‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 55 sur 59 · M\'AN · texte numérisé non relu

M\'AN

en certames* occasions, comme les audiences et les repas, mais il s'établit Mentit dans Pehtouragc du prince comme une liberté, de carnaval aux allurcs.les plus dtVertissantes~~ J~.rPipf¥Üd' ses ébats dans tes jardins et lés kiosques, nul ne doit marcher en bottes sur les tapis où la cour/se trouVe~Qu~I arrive un prince tartare~~on lui 6}e une botte) mais ~~h~ P¡1, ~c~ou-tumé a se tenir sUr un pied, il chancelte bien le roi lui- = même approclie et tient !e prince jusqu'à ce qUel'ôpëra~on soit achevée. Vers îe~sbir, le rbi'préside&.uh cercle de~ lequel on fait passer des coupes d'or pleines de vin; plusieurs sont d'un poids modique, mais quelques-unes sont rendues si pesantes par un fond plus épais, que le convive novice laisse te vin se répandre, ou même, a là grande joie du maHre et des convies/laisse tomber la coupCt On boit ainsi ~larondc, jusqu'à ce que tel bu tel~ incapable desc tenir debout ptus longtemps, sptt emmène bu s'ecnpse à propos. Au départ) oh ne fait au prince aucune révérence l'un se dérobe après l'autre, et le souverain finit par se trouver seul. Il prête encore quelque temps l'oreille a Une musique mélancolique, et a son tour il va se livrer au sommeil. On conte des histoires encore plus singu-lières de son harem où ses femmes le chatouillent, bataillent avec lui, cherchent a le jeter sur le tapis, tandis que, poussant de grands éclats de rire il né cherche ascdéfcndrc et se venger que par des propos insultants.

Ces joyeux récits des secrets amusements du harem royal ne doivent pas nous faire supposer que le prince et son divan soient restés dans une oisive indolence. Ce ne fut pas seulement l'inquiète activité d'Âbbas le Grand qui le poussa a construire une seconde capitale sur les bords de la mer Caspienne; il est vrai que la situation de t'erhabad était trcs-favorable aux plai-sirs de la chasse et aux amusements de la cour; mais la vilte était protégée par unechatnede montagnes et assez voisine des frontières pour que le roi pût connaurc a temps chaque mouvement des Russes et des Turcs, ses ennemis héréditaires, et prendre des mesures de défense. On n'avait présentement rien a craindre des Husscs; l'empire, bouleversé par des usur-pateurs et de faux prétendants, ne sufnsait pas a sa propre défense; les Turcs; de leur coté, avaient essuyé, douze ans

IHVÂN.

714 fi auparavaht~unctcnc défaite, dahs~u~ bàtàilie que te roi ieur avait liv~C~qû'ii n'eut d~s~ iôrs pltis'ï·ieti craindre delettr par()CÏq&'it nt~m6mësurëux Cepcndanf il hepouYàhs'ëtabhreht~ -e- 'pvëritabiepaix~ des. prbvoca<!dns isolées', des de~~ puMiques~iënaient constamment de part et d'autre, l'aiten-tiqncveit~e. '<, Mais Âbbas'se voit maintenant oblige d6 faire des pi~paràttfs de guerre'pHjssenëbx.~ Conformément au plus antique Usage,il convoque son'armee tout entière dahs tes plames ~I~Âderbijan elle s'avance, dansiôutM' ses divisions~ troupes de pied et de cheval) avec es armures les plus diverses, a leur suite, une multnUdëinhombràMë~car chacun amène) comm~ pour'une chngrât~on, femmes, enfants et bagages. beUa~àUe amène aussi a che~at et en litière, a !a suite de t'armcc et de la cour,'sabe)tcMaam et tes femtnes qui M servent~ d~ quoi ,lé prince e loue, parce qu'it se montre ainsi'un homme consi-dérable.

Un peuple tout ent~tY qui se met de !a sorte eh mouvement, ne doit manquer d'aucune de ces choses qu! sont pour lui'des besoins dans ses foyers! c'est pourquoi des marchands et des trauquants eh tout genre raccompagnent, ouvrant partout des bazars momentanés, et comptant sur un bon débit. Aussi com-parc-t-on sans cesse le camp du roi à une viHe, ou ~on entre-tient une si bonne po)icc et Un ordre si parfait, qUc/dans la crainte de châtiments sévères, personne n'ose fourrage! ni faire des réquisitions, et bicnmûins encore se livrer au pillage: grands et petits doivent tout payer comptant. 11 s'ensuit que, non-seutcmcnt toutes tes villes situées sur la route'se pour-voient de vivres en abondance) mais que, des provinces Voisines etctôignécs.les provisions et les subsistances afHuent inces-samment.

Mais quelles opérations de stratégie et de tactique faut-il attendre d'un pareil désordre organise? surtout quand on vient à savoir que tous tes peuples, toutes les tribus, toutes les armes diverses, se mètent dans le combat, et) sans alignements, sans chefs de ute.sans serre-utc, combattent pelc-mcte comme le veut lé hasard aussi une victoire peut-elle aisément irans--

btvA~t.

former et une seule défaite fixer, pour nombre d'années, le s~~d~Um~ Cctte.ibis.on h~ vient pas à ünc dè cèsët'rto);abiê$'Íh~lécs. On aVah(~) U esiy~M~ des diutcultés inimaginables ~.tra-vers les môntagjfies ~;majs,ôn{ hésite on recule ,'on se dispose m6me détruire .ses propres; vHleS) fa(tn~que ~ennemi périsse dans des paySjd~Yas~;les~erreurspantques)~ de Ytctotre~se~suc~~deot confusément~ condi~onsdep~X) t écartées ~yep{egèpet6~ retusées, avec orgueil )U de 'comb~th; des lenieut~ ar~GÈteuses, commencent pM' re-tarder, et nnissent, par.faY~risc~'l~ sûr l'ordre et !e mandement cûmmmatoire du rot, chacun; sans autre pérU, sans autre soùitrânce qUe celles qu'il a essuyées dans la marche et la presse, se hâte de retourner chez soL ~~Kous rëtroUYons deila Valte a Casbm) dahs le vôismage de ta cour) mëcohtent que la can~pagne contre ~~T~ ait pris une si prompte nh. Car nous n'ayons pas a le considérer seu-lement comme un voyageur curieux, comme un aventuner poussé c& et I& par le hasard il a des desseins,,qu'il poursuit sans cesse. La Perse était alors un paysfaitpourj les Étrangers; les libéralités qu'Abbas avait répandues pendant tant d'ànnëes attiraient des esprits entreprenants ce n'était pas encore le temps des ambassades cérémonieuses; des voyageurs habites et courageux se font valoir: déjM'AngIais Sherley s'était investi lui-même d'une nussion, et jouait le rôle d'intermédiaire entre l'Orient et l'Occident; délia Ya)!e) indépendante riche, noble, instruit, recommandé) s'insinue là cour, et cherche & !'ex;-citer contre les Turcs. H est poussé par la même sympathie Chrétienne qui animait les premiers croisés; il avait vu les pieux pèlerins maltraités au saint sépulcre; il avait mémo spuuert avec eux, et il importait alors a~ tous les peuples de l'Occident que Constantinoptc fût inquiétée du c6t~ de l'Orient mais Abbas ne se ne pas aux chrétiens, qui, songeant a leur propre avantage, ne l'ontjamais secondé a propos de leur coté. Il s'est accommodé avec les Turcs, toutefois dellaYallenese relâche pas; il cherche à former une alliance entre la l'erse et les Cosaques de la mor~oirc. Il retourne a Ispahan, avec la pensée de s'y établir et de travailler pour la religion catholique romaine. ]1 attire auprès de lui, d'abord les par~ëhts de sa femme, puis bien d'autres chrétiens de la Géorgie~ it adopte une orpitëlmé géorgiêhhë; il se lié avec les càrméitiës," et il ndUrrit mêmc'l'àmbhieUse pehséé de se faire accorder par le roi uh territoire pour y fonder une ho~ Le prince reparaît lui-même a~ Ispahany des envoyés affluent de toutes les parties dù'mbnde/Le souYéraih~àLchë~l~ iâgrande place, en présence de ses soldats, de 'sës'plus considé-rables serviteurs, d'étrangers marquai le~' prhîêip1iux se présentent aussi a chenal avec îeUr suite, accôrdë'd6 fantas-ques audiences roh apporte des présents en grande pompe, mais ils sont tantôt orgueilleusement repoussés, tantôt juda!-quernëht marchandés, et ta majesté he'ccsse de f!6tter ainsi entre la hauteur et là bassesse. Puis~ tour a tour, ëhfermô mystérieusement dans le harem :oU agissant a !a \'u6 detoùt le monde, se mêlant a toute !a vie publique, !ë chah montre une infatigable et capricieuse activité.

On remarque aussi, a tous égards~ùhè singulière totérahcë eh matière de religion. Seulement it he faut convertir aucun màhométan a la foi chrétienne i les conversions a l'istamismë, que le roi a favorisées autrefois, ne l'intéressent plus. On peut du reste'crôirc et pratiquer ce qu'on veut. Ainsi, par cxempley les'Arméniens célèbrent la fête du baptême de la croix, qu'ils solcnnisënt dans leur magnifique faubourg, a traYcrs lequel coule la rivière dcSendërôud; le schah veut assister a cette cérémonie avec une nombreuse suite et, même ëh cette occa-sion, il he peut renoncer régler, a commander. Il s'abouche' d'abord avec les prêtres, et il veut savoir quel est proprement' leur dessein, puis il part au galop, court'deça et delà, et commande a la procession l'ordre et la tranquillité, avec au-' tant de précision que s'il avait affaire à ses soldats. La céré-monie achevée, il rassemble les prêtres et d'autres hommes marquants autour de sa personne, et s'entretient avec eux de diverses opinions et coutumes religieuses. Cette libre manière de penser a l'égard d'autres croyances n'est pas particulière aU' schah,cllc se trouve en général dans les Schiites. Partisans d'Ali, qui fut d'abord frustré du califat, et qui, après y être enfin parvenu, fut bientôt égorgé, les Schiites peuvent, sous divers rapports, être considères, ~habômétà~'s comme le parti opp~më.'A~ùssileu~lMinc se tou cipalemëht'cohire les Sunnites, qui cotnptent'et~ vënerent les califes mtërcàlés entre Ma Les Turcs sont atta-chés à cette cpoyance~ëiûn'schisniê, teli¡.

giéux, 'sépare les deux peuples. Or les ~chiites, nourrissant une furieuse! hàme centre' leùr~~ ëôrén~iônilaireSi s~hismatlqûes, sont indifïerehts a* l'égard des autres croyances, et les àccueiilëht avec beaucoup plus de faveur que leurs adversaires particuliers. y Mais, par inalhëur, ces dispositions libérales sont soumises aux ihnuehccs du pouvoir arbitraire' PcUpler bu dépeupler un royaume est chose égale'pour la volonté despotique. Abbas, errant dans la campagne, sous Un travestissement) entend les mauvais propos de quelques femmes arméniennes, et se sent tellement dnehsé) qu'il ordonne d'inniger les plus cruels châ-timents a'tous les hommes du village. La frayeur et'I'àngôissc s'étendent sur les rives du SehdcroUd,et le faubourg de Khalfa, qUe le toi avait rejoui naguère en prenant part a sa fête, n'est plus qu'un monceau de ruines.

Voila/comme nous sympatinsons toujours avec de grands peuples tour a toUr élevés et abaisses par te despotisme. Nous admirons d'abord a quel haut degré de sécurité et de bien-être Abbas~ monarque 6t aUtocrate/ a élevé le royaume, et qu'il ait donné a cet état de choses une telle consistance, que la'faiblesse, la Mie, l'insouciance de ses successeurs hc parvint qu'après quatre-vingt-dix ans à ruiner complètement le royaume; mais ensuite Mussômmes obligés de signaler les imperfections de cet imposant tableau.

Comme l'autocratie repousse toute influence, et qu'elle doit veitter a là parfaite sûreté de la personne du monarque) il s'en-suit que ie despote doit soupçonner sans cesse la trahison, voir partout le danger, craindre morne de toutes parts ta violence, parce que la violence seule le maintient sur le trône. Il est ja-loux par conséquent de toute personne qui inspire a côté de lui le respect et la confiance, qui montre de brillantes qualités, amasse des trésors et semble rivaliser avec lui d'activité. Mais, sous tous les rapports, c'est le successeur qui doit surtout éveil-- 1er tes soupçons. C'est déja~che!un roi qui (~~ la preuve d'un grand esprit, qu'il sache vôjtr sans jalousa son ms~a~ qui la nature transmettraJ)ient6t.irrevoca~ sans' leconsen~ tcmcnt du pmssant arbitre) toutes ses: richessea et ses con-quêtes. D'un autre (~té) onvëut quelle CIs sac~e, a.Vec.noblessp, avec conYenance~etdiscr~itônt modérer ses espérances) dissi-muler ses dt~stra et ne pas anUciper, même en apparence, sur; les/destinées du père. Mais o& la nature humaine ~M pure et grande) assez calme et patiente, assez disposée a une joyeuse activité sous des conditions nécessaires, pour que, dans une pareille situationt' le pcre ne se plaigne pas de son fils ni le fils de son père? Et quand ils scrsuent tous deux purs comme des ânges,;les délateurs s'interposeront) l'imprudence'devieht un crime, l'apparence une preuve. Combien d'exemples he nous présente pas l'histoire~ ~Considérons seulement le lamentable labyrinthe de familledansleque! nous voyons le'roi Hérode arrêté. Outre que les siens font planer sans cesse le danger sur sa tcte~ un entante signalé par des prophéties) excite son in-quiétude et cause) immédiatement avant la mort du roi. Un massacrcgénéraL Il en fut de même d'Abbas le Grand on lui rendtt suspects ses fils et ses pctits-nis, et ils donn&rent lieu aux soupçons. L'un fut mis a mort quoique innocent} l'autre t à moitié cou-pable, fut aveuglé. Ce n'est pas moi, dit cet infortuné) c'est le royaume que tu as privéde la lumière.' A ce malheureux défaut du despotisme il s'en ajoute Inévita-blement un autre, source plus fortuite et plus imprévue encore de violences et de crimes. Tout homme, est gouverné par ses habitudes une gène extérieure pourra seule l'amener a se con-duire avec modération, et la modération devient pour lui une habitude. On voit justement le contraire chez le despote; une volonté sans frein s'exalte elle-même, et, ne recevant du dehors aucun avertissement, doit prendre un essor sans mesure, Ainsi est résolue l'énigme que nous présente un jeune prince de mé-rite, dont le gouvernement fut béni pendant les premières an-nées, et qui se montre par degrés un tyran, l'horreur du monde et le fléau dosa famille, laquelle est souvent forcée do chercher a son mal un remède violent. Parmalhcùr~cëtic aspiration a. l'absolu, innée chezThoù)me, alintënt de toutes tes vertus, devient plus terrible dans ses enets; quand il s'y aJo~te'des stimulants p~ Íieô;r'éslïite unc~ëxtrcfne Cxaltanon, qui unît Iicuréusëmëntpar.se résoudre en un'complet ét6brdissemëht.NoUs;Y6ù~ immodéré'du v!ii) par lequel sont brisées momentané et avec tés'ptus funestes en~ets~ les faib~~ ban-tèrès d'une -justice, d'une ëquite~sagë; que' !e tyran ~u~m~me' ne peUt~ en qualité d'homnie, rchtër tout a!fa!t/Qu'bnf~ Abbas te Grande 'qUi~ par son' règne de Cinquante ànnëe~ ëtàit parvenu a'tairè~dôtïnner uniquement et sans !imhes sa \'ôiohte dans son vaste ~et populeux empirer qu'o~ rcprég~iite 'tin homme d'un caractère franc) socîabie, enjoué, mais ensuite égarepartesoupcon, lé chagrin, et~ce'qui est Je plus fdcheux~ parûn aveugic amour de !ajusttce,'cchauue par l'excès du vin, et} pour dire !e dernier rnot, tourmente, rëduii au dësespoir par un mat corporel, repoussant et incurable on doit avouer qu'its méritèrent'!e pardon,-sinon la toûahge, ceux 'qui nrent disparàitre de ta face du monde un si terribie neau. HeureUses !ës nations poncées dont !e monarque se gouverne lui-même parles nobles inspirations du sentiment mora!) Heureux les gouvernements modères et limités; que te prince !ui-meme doit aimer et qU'H a sujet de soutenir, parce qU'its attégent souvent sa responsabilité, et lui épargnent bien des repentirs.

Et ce n'est pas seulement le prince, c'est toute personne ar-rivée par !a confiance, la faveur ou l'usurpation a exercer une part de t'autorité souveraine, qui court ic risque de franchir tes homes que ia loi, l'humanité, la conscience, ta religion et la coutume ont tracées autour du genre humain pour son bonheur et sa paix. Aussi les ministres et les tavoris, les représentants du peuple et lé peuple doivent être sur leurs gardes, de peur qu'entrâmes dans le tourbillon de la volonté absolue, ils ne précipitent et eux-mêmes et les autres dans des malheurs sans remède.

Si nous revenons a notre voyageur, nous le trouverons dans une pénible situation. Avec toute sa prédilection pour l'Orient, délia Yal!e est forcé de reconnaître a la fin qu'il n'habite pas un pays ou l'on puisse former des desseins suivis; où, avec les intentions tes plus pures et l'activité la plus grande, on puisse bâtir une Rome nouvelle. Les parents de sa* femme ne se lais-sent pas'àrrê~ér même par les liens ~deta~ âpr~swavoir mené dans Ïspàhanlà vie la plus retirée, avec un petit nombre d'amis, itsjugcnt plus~propos de se retirer aux bords de l'EUphratc et d'y continuer leur vie accoutumée~les autres Géorgiens montrent peu'de zèle; l6s carmélites eux-mêmes; qui devaient surtout avoir à coeur cette grandeentreprise, ne peu-vent obtcnirdeHomë ni chcoUragcment ni secours. L'ardeur de délia Valle se refroidit et il se résout a retourner eh Europe par'malheur) c'est dans le temps' le plus défavo-rable. Il voit trop de difMcuItés a revenir par le désert; ilse décide a passer, par tes Indes niaise dans ce temps même, des hostilités s'engagent entre les Portugais, les Espagnols et les Anglais au sujet d'OrmUz, place de commerce de la plus haute importancc.et Abhasjuge qu'il est de son intérêt d'y prendre part. Il se résout a combattre, a éloigner, les Portugais, voisins incommodes, a faire échouer enfin, par sa ruse et ses lenteurs, les desseins des Anglais, ses auxiliaires, et à s'approprier tous les avantages.

Dansées conjonctures difficiles, notre voyageur est saisi par ce sentiment inexplicable, qui éveille dans le coeur de l'homme les plus ardents combats, le sentiment de la grande distance où l'on est de la patrie, au moment où, se trouvant mal a son aise a l'étranger, on voudrait retourner dans son pays et même s'y voir déjà revenu. Il est presque impossible en pareil cas de résister a l'impatience. Notre ami en est saisi a son tour; son caractère vif, sa noble et ferme confiance en lui-même, t'abu-sent sur les dimcultés du voyage. Son audace aventureuse a réussi jusqu'à ce jour à surmonter tous les obstacles, à exécuter tous les plans; il se natte encore du même bonheur, et, le re-tour par le désert lui paraissant impraticable, il se décide à re-venir par les Indes avec sa belle Maani et Alariuccia, leur fille adoptive.

Il éprouve plusieurs désagréments, présages d'un péril futur cependant il traverse Pcrsépolis et Chirax, observant, comme toujours, les choses, les moeurs et les usages, les décrivant et prenant des notes exactes. Il arrive ainsi au golfe Pcrsique, mais il y trouve, comme il àurajf du le' prévoir, tous tes ports fermés, tous lës~ vaisseaux séquestrés l'usage dé ta guerre'. L~ sur te riyagc~'dans une contrée extrémcmëht 'mal-saine) tt'trouYe de~ Anglais 6ampésfdont~ la caravane~ arrêtée comme lût~%ulaitëpier un mom~ rec~il~sejoiAt ~eu~t~ dés'~léûrs~ ;¿~ construft) pour rendre son'ét~ cabane'en feuilles de'palmien La iin astre plu~ïa~orable parait Iuirca'sës'yëux..lih'aYaitjusqu~àlbVsauc~ :t~ .),f;)~i~f''f{-.i't'f~~t)t'?.~f~i~ '<i.

nage~ et, a la grande joie des ëppuxi Maatu a 1 espoir d être mere~ Mats\de!là\~alfè~ tombe m~ la mauvaise nournt~ et l'aîr ~nalsai~ exercent sur' lui la'plus fâcheuse influencët et, par malheur, ~aani ?11 u~ fausse couche, ejt la n~Yre ne là quitte point. La'fermeM de son caractère la sou)icnt~q~ temps encore,'même sans secoure d~ puis, -seiil~h~ sa nh approcher, elle se soumet avec .une ptëuse r~signat!on; 'elle demande qu'on la transporte de la~cabane de pahmer sous la tente, et. là) tandis que ~tariuccia tient le cierge sacr~' et qtM -delta Valle recité les prières d'usage, elleexpire dans ses bras' ( Etieëtatt âgée de vingt-trois ans.

Pour natter sa douleur, après une perte sicrueIlC)il prend la ferme résolution (remmener le corps à Rome dans là sépulture de sa famille. il manque de résine, de baume et d'aromates~ ~mais il trouve, par bonheur) un chargement du meilletir càtnpitre, qui, emploie avec art par des personnes expérimen-tées) conservera le corps.

Mais il se créo'par la les plus grandes diuicuïtés) car, dans. toute la suite dé son voyage, il devra calmer ou séduire la su-perstition des chameliers, les préjugés avares des employés, l'attention'des commis aux douanes..

Nous l'accompagnons ensuite a Lahr, capitale du Laristan, pf) it trouve un air plus salubre, une bonne réception, et attend la conquête d'Ormuz par les Persans. Mais leurs triomphes ne lui sont d'aucune Utilité. Il se voit ramené a Chiraz, et finit par s'embarquer pour les Indes sur un navire anglais. 11 n'y dé-; ment point sa conduite passée, son ferme courage, ses connais-~ sanccs, ses nobles qualités, lui assurent partout un accès facile' et une hospitalité honorable; néanmoins il est enfin obligé de le' regagner le golfe Persique, et de retourner dans son pays par îë'désért.

H 'y endure toutes les vexations qu'il a redoutées. Pressuré par Iés'che<s'dës~nbus,~àx6'par!esc6mmis' doi!ahes, pillé par'iësArab'es'~parto~'maitra~ef~ ~i' .` ~'l~' ` o.. > :t~.J chrëuens,uùmtnëann~pms par apporter Î\ô;në,.ti¡{' assez grandnoml)re'd'oi)jetscuri(~x'e~ ¡ir(iM~ lè"~lûs 'j'àr,e' ef lé plus précieux~ c est le corps de sa chère Maanh La,dans Samte-- Mar~d~ra~I~r~'fa~~ ~a~màg~~9qri~>'f\iHétâ;l\l~ et, ,f-tt!t~<Vi' Cr ~i-~ .ge`~ ,ar f; lorsquit est descendu dana le caveau pour lut rendre les der-- '/)!S'?.t <- M?M~ fM' ~U.t.h. ..i. .i~ ntcrs honneurs, nous.trouvons a ses cotés deux jeunes per-- ~j~M~t~ sonnes, une Sylvie, sa charmante nlle~ quia cràndt pendant t< ..mt!~ .t. m'< '.t.tA.i.'i~t 'i:t.~ son absencCt et Tmatme de Ztbat que nous avons connue jitsqu a ;) ,nf. ft h) ,?,)'; ~i présent sous le nom de Manuecta~ luneetl,autre âgées dentifo~ri ;litiiH~~lMi: ~afm¿~{~ ~i~¡~~d~p'\iin~ f c3 ~¥,'fe~i»~\ Vtrph quinze ans. Manucçia a été) deptns là mort de sa femme, M 'ndele compagne' de voyage et son unique cbnsoÏattdn..et il .y~t~)~)~ se décide maihtënantà lépouser, contre la volonté de ses parents et tnente du pape, qur lut destmaient de plus.nobles et plus nches alliances. Il brille pendant bien des années encore, déployant un caractère hardt) bouillant et courageux, toujours poursuivi dé tracasseries, de chagrins et de dangers, et il meurt dans sa ~oixantë-stxième année, laissant après lui une nom-breuse postérité.

'-EMtute*.

On a remarqué que chacun profère a toutes les autres la voie par laquelle il est arrivé a quelques connaissances, et qu'i! vou-drait l'inaugurer pour ses successeurs et les y faire entrer après lui. C'est dans cette pensée que j~ai fait cqnhattre avec détait Pietro délia Vatle, parce que c'est ce voyageur qui m'a donné les premières et les plus claires notions sur la vie et les mœurs de l'Orient; et, si je ne me trompe, au moyen de ce récit, j'ai enfin donné a mon bivan une base particulière. Que ce soit pour d'autres, dans ce temps si riche .en feuilles et en bro-chures, un encouragement & parcourir un in-folio, avec lequel Us pénétreront dans un monde remarquable, qui leur paraftra, il est vrai, changé a la surface dans les plus récentes descrip-tions de voyage, mais au fond toujours tel qu'il parut en son temps à cet homme distingué. "Qui/veut comprendre le poète se rende dans le pays du poëte;qu'ilSe plaise a vivre dans l'Orient, afin que te vieux soitlenouvcau." olé.rtur.

O~rine.

Le nombre des/inutiles dé nos travaux impnm moment nous avertit d'être plus réservé désormais et de nous livrer moins aux digressions. Auss~n~ p~r1~t~~s.: rtqu,~ qu'én. passant\de rcxcenpnt Qléarius.;LC'est Une chose ~intéressante d'observer envbyagë les hommes de telle ou telle hatton. Nous trouyphs des Anglais, parmi lesquels ndds avons omis a regret Shcriey; et, Herbert, puis.des italiens~enn~ des' Françdis P1-o:-duisôns ici un Allemand dans sa force etsà dignité. Par mal~ heur, il fut associé .dans son voyage & la cour de.Pcrse âvcc.Un homme qui présente le caractère d'un aventurier p.lutôt que d'un ambassadeur î sous l'un et l'autre rapport, là conduite de cet homme est càpricieuset maladroite) même insensée. La droiture de l'excellent Qléarius ne s'en laisse pas déconcerter; il nous fait des récits do voyage tr~s-agrpaljles et très-instruc-tifs, d'autant plus estimables, qu'il visita la l'erse peu d'annëcs après delta VaIIC) peu ~e temps après la mort d'Abbas le Grand, et qu'a son retour, il Ht connattre aux Allemands l'admirable Saadi par une'bonne et intéressante traduction; Nous coupons court a regret) car nous .voudrions exprunçr notre profonde reconnaissance pour les'bons:serYiccs:que cct.bommc nous a rendus, tout comme les deux voyageurs que;npus allons nom-mer, et dont nous ne ferons non plus qu'eftieurer, en passant, lesmérites..

T~Ternter et Chardtn.

Le premier) orfèvre et joaillier~ présentant, pour se faire accueillir, des marcitandiscs précieuses et artistemcnt travail-lées, pénètre ) avec une habile et sage conduite) dans les cours d'Orient, et sait partout s'arranger et se tirer d'anairc. Il s'avance dansles Indes jusqu'aux mines de diamant, et, après un pé-rilleux retour,'ii ne trouve pas dans l'Occident un accueil très-favorabict I~s écrits qu'il nous a laissés sont très-instructifs, et cependant Chardin, .son compatriote, son successeur et son rival, traverse sa carrière et obscurcit sa réputation. Chardin, qui, des le commencement de son voyage, doit lutter contre

m\'Ân.

les plus grands obstacles, sait a son tour~ utiliser partaite-ment le caractère dés ptUssants et dës~riches de l'Orient ce caractère qui notte entre là grandeur d'&nltë et l'egoisnie ;'ét tirer divers avantages du dcsir insattable que ces hommes~ déjà possesseurs d'inunenses trésors )'tnbntrehi d'acquérir de' nou-veaux Éjoùi et Qel'orféYrënè Áùssh.ëvient:.i1dtiiiS sa patrtëhon'sàhs bonheur et sans pr~~ On he peut assez admirer chez ces deux hommes l'esprit, le sang froid l'ad resse ) la persévérance, les mahièrës insi-nuantes et la fermeté~ tout homme du monde pourrait les prendre pour modèles dans le voyage de là vie. Mais ils avaient deux avantages qu'il est assez 'rare de cumuler ils étaient a la fois protestants et Français, qualités qui, réunies ensemble) peuvent produire des hommes d'une haute capacités

Veya~enrtpina moderne*.

H m'est impossible de mentionner ici ce que nous devons au dix-huitième et d6ja même au dix-neuvième~ siècle~ Dans les derniers temps ) les Anglais nous ont tbjt.irhi des lumières sur les contrées les plus inconnues. Le royaume de Caboul; l'an-cienne Gedrosie et Càramanie,' nous sont devenus accessibles.' Qui peuts'empcciter de porter ses regards au delà dcl'InduS) ~= et d'observer la grande activité qui s'y déploie tous les jours dans un plus grand domaine? Cela ne peut manquer d'éveiller. aussi en Occident le désir d'étendre et d'approtbhdir~oujours davantage la connaissance des tangues. Quand on rédëctnt aux progrès que l'esprit et l'étude ont faits, en se donnant la main, i pour arriver du cercle borné des rabbins hébreux aux im-menses prôfondetjrs du sanscrit) on se félicite d'être ~depuis tant d'années ) témoin de ce mouvement. Les guerres memes~ qui élèvent tant d'obstacles et causent tant de ruines, ont pro-cure de grands avantages à la solide science. Des montagnes de l'Himalaya jusque dans !a plaine les contrées qui s'étendent sur les deux rives do l'Indus, restées jusqu'à nos jours assez fabuleuses, nous apparaissent sans voiles et liées avec le teste du monde. Par delà la presqu'île,' jusqu'à Java, nous pouvons, selon notre volonté, nos forces et l'occasion, porter notre vue sur l'ensemble et nous instruire nés détails.~ C'est ainsi que les portes; s'ouvrent ruhe âpres l'autre aux nouveaux amis de l'Orient,' pour apprendre a con-naitrè les mystères ~de ce monde antique) tes~vicés d'une con-stitution sihgulier6'ët d'une inalheurc~ rel!gi6n; ainsi que là magnincehcë'dë!apoes!e,'dànsJaquc~ la'pure hû-' mâhité~la 'noble morale, là sérénité et l'amour,~p6ùr hoiis fairë~ oublier lés~ disputes ~de castes, les monstres fantastiques de ta religion et un abstrus inysticisme; et pour nous per-suader que du moins cette poésie conserve en elle le sàtut de rhùmahité~

-!WetMm4<)'en..

(Le4 morts, iMviMnt!.) L n est diind!e,itest presque impossible) de se rendre a soi-. même un compte exact des personnes auxquelles bn doit dans te cours de sa vie ei de ses études) tcHe ou teUe cbnhaissahce, et des progrès dont! nous sommes redcvaMes~ nos amis et même a nos-adversaircs et hbs ennemis cependant jeprouve le besoin de hommer quelques hommes auxquels je dois une reconnaissance particulière..

J6NËS. :Lcs-meritcs de cet homme sont si universellement connus, et relevés avec détail en tant de lieux qu'il ne me reste plus qu'a déclarer~ d'une manière générale, que j'ai cher-che des longtemps'a tirer de ses travaux tout l'avantage que j'ai pu~ Cependant je veux signaler 'un endroit par lequel il m'est dëyemi particulièrement considérable~ Redevable a son éducation véritablement anglaise) d'une si solide connaissance des littératures grecque et tatine, qu'il pou-vait non-seulement apprécier les ouvrages, mais encore écrire en ces langues; possédant également les littératures euro-péennes) versé dans celles de l'Orient) il jouissait de l'inesti-mable avantage d'apprécier les din'érentcs nations dans leurs mérites les plus particuliers, et dé découvrir partout le beau et le bon, !& où cl!es ont toutes entre elles une ressemblance nécessaire.

Il trouve cependant quelques difficultés communiquer ses vues; la prédilection des Anglais pour l'ancienne littérature classique lui fait surtout obstacle, et, quand on l'observe avec soin, on s'aperçoit aisément qu'en homme habite, il chercher à

DIVÂNt relier l'inconnu avec le connu, ce qui est' dighe'd'ésttm9 avec ce qui est estime; il voile sa préférence pour. la ~poésie àsia~-tique, et avec une adroite modestie, il cite f le plus souvent i dès exelnpiesqu'iïpinsse fort bienmettre en parallèle avec des poèmes latins du grecs~ hautement, célébré~ rhythmes antiques pûUr faire acce~ âü~ amis 'pi\ :c1âs-siquè) les agréables tendresses de l'Orient.f Mais ce~h'est pas seulëtheht du côté des anciens,ic'est aùsst du coté national qu'il essuya bien des dégoûts et qu'il eut le chagrin de Voir ra-baisser la poésie orientale. C'est ce qu'il exprime clairement) avec une Apre ironie ) dans un appendice qui ne forme pas plus de deux pages) ~ra~, ~{t% dc-j~~t /th~orumd<(!f(~t~, qu'il place a là fin de son ouvrage sur là 'poésie, asiatique. L& il nous démontre, avec une manifeste amertume ) combien Pope et Mi!ton sont absurdes sous le'costume orientale d'où l'on doit conclure) comme nous l'avons dit souvent, qu'il faut chercher) connaître et apprécier chaque poète dans sa langue et dans les limites propres de son temps et de sa civilisationt

EtCHMORN. J'observe avec plaisir et reconnaissance que je me sers encore) dans mes travaux actuels, de l'exemplaire que cet homme ) d'un si haut' mérite ) nie donna ) il y a quarante-deux ans, de" son édition de JoheS) quand nous comptions encore Eichhorn parmi nous et que nous recueillions de sa bouche d'utiles enseignements. Depuis lors je n'ai pas cessé de suivre en silence sa méthode, et) dans ces derniers jours) j'ai goûté un grand plaisir a recevoir une seconde fois de sa main, tout achevé ) l'ouvrage) si important) qui' noUs explique les pro-phètes et leur temps. Est-il en cnet quelque chose de plus réjouissant pour le penseur paisible, comme pour le poète émU)que de voir ces hommes inspirés observer avec une haute intelligence le peuple agité qui les entoure, et, en distribuant les châtiments) les avis, les 'consolations et les encourage-ments, signaler les choses graves et merveilleuses qu'on voyait arriver?

Que ce peu de mots sufnse pour exprimer fidèlement ma reconriaissance et mon attachement pour cet homme respec-table.

LoRSBACH. C'est aussi payer une dette que de mentionner ici l'estimable Lorshach 11 entrai déjà vieux, dans hotrejsociété, où it ne tr6<jvatt'en~ aucun ~ens~une'positton agréable pour luii' Cependant il 'me do~naittbbligeamméh~ de fidMes' intbr-mations sur tout ce que je lui demandais, chaque fois que cela se troûvatt dans les'limites'de sesiConhaissaM pourrait bien* avoir souvent restreintes avec trop de rigueur.. Je fus surpris ~au'cbmmëncement~ de ne pas trouver en lui un ami bien prononce de là'poésie orientale. Et pourtant la ~mémc chose arrive a toutë'pëKonnequiiàYo~ a~üÍ1é', pié= 'dUectioh enthousiaste, son temp~et ses forces a quelque objet, et qui ne croit pas trouver la'un iàmoissph~ 'espérée. Et pùisia vieillesse est justement le temps qui est sevr<~ é de jouissances ). alors que l'homme -les a le mieu~ méritées. Sa raison et 'sa vertu étaient 'égàIemenKsërcines, et je me ~souviendrai toujours avec-plaisir des heures que j'ai' passées -aveclui.' .M~ Lé prélat de Dietz eut sur mes études une innuehce marquée, que je me piais a recohnàttre. À l'époque ou je m'occupais plus sérieusement. de? iittératùre orientale, le' livre de Cabus* me tomba dans lés maihS) et il me parut si~ remarquable que j'y consacrai beaucoup de temps~ et que ~'engageai plusieurs de mes amis a en prendre connaissance. Je f!s saluer ànectueusë-mcnt par'un voyagedr cet homme estimable, a qui ije devais tant d'instruction. Alors il m'envoya son petit'ouvrage sur les tulipes/A mon tour~ j6 pris une icuille de papier satiné sUr laquelle je fis entourcr.d'ùn cadre brillant de fleurs dorées un -compartilneht/ou j'écrivis les verssùivants: Comment on chemine avec prudence sur la terre~ que ce soit pour s'élever au trône) que ce soit pour en descendre, et comment t'oti traite les hômm'és et comment les chevaux) toutes ces choses, le roi lès enseigne a son fils. Nous le savons main-i. GcorgoGuiHaumc Lor~'ach, çonseiUer du consistotreet professeur de )it-t6ratureortenta)e&t'UniYersit6de!tna. · H. FrM. de Dietï, jurisconsulte, ambassadeur de ~deric-GuiHaump )î près la Porte ottomane (O&t-isn). On a de tut Cuerr< entre tM «UMM « fM Ottontaot (H68-m4) Curfoo'~ de t'~nf.

3. Qui a pour auteur KteMaYus, rot des MtemitM. 3. Qui a pout auteur Klekiavu~, roi des 1>lIémltes. ,tehantpartoi,<qui~nous l'as communiqué. Tu ycUxy~join a présent une 'corbeHIe de tulipes, et, si !ë' cadre d'or. n~y mettait pas des bornes, où unirait ce que tu as: <ait pour' .nous?' Ainsi s'engagea une'correspondahce~que cet' homme res-pectable 'continua jusqu'à sa un sans interruptioh et d'une écriture presque itiisible, au nutieu des souffrances, et des douleurs~ ;)~ 'i.

Comme 'je n'avais acquis jusqu'alors .que des iconndtssances gënëralessur !ës mœ~rset i'htstôtredeÏ'Ôriènt~ t~t ;qUC;j~Ilt Cn àvatsp~esquc aucune de !Îa!ahgue~uhe,tene~ moi du plus grand prix. Eh'ene<,àyànt'besom~ dans un traYa d6termihe et 'méthodique~ de promptes ëxpUcations~ que je n'aurais pu trouver dans les livres sans;y consumer du temps et des; forces'; je m'adressais a lui ~dans les cas: dimciles et il répondait toujours âmes questions de manière a me satisfaire et à m'cncouragcn Par le~r contenu, ses iettrcs mériteraient d'être publiées elles seraient en .memèttctnps'Un' mouuutent dé son savoir et de sa bienyëiilance. Jeconnaissais son humeur sévère et bizarre~.et je me gardais bien de l'attaquer d'un cer-tain c6té; cependant) comme je désirais.conna!h'c le caractère tde Noussreddin Khodscha~lc joyeux compagnon du conquérant Tinlour~il fut assez obligeant pour faire violence & ses scnti-ments et me traduire quelques-unes de ces anecdotes~ Eltcs prouvent, une ibis de plus, qu'un grand nombre de ces contes fallacieux,'que les Occidentaux ont traités, a leur manière, sont originaires de l'Orient .mais qu'ils ont perdu, la plupart, dans leur transformation, la couleur propre et le vrai ton convenable.

Comme ce livre se trouve maintenant en manuscrit & la bibliothèque de Berlin, il serait fort a désirer qu'un homme spécial nous en donnât une traduction. Le plus convenable serait peut-être de la donner en latin, afin que les savants en eussent d'abord une connaissance complète. On pourrait en-suite en faire pour le public allemand une traduction abrégée et décente..

Que les autres ouvrages de mon ami, ses ~<'mbx'~ ~'TO-- )'t0t<, etc., m'aient intéressé, et que j'en aie tiré du profit, c'est pc que 'prouve mon p~ i J'hésite ;dàvantagc rccoh-- ,nattre'que son Itumeur querelleur sabler m'a; rendu aussi beaucoup de servicesf. Mais quiconque se ràppçlle;ses~àhnées d'université~o~ l'on se hâtait de cour ,a la salle .d'arjnes~-quand deux mahrës\bu<icbx Mttfor~ jôu-itaienti.de~ce,et! d'adresser M obserVe' ;~il -ces,occasions~ <Jes moyens ;ëtdcs~dé<auts qui peut-être seraient t 'rëstés~to~jours inconnus aréçoiic~ L'auteUr).du; livre de Ca~ i rôl~~ des Diiémitesi habitants du pays mphtagheux de Gtu!aht'qu! bo~he au sud le Pont-Euxin~noUs deviendra doub!emeht cher, qUàhd h connàttrohs\micuXt''ËteY~ ires-sôignëuscment~ comme prince héréditaire~ pour ta vie la plus libre et ta plus activer ti quitta !e pays,'afin de.se former et s'exercer dans lé fond de l'Orient. Peu de tempSiaprcs !a'môrt;de'Mahmoud~sur'lequel nous avons eu tant de choses glorieuses a rapporter, il arrive'a Gasnâ;<il est accueilli de la manière la plus amicale par Mcs-soi<d ) uls de Mahmoud, et} aprcs'I'avoir servi dans la guerre et dans'ia pàix~il épouse sa sccUr. A une cour,'o~ peu d'an-nées auparavant) Fcrdoucy a écrit le SchahNatneh; ou une foule de poètes et d'hommes de talent vivaient encore) ou le nouveau souveraine hardi et guerrier comme son perey savait apprécierune société polie )Kië!davus put trouver dans son pèlerinage le champ le plus précieux pour faire de nouveaux progrcst. i

Parlons d'abord de son éducation. Son pere~ pour développer au ,plus haut degré ses forces côrporeUcs, l'avait ronisia un

excellent pédagogue. Cet honune ramena a son père le jeune

prmce) forme à tous les exercices du cavalier t habile tireur,

habile écuycr, sadtant tirer en galopant, lancer la pique,

manier te battoir et frapper ta batte avec une merveilleuse

adresse~ Toutes ces épreuves avaient bien réussi et le roi sem--

blait satisfait; it donna tes plus grands éloges a l'instituteur)'

mais il ajouta J'ai cependant une observation a te faire; tu-

as enseigne a mon ftis tous'tes exercices dans lesquels il a

besoin d'instruments étrangers it ne peut chevaucher sans~

t. rr~tdents ou chef~ de corporations d'étudiants.

MVÀH.

cheYaI~itnepétitttï'e~sànsarc;~ sâtait; ¡¡ôÍr bras' siil:hi âŸàit ~as lé jaVelot, e~que serait le jeu sans battoir Tu, ne lui as pas qnseighé là seule' chôsé~ du il n'a ~besoin que de lui-même', la chose ta'plus nécëssaife~ 6t où personne ne peut !ui? venir eh aide.' L'ihstitutébr resta confondu, ~ei~ comprit ~u'il niànquatt'àb prince dé savoirn~ enseigne < quoiqu'il y montrai'' quelque. répugnance, et cette précaution iûi sauva là vie,' lorsque, se rcndant'a'là Mecque .avec une foule dé pèlerins, ilfit naufrage sur l'Euphràtë, et se tiradudangcr'aYécuhpetttnonItbre ` Que son esprit eût été'culti\-e avec le même 'soin c'est ce que prouve le bon accueil qu'on lui nt a là courdeGasnà; tel-lement qu'il y fut nommé le compagnon du prince, ce qui était alors un office considérable) car il fàHàit être capable de ren-dre ) d'une manière agréable et sensée} un compte satisfaisant de tout ce qtii se présentait.

La succession àUtr~ne dé Ghilah était incertaine) et incer-taine la possession mémo du royaume ) a causé de voisins' am-bitieux et puissants. Enfin, après la mûrt de son peré~qui s'était vu d'abord détrôné, puis réintégré, Kiekiavus monta turlëtrAne avec une'grandésàgcsse et une ferme résignaUon aux suites possibles des événementStet) dans iih âge avancé, comme il prévoyait que son fils Gbiian Ctiah se trouverait dans unesitUation plus dangereuse encore que là sienne, il écrivit ce livre remarquable, où il dit a son fils qu'il lui a fait ensei-guer dans un double but les arts et les sciences~ savoir~ afin qu'il puisse gagner sa vie par l'exercice d'un art, si le sort le réduit a cette nécessité; ou, s'il n'en a-pas besoin pour son cn-- ~ctien, afin qu'il soit instruit a fond de toute chose, asUpposer qu'il se maintienne dans le rang suprême.

Si, de nos jours, cet ouvrage était tombé dans les mains des nobles émigrés qui se sont nourris souvent du travail de leurs mains~ avec une résignation exemplaire, combien ne leureût-i! pasonërtdeconsolàtiont l Si ce livré cxCcHcnt, inestimable, n'est pas mieux connu, 1 c'est que l'auteur l'a publié à ses frais et que la maison Nicotai* t. G. F. NiMM, Ubraire et )H~rateur c~bre do Bcr!in.

DIVÂHi s'était bornée a le prehdre'eh commission, ce qui est) au début même, pour ~i~ ouvragée hcè (¡Úli} ehtr~.dansle~mmerce~Cëpehdâ~ sachè quel trésor est ici tout prêt pour ètle~ polis' îndiquèrÓÏ1S lë éO,fi-tenu dés chapitres et nous prions les ieuit!&s estimables;' iel!es ~ele~<)r~&fQ<tetIe"Cc!e!~ta/!e~ lés anecdotes et les'histoires, aussi'édinahtes~qu'agréaMeS)sa~ oublier les grandes et incomparables maximes 'que ce livre renferme..

'irmMe <tt ehaptire* d< itTre dé <C*bm.

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