‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 43 sur 59 · RÉFLEXIONS MORALES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS MORALES

«apport, tmctinn~ott)<tmoat',pnMto)t, babhudp. L'amour, dont la jeunesse ressent la puissance, ne sied pas l'âge avancé, non plus que tout ce qui suppose la <c producti-vité, = qui ne se conserve que bien rarement avec l'âge. Les bons et lés mauvais poëtes nous font tellement conututre t'amour, qu'il en serait devenu trivial, si, par les lois de la na-ture, il ne se renouvelait toujours avec toute sa force et tout son éclat.

Sans parlerde la tyrannie dans laquelle la passion t'ehcbame, t'homme est encore l'esclave de maintes relations nécessaires 1 qui ne tes connaît pas ou veut les transformer en amour ne saurait ctrc que malheureux.

Tout amour se rapporte au présent l'objet dont !a présence m'est agréable, qui s'offre toujours a moi dans l'absence, qui évei!ie sans cesse !e désir d'une présence nouvelle; qui est ac-compagné d'un vif enchantement, quand ce vceu s'accomplit, d'un charme toujours égal, quand ce bonheur conttnue c'est la. proprement ce que nous aimons, et il s'ensuit que nous pou-vons aimer tout ce qui peut nous devenir présent, et, pour tout dire, l'amour pour la divinité aspire sans cesse a se rendre présent l'Être suprême.

PHNSHES S A ceci touche de bien près l'inclination, qu'il n'est pasTare de voir se développer en atnbur.' H!!c a pour hase un attache-ment purt qui rcssemble eh tout & l'amour, sauf dans !c besoin absolu d'une présence continuée.

I/it)clinati6npët~ prendre des di~ très;:dÍ vorses;' àvoit· pourobjetptùstcurs personnes et p!ùs!curschosés/ct~ èllé proprement, lorsque nous savons nous la conserver, qui nous Msùrëuh bonheur durable. C'est une chose particulièrement re-marquable, que l'habitude peut prëhdre'coM la plâcé de l'amour passionné; elle exige moins une société agréable qu'une société facile~ mais ensutte elle est invihcib!e. n'est une grande anaire que de rompre une Haison accoutumée! e!)e subsiste en dépit de toutes tes contranetcs mecQntcntcihcht, chagrin, cotërC) ne peuvent rien contre elle; eue surnionte même le mépris, làhâinë.~ Je ne sais pas si quelque rotnancier a su peindre parfaitement la chose il ne pourrait d'aUlcurs l'entreprendre que d'une manière incidente, épisodique, car, dans une exposition détaillée~ il aurait a lutter avec de nom-breuses invraisembhnccs.

~poqaetdet'ettprtthnhmtn)

(D'après les plus récents traMUt de Hermahn '.) Les temps primitifs du monde, des nations, des individus, se ressemblent. D'abord un chaos désert embrasse tout, mais !'es-prit couve déjà sur la matière mobi!eet organisée. Cependant la foule autochthone, inquiète et surprise~ jette les yeux autour d'c!lc, afm de pourvoir chetivemeht a ses besoins lesplus indis-pensables; un esprit heureusement dou6 contemple les grands phénomènes de l'univers, observe ce qui se passe et décrit, d'un ton prophétique, ce qui existe, comme s'i! était naissant. Ainsi, dans les temps les plus anciens, observation~ philosophie, no-menclature et poésie, nous trouvons tout confondu. Le monde devient plus serein, ces sombres éléments s'éclair-cissent) se débrouillent, l'homme s'en empare, pour les dominer d'une autre manière. Une sensibilité vive et saine porte ses re-gards autour d'elle; gracieuse, elle ne voit dans le présent et le Gottfried !termann, professeur d'ftoqucnee et de po~ste à Mpzig.

PRNSÉHS.

passe autre chose que son imagé. A l'ancien nom cite prête Une forme nouvelle; elle humanise, elle personnifie les choses ina-nimées cbmme-Ies choses Mortes, et communique &on~ caractère a toutes les créatures. Ainsi vivent et se développent les croyances populaires .qui rejettent souvent avec légèreté tout ce qui a pu rester'd'abstrus de t'époquë~p~ Le champ de ta poésie fleurit, et celû!-la' seul est poète'qui par-tage la croyance populaire ou qui sait se rapprôpner. Le ca-ractère dé cette ëpoqueëst une sensibilité libre, énergique, sé-rieuse et noble, relevée par l'imagination:

Mais l'homme ne connaissant aucunes bornes a l'enhoblisse-ment de son être, et ta brillante région de la vie ne parvenant pas a le satisfaire dans toutes les circonstances, il se rejette dans te mystère, il cherché une ptUs haute origine aux choses qui lui apparaissent. Et comme la poésie crée dés dryades et des ha-madryadcs, au-dessus desquelles vivent des dieux supérieurs, la théologie enfante des génies, qu'e!!e subordonne les uns aux autres, jusqu'à ce qu'ils Unissent tous ensemble par être conçus comme dépendants d'un dieu Unique. Nous croyons pouvoir ap-peler cette période sainte. Mlle appartient, dans le sens le plus élevé, a la raison; mais elle ne peut longtemps se conserver pure, et cotninc, sans être une poésie~ c)Ie embellit, poUrson propre avantage, la croyance populaire; comme elle énonce lés choses les plus merveilleuses et leur attribue Une valeur objec-tive, elle doit enfin devenir suspecte a l'intelligence. Celle-ci, dans son énergie et sa pureté suprême, honore les premières origines, prend plaisir aUx croyances poétiques des peuples et apprécie le noble besoin de l'humanité de rcconnattre Une puissance suprême. Mais l'homme intelligent s'eHorce de ré-pandre la lumière sur tout ce qui est concevable, et d'expliquer d'une manière saisissable jusqu'aux plus mystérieux phéno-' mènes. Les croyances populaires et sacerdotales ne sont donc nullement rejctées, mais derrière elles est admis un principe compréhensible, louable, utile; on cherche ce qu'elles signi-fient, on transforme l'idée particulière en idée générale, et, de tout ce qui est national, provincial, même individuel, on dé-duit quelque chose de propre a l'humanité tout entière. On ne peut contester à cette époque une tendance noble, pure, sage,

PRKS~RS.

mais cite satisfait plutôt les individus bien doues que tes na-tionsentiet'cs.

Hn effet, quand cette manière de penser est répandue, arnvc la dermcrc époque, que ? nous appcUcrons prosa'tquë) sa' tchdancc n'étant pas d'humaniser; d'appropriet' au pur sens com-mun et aux besoins usuels le fond des époques précédentes, mais de donner a c6 qu'if y à de plus anttqùe une fornic vut-gaire/ et, .par la,' d'anéantie les sentiments primittfs,îles croyances poptuatres et sacerdotales, et celles même de l'in-teuigcncc, qui/derrière l'étrange) soupçonne encore un touaMc cnchathcmcnt.

Cette époque ne peut durer longtemps. Lés besoins dé l'hu-manité, evoincs par te cours des événements, rétrogradent et franchissent d'un bond h route tracée par la raison, confondent les croyances sacerdotales, populaires et primitives, se cram-ponnent tantôt ic!, tantôt la~aux traditions, se plongent dans les mystères, substituent des contes à la poésie-et les érigent en articles de foi. Au lieu d'enseigner rationneUemcht et d'exercer une paisible innuence, on sème au hasard, de tous cotes, le fro-ment et l'ivraie en mémo temps aucun centre n'est p!us donné désormais, sur icquet on puisse arrêter sa vue; chacun se pro-duit comme instituteur et comme guide, et présente sa parfaite folie comme un système accompli.

Ainsi est détruite la valeur do chaque mystère la croyance populaire est cnc-meme profanée, des quaHtes qui auparavant se développaient naturellement les. unes des autres, se font la guerre comme des cicmcnts ennemis; on voit donc renaurcie tohu-bohu, mais ce n'est pas le primitif, fcrtiHse, fécond, celui-ci se meurt, U tombe en pourriture, et l'esprit mémo de Dieu pourrait a peine en faire cc!orc une seconde fois un monde digne de lui,

PHNS~HS.

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