujet.
Le beau résulte d'une loi qui se manifeste. Prenons pour exemple la rosé. Dans la floraison) la loi végétative s'élève a sa manifestation suprême, et la rose serait eue-mcrne cette mani-festation portée a son p!ushautdcgré.w. Les péricarpes peuvent encore être beaux. Le fruit ne peut jamais l'être, car il nous offre la loi végétative repliée sur eHe-méme (loi toute nue); La loi qui se manifeste dans la plus grande liberté, selon ses conditions les plus spéciales, produit le beau objectif, lequel doit naturellement trouver de dignes sujets qui lesaisissent. Il est impossibtc de rendre compte du beau dans la nature et dans les arts dans la nature, car il nous faudrait connaître L Sa doctrine des couleurs. les lois selon lesquelles !a nature universelle veut agir et agit (quand elle peut); dans les arts, car il nous faudrait conhaitre e les lois scion lesquelles la nature universelle veut agir e agit (quand eue peut), sous la forme particulière de la nature hu-maine. > De ce qui précède on peut déduire là beauté de la jeunesse. A vieillir, on se retire par degrés:dù phénomène.~ A quel 1 point l'objet vietllissàht peut être .appelé beau. Jeunesse éternelle des dieux grecs. Persistance de chacun dans son caractère~ jusqu'au faite de l'existence humaine~ sans penser au retour.
La nature, avec sa fécondité infinie, remplit tous les espaces. Considérons seulement nôtre terre i tout ce que nous appelons mauvais ~malheureux, vient de ce qu'elle ne peut donner place à tous les êtres qui naissent~ et moins encore leur assurer la durée. i Toute chose qui na!t cherche se faire place, et veut durer c'est pourquoi elle en écarte Une autre de sa place et en abrége la durée.
L'être vivant a la propriété de s'accommoder aux mille et mille conditions des influences extérieures, et toutefois de ne pas abandonner Une certaine indépendance marquée qu'il s'est acquise.
Que l'on songe la facile excitabilité de tous les êtres et comme le moindre changement d'une condition, un souffle, manifeste sur-le-champ dans les corps une polarité qui, à proprement parler, sommeille dans eux tous.
La « tension est l'état en apparence indifférent d'un être énergique parfaitement préparé à se manifester, se différen-cier, se polariser.
11 y a dans là phanérogamie encore tant de cryptogamie que des siècles ne la déchiffreront pas.
La lumière et l'intelligence qui régnent, l'une dans le phy-sique, l'autre dans le moral, sont les forces indivisibles lés plus sublimes qui se puissent concevoir.
Et la couleur n'appartient-elle pas proprement la vision?
S l'on croit même toucher la couleur, je le veux bien sa nature propre n'en serait que mieux confirmée. On petit méme'Ia goûter le bleu a la saveur alcaline, le rouge jaunâtre là sapeur acide. Toutes les manitbstations des substances ont de l'a~ iv:
Toutestpats simple'qU~onhëpcu~~imâgine~ë~ inêi)1è temps, trop entre-croisé pour être compris.
Ceux~ur~oinpôsent'delùn~ières'c~ iavluyi~r:e ttni~qüè et fbncierement'ciMre sont les Ventàbies'obscurants. I! Celui qui s'accoutume a Unë~idëe fausse accueillera facilement chaqûeerrëun Tycho-DraM) ce grand matnën~a demi de l'ancien système, qui du moins était approprié a nos sens il eut îa prétention de'le'rëtnpiacci' par un mëcanisme complique, que les' sens ne pouvaient 'percevoir, ni la pensée comprendre. ,t Le rchommée~d~ Ne~on~ ~commë~ïnath~maticich~ est! si grande, qu'elle a maintenu jusqu'à nos jours l'erreur la plus absurde, savoir que là~Iùmière claire') pure~ ëierhellemënt inalterëe, se compose de lumières sombres. JËt nh sont~ce pas les mathématiciens qui détendent encore cette absurdité et qui la répètent au plus vulgaire auditeur ~n'des termes auxquels on nepeuttrouvéraueuhsëhs? ° -t. ~t'i' ;= Le matttCtnaticicn a pour;domaine la quatttite'ei tout ce qui peut se déterminer par nombre et par mesure, et, par consé-quent; eh quelque sorto~'tout l'univers sensiMë~Mais'si nous l'observons, selon nos facultés; avec tout notre~ehtëndement et toutes nos forces, nous reconnaissons que là ~a~<~ et la ~Ma-- /t~ doivent etrcconsidérees comme !es'deuxpAIes:d6 l'être ma'-ni<estc c'est aussi pourquoi le màthcn~aticieM'donne a ses formules une si grande extension, aun do comprendre,'én tant que possible, dans le monde mesurable et calculable celui qui ne peut se mesurer.' Alors tout lui paratt palpable, saisissableet mécanique, et il devient suspect d'un'athéisme secret, en ce qu'il croit saisir en même temps jusqu'à l'Être te'plus incom-mensurable, que nous appelons Dieu; dont il semble parla no plus reconnanrcl'cxistcncc séparée ou~prccnnncnte.
Le langage a; il est vrai, pour base l'intelligence ~ot la raison de l'homme, mais il ne suppose pas précisément chez celui qui s'en sert une intelligence pure, une raison cultivée, une volonté loyale c'est un i nstrumcnt h employer convenablement et ar-bitrairement on'peut aussi bien;l'appliqupr a une d~ artinciéuse et décevante qu'à une mystique confuse et obscu-rante on abuse sans scrupule du langage pour faire) eh prose et en vers, des phrascs'creuses et vides~ oh essaye méme;dc taire des vers d'une prosodie irréprochable, et~héàhmbins dé-pourvus de sonsi < 'f-.i~ ~));j~ Notre ami) lé chevaliefi Ciccôlini ~exprime, 16 désir que tous les mathétnaticiens~ écrivent avec le génie et la clarté d'un La-grangc~ c'est 'deMan~er'qu'ils aient tous'l'esprit clair et pM~fond d'un Lagràhge) et qu'ils en usent pour traiter de là science. Les phénomènes 'ne'sont d'aucune valeur) s'ils ne nous don-nent pas une YUë:pIus prpibnde' et plus riche de: là nature, ou s'ils'hepeuvèht être ctnpioyésa notre usage.
C'est une iaussë idée de croire" qu'on peut se débarrasser d'un phéndmone'oU ~écarter, aveclé calcul et des mots.. L'expérience dé Newt0h,'sur laquelle repose la théorie tradi-tionhéne des couleurs, est d'une extrême complexité, e!le com-bine les conditions suivantes t Pourqùelespec<reparàisse,iliautl l"Uhprismcde verre, 2<'Qui soit a trois faces, 3°Pctit; v 4<'HfautunYoIet, 6" Percé d'un trou, 6<'Quts6it très-petit; i 7° Il faut qu'une itnage du soleil tombe au travers) 8° D'une certaine distance; 9" Qu'elle tombe sur le'prisme dans Une certaine direction; 10<* Qu'elle se dessine sur un tableau, 11° Placé derrière le prisme; à une certaine distance. Que l'on retranche trois~ six ou onze de ces conditions; que l'on fasse l'ouverture grande~ que l'on prenne un grand prisme; que l'on place le tableau tout près, et le spectre chéri ne peut plus se montrer, ne se montre plus.
t. Ancien chevalier de Matte, directeur de l'observatoire de Bologne, puis de celui de Rome. Oh parle mystérieusement d'une expérience importante; qui doit entin~ dit-on~ cohnrmei~pleinement la théorie. Je !a con-nais pariaiiëment et Je puis aussi la produire i tout l'artifice consiste ajôindre encore une ou deux conditions aux précé-dentes) ce qui ne lait que rendre le tour de passe-passe encore plUsembrouillé.
L'expérience de FràUcnhôfcr, du des iighes transversales pa-raissent dansée spectre) est de la même sorte, tout cohïme les expérichces par lesquelles on doit avoir dëcouVei't une nouvelle propriété! de là lUtnière. Elles sont deUx fois et trois iois com-pliquées. Pour être de quelque Utilité) il faudrait qu'elles fussent réduites a leurs éléments) ce qui n'est pas diMcile au savantj mais, pour le saisir et le comprendre) nul profane n'est assez pour vu de notions préliminaires et de patience, nul ad-versaire, de bonne intention et de loyauté on préfère accepter en b)oc ce qu'on voit, et l'en en tire l'ancienne conclusion, Je sais bien que ces paroles sont vaines~ mais elles resteront en réserve pour l'avenir comme mystère évident' Quelque jour peut-6treun Lagrange s'intéressera-t-il encore a cette question. L'historien n'a pas le pouvoir et l'obligation de tout amener a la certitude les mathématiciens ne savent pas non plus expli-quer pourquoi la comète de 1770, qui devait reparattre après cinq ou onze ans, ne s'est pas remontrée au temps nxé. Cent chevaux gris ne font pas un seul cheval blanc. Les mathématiciens sont de singulières gens a la faveur des grandes choses qu'ils ont laites, ils se;sont érigés en corpora-tion universelle~ et ne veulent rien admettre que ce qui con-vient a leur sphère, ce que leur instrument peut traiter. Un ma-thématicien de premier ordre disait, l'occasion d'une doctrine de physique qu'on lui recommandait vivement Mats, est-ce que l'on ne peut absolument rien réduire en calcul? Nous nous souvenons parfaitement des années ou, des in-trigues secrètes se glissant de toutes parts, personne n'osait en parlcr;dahs le temps même où elles minaient la patrie nous savons très-bien aussi qui exerçait cette censure, et de quels avantages on se servait a cet cfïct.
C'est ainsi que, depuis vingt ans, la corporation physico-mathématique exerce son droit de veto contre ma doctrine des
PHNSHHS.
couleurs; elle ta décrie dans les académies et partout; des hommes de plus de trente âns savent maintenant m'en parler en sumsancC) et tish'ônt pas tort la possession, dans laquelle ils se senteht forts, est menacée par ma doctrine des coulein's, qui, dans ce sens, peut être appelée révolutionnaire, et contre !aque!!e cette aristoct'atte a tout sujet de~~ Le grand problème serait d'exclure les théories mathéma-tiques-philosophiques des parhes dé la physique dans lesquelles elles ne font que gêner la science au lieu de l'avancer) et dans lesqueltes là tractation mathemaûqUè~grdce a la direction ex-clusive du développement de la culture scientifique modérne, a trouve une si fausse application.
Hfaudrait montrer quelle est, dans les sciences naturelles, la véritable méthode; comment e!!e repose sur te plus simple progrès de l'observation) comment l'observation doit s'élever jusqu'à l'expérience et comment l'expérience mené chnh au ré-sultat.
Si nos espérances se réalisent, de voir les hommes s'unir avec toutes leurs forces) avec le cœur et l'esprit) avec l'intelli-gence et l'amour, et apprendre a se conhaitre les uns les au-tres, il arrivera une chose a laquelle personne ne peut songer encore les mathématiciens prendront plaisir a se voir admis dans cette société morale universelle, comme citoyens d'un grand Htat, et peu a peu ils renonceront a la vaine pensée de dominer sur tout comme monarques universels ils ne s'avise-ront plus de déclarer frivole~ inexact, insumsant, ce qui ne peut être soumis au calcul.
\ous devons rcconnaitre et déclarer ce que sont les mathé-matiques, en quoi elles peuvent rendre aux sciences natu-relles des services essentiels; eh quoi, au contraire, elles'sont déplacées, et dans quelle déplorable aberration la science et l'art sont tombés, depuis leur renaissance, par Une fausse application.
Les mathématiciens sont comme les Français vous leur par-lez, ils vous traduisent dans leur langue, et c'est d'abord tout autre chose.
Celui qui veut défendre l'erreur a tout sujet de procéder doucement et de prendre des manières polies; celui qui sent te bon droit do soh'coté doit agir vertement droit et petitesse n'ontriëha fairëchscmble.
C'est pourquoi ~'o'n'~isait aVëc une parfaite justesse Cëtui qui veut tromper les homh)cs doit avant tout rendre ~absurde plausible.
On tait dater dëBacon de Yérutam ia méthode ëxpéritncnttde dans les sciences hatùrënës ~cependant leur \'oiëa c~e~soûvëht iraversëe~ët rendue imprâticà~te par des te~ théÓfîq ù~'s. Tdui bien constdcré, on peut et t'oh doit taire daterde chaque joùrUhënouvenëépôqucI J.
t~cs naturatistës éminënts proctamënt déjà la nécessite de la tractation nMnograptnquë et, par conséquent, l'intérêt donné aUx détaits htais cet intérêt n'est pas cbhcevabte sans une mé-thode qui Manifeste cc!ui qu'on prend a rehsemhie~ et, une fois qu'on en cs~ arrivé !a, on n'a p!us besoin de tâtonner dans d'innombrables détails.
La notion est ta somme, i'idéc est !c résultat dei'expénencë} il faut de la sagacité pour faii'c !à sohme, de la raison pour saisir !e résuttat. `
Tout ce qui est désiràMc n'est pas accessible, tout ce qui est digne d'être connu n'est pas connaissabtë.
Plus on fait de progrès dans l'expérience, p)us on approche de rimpéhétrabic; plus bh apprend a Utniser i'cxpérichcc, ptus on voit que !'impéhétrab!e n'a aucune Utilité pratique.
La plus grande satisfaction pour i'homme qui pense est d'avoir pénétré ce qui est pénétrabte, et de respecter tranquinemeht ce qui ne t'est pas.
L'homme qui sait rëconnaitre les bornes de son intettigence est !ep!us près de ta perfection.
Ce qui retarde le plus les sciences, c'est que tes hommes qui s'en occupent sont des esprits inégaux.
Ïts ont du zèle, mais ils ne savent pas ce qu'ils doivent en faire.
Il est deux choses contre lesqueucs on ne peut trop se tenir en garde l'obstination, si l'on se renferme dans sa sphère; l'insunisance, si l'on en sort.
L'insufusance s'oppose plus qu'on ne pourrait croire à ce qui estsutïisant. ·
PEXSËHS.
Les hommes, ne pôuvahts'assurcr !c nécessaire) se tourmen-tentpouft'inu<i!e.
Dans te seizième siècle, !cs sciences n'appartichnent pas a te! ou tel homme, mats au monde c'est ienlônde qui les; tichi, qui les possède, et lltonnnenes'cmparequc de ta richesse. Le siecie est avance) et pourtant chacun commence par le commencement. ·
SUPPLÉMIÈT.
Le don te plus excellent que nous ayons reçu de Dieu et de la nature est la Ytc~ie mouvement circulaire de la monade autour d'elle-même, mouvement qui-ne connaît ni irôve ni repos; l'impulsion qui nous porte a nourrir et entretenir la vie est innée et .indestructible en chacun de nous; son caractère propre reste néanmoins un mystère pour nous et pour tes autres.
La deuxième efaveur des puissances créatrices csU'experichcc, la perception, l'intervention de la monade mobite et vivante dans lc monde extérieur qui l'environne, par où cUe se'sent d'abord enc-m6me sans bornes au dedans et bornëc au dehors. Cette expérience, nous pouvons, avec des dispositions nàtu-relles, de t'attention et du bonheur, nous en tan'e a nous-mêmes une idée claire, mais elle reste toujours un mystère pour les autres.
Comme troisième avantage) se développe ensuite ce que nous dirigeons vers !c monde extérieur, comme action et trayait comme écrits et paroles ces choses lui, appartiennent plus qu'~ nous, tout tomme il peut s'expliquer tout cela plutôt que nous ne le pouvons nous-mêmes; toutefois il sent que, pour avoir à cet égard des notions bien claires, il a besoin dcconna!tre, au-tant que possible, notre passé. C'est pourquoi les débuts de la jeunesse, les degrés de la culture, les particularités de la vie, les anecdotes, etc., excitent au plus haut degré sa curiosité. A cette action exercée sur le monde extérieur succède im-médiatement une réaction, soit que la bienveillance cherche à, bt6 nous~ehcoUrage~ soit que la haine sache nous faire obstacle.' Ce connitreste assez semblable h lui-même dans le cours dé là Yie, attendu que l'homme aussi reste semblable a lu!, et, pareil-lement, totit ce qui doit rcsschtir de !a sympathie où de l'anti-pathie pour sa m amëre d'être.
Ce qUe nos amis font ~avëc nous et pour nous~ est aussi uhë expénence, car cela fortiHe et développé notre ihdividuàlité~'cë que nos ennemis entreprennent contre nous, nous ne le ressen-tons pas/hoUs en sommes seutement informés, n 1'écàrtéïls 'et nous nous ëti préservons, comme du troid, de l'orage) de la pluie et de la grêle ou des autres maux auxquels nous pouvons nous attendre.
On h'aimc pas a vivre avec chacun et l'on ne peut non plus vivre pour chacun celui qui en est convaincu saura faire un grand cas de ses amis; il saura ne ha)r ni ne poursuivre ses en-nemis loin de la, car il n'est guère pour l'homme de plus grand avantage que de parvenir a reconnaître les mérites dé ses ad-versaires i cela lui donne sur eux~ une prëpôhdérancemarquëe.'
Si l'on remonte dans l'histoire des âges passés, on trouve partout des personnages avec lesquels on s'accorderait fort bien, et d'autres àveclesquels on se trouverait certainement eh connit.
Néanmoins le plus important est toujours ce qui est contem-porain, parce qu'il se reMcteen nous plus purement/et nous en lui.
-Caton fut décrète d'accusation dans sa vieillesse, et il nt va-loir principalement, dans son plaidoyer, qu'on ne peut se de-tendre devant personne que ceux avec lesquels on a vécu. Et il a parfaitement raison comment un jury veut-il déduire un jugement de prémisses qui lui manquent complètement? Com-ment veut-il délibérer sur des mdtits qu'il a'perdus de vue de-puis longtemps?
Chacun sait apprécier l'expérience, surtoutle penseur et le philosophe dans sa vieillesse t il sent, avec certitude et satisfac-tion, que nul ne peut lui ravir ce trésor.
Ainsi mon étude dé là nature repose sur la pure base de l'ex-périence. Qui petit me contester que je suis né en 1749, et (pour franchir beaucoup d'intermédiaires) que j'ai étudié avec appli--
PEKSHËS.
cation l'n'e !)a<t<M/e d'ErxIëben'~dans la première édition, et ncmcsUis pas borné à lire, quand elles furent imprimées, !ps autres éditions, qui se multiplièrent sans tm par tes soins de Lichtchberg, mais que j'ai appris a cohnaitre d'abord, au fur et a mesure) chaque nouvelle découverte; que, suivant pas a pas !c progrès de la science, j'ai vu les grandes décoUyertës de la seconde moitié du dix-huitième siècle, jusque nos jours, se lever successivement devant mot comme des astres mcrveil-- !eux? Qui peut me ravir ta secrète joie de sentir en moi-même que, par des efforts, persévérants, attentifs, je me suis telle-ment approché de mainte grande découverte, l'étohhcment du monde, qu'elle s'est, pour ainsi dire, élancée de mon cerveau, etqueje voyais alors clairement le petit notnbre de pas que j'avais négligé de hasarder dans ma ténébreuse recherche? ` Ceux qui ont vu nattre l'invention des hallôns àérostatiques pourront dire quel mouvement elle produisit dans le monde; avec quel intérêt on suivait les aérônàutes; quel ardent désir se manifesta dans mille et mille cœurs de prendre part ces voyages périlleux, longtemps prévus, prédits, toujours crus et toujours incroyables; comme chaque heureuse tentative rem-plissait d'abord les gazettes de récits animés et circonstanciés, donnait lieu a des brochures et a des estampes; quelle tendre compassion l'on ressentait pour les malheureuses victimes de ces expériences. Le souvenir même ne saurait faire revivre la chose, non plus que l'ardeur avec laquelle on s'est inté-ressé a une grande guerre, que l'on a vue éclater il y a trente ans..
La plus belle métempsycose est celle où l'on se voit renattrc dans autrui.
La Po~~HCa~cman~c (fapt'~ Goethe, par le professeur Zauper, tout comme le Su~MmM< (Vienne, t822), doit assurément pro-duire Une agréable impressionsur le poète. Il lut semble qu'H passe devant des miroirs, et qu'il s'y voit reproduit sous 16 jour le plus favorable.
En pourrait-il être autrement? Ce que notre jeune ami a connu de nous, ce sont précisément les actes et les travaux, les 1. Naturaliste, professeur & Coettingen, mort en Un. paroles et les écritS~cinanés de nous en d'Iietn'ëux moments, et que nô~s avouerons toujours volontiers.
est btcn i'a~è <tuë !'on soi-même; il est d'au-tantplus'doux'd'aVoirsatisfaitIes autres.
Quand hous jetons les regards sur'Motre vie passée, elle nous parait toute morcelée, parce qde nos négligences, nos échecs, se prescntëht toujoul's les premiers a notre 'esprit, et l'cmpor-tcnt.'dans l'imagihation.'sur nos travaux et nos succès. Ces choses, notre jeune atniti'eh aperçoit rien~Hcohtemptc, ilgbùtc.ttmët a prôntia Jeunesse d'uh devancier ;its'ch nour-rit au tond de son âme, comme si dëja'une tbis il'avait été ce qU'itcst.
Les retentissements divers qmm'arrivent des pays etran~ 'gei's mccauscut un ptaisir semblable, un plaisir cga! Jcs na-tions étrangères apprennent a connattre aujourd'hui seulement les travaux de noire jeunesse j leurs jeunes gens, leurs hommes faits, luttants et agissants, voient leur image dans notre miroir; ilsappt'cnhent que, ccqu'ils veulent, nous le voulions aussi: ils nous font entrer en commerce avec eux, et nous abusent avec l'apparence d'un retour de jeunesse..
Ce qui huitbcaucôup au progrès de la science, c'est qu'on s'occupe do ce qui n'est pas digne d'être connu et de ce qui no peut l'être.
L'empirisme élevé est avec la nature dans le même rapport que le sens commun avec la vie pratique.
Les phénomènes primitifs, quand ils apparaissent sans voiles a nos sens, nous font éprouver une sorte de frayeur qui va jusqu'à l'angoisse les hommes matériels se réfugient daus l'ctonnemcnt; mais l'esprit, entremetteur diligent, arrive bien-tôt, pour accoupler, sa manière, la chose la plus noble avec la plus commune.
Le véritable intermédiaire) c'est l'art. Raisonner sur l'art) c'est vouloir interposer l'intermédiaire, et cependant nous en avons retiré de nombreux avantages. `
Il en est des principes de déduction comme'des principes de division, il faut qu'ils épuisent le sujetou ils ne sont bonsa rien.
Dans les sciences aussi, on peut proprement ne rien savoir la pratique est toujours nécessaire. Tout aperçu vrai dérive d'une conséquence et am6ne des conséquences c~est un anneau intermédiaire d'une grande chatncascchdante et féconde.
l.a science nous est utile avahttout) en eequ'cHe nous ancge un peu l'étonnement auque! nous.sômtpes disposes par nature, ensuite, en ce qu'cUe suggère a ta vie, toujours plus raffinée, de nouvcUcs ressources, pour écarter le nuisible et introduire leproutàbie..
On reproche aux CQmpagnies,sàYahtes de.ne pas entrer avec o assez de vigueur dans la vie~ mais cela ne tient pas à elles, cela tient surtout la manière dé traiter lascience.