SM<H
(Mort eh tMt) & t'Age de <M MJt.~ N6~Schiraz/tt'<<tudtc~t!agd~d.~bans ',b¡i \~Il\ti~ malhcut'eux lofdéctde'a embrasser lavie errante il fait quinze fois !ë 'pèlermage de la MccquO) s'avance dans ses p6rëgrinatt6ns"'jUsqu'aux Indes et a l'Asie Mihcttrc,' et 'même jusque dans ~Qccident,c6mniëpr!s6hn~ d'étranges àvcnturës~~mâisit~s~ é ':p'Í'~aciis~s;'cÓhhai~ sances sur les pays eUes hômtnes.'AU~boUtctë trente ans, tl 'se reth'ë'dahs la soIttUde~traVailIë a ses oUvrâgM et se~ iatt coh-hattrc. il déploie une grande expertencë He la vie et il es~ riche en anecdotes) qu'il orne de vers et de maximes instruire ses lecteurs et ses auditeurs est son btit essentiel. H mené aTSchiraz une vie tres-rctirec, qu'il ~rblongcjusqu'a l'âge de'ccnt deux ans. C'est'dans cette ville qu'il est cnse'-vcliJ Les dcscchdahts de Gengis avatënt ~fait de l'Iran un royaume particulier) qui bnrait unscjôurtranquine.
MhHx.
(Mortcn;i3M.) ), .Au milieu du siècle passe/on trouvait chez les protestants d'Allemagne, soit ecclésiastiques, soit même laïques, des hommes qui connaissaient si bien les Saintes écritures qu'ils pouvaient, comme des concordances vivantes, rendre compte de tous les passages, de l'endroit ou ils se trouvaient et de leur ehcha)ncmeht ils savaient par cœur les principaux endroits et en avaient sans cesse à leur disposition pour toutes les applica-tions possibles. Si l'on sé souvient de.la chose, oh conviendra aussi que ces personnes y devaient trouver un grand moyen de culture, parcc'que la mémoire, constamment occupcc d'objets relevés, tehàifen'réserve pour le sentiment) pour lé jugement, une matière pure de jouissances et d'applications. Oh qualifiait ces personnes deNM/ ctce surnom était a la fois un titre d'honneur et une recommandation certaine.
Ce qui était chez nous autres chrétiens lerésultat d'une dis-- 1. Fortes sur la U)b)e. position naturelle et de la bonne .volonté~ fut chez les mahomé-tans un:deYô)r car, tout comme p'étaii'.uh. grand mente chez les adhérents .cctte.c~oyahcë de multiplier multi-plier les cppies.du.Corah~'ce~ ~tait:pÍl~:ü.trriipîlldre)tel'ap;. prendre pâr'cœur;annde'pouY6ir.ctt~ le~éndroi<s<\conYenaMes,/aYahc~~ l'é(liQ.d\JiP'h `ét ,pai.&ér, les' querelles. Ces personnes, oh leur dôhnàtt le surnom honorable de Hafiz, et ce titre est devenu par la suite le nom propre de notrc'poëte.
À ;pcme le Co~an eut-il paru~ qu'tl devint l'objet de commen-taires innms}iJL<< subtiÍe~ et, comme il 6Ycil!ait les idées de chacun) tt en résulta des diver-gences sans bornes, ~'absurdes combinaisons; on essaya même) en tout genre, les rapprochements. les .plus dérnisohnlement.quel'hQmnie vraiment iniel~ et sàge faire de sérieux ënorts/àunderevehir feulement au fond dit texte pur. On voit de la que nous trouvons aussi dans l'histoire de l'isla-misme des commentaires, des applications et des Usages sou-vent admirables.
C'est a une si heureuse aptitude que leplus beau talent poé-tique fut dresse et prépare it possédait le Coran tout entier; rien de ce quo la religion avait ëdinc sur cette base n'était une énigme pour Itn. 11 dit lui-mOne "C'est par le Coran:quej'ai faittoutccqùt m'a jamais réussi.' 11 enseigna comme derviche; son et cheick dans Scluraz, sa ville natale, d'où ilhe s'éloigna jamais, bien traité et estimé de la famille Mosatïcr et de ses relations. Il s'occupa de théologie et de grammaire; et rassembla de nombreux disciples autour de luit Des études si sérieuses et l'exercice public,de l'enseignement sont avccf ses poésies dans Une contradiction complète, qu'on peut expliquer en disant que le poëte n'est pas obligé de Con-former exactement ses pensées et sa vie a ses écrits, et, tnoins que tout autre, celui qui, déjà avancé en âge, se trouve engagé dans des circonstances dinic!!cs, ou il recherchera toujours davantage les déguisements de la rhétorique, et dira des choses que ses contemporains soient charmés d'entendre. Ilauz nous semble avoir été parfaitement dans ce cas. De même qu'un fai--
DIVÀNt séurdecohtes ne C!'o!t pas aux enchante 'd6h't;Ii?éiilÓÙit nos yeUX)'maiss'attache'seu!ëmeni a"les animer et a les disposef de son mieux, pouMe'ptaistr~e ses auditeurs, le poète lyrique a tout aussi peu besoin de~hettre lui-même en pratique toutes les choses avec lesqueltës il amUse et sedUt~s~ téetèûrs de haute et basse condittoh/Nùtrepoëte~~M~~ avotr attache un grand prix a sës~c~ ¡;cotl lalent" ài aisément ~de sa veine, car elles ne Mrent recueillies qu'âpres sa mort) par les soins de ses disciples. ¡' Nous dirons peu' de chose de cës'pû p'~fCê'qûji,l 'faudrait les sentir} se Mettre avec elles a l'uniss<)ht Elles' ëpàncheht un flot de Yié ihianssable et doux. Être Joyeux 'et sage'dans la médiocrité; prendre, au passager sa part des' biens dé ce niohdc~jetèr de loin un regard sur les mystères de là divinité, mais/en revanche~'éviter également les pratiques religieuses et les plaisirs sensuels. Car, en général, cette poés~ ;'qhoî qu'elle paraisse encourager et enseigner, doit conserver abso-lument Une mobilité sceptiquet
«Mhwmt.
(Mort en ttM, t'Age de s~ M:.) Dschanu recueille toute la moisson des travaux antérieurs~ et rcsUtnc la culture a là fois prosaïque et poétique, en matière de religion, de philosophie et dé science. !t a te grand avantage d'être né vingt-trois ans après la mort de !lanz~ et de trouver de nouveau, des sa jeunesse, un libre champ devant lui. Une clarté, une sagesse parfaite, est son partage. Il essaye sa plume dans tous les genres et paraît a là fois'sensuel et spirituel;ta magnificence du monde rée! et du monde poétique s'étale de-vant lui; il se meut entre l'un et l'autre. Il devait se sentir peu d'attrait pour le mysticisme mais comme, sans !ui, il n'aurait pas accompli le cercle des intérêts nationaux, il rend compte historiquement de toutes les folies par lesquelles l'hbtnme, em-' prisohhé dans sa nature terrestre, croit s'approcher par degrés de la divinité d'une manière immédiate et s'unir enfin avec elle, tandis qu'en dernière analyse, on ne voit parahre que'des figures effroyables, qui choquent la nature et la raison. Eh cnct, le mystique fait-il autre chose que de passer doucement devant les problèmes, ou dé les repousser plus loin, quand cela peuisefaire?
Ke~xe.
On a youlu conclure de la succession ,tr~s-bièh arrangée, des sept .premiers rois de Rome, que 'cette histoire n'est qu'une habite invention. C'est la ce que nous ne voûtons pas décider, mais hous'rèmarquerons'qùelés sept poëtes qui sont regardés par ~es Persans comme les premiërs~etqùi;paraisséht~~s~ sivcmeht dahs~ùhë période dé cinq cents ans sont en eflet les uns a l'égard des autres ) dans un rapport moral et poétique qui, pourrait noUs~semblérihvchtC) si tes ouvrages qu'ils ont laissésnëprouvàieht pas qu'ils 6ht réet!ëment vécut Si hbUs considérons ptUs attcntiveineht cette pléiade, autant que cc!a nous est permis de loin nous trouvons qu'ils curent tous Un latent fécond) qui se renouvelait sans cesser par ou ils se voyaient supérieurs & nombre d'hommes trës-distingués, a une foute de talents médiocres et vulgaires en outre ils pa-rurent a une époque particulière, dans une situation ou i!s pouvaient faire heureusement une grande moisson et thème nuire, pour Un certain temps, a l'innuencc de successeurs aussi pieins de talent, jusqu'à ce qu'une période fût écoulée, durant laquelle la nature pût rouvrir au poète la source de nouveauxtrésors.
Dans cette pensée) nous passerons encore une fois nos poètes en revue, et nous ferons les observations suivantes
FERDûucY) venu le premier~ recueillit tout l'ensemble des annales de l'Utat et du royaume que la fabte ou l'histoire avait conservées, si bien qu'il ne resta plus a un successeur que de s'y référer et de tes commenter, sans. qu'il fût possible d'en faire un remaniement ou un exposé nouveau.
HNVÉRi s'attache au présent. Brillant et magnifique) comme lui paraissait la nature, il observe aussi, d'un esprit joyeux et bien doué, la cour de son prince; associer, dans le langage le plus aimable, ces deux mondes et leurs avantages) fut son office et son plaisir. Un cela personne ne l'a jamais égalé..
NtSAMt s'ctnparc, avec une gracieuse énergie, de tout ce qui peut exister dans son domaine de légendes d'amour et demi-mervciUeuscs.Le Coran avait déjà fait entrevoir comment on pouvait traiter dans un but paruculier) exposer et rendre agréables, avec une certaine prolixité, de vieilles et laconiques traditions.
DscuELÀL EDoin 'HouMt se trouve m'al a son aise sur le tcrram probtématiquo de la réalhé, et il ch~ manière ingénieuse, spirituelle ) les énigmes des :plté!lt0ih<nes intérieurs et extérieurs. Aussi "ses ouvrages; sônt-ils~ veÏlesémgnicstqUibhi besoin de nouvelles solutions et de nouveaux commentaires. EnHn il se'sent torcé, de ,Í.éÚigÎer dans la doctrine de l'unité absolue~ par laquelle on gagne~~a tant que l'on perd, et qui ne laisse a:laflhsubsistcr que le consolant et non moms~dcsolant zéro. Comnient une nouyelle .exposition .poétique ou prosaïque) pourrait-elle réussir encore? Heureusement
L'excellent SAADi est lancé dans le vaste monde/ou il arrive chargé des détails infinis de l'expérience) & chacun desquels il sait emprunter quelque chose. Il sent la nécessité do se re-cueillir M se persuade que son devoir est d'instruire) et) par là) il est devenu ) plus que tout autre~ fécond et salutaire pour nousautres Occidentaux. v
IlAFix, grande et sereine intelligence, qui se contente de re-fuser tout ce que les hommes demandent, d'écarter tout ce qui leur est indispensable, et qui, avec cela, se montre toujours un bon vivant comme eux. 11 ne peut être bien apprécié que dans les limites de sa nationalité et de son temps; mais, aussitôt qu'on l'a compris, on possède en lui un aimable guide. De nos jours encore, les chameliers et les muletiers continuent de chanter ses vers) le plus souvent sans le savoir, et ce n'est point a cause du sens, qu'il se fait lui-même un jeu do morce-ler, mais à cause do l'inspiration, qu'il épanche toujours se-reine et riante< Kt, les devanciers ayant moissonné tout le reste, qui pouvait venir après lui si ce n'est
DscuAM!, ce génie, à la hauteur de tout ce qui s'est passé avant lui et qui se passait a côté de lui. Comme il rassembla toutes ces choses en gerbes, les imita~ les renouvela, les déve-loppa comme il réunit en lui, avec la plus grande netteté, les mérites et les défauts de ses devanciers, il ne resta plus aux iépoqucs suivantes que d'être telles que lui, en tant qu'elles ne tombèrent pas en d~cade~ 1'p;Ói,qii~,lèsc~¿~e~ en sont demcurces pondant ~oissicc!es~ nous ne fe~ ron~ plus'.qu'une seuicODservation.c'~ 81.16 avait pu se produire t6t ou tard, ci si ~n poëto dràmatiqueavatt p~s'c!evcri toute la marche de la Intérature aurait pris un autrc,coUrs~ Sfhdus avons essaye de retracer en cë~pëû'de mots cinq siè-cles de l~po6siect,dcl'6t~ parler cônimeQUnitHtC~ n~frç~t~H~:J,~â.t(I'~t ':?~Hlè1t':p.wÍ~W' tachoseapeûpres comme oïl pou~arnYera'Uhc parfaite c)xaCt!tli~é t" mais" p~~i\ ~xtJi'imcr commodément) et d'une; manière approximative, quel~~ ioo-fions générales.
ObteFT~OM~M~rmiM.
La f<!c6ndite:ct !a Yariéto des poètes persans ttehncnt a ~im-mense étendue du monde cxt~ricur:ct sa richesse ihnnie<.Une yiepuldiqudincessamhicntagiteû) dans laquelle tous~~t~ olyets ont une vatcur égale, nottc devant noire imagination c'est pourquoi leurs comparaisons nous paraissent si souvent singu-lières et désagréables ils enchaînent sans scrupule les images les plus nobles aux plus basses) et c'est une méthode a laquelle iInouscstdifncitQdcnousaccoutumen Mais disons-le franchement un véritable viveur, un homme pratique et indépendant n'a aucun sentiment esthétique, au-cun goût; la rca)i<4 lu! sunit) dans l'action, là jouissance, ia pensée, tout comme dans la poésie, et, s! l'homme de l'Orient, pour produire un cnct étrange) accouple des .idées cxtrava-; i gantes, l'Allemand; a qui la même chose arrive bien aussi.' quelquefois, ne doit pas le voir de mauvais œil. Le trouble que de pareils ouvrages causent a l'imagination; peut se comparer a celui que nous éprouvons quand nous iraversons un baMr orientât ou une foire d'Hurope. Les marchan-dises les plus précieuses et les plus communes ne sont.pas toujours bien i éloignées les unes des autres; cUcs se mêlent sous nos'ycux~ et souvent nous voyons aussi les tonneaux, les caisses, les sacs, dans lesquelson les a transportées; de mAme que, dans un marché do fruits et de légumes, nous ne voyons
DIVAN. i passcutchiént des'plantes, des fact~ iètdc'sfrÜits en-core, ça'etla;'tbute sorte de'deb~ :dé'tÓ(Ílié~)H: dé' rogilti reÂl, II n'en coûte nen~ah'pocte~ortc~ rdé lâterre au ciel, et nbus'prëcipffer de' la sur là terre ou récipro-quement. Ntsâmi 'sait tirer du' MdaYfe d'un chien qui tombe eh pourriture une réflexion morale qui nous étonne et nous ëdme:
Lè'setgnëur'Jésus'~é~ ~J>afèoÙranf1e'~OJ1;dé'; Ü'dv~ts~Hti jourune'ptacepu~nqtjc~ tâ; ~het tratné devant la'porte de'Ia~maison ~~uhe troupe" etait'arrëtée autour'du~corps~commc'~ësYaUt6uM ,ge"rassèÍi1bÍ~hf "â1Jt6iJr des cadàY~cs.'L~ùh disait Je suis ibut sunbqùe de !a puan' < teur. t/aùtre disait A quoi bon tant de paroles? Le rcttût des tombeaux ne peut que porter matheur." C'est ainsi que chacun chantait a sa gutso/pour insulter au corps dtichieA mpr~. Quand 'ce fut le tour de Jésus, il dit doucement, sans ihsulte)tl dit) avec sa $bnte natùrénë:< <[ cnes comme des'pe'rles~ Ce mot St rougir les assistants comme des coquiUages'embrases/B Chacun se sent touche quand le'prôphete) aUssi'charitàbte qu'ingénieux, demander dans là forme qui lui est particulière, l'indulgence 'et !és mënàgemehfs. Avec qUe!Ie puissance H sait amener là foule inquiete'a se reptiër sur ëtle-mémc, a rfUgir dèses msùttes, de ses màlëdictiôns, a considérer avec assen-timent'~peut-être même avec envie) l'avantage inobservé t Chaque assistant-songe alors a sa propre denture. De'bettes dents sont partout, et surtout en Orient, fort appréciées, 1 comme un dôndu ctei. Un animât/qui tombe en pourriture, devfeat, par !a perjfect~ohde ce qui reste de lui, un objet d'ad-miration et de réflexions pieuses.
L'éxceiientc comparaison qui termine !à parabole n'est pas aussi intenigible et aussi frappante pour nous, c'est pourquoi nousnousattacherpnsal'ectaircit'.
Dans les pays où l'on manque de pierres calcaires, les co-quines de mûûics sont employées a~ préparer une matière de première nécessite pour la bâtisse; empilées entre des bran-chages secs, c!!cs sont embrasées par !a flamme ardente. Le Bpectateur ne peut s'empêcher de réfléchir que ces êtres qui vtvaient'd~ns la mer, croissant et se nourr!SM~ naguère ~encore de l'existence a 'leur manière, et & pré-sent )'non'pas'consûmés~~ einbt'dség{ ils cOl1se¡;yèÎiflêùr' forme tout~éht~re~qua~ èst' c~'asséê'-dé; Ïéüc. sein. Qu'on appose maihteM~ que ces restes organiques pàràissent~vraim~ ;éh1bta'sés:à ;'1' œiÍ ile Ji oh~ sërva~ëur~il~ëst impossible de se-ngureru i~iigépliis: ma-gniuque 'd'un 'profond~ et secret tourment de l'âme. Si vous désirez vous~en taire'une parfaite idëc, pnex un chiin)s<e' de mettre"deVant vus yeux des' coquines d'huttres en état de phosphorescence et Vous cohYtendrez avec nous que la'passtdh ardente qui 'pénètre; !e 'cœur de t'hommej quand uh ~Uste re-proche ~atteint a t'imprdvistCj au mitieu des Htus!ohs d'un hatf orgùëit,'hesàuràttétretniëuxreprësentee.
On trouverait par centaines de ces conpàraisbhs qui sup-posent î'pMsen'attoh!â plus immédiate de !a nature) de la l~a-- !ité~ et revëitteht'eh'm6më temps Une haute idcë morale qui s'ë~eve d'un tond de sentiment pur et cutttv~. Avec leur horizon sans bomes, on he peut assez apprécier chez ces poètes teur attention poUr tes détails; leur coup d'oeil gracieux et pénétrant, qui cherche a tirer d'un objet intéres-sant ce qu'il a de ptus caractéristique, ils ont de poétiques ta-bleaux d'intérieur paisible, qui rivalisent avec les meilleurs de la peinture néerlandaise~ et qui ont même plus d'élévation morale. Ces mêmes penchants et ces dons les ehchament a certains objets d'anection aucun pbëte persan ne sa tasse de représenter la lampe éblouissante, les cierges lu-mineux~ De la vichi àussi'la monotonie qu'on leur reproche; mais/tout bien considéré, les objets naturels sont chez eux lesSUppléants de la mythologie; la rosé et le rossignol tiennent lieu d'Apollon et' de Dàphné. Si l'on rénéchit a ce qui leur manquait, qu'ils étàieht sans théâtre, sans arts plastiques,'et que pourtant leur talent poétique n'est intérieur à aucun autre qui fut jamais, une fois familiarisé avec leur vie propre, t on ne pourra s'empêcher de les admirer de plus en plus.
M~e <OM< à fe« ~n~rate.
Le caractère souverain de la poésie orientale est ce que les Allemands appellent Gct~ (esprit) c'est-a-dtre la partienante du prmc!pe supérieur dirigeant. Dans cette qualité se réunissent toutes Ues J autres sans, qu'aucune ~amttënne ;son droh partÏcuher~ct se montre en sail~ le propre delà vieillesse du d'une époque v!ettttssante. ,Les vues générales sur le monder l'ironie, le Itbrë usage se retrouyéhtdans tous les poètes de l'Û~ :W~i~s~é~ç'~h;: séquence nous sont: onerts en tnéme temps~ c'est de. !a ,que nôusYùyonsquclIc grande vat~ on :,¡a.H~~h!}: ~WQr~r9f vise/Ces poètes ont tous. tes ol)je<sprësënts~ âisé= ment en rapport tes choses les plus ~Io!gneës~ par la, Hs s'approchent aussi de ce que nous appelons sai!l!ë: mais la satine n'est pas aussi cicv~c~ car e!)e est égoïste et yaine/dd-fauts dont t'csprii resteexempt, et c'est pourquoi l'on peut et l'on doitaussi le quaUncr partout de gcmo.
Mais ces mérites ne soht~ pas. parttculiers au poëtc toute là naiion est spiritueUe) comme le prouvent d'mnombraMes anec-dotes. Un mot ingénieux éveille la cptcre du prince; un autre l'apaise. L'aucctiôn et la passion se déploient. dans le ni6me élément Uehramgour et Dilaram trouvent la rime; Dschemil et Dotcmah s'aiment passionnément jusqu'à l'cxtr~nc vieil-lesse toute l'ttistoire de la poésie persane fourmille de pareils traits.
Si l'on songe que, vers le temps de Mahomet, Nouschiryan, un des derniers Sassamdes, fait venir des Indes, a grands frais, les tables de !!idpai et le jeu d'cçhecs, cela sufut pour exprimer .parfaitement la physiononne de l'époque. Ces fables, a en juger par ce qu'on nous en a fait connaître, enchérissent l'une sur l'autre en connaissance de ta vie, en vues indépendantes sur les choses terrestres. Aussi, quatre sectes plus tard, même dans la première époque où vint a fleurir la poésie persane, il ne put exister de nan'ete parfaitement pttre. La grande éten-due de connaissances qu'on voulait trouver chez le poète, l'accroissement du savoir, tes an'aircs de cour et de guerre, tout exigeait une prudence accomplie.
foëfcs mo'tprnes et r~cen<<.
A la manière de Dschami et de son temps, les poètes suivants
b5t mirent toujours plus la poésie et la prose, eh sorte qu'on n'employa ,qu'uh même style pour t(ms les genres d ëcnts; Hts-toire, poéste} phitosophie/styl~ deç,haI1ceU,~rJ~et styJ,épl,~tw' lairo, oh exposa tout.de même sorte/et cela dure déjà depuis trois siècles.; Nous sommes l.teureusemen~ en mesure d'en pré-senter un expmpic tout récent. .c Lorsque;l'ehYoy~pcfsan Mtrza~~À~~ ;,II~s~fl,n"KJlàn',se,: tro~-va!t h Saint-Mtërsbo~urg, on lût demanda .quelques lignes de sonecriturc/Il eut lacomptaisance d'écrire une page, dontnous insërohstctia traduction..
ins~r9ïis icr lâ tradüctibn: ;<, ''J'ai voyage dans tout le monder j~tioh avec beaucoup de~persohncs~ chaque,corn de' terre m'a oHert quelque Utilité/chaque: brin de pail i cépenaâmt je n~ai vu aucun lieu comparable a cette ville et a ses belles houris..Que la bénédiction de Dieu repose sur elle. a Qu'il a.bich parle, ce marchand, tomb~ parmi les bDgahds, qui dn-igeaient contre lui leurs flechest Un roi qui opprime le commerce ferme la porte du salut devant la face de son armée. Au bruit d'une,telle mjustice, quels hommes sages voudraient -visiter son royaume? Veux-tu que ton nom soit honore dans le monde? montre des égards au marchand et à l'envoyé. Les grands traitent bien les voyageurs pour se faire une bonne ré-putation. Le pays qui ne protège pas les étrangers tombe bien-tôt en décadence. Sois l'ami des étrangers -et des voyageurs, car il faut les considérer comme les moyens d'une bonne re-nommée; sois hospitalier~ estime les passants, garde-toi d'être injuste avec eux. Qui suivra ce conseil de l'envoyé y trouvera certainement son avantage.
< On raconte que Omar-cbn-abd-cl-asis était un puissant roi, et que, la nuit, dans son cabinet, plein d'humilité et de soumis-sion, levant les yeux Vers le trône du Créateur, il s'écria < 0 c Scigneur,tu as confié une grande chose a la main deton faible «serviteur; pour.ta gloire des justes et des saints de ton <: royaume, donne-moi la justice et l'équité; garde-moi de la < méchanceté des hommes; je crains que le cceur d'un innocent < n'ai été affligé par moi, et que la malédiction de l'opprimé ne « me poursuive. » Un roi doit penser toujours au pouvoir et la présence de l'Être suprême, à la perpétuelle mobilité des choses terrestres(ild6!isôngér que !a couronna pa's'sta 'iine ~t~te digüé dela~pdrtërsurùhe tête indigne, et ne pas'se 1~ &I'orgùeiI.Carunrdi~q~ ¿s\;M~gu~!},nj f"ëïûtdéda,ignê' amis'ét voisins, ne prospère pas longtemps sur !etr~ i on ne doit Ja-mais se latssër eb!ou!r par ùne'gloire~~ monde est comme un tëû'qu'on'allume au bord 'du qui eh prend autant qu'il'est nécessaire pour s'écla~ !à route n'éprouve aucun mal, mais qui en prend dàVantagc'sc brûle.
On dchtâhdalt uhjoura Ptaton cô~mënt~ ce monde; i! répondit J'y suis ehtre avec dbuictjr,' ma~vie a ëté un'étohnëmeht continuel, et j'en sors a regret, et je n'ai rien appris smôh que je ne sais rien; 'Tten~ l¿in 'd¿:'c~l~i qui éntreprehdqueique chose et qui est ighdraht, loin d'un hotnine pieux qUi n'est pas instruit on pourrait iëscothpafer run et l'autre a un âne qui tourne le môunn sans savoir pour-quoi. Le sabre est bon à vbir~ mais'ses ëfïets sont dësagréabtes. Un homme bien pehsants'attachelës ëtrangërs, maisîemécha~ ëloigne de lui ses proches. Un roidisaitaun homme) qUi s'ap-pelait Bëhiôùl Donne-moi Un conseil. 'Behtôultui répondit~ ~N'envie aucun avare, aUcuh juge inique, aucuhrichequ- 'tend pas t'ccônomiet aucun libéral qui dissipe son argent en <' dépenses inutiles, aucun savant qui manque de jugement. On "se tait dans lemonde un bon ou un mauvais renom; et, comme on est libre de choisir entre les deux, comme chacun doit mourir~ bon ou thechàntt heureux celui qui à préfère le *rèhôm d'homme vertueux)* Ces ngncs furent ëcri<ëa, à là demande d'un ami) l'an 1231 del'hëgire~lejourde Demaxsôul Sani, scion la computa-tidn chrétienne, le. mai 1816, par MirzaAbôul itassah Khan de Chirac pendant son séjour dans la capitale de Saint-Péters-bourg, comme ambassadeur extraordinaire de Sa Majesté Per-sane Petit Ali Chah Catchar. Il espère qu'on voudra bien pardon-ner a un ignorant d'avoir entrepris d'écrire quelques mots. J> Tout comme il est évident, par ce qui précède, que, depuis trois siècles/une certaine poésie-prose s'est toujours main-tenue, et que le style d'anaireset lé style épistolaire subsiste, toujours le même, dans les relations publiques et particulières,
htVÀN.
nousàpprenohsque~ de nos jours enM~ H '~I(trÕ:uy~ à1a éôür de Perse des poètes qm remettent a un archiviste~ préposé acet omce, la chronique du jour, et, par conséquent, tout ce que l'empereur entreprend/et' ce ~qui' se passe,' rë(iigé~eh rimes et élégamtnëht écrit. D'ôu tl ressort que) dans l~immuable Orient, depuis te temps d'Àssuerus~qOf se fai~ tire de pareilles chro-niques dans ses nuits d'insomnie, il ne s'est opéré aucun chan-gement; Nous remarquërohsict qu'il reg~ 11ne" cër-:
taihedëclamatioh, qui se produit avec emphase, àv~ élé=. vation~et Uh abaissement delà yôix, et qui doit avoir beaucoup d'anatogte avec là manière dont on déclame là tragédie fran-çaise/On a d'autant~ Heu'dé;.leëroir~qi,ie HescÍÓuhles' vers persans ~forment un contraste pareil aux deux hémistiches de l'alexandrin. 5 .C'est sans doute par un efTet dé cette persévëràhcc, qu'après huit cents ans) les Persans atmeht encore~ estiment et réfèrent leurs poésies~ Nous avons été noUs-mémetémoin.qu'uh Orien-tal cônsidél'ait et traitait un manuscrit dé Mesnevi avec le même respect qu'il eût montré pour le Côrani B<m<«.
Mais la poésie persane, et :tout ce qui eh rapproche, ne sera jamais accueilli par les Occidentaux avec un plaisir pur et com-plet. Il faut que l'on nous éclaire.l~-dessùs, pour éviter que notre jouissanèe ne soit soudainement troubléCt Ce n'est pas la religion qui nous éloignera de cette! poésie; l'unité de Dieu, la soumission a sa volonté, l'intercession d'un prophète, tout s'accorde plus ou moins avec notre croyance) avec nos tdées; nos saints livres sont encore a la basé dé cette: religion, du moins à l'état de légendes< Nous sommes depuis longtemps initiés aux contes de ce pays, aux fables, aux paraboles, aux anecdotest aux saillies, aux plai-santeries. Son mysticisme devrait aussi nous plaire, il mérite-rait du moins, par son caractère grave et profond, d'être mis en parallèle avec le notre, qui, & le bien considérer, n'exprime proprement, de nos jours, qu'une aspiration sans caractère et 6b4 sans talent. Comh~c ce mysticisme se parodie lui-même, on peutenjUgerparccYérs:
Mon bonheur est ta soif d'une soif éternetto.. .Htjet~hme.
Mats ce i que l'esprit ~e l'Occident he pourrai c'est la soumission corporelle et "spirituelle a un seigneur et mattre, soumission' qui dérive 'des tehips les "plus'anciens, car les rois prirent}'au commencement, la'~ lisons sans en 6tre fort surpris; dans l'Ânc!cn'testamcnt/ que les Itommes' et lés femmes se prosternent) la face eh ferre,'dc-vant le prêtre et le guerrier et les adorent) car ils sont accoutu-més a faire la' même chose devant les 'Etohim. 'Ce 'qui se fit d'abord par un sentiment de piété natureUe se trahformaplus tard eh cérémonies de cour. De cette source dérive le cott~o~, la triple .prosternation; trois fois répétée. On sait combien de nos àmbassadcs'aux :côurs d'Orient ont écltbué dcYant~cetÏe cérémonie. Kn- somme ) la' poésie~persanc ne peut être bien ac-cueinie chez nous, avant que hôùs'nous soyons fait la-dessus desidéesclaires. f Qttcl h&mme de l'Occident peut trouver supportable que les Orientaux heurtent neuf fois la terre de leur front, et môme le livrent comme un but où'l'on voudra t'envoyer? Le jeu du mail a cheval/où le grand r6le appartient aux balles' et aux battoirs .se~ répète souvent sous les yeux du souverain et du peuple) et tnOhe avec la participation person-nelle de l'Un et de l'autre. Mais, si le poëte pose sa tétc'c6m)no balle, sur la carrière du chai!, afm que le prihcc l'aperçoive et, avec le battoir de la faveur~ l'expédie plus loin a l'aventure, notre imagination et notre sentiment se refusent'a le suivre, quand lé poète s'exprime ainsi 'Combien de temps encore seras-tu~ sans main et sans pied, la balle du sort) Quand tu franchirais cent carrières, tu ne saurais échapper au battoir. Pose la tête sur la carrière du chah i il te verra peut-être. ii HtaiHcurs:
H est seul le miroir du bonheur, le visage que le pied de ce cheval a foulé dans'ia poussière.' »
DÎVÀN. i Cën'est pas seulement 6h'préscncc du sùttaU) c'est auss! de-vant des amis qu'on s'abaisse aussi profondément et plus fré-quëmmehtchcorc.
"Mon visage était couche sur te chemin il n'a point passe! auprès.)' e Près de ta poussière de ton chemin se dresse ta' tente de mon.csperancë; prës de ta poussière de tes pieds, préférable a l'6nde~i' Celui/qui fouie sous ses pieds mon trôht comme pbùssicre, je veux le faire mon prince, s'il rev~ OhYoitparëescitaHons'qùerun~ pÍii~'(lévàteÚrqûc' i'autre; on en nt d'abord usage dans une'digne~ on eh usa et abusa toujours plus souvent. C'est ainsi que itanz ditensejouant: ` r 'Ma tête sera dans là poussière du chemin dërnbnh6tc.' Une étude plus apprdibndio çonnrmerait peut-être la suppo-sition que les anciens pbëtes ont'fait un usage heaucoup'phis rcsërVédcces expressions~ et que ce fureht seuicment.ceux des agessuivants, qui; s'exerçant dans la même langue et ]a même carriere~së sont plu~ ces abus de langage, non pas toujours sérieusement, mais parforme de parodie/jusqu'à ce qu'cnnn les tropcssesoientperdussiloin de l'objet, qu'on n'y saurait plus imaginer ni sentir aucun rapport avec lui.
Kous terminerons'en citant les paroles atmables d'Enveri, qui rend un hommage aussi agréabte que sensé a un digne poète de son temps « Les Vers dé Scbcdschaai sont des appâts pour le sage cent oiseaux comme moi y votent avidement. Aliex, mes vers, baisez la terre devant ce seigneur et dites-lui 0 toi, la vertu dé ton siècle, tu es l'ère de la vertu) e n
Ot~ecttoM.
Pour jeter quelque jour sur.los rotations des despotes avec leurs sujets et juger un peu jusqu'à quel point c!)es sont encore humaines; pour nous trahquiniser pcut-6tro aussi sur la con-duite scr.viio des poètes/nous intercalerons ici une ou deux ct-tatious;qui nous feront voir comment des historiens et des mo-ralistes ont jugé la chose. Un scrupuleux Anglais s'exprime de la mamcrcsuivante: ,< Le pouvoir absolu~ùi, eh Europe,' adouci par les coutumes et les managements d'une époque civilisée se itransforme en gouvernements modérés, conserve toujours son même caractère chez les peuples d'Asie) et suit a~peu..prè~~ cours;' Car les petites différences qui expriment la valeur sociale et la dignité de l'homme dépendent uniquement de l~iùmeûr du despote et de sa.puissahce~etsOUYent~ "ptus~'què' ,de cclle-1~. Aucun pays né peut prospérera s'il ès~ exposé a la guerre, coînme le furent~ dès les temps; les plus ancicns/toUs les faibles royaumes d'Orient. Il s'ensuit.que le plus grand Dônheur dont la multitude puisse jouir sous le pou-voir absolu découle de la puissance et de la renommée'de son monarque; tout comme'le bien-être qui est, en quelque,me-sure, le partage de ses sujets~ repose essentiellement sur l'ôr-gueti auquel un tel princes'élève.. v i, i Nous ne devonsidonc pas songer umquement aux inclina-tions basses et vénales, quand la uatterie qu'ils jtémdgheht au prince nous étonhet Ne sentant point le'prix de la liberté, ne connaissant aucune des autres formes de gouvernement, ils cé-lèbrent leur propre état, dans lequel ils ne manquent ni de sû-reté ni de bien-être ils consentent, et même ils eh sont iiers~ a s'humilier devant un personnage auguste~ s'ils trouvent dans la grandeur de sa puissance un refuge et une protection contre Un malplusgrandquilesaccablerait.e n
Un critique allemand s'exprine de même avec beaucoup d'es-pritetdesavoir.
L'auteur/qui d'ailleurs admire l'élan sublime des panégy-ristes de cette période, condamne en même temps avec raison les nobles esprits qui dissipent leurs forces en louanges em-phatiques et l'abaissement de caractère qui en est la suite habi-tuelle. Mais il faut remarquer pourtant que, dans le monument élevé, avec mille ornements divers, d'une riche perfection, par un peuple vraiment poétique, la poésie panégyrique est aussi essentielle que la satirique, dont elle n'est que l'antithèse, qui se résout ensuite soit dans la poésie morale, paisible appréciatrice des mérites et des défauts humains~ guide qui nous mené a la paix intérieure soit dans l'épopée, qui, avec une Imrdicssc im-partiale, expose ce.qu'tt y a cliezi'honime de plus noble ef'dë plus excellent cAté de la~vie ordinaire, non plus censurée, mais concourant a l'c~~ césôbjéts ÓppÕ,sés, "qü'h concilie, forme Une pure image de l'existence. En eflet, si c'est t une chose conforme ala nature humaine et un signe de sa haute origine, qu'elle embrassé avec ehtildusfàsme lés. nobles actions et ioùt~cè qui àlë'càràcterë d~ùne perfecttoh sublime, les niéditer, la Yië~intérieUré'sé rénouvé~ `sortè l'éloge de la force et de la puissance~ tëÏIes qu'elies se mànifbs-tent dans les princes, est aussi~uhphehomÈnemagninqUe dans le domathe de !à poésie, et, s'it est tombe chez nous a bon droit dans le mépris, c'est uniquement parce que ceux qût s'y sont nvres n'6taiet)t point) la plupart) des poètes, inais seulement des flatteurs a gages. Mais qui entend Caldéroh IpUer son rot peut-il,iqnànd l'essor audacieux de l'imagination l'cntràine, songer à la vénalité, de la louange? Ou qui donc a voulu tenir son cœur en garde contre les hymnes triomphants dePindarc? La nature despotique delà dignité souveraine .chez les Persans~ bien qu'elle ait trouvé) en c6s temps éloignés} son corrélatif dans l'adoration vulgaire~de là puissance, chez la plupart de ceux qui chantaient les louanges du prince, produisit néan-moins aussi, par l'idée d'une puissance glorifiée, qu'elle déve-loppa chez de nobles esprits,'plusieurs poèmes dignes de l'ad-miration de la postérité/Et, dé même que les poètes méritent encore cette admiration, ils la méritent, ces princes, che~ lesquels nous rencontrons la saine appréciation de la dignité de l'homme et l'enthousiasme pour l'art qui célèbre leur mé-moire. Ënvéri, Hacani) Sahir Fariabi et Akhcstcgi sont les poëtes de cette époque, dans le genre du panégyrique, dont l'Orient lit encore les ouvrages avec délices, et protège aussi contre toute insulte les noms glorieux. Combien l'étan du poëte panégyrique approche de la tache la plus sublime qui puisse être proposée à l'homme, c'est ce que prouve le pas-sage soudain de Senaji, un de ces panégyristes, à la poésie religieuse; d'abord apologiste de son prince, il devint le chantre inspiré de Dieu et de l'éterncile perfection, lorsqu'il eut appris à trouver au delà des bornes de cette existence l'idée
GOETMH. 1 42 du sublime ) qu'il s'était contenté auparavant do chercher dans la vie."
SoppMmeht.
Ces rénëxiôhs de deux esprits seneUx et circohs~ seront a juger avec indulgence''les'poctes ét?pahégynstès per-sans; elles justifient aussi nus' premières assertions, savoir que, dans les temps ;dangerëuX)l'csschtiël du gouverne que le prihco puisse, nbn-séulémeht protéger ses sujets~ mais aussi si les conduire en personne contre l'ennemi. Cette vérité, confir-mée jusqu'à hosjours~ oh trouve d'antiques exehtples~q~ a 'p7-, pUient.Nous~citerohs la loi fondamentalët que Dieu donna au peuple d'Israël avec son 'consentement général, au moment où ce;peuplë demande tout de bon 'tih roir Nous citerons ici textuellement cette constitution~ qui'pourratt bien aujourd'hui nous sembler Un peu singulière. -'i « Et Samuel annonça au peuple les droits du roi qu'il deman-dait au Seigneur Voici les droits du roi qui régnera sur vous: t H prendra Vos pour conduire ses chariots, pour en faire des cavaliers, qui devront courir devant son char; il eh fera des onictcrs qUi commanderont les uns. mille hommes, les autres cinquante, et des laboureUrs.qui cultiveront ses champs, et des moissonneurs, qui rccoltcrontscs blés~ et d'autres, qui lui feront des armes et des chariots. Dovos filles, il pn fera desparfu-meuscs~ des cuisinières et des boulangei'eSt il prendra les meil-leurs de vos champs et de vos vignes et de vos plants d'oliviers, et les donnera à ses serviteurs, il lovera la dune de vos blés et de vos vignes, et la donnera a ses intendants et à ses officiers. }t prendra vos serviteurs, vos servantes et vos meilleurs jeunes gens et vos Anes, et il les fera travailler pour lui. Il prendra aussi la d!mc de vos troupeaux, et vous devrez être ses servi-teurs.' 1> Alors Samuel voulant représenter au peuple le danger d'un pareil arrangement et le lui déconseiller, le peuplo s'écrie d'une voix unanime Non, nous voulons avoir un roi/afin que nous soyons comme toutes les autres nations; que notre roi nous juge, ctqu'ilmarchoa notre tête quand nous irons en guerre. » Le poète persan dit les mêmes choses.
Il déploie sa puissance et sa protection sur le pays par sa prudence et sonépée; les puissants elles protecteurs sont dans lamaindeDieu.' fi".
En général) quand on juge les d!uereMes formes de gouver-nement~ on ne réfléchit pas assez qûe~dàns toutes, quel que soit leur nom, la Im'erte et la servitude coexis<~ opposes, te pouvoir est-il dans lés mains d'un'seûl~homme, la muUitudé est asservie~ ië pouvoir est~it*dahs la mùlUt~ li¡'i1;; dividu est en soùfirahcc {'cela passe par tous les degrés, jusqu'à ce qu'un équilibré se puisse trouver) encore cela ne dure-t-il que peu de temps. Ce n'est pas un mystère pour l'homme~~ i étudie l'histoire) mais, dans les époques agiiées~oh'ne peut se faire la-dessus des idées claires. En efÏet) on n'entend jamais plus parler de liberté que lorsqu'un parti veut opprimer l'autre, et qu'on n'a point d'autre dessein que de faire passer d'une main dans une autre le pouvoir~ l'influence et la richesse. La liberté est le mot que prononcent tout bas les secrets conjurés~ c'est l'éclatant cri de guerre des révolutionnaires qui agissent au grand jour; .c'est le mot de ralliement du despote lui-même, lorsqu'il mené contre l'ennemi sa multitude subjuguée, et lui promet qu'ellesera délivrée a jamais de l'oppression étrangère,
ittM~n.
Mais ne nous livrons pas a des généralités si décevantes! re-tournons plutôt en Orient; considérons comme la nature hu-maine, qui demeure toujours indomptabte~ résiste a l'extrême oppression) et nous trouverons partout que l'esprit d'indépen-dance) l'obstination de l'individu~ font équilibre a la toute-puissance du mattrc ils sont esclaves, mais non assujettis; ils se permettent des témérités sans égales. Citons un exemple tiré de l'histoire ancienne; rendons-nous a un souper dans la tente d'Alexandre nous l'y trouvons avec les siens en altercations vives, violentes et même furieuses.
Cliius, le frère de lait d'Alexandre/son compagnon de jeux et de guerre, perd deux frères sur le champ de bataille, sauve la vie au roi, se montre habile général, fidèle gouverneur d'im-portantes provinces. Il ne peut approuver que le monarque prétende être dieu; il l'a vu grandir, il l'a connu indigent de servtcesef de secours~ i! se ptatt a nourrir un sombre mécon-tentement, et peût-eh'ccYatue-t-it trop haut ses services. Les propos de table, aux soupers d'Alexandre, furent sans~ doute toujours d'une grande portée~ tous les co~ des tiommesdistthgués, instruits~ ils étaient nés a l'époque bu l'art oratoire brillait en Grèce 'du plus g~ D'ordinaire on se posait, de'sâhg-froid, des problèmes importants~ choisis ou pris au t)asard) et oh tes débattait ensemble~ avec une. élo-quence sophistique, eh se possédant assez bien. Mais~ tandis que chacun défendait l'opinion a laquelle il était attaché ta boisson et la passion s'écttauffaicht mutuellement, et cela devait finir par des scènes violentes. Par là nous arrivons a la suppo-sition que l'incendie de Pcrsépbtis ne u4i pas !a simple consé-quence d'un absurde et sauvage vacarme, thaisplut6td\m de ces chtrctiens, dans !cquc! un parti soutenait que, les Perses une fois vaincus, on devait les épargner) tandis que l'autre, re-présentant a l'imagination des convives la conduite impitoyable des Asiatiques dans la destruction des temples grecs, parvint, en exaltant !a folie jusqu'à la fureur de l'ivresse, à réduire en cendres les antiques monuments des rois. Que des femmes, qui sont toujours les plus violents et les plus irréconciliables enne-mis des ennemis, aient pris part cette tcuvre~ cela rend notre supposition encore plus vraisemblable.
Si l'on pouvait conserver la-dessus quelque doute, on sait, en revanche, avec une parfaite certitude, ce qui provoqua, dans !e souper dont nous avons parlé d'abord, cette funeste querclie; l'histoire nous en a conservé les détails. Ce fut te débat qui se renouvelle sans un entre tavieittesse et la jeunesse. Les an-ciens, avec lesquels Ctitus argumentait, pouvaient invoqncrune série sagement conduite d'exploits qu'ils avaient accomplis sans rctache, avec force et prudence, ndétes au roi, a ta patrie et au but proposé, lia jeunesse, de son coté, convenait que tout cela était positif, qu'on avait fait beaucoup et qu'on était en effet aux bornes des Indes, mais elle faisait considérer combien il restait encore a faire; cite s'offrait d'exécuter des choses pareilles, et, promettant un brittant avenir, ctte sut obscurcir l'éclat des actes accomplis. Que le roi se rangeât de ce côté, c'était une chose naturcttc, car, pour lui, il ne pouvait plus être question
D1VÂK.
du passé. Clltus nt parattrc M'cncontreson secret mécontente-ment, et répéta en présence du roi des médisances qu'on avait déjà rapportées Alexandre comme ayant été débitées par der-rière. Alexandre se posséda admirablement, et trop !ongtcmp\ par malheur. Oitûs se répandit sans mesure en discours otten-sants. Ehnn !e roi se t~ve Mrusqûcment~ ceux~ '1IéiHotÙ'-CII\' !è retiennent d'abord et l'on emmené ClitUs. Mais it revient fu-rieux, vomissant de hpuvetles injth'es, et Alexandre !e trans-perce avec !a lancé d'un garder qu'H a saisie. La suite n'est pas dé hoti'e sujet remarquonsscuictnehi qUe la plainte la plus amere du roi désespéré, c'est qu'a l'avenir il vivra sontairë; comme un animal sauvage dans les bois, parce que personne n'osera plus dire une libre parole en sa présence. Ce propos, qit'il appartienne au roi ou a l'historien, confirme ce que nous avons supposé phts haut.
Dans le siec!e passe, oh osait encore contredire efFrontemcnt le roi de l'erse dans les testins/I) est vrai qu'a~ !a nn le convive téméraire était tire dehors par les pieds, puis on le traînait de-vant le prince pour savoir s'il lui faisait grAce. En cas de refus, on l'emmenait et oh le mettait en pièces.
Des historiens dignes de foi rapportent des anecdotes qui 'montrent avec quel entêtement et queUe obstination incroyables des tavoris se comportaient envers le roi. Le monarque est in-exorab)c comme le destin, mais on le brave. Les natures vio-lentes tombent a ce sujet dans une sorte de démence, et l'on pourrait en citer les exemptes les plus étranges. Cependant, pour vivre et pour agir a leur guise) les natures modérées, fermes et conséquentes, se soumettent a ta puissance souveraine de taquctie tout découle, faveurs ctchAtiments. Mais le poète a sujet, plus que tout autre, de se consacrer au sotnc-rain qui estime son talent. A la cour, dans le commerce des grands, s'ouvre a lui une perspective étendue, dont il a besoin pour féconder tous les sujets. La se trouve l'excuse et même ia justification do ses nattcrics, connue il arrive au panégyriste, qui remplit au mieux son omcc, lorsqu'il s'approprie toutes les. ressources de la matière, pour célébrer, avec tous les charmes de t'eioqucncc humaine, princes et vizirs, jeunes garçons et jeunes m!cs, saints et prophètes, et même la divinité. Nous louonsaussi notre poète occidental d'avoir amassa un monde d'ornements et de magnificences pour illustrer l'imagé desabien-aimee.
OtMerTftiome fnctdènieè.
1~ h~ditation\du''pôcte s'appuque proprcinent a la fbrme~ t'uhivers'në tut fournit !ama~ b'OI)qihlh'~lcmc~t'f lë fohd~Jailtitspôhtahemcht'dè l'abondance du cœur tous deux serëncbhtrcnt instinctivement, et l'on ne sait pasa là un a qui appartient vcrhahicmehit la richesse.
Mais la forme) bien qu'cHe réside essentiellement dans !e gé-nie, veut être saisie, étudiée, ct~-pour cela, il faut de la re-f)cxioU) àHn que là forme, ieisujet et le fond s'harmonisent, 6'adaptcnt l'un a l'autre, se p6hetrcntmUtueHcment. Le poëie est dans une position beaucoup trop elevce pour se faire chef départi; ia sérénité ci !e sentiment de iui-meme sont les heureux dons pour lesquels il rend grâce au Créateur: le sentiment de lui-mcmc.pour qu'il ne soit pas enraye du ter-rib!e; la sérénité, peut' qu'il puisse tout exprimer agréablement.
~5tém<'m<< prtmtttfa de la po~te ortchtale.
On trouvera dans ta langue arabe peu de mots primitifs, dé radicaux, qui ne se rapportent, sinon immédiatement, du moins au moyen de légères modifications, au chameau, au che-val et au mouton. Cette expression toute primitive de la nature et de la vie, nous ne devons pas même l'appeler nguréc. Tout ce que l'homme énonce avec une liberté naturelle sont des re-lations de la vie or l'Arabe est aussi intimement Uni avec le chameau et le cheval que l'âme avec le corps j il ne lui peut rien arriver qui n'atteigne aussi ces créatures, et qui n'associe, d'une manière vivante, leur activité avec la sienne. Et non-seulement ces animaux, inais encore ceux qui, apprivoises ou sauvages, se présentent assez souvent aux yeux du bédouin errant a l'aventure, se rencontreront également dans toutes les circonstances de la vie. Si l'on poursuit cet examen, et si l'on considère tout ce qui s'offre encore a la vue, les monta-gnes, les déserts, les rochers et les plaines, tes arbres, !es herbes, les Heurs les rivières et la mer, et le firmament peu-plé d'innombrables étoiles ) on trouve que, che: l'homme de l'Orient) tout vient en pensée a propos de tout) en sorte qu'ayant (coutume de relier par contraste les objets les plus éloignés, il ne se fatt aucun scrupule de taire dériver les unes des autres, par les plus faibles'mflexiohs de 'lettres et de syl-labes des choses contradictoires.' On'voit ici que, par elle-même, la langue est déjà féconde) qu'elle est oratoire~ en tant qu'elle vient au-devant de la!pënsée qu'elle est poétique, en tant qu'elle plaM à l'imaginatton. 't '< Ainsi donc celui qui, partant des premiers tropes néces-saires noterait ceux qui sont plus libres et plus hardis, pour arriver enfin aux plus hasardés~ aux plus ~arbitraires, et même, en dermèr lieu) a ceux qui soliiinal conçus, conyen-tionnels et absurdes, aurait une idée générale des traits prm-cipaux de la poésie Orientale. Mais il se convaincrait aisément. qu'il ne peut être question dans cette littérature de ce que nous appclonslegoùt~ savoir la distinction du convenableet de ce qui ne l'est pas. Ses mérites sont inséparables de ses défauts; lés uns sont eh rapport avec les autres~ ils résultent les uns des autres, et il faut les admettre sans éplucher ni mar-chander. On sOunrc a voir Rciske* et Michaelis* tantôt élever ces poètes jusqu'au ciel, tantôt les traiter comme de niais écoliers..
Au reste oh peut faire icila remarque frappante, que les plus anciens poètes, qui vivaient a la source première dcs.impres' siohs et qui formèrent leur langue en se livrant a la compo-sition poétique) doivent avoir de très-grands avantages. Ceux qui paraissent a une époque déjà travaillée; au milieu de re-lations compliquées, montrent toujours il est vrai, le mémo élan; mais perdent peu à peu !a tracé du beau et du louable. Car, s'ils courent après les tropcs éloignés et toujours plus éloi-gnés, cela devient déraison toute pure; il reste a peine, & ta nn, la notion la plus générale, sous laquelle on pourrait tout au plus embrasser les Objets, la notion, qui détruit toute intui-tion, et par conséquent la poésie cMe-mcme.
t. C~Mbro phito!oguo, professeur d'arabe & Leipzig, mort en ii~. 2. Jean David MichaeHs, orientaliste, professeur de phitosophfe & Goeftingue, mort en h9t'
TWtB*t<iom 'te* <ropea aux métaphore*.
Tout ce 'que nous avons dit pouvant s'appliquer aux méta-phores, qui touchent de pires aux tropes, il conviendrait de con-nrhtër notre assertion par quelques exem~~ On voit le cltasseUrq[Ul s~veille en rase campagne comparer le soleil levant a un faUcôn t = L'activité et la ~ie pénètrent m6n sein ine voila de nouveau terme sur mes pieds; car le faucon dore, aux larges ailes, plane sUr son nid d'azur; OU)plùsmagnifiquementcncbre,aunlioh-: .` 'Le crépuscule du matin se changeait en vive lumière; le ~(cur et l'esprit furent réjouis soudain) quand la huit, craintive gaMUë) s'enfuit devant la menace du lion matinal.' Combien MarcbPolO)qUi a vu ces choses et bien d'autres ne doit-il pas avoir admire ces metapliorest Nous trouvons sans cesse le poète jouant avec les boucles de cheveux.
II y a plus de cinquante hameçons dans chaque houcle de tes cheveux.
Cela est trcs-agrcablement adressé a une heUe.tctc parce d'une riche frisure; l'imagination ne répugne point se figu-rer comme des hameçons les pointes des cheveux. Mais, quand le poète dit qu'il est. suspendu aux cheveux,cela ne saurait nous piairc. Hnnn, si même il est dit du sultan a Le cou de l'ennemi est enlace dans les liens de tes cheveux boucles, Cela présente a l'esprit une image desagréabtc ou n'en pré-sente aucune.
Que nous soyons assassines par des cils, cela peut passer en-core, niais que nous en soyons transpercés) nous ne pouvons goûter ia chose; qu'ensuite on compare mémo les cils a des balais qui balayent les étoiles du ciel cela nous parait trop bi-xarrc. Ht si l'on nous dit que lé front des belles est le lissoir des cccurs, que le coeur des amauts'cst un galet roule et arrondi par des ruisseaux de pleurs, ces figures hasardées, plus subtiles que senties, nous arrachent un sourire.
Mais l'on peut trouver le poète ingénieux, lorsqu'il veut
U1VAK.
que les ennemis soient traités comme les matériaux des tentes* Qu'ils soient potirt~hdus connne des éclats de bois, déchires comme des lambeaux de totle, martelés comme les clous,eh-tbncéscommeléspieux.B n Ici on \'ott le l)bëtoaU quartier général le camp, tour a tour établicticvé.tiottedànssàpensée.
Ce peHtnohtbrc d'exemples, qu'ôn~p~ à l'infini, tait voir clatremcnt qu'on ne peut tracer aucune limite entre ce qui serait, selon noire manière de jugcr/d~gncd'étpge ou de b!ame, parce que les mérites de ces poètes sont propre-ment tf s neurs de tcurs défauts. Si nous voulons prendre de l'intérêt aux productions, de ces excellents génies, il faUt nous trattsporter dans l'Orient, car l'Orient ne viendra pas nous clicrcher. Ht quoique les traductions soient extrêmement re-coinmandables pour nous attirer, nous introduire, cependant il est mahifeste~ par tout ce qui précède, que) dans cette litté-rature, la langue, comme langue) joue le'premier rôle. Qui ne voudrait apprendre a connaître ces trésors dans leur sourcei 1 Si nous considérons maintenant que le mécanisme poétique exerce nécessairement sur chaque genre de poésie la plus grande influence nous trouvons encore ici que !es couples de vers rimes des Orientaux appellent un parallélisme, qui, au lieu de concentrer l'esprit, le disperse, attendu que la rime conduit a des objets tout a tait étrangers. Par la leurs poèmes prennent un air de quolibet ou de bouts-rimes, genre dans le-quel on exige des premiers talents de produire quelque chose d'excellent. Combien la nation s'est montrée en cela un juge sévère, on le voit par ce fait qu'en cinq cents ans, elle n'a re-connu que sept poètes cminehts.
Â~er<tMemen<.
Nous pouvons invoquer tout ce que nous avons avancé jus-qu'à présent comme témoignage de nos bonnes dispositions a l'égard de la poésie orientale. Il nous est donc permis de ris-quer un avertissement, a l'adresse des hommes qui ont l'avan-tage de posséder sur ces régions des connaissances immé-diaies et approfondies; nous ne dissimulerons pas que nôtre but est d'écarter d'une si bonne chose tout ce qui pourrait lui fairctort.
Chacun} pour juger plus facilement, à'rëcours'aux compa-raisons y mais par !& on augmente aussi la difficulté i car, si une comparaison, ménée'trop loin, vient a boiter, un jugement comparauf devient d'aUtanfpIUs défectueux qu'on l'étudié' plus attentivement. Sans nous égarer trop loin, nous ~ous borne-rons a dire, dans Jtë cas posent, que, si i*exccl!cntJôhM~~ pare les poètes orientaux avec les' latins et Ics'grécs, il a ses raisons il y est obligé par ses rapports avec l'Angleterre et les anciens critiques de ce pays. hUi-meme~ forme dans la sévère école classique, comprenait bien le préjugé exclusif qui ne voulait rien sôUurir que ce qui nous est venu de Rome et d'Athènes. 11 connaissait, il estimait, il aimait son Orient, et il désirait eh introduire les productions dans la vieille Angleterre, les y faire pénétrer par contrebande, ce qui hé poUvait se faire qUe sous l'estampille de l'antiquité. Aujourd'hui toUt cela est abso-lument inutile et même nuisible. Nous savons estimer la poésie orientale, nous lui reconnaissons les plus grands mérites, mais il faut ta comparer a\'cc elle-même) l'estimer dans sa propre sphère' et oublier qu'il y ai~ eu dés Grecs et des Romains. Il ne faut pas trouver étrange que Ilafix fasse souvenir d'Ho-race. Un connaisseur s'est expliqué la-dcssUs d'une manière admirable, si bien que cette analogie est désormais exprimée et pour jamais établie. Il dit en cn'ct:
t C'est une chose frappante de voir combien nafiz et Itoracc se ressemblent dans leur manière dc.considérer la vie, et l'on ne peut cxpiiquerla chose que par la ressemblance des temps dans lesquels les deux poëtes ont vécu, où~ toute sûreté de la vie civile étant détruite, l'homme ne demande a l'existence que des jouissances fugitives et dérobées comme en passant. Mais notre instante prière, c'est que l'on ne compare pas Fcrdoucy avec Ilomërc, parée qu'il y perdrait a tous égards pour la matière, la forme, latractationt Pour s'en convaincre, il suffira de comparer l'enroyable monotonie des sept aventures d'IsYcndiar avec le vingt-troisième chant de l'Diade, où, pour célébrer les funérailles de l'atrocle, les prix les plus variés sont gagnes de la manière ta plus diverse par les héros lesplus divers: Nous autres Allemands h'avôns-nous pas fait) par cette comparatsoh) le plus grand tort a nos adnnrables NibClungQn? Autant ils sont intéressants, quand oh s'est bien identifia avec le monde ~ôû ils se déploient et qu'on accepte tout avec abandon et reconnaissance, autant ils pâràtssent bizarres, quand on les apprécie avec une mesure qu'on ne devrait jamais leurappliquert 1~ même chose arnve poUr les ceuvrës d'un auteur qui a bealiç9\)p it, divers <sentes, èt loIigtèmps., Lais~oi1s la beaucoup écrit, eh.divers- genres et longtemps< Laissons~ la foule ]ghorànte louer) choisir et rejeter par comparaison les instituteurs du peuple doivent se placer au point où une vue gé-nérale et claire seconde un jugement mdcpehdantt
CompàMttton.
Au moment où nous avons écarté toute comparaison dans l'appréciation des écrivamS) on pourrait s'ëtonner de nous en-tendre parler immédiatement d'un cas dans lequel nous trou-vons cette méthode admissible.. Nous toutefois qu'on nous permettra cette exception, parce que la pensée en appar-tient non pas à hoUS) mais à un tiers.
Un homme qui a pénètre dans les hauteurs et les profondeurs de l'Orient estime qu'aucun écrivain allemand ne s'est plus ap-proche des poëtes et des autres écrivains orientaux que Jean-- PaUl Richter. Cette assertion nous a paru assez importante pour mériter une sérieuse attention. Il nous sera d'autant plus facile de présenter la-dessus nos réflexions, qu'il noûs suffit de nous en référer ce que nous avons expose ci-dessus en. grand détail.
l'our commencer par les qualités personnelles nous dirons que les ouvrages dé notre ami attestent~ en général, un esprit sage, vaste, pénétrant, instruit, cultivé et, en même temps, 1 bienveillant et pieux. Un esprit si bien doué jette, a la vraie manière de l'Orient, un regard joyeux et hardi sur le monde qui l'environne, il produit les plus singulières combinaisons, associe l'incompatible, mais de telle sorte qu'un lien moral s'y entrelace en secret, et ramène tout l'ensemble à une certaine Unité. Si donc nous avons indique et signale plus haut les déments naturels dont les plus anciens et plus excellents poètes de l'Orient ont forme leurs ouvrages nous nous expliquët'ons clairement en disait qu'ils se sont développes dans Uhe~ simple~nativC) et qUe nôtre amt ) au contraire, 'doit agir et vivrcdansûu monde civilisé ~M faiissé j bizàttrë;vef e iq(i'Ii a dû, par cela memë/së mettre eh mesure de dominer les plus étranges éléments. Afin de rendre sensible en peu de mots le contraste entre l'entourage d'un bédouin et celui de notre auteur) empruntons a quelques-unes de ses pages les expres-sions dominantes:
Traites de barriereS)teUiHes-st)pplemch<s, cardinaux, ap-pendice au rcceSt billard, cruches de bière bancs impériaux, siéges de session, commissaire principal enthousiasme, queue de sceptre, bustes, cage d'ecureùnt agioteur, satigaud, inco-gnito co~o~ttfn, btouse de biUard canonique, copie en plâtre, avancement apprenti forgeron acte de naturalisation pro-gramme de l'cntec6te, maçon) pantomime manuelle, am-putc~ surnuméraire, boutique de bijouterie chemin du sabbat, etc., etc.
Si maintenant toutes ces expressions sont connues d'un lec' teur allemand qui a de la culture~ ou si elles peuvent être connues par le Co!t~)'.M<fo))s-!c;~co)t, comme le monde extérieur peut l'ètre l'homme de l'Orient par les caravanes de com-merce et de pèlerinage, un pareil esprit doit assurément nous paraitrc autorisé a procéder de la même façon sm' uite base complètement différente.
Si donc nous accordons a notre auteur, aussi estime que fé-cond, que, Vivant à une époque tardive, il doit) pour se mon-trer spirituel, faire les allusions les plus diverses a un état réglemente, morcel6 a l'infini par les arts) les sciences, !a technique, la politique, les relations de guerre et de paix, et par la corruption .nous croyons avoir suffisamment confirme l'orientalisme qu'on lui attribue.
Cependant nous ferons ressortir une ditTercnce qui existe entre la méthode du poëte et celle du prosateur. Le poëte, qui la mesure, les parallélismes, la succession des syllabes, la rime, semblent opposer les plus grands obstacles, trouve en tout cela
MYÀN. i l'avantage le plus décide, s'il délie liëUrcuscmcnt les nceuds de l'énigme qui lui ëstproposéeoUqu~is'tmposea lui-même, hoUs pardonnons la plus hardie métaphore eh faveur d'une rime in-attendue et nous admirons'la présence d'esprit que le poète conserve dans une situation si contrainte. >, Lcprosatéttr,aû contraire, a les coudées'frahches~ et il est responsable de chaque tementé qu~il se/pçrmct; tout ce qui pôurratt blesser le goût lui est imputé. Or~ comme il'est impos-sible) ainsi que nous l'avons fait voir eh défait/de séparer~ dans cette forme de poésie et de style, ce qui convient de ce qui ne convient pas, tout dépend ici de l'écrivain qui forme cette ha-sardeuse entreprise. Kst-cc un homme tel que Jean-Paul, citez qui l'on trouve le mérite dû talent, la dignité de l'homme, le lecteur, attiré, s'apprivoise aussitôt} tout est permis et bien-venu; on se sent a son aise dans la société de l'homme bien pensant ;ses sentiments deviennent les n6tres;ii évci!!e notre imagination; il tiatte nos faiblesses et affermit nos forces. Nous exerçons notre esprit en cherchant a résoudre tes sin-gulières énigmes que l'auteur propose~ et nous sommes chai'més de trouver dans le sein et derrière le voitcd'un monde confus et bigarré, comme derrière une aUtrc charade, instruction, mou-vement, émotion et même édification.
Voilà à peu près ce que nous pouvons aUéguer pour justifier cette comparaison. Nous avons taché d'exprimer aussi briève-ment que possible raccord et la difTérencc; un texte parcii pourrait entramer a des commentaires infinis.
Pro<M<<ttt<m.
Si quelqu'un regarde les mots et les expressions comme des témoignages sacrés, et s'if ne veut pas se borner à les employer a peu près comme on fait la monnaie et le papier, pour un trafic rapide et momentané, mais s'il veut les voir échanger dans la vie et le commerce des esprits comme véritable équivalent, on ne doit pas trouver mauvais qu'il nous fasse observer comment des expressions traditionnelles, dont personne ne se défie plus, exercent pourtant une influence pernicieuse, ohscurcissent les vues, défigurent l'idée, et donnent a des doctrines entières une fausse direction. Tel pourrait être) parcxcn~pic, l'usage' qui s'est introduit de considérer ce titre d'/i~ o!'a!o)~ comme une rubrique'généralë) sous laquelle oh veut comprendre la poésie et là pM~~ exposer, l'une après l'autre~ dans ieurs diuerentes parties. A proprement parlera là poésjc n'est pas une oraison n'est pas un art t clle~h'est ~pas une bràison~ pttisqu'eHe à Besoin) pour sa per<cctibh,'de !à"mesure,!du chant) des iiMUYefnchts du lÍ corps et de !a mimique ene 'n'est pas ùh art,' parce que tout repose sur le nàture~'qUt est rc~c~it est Yrai,' mats qui ne doit pas subir une contrainte artincicHë; 'enè~'demëure toujours i'cxpression sincère d'uh esprit inspire, exattë, sans objet et sans but.' Mais l'art oratoire) dans Ïesens propre du mot, est une orai-son et c'est un art~il repose sur Une Oraison ciairc et modéré-ment passionnée, et c'est un art dans tous tes sens; !t poursuit son but et il est dissimulation) du commencement a la Un. Là rubrique contre Iaquc!!c nous nous élevons dégrade la poésie, qui se trouve ainsi côordonnccoumcme subordonnée a fart oratoire et en tire son bonneur et son nom. ` Cette dënômihation et cette division se sont établies et accré-ditées, parce que des livres tres-cstimables la portent sur leur n'ontispico, et l'on aura de la peine a s'en désaccoutumer de sitôt. Cet usage vient de ce que, dans la classification des arts, l'artiste n'est pas consulte. Les oÈUvrcs poétiques arrivent d'abord, tout imprimées, dans les mains du littérateur; elles sont !a devant lui sous la forme de livres, qu'il a pour mission de classer et d'exposer.
<<!enre<t de potste.
AUpgot'ie, hatlade, cantate, drame, cicgie, ëpigramme, ~pttre, d{)0[)dc, fab!e, hdro'tde, !(!yHC) nan'atton, odes parodtc/pocme didactique, roman, romance, satire.
Si t'en voûtait essayer de ranger méthodiquement tes genres de poésie que nons venons de présenter dans t'ot'drc aiphabe-- On s'est vu ob)ig<! de fafro un peu Yfotcnco auï termes pour traduire tout ce passage. Goethe à en vue CMcht'f/ttc der ~«rMn )ff~Atint<e /'f~fcMt do Hammcr. tîquCtCt auxquels on pourrait en ajouter btM~~ énctiTéy on rëncontrëratt'de'grandes et sériëu~~ 'diffiëi11'tés ¡~QÙe 1100considëreplus~attentivëméntcësdënom qu'elles dérivent) iM~nes, de caractères extérieurs~ les autres, du fohd/mais bien peu d'une for~ bien viie.qu6'plusieurs ~se "groupent ensemble~qu'il en est auss! qui së'suDordonnent ~d'autres. Pour le plaisir et la jouis-sance, chaque'gcnre'pourrait subsister efàgir~ mais si~ dans un b'Ut historique ou'didactiqùe) on sent le besoin d'Un ordre plus rationnel, il vaut la peine d'en chercher un qui nous bnre~ce caractère. Nous soumettons par conséquent à la critique les réflëxiohs suivantes~
formes m~ureUM de t* pe~*te.
11 n'y a proprement que trois formes naturelles de poésie, t ccUë qui raconte clairement, celle qui est animée par l'enthou-siasme et ccUc qui agtt en personne t l'épopée, le lyrique et le drame.Ces troisgënres peuvent agir ensemble ou séparément. On les trouve souveut réunis dans le plus court poème, et, par cette réunion même dans un étroit espacé) i!s produisent l'euet le plus magitinquc, comme nous pouvons !e reconnattrc dans les plus èxceHontés ballades de toutes les nations; Nous trouvons aussi ces trois genres réunis dans l'ancienne tragédie grecque ce n'est qu'après Un certain laps de temps qu'ils se séparent. Aussi longtemps que le chœur joue le personnage principal, le lyrique domine; a mesure que le chœUr passe davantage au rôle de spectateur, les deux autres genres gagnent du terrain; enfin, quand l'action se réduit a un plus petit nombre de per-sonnages et se renferme dans le secret do là maison, un trouve le chœur incommode et gênant. Dans'ia tragédie française, l'exposition est épique, le mitieu dramatique et le cinquième acte, qui se déroule avec passion et enthousiasme, peut être ap-pelé lyrique.
Le poème hero'tquc d'Homère est purement épique le rhap-sode prévaut toujours; il raconte ce qui se passe; nul ne doit ouvrir ia bouche, a qui il n'ait d'abord donné la parole, dont il n'ait annonce le discours et ia réponse. Les dialogues rompus, le plus bel ornement du drame, ne sont pas admissibles.
DtVÀN.
Mais qu'on prête l'oreille a l'improvisateur, moderne qui traite dans la place un sujcthistoriquc s pour ctrcctan', il eom-, mence~par raconter ~ensuite, pour év.cittér l'intérêt~ comme acteur enfin il s'abandonne a l'enthousiasme et il entraîne les cocUrs.'Yoila de queilc singulière façbn~séién~ peuvent se combiner et tes espèces de poésie varier & l'infun c'est pourquoi il est si.difficile de trouver un ordre selon lequel on puisse les classer a coté ou a ta suite tes unes des autres~ On pohrra~jusqu'a un certain point) se tirer d'anaire en plaçant, l'un devant l'autre~ dans un cercle) les trois étéments princi-paux; et eh cherchant des modèles où chaque ctementrcgnc seul. Ensuite on rassemblera des exemptes qt)i inclineront de l'un ôti de l'autre côte jusqu'à ce qu'enfin tous trois paraissent réunis et que le cercle soit formé tout entier. Par la on arrive a de bettes observations, soit sur tes genres de poésie, soit sur le caractère des nations et leur goût dans la suite des temps. Ht quoique cette, méthode soit faite pour l'étude) l'appréciation et t'amusement particulier, plus que pour l'enseignement) pûut-étre parviendrait-on M établir un sclieme~ qui présenterait en même temps les formes extérieures~ acciden-teHes~ et ces débuts primitif intérieurs, nécessaires/dans Un ordre saisissable. Cependant ta tentativesera toujours aussi dif-ficile qu'en histoire naturcttc les efÏbrts qu'on faitpour décou-vrir les rapports des caractères extérieurs des minéraux et des plantes avec leurs parties constitutives intérieures, afin de pré-senter à l'esprit un ordre naturel.
Snppl~mentt
Un fait extrêmement remarquabic, c'est que la poésie persane n'a point de drame. Si un poète dramatique avait pu naître, toute cette littérature aurait pris un autre aspect. La nation ést disposée au repos; elle aime a se faire conter quelque chose: de la le nombre infini des légendes et les poèmes interminables. La vie,ortenta!e est d'ailleurs en soi peu causeuse; le despo-tisme n'encourage pas le dialogue, et nous voyons que toute objection a la volonté et aux ordres du maure ne se produit .guère que par des citations du Coran et des passages de poètes connus, ce qui suppose en même temps de l'instruction et une culture étendue)'profonde et conséquente; Que les Onentaùx ne puissent toutefois) pas plus qu'un autre peuple) se passer de la fbrmediatoguée;oh le voit. par leur estime pour les fables dé Bidpai, qu'ils ont reproduites) imitées et continuées. Les entre-tiens des oiseaux de Fértdeddm-Attar eh burent également un bel exemple.
t't're'~rttcte* L'homme, ëhvëlbppé chaque jour de ténèbres, cherchant des yeux un avenir bu la luhnèrc brille, s'attache 'ârdclirlfdès é~énehentsfdrtùhs pbUr en tirërquelqu~ tique. 1/hbmme irrésolu hë trouve son satût que dans la résolu-tion de se soumettre a l'arrêt du sort. telle est làcoutumé) gé-néralement répandue, d'interroger comme un oracle 'quelque Ijtvre important, entre les icuiHes duquel oh enfohec une ai-gui!le, et dont on observe'crédùlemeht l'endroit déstghé, a l'ou-verture du livre. Mais nous avons été autrefois intimement liés avec des'personncs qui' demandaient ainsi conseil, avec con-- Sance, a la Bible, au Trésor de l'àmè ou a d'autres ouvrages d'édincation, et qui bien souvent y puisèrent, dahs les plus grandes angoisses, des consolations et des forcés nouvelles pour toute la vie.
Nous trouvons aussi cette pratique en usage chez les Orien-taux on la nommeFaI, et l'honneur en échut a Hanz aussit6t après sa mort. Kn eflet, comme les sévères croyants ne vou-laient pas lui faire des funérailles solchneltes, on interrogea ° ses poèmes, et, l'cndrott désigné parlant de son tômbeaU) que les passants honoreraient quelque jour, on eh conclut qu'i) fal-lait aussi lui faire d'honorables funérailles. Le poëte occidental' fait de menle allusion a cette coutume, et il désire que son petit livre puisse obtenir le même honneur.
~chan~e de Nenr* et de a<~ne<< Pour ne pas nous faire des idées trop favorables de ce qu'on nomme le langage des Heurs, ou en attendre quelque chose de délicatement senti, nous devons nous laisser instruire par t. De Jean Arn'H, né & Magdebourg en t555. Ses pteux ouvrages n'ont [M cessé de servir !t l'édification des âmes.
COETHE.–t 1 t) les connaisseurs. Oh n'a pas donner chaque fleur une sighinca-tiph pour les présenter en bouquet comme écriture secrète~ et ce ne sont pas les Heurs seulement qui,' dans ces entretiens mueb, tbrment les lettres et les mots tous les objets visibles et transportables Mnt employés aveu le m~medro~~
Mais comment la chose à liëu~ pour produire uh échange de sentiments et de pensées, nous né pouvons nous le ngurèr, si nous n'avons pas devant les yeuXies: ésséntielles dé~ lâ poéste.orientale) nous voulons dire le yaste~~ éin-brassetoUsles;pbmts de ~univers, la facili~ rimei'f~nfin: un certain goût~une certaine disposition du peuple à proposer des énigmes~ par.ou se forme en m6me temps letalént de les ré-soudre~ ce qui sera évident pour les personnes d'esprit portées a s'occuper de charades, de logogriphes et choses pareilles.
Remarquons l~-dessus que~ si l'un des amants envoie a l'autre quelque chose, il faut que celui-ci en prononce lé nom, et qu'il en cherche les rimes, qu'il devine, dans le grand nombre pos-- 6ible) laque!le convient a la situation présente. Que ce travail exige Une divination passionnée~ cela saute aux yeux. Un exemple peut eclaircir la chose. Voici donc un petit roman qui se déroule dans une pareille correspondance.
< Les gardiens sontapprivoisés par de douées caresses, mais nous allons révéler comment nous sommes parvenus a nous en-tendre car, chère amante, ce qui nous a donné le bonheur doit aussi pronter à d'autres. Eh bien) mouchons les lampes sombres de la nuit d'amour, et qui parviendra ensuite avec nous a bien exercer son oreille) et qui aimera comme nous, ar-rivera aisément a rimer le sens véritable. J'adressais a toi, tu adressais a moi, et sur-le-champ nous savions nous entendrOt
Amarante.
Rue.
Poitdesangtier.
Poil de gazelle.
Touffo de cheveui.
Buis.
Paille.
t. Le lecteur voudra bien accueiUir avec indutgence t'imitation, d'aiHeurs &MczMe)e,decesbouts-rimt5.
J'ai VU mon amante'. 1.
Qui~'avue?
Un hardi guerrier.
Ousetrouvait-cXe? '1
Tu le sauras,si tu veux.
Fuis.
L'amour mo travaitte. Grappe.
CoraU.' NoyaU d'amande.
Rave.
Carotte.
Oignon.
RaisthsMàncà.
RaMtnMirt Chiendent.
Œii!eï, NàrÈissë.
~éi.te:
(Rr1868v.
Cerises.
Ptumedecorbean.
Ptume de perroquet.
Marrons.
ptdmb.' Couteurderose.
Soie.
Fëvo.
Marjolaine.
Bteu.
Vigne.
Prune.
Figue.
On Cuir.
Papier.
Pâquerette.
Viot<nle-nuiti UhBi, r..
UnrameaUt UnboUquet.
Liseron.
M~rtoueuri.
Jaamin.
MétiMe.
Cyprès.
Fleurs de fève.
Chaux.
Braise.
"Et siBoteinah et Dschëmu ne s'étaient pas entendus de la aorte) leurs noms vivraient-ils encore) jeunes et charmants? m Une si étrange manière de communiquer pourra bientôt être
Attrapât
Sots tout tnohB~mit.
Mon cœur !o demande.
To~cœur'mo bravo.
Sous ton foueÏjetrot~
Sois gai compagnon.
Queissonttes;p)ans? 5
Quet est m6h espoir?
Ratiteurtmpudenti;, ¡,
J~sutsbrûié comme jtiti!et.
Juste supplice.
Âtteh<i~mo!seùte(te;'
tumo!ha~ynsës.
Dans tes mon sort ser~ be&u.
Gardons-hous des caquets.
D~ ou noUs irons.
Garde ton aptomb.' >'
Pour(}do) si morose?
Dus de joie..
Sois mon Eve.
ToUtme fait peine.
Je m'en soticie peu.
Je morésigho.
J'en'gardë rancune.
ton babi fatigue.
Je suis ton trésor.
Sans adieu mo fuir)
A toi .tout entier)
Conte-mo~neUrette.
La paix me fuit.'
Viphdra-t.i)?-
Yienssur.ntonchameant
Che moi jo fais te guet.
J'y serai pour te tarront
Jeserai tahouri.
Y6ici ma main )
SurtcscôussihsquetdéHcet l
Je t'ouMie après.
Tu mens où je rAvo.
Cœur faux.
Lediabtet'emporteehsa!ourna!se! 1 mise en pratique entre deux personnes vives et dévouées l'une à l'autre. Aussitôt que l'esprit prend cette direction, ilfait des merYetlIes. Voici, comme preuve à l'appui, une histoire entre plusieurs.
Deux coup!es d'amants font un promenade'de quelques miHes et passent .ensemble un heureux jour. Au retour)'ils s'amusent a se proposer des charades. Bientôt chacune est de-vinée aussitôt qu'ëttë tombe des lèvres de celui qui t'éhoncë~et même, a la Qh, !e tnot que l'uh a dans l'esprit, et qU'ilYôut arranger en énignïe, est déM~ prononcé par. l'autre,. qu'inspire une véritable divination.
En énonçant et en ânirmânt de pareincs choses ~(àns le temps où nous sommes, on ne doit~pàs craindre de tomber dans le ridicule ces/phénomènes psychologiques étant loin d~égaler ce qu'a mis au jour le magnétisme animal.. ,1
Chiffre*.
Il est une autre manière, spirituelle et cordiale, de s'entendre. Si, dans là précédente, l'oreille et l'esprit sont en jeu, ici c'est un sentiment esthétique, affectueux et tendre, qui peut se com-parer à la plus haute poésie. i En Orient, oh apprenait le Coran par cœur, et, par la plus légère allusion les surates et les versets permettaient aux per-sonnes exercées do s'entendre aisément. Nous avons vu la même chose en Allemagne, ou l'objet de l'éducation était; il y a cinquante ans, de veiller à ce que la jéunéssé eût une exacte connaissance de la Bible. Outre qu'on apprenait par cœur des passages marquants, on apprenait à bien connaître les autres. On voyait beaucoup de personnes qui savaient, avec une grande facilité, appliquer des sentences bibliques à tout ce qui se pré-sentait, et employer dans la conversation les Saintes écritures. Il est incontestable que cela provoquait souvent les plus spiri-tuelles et les plus agréables reparties, et, de nos jours encore, certains passages, éternellement applicables, reviennent ça et là dans la conversation.
C'est de la. même sorte qu'on emploie les expressions des classiques, en quoi nous présentons et nous exprimons les sen-timents et les événements comme se reproduisant sans cesse. ~Et nous aussi) H y a cinquante ans, jeune et plein d'admi-iràtiôn pour les poètes nationaux nous rendions la vie a leurs écrits par notre mémôlre.'ët nous faisions d'eux l'éloge le plus beau,'en exprimant nos pensées avec leurs ;pàrblés éloquentes et choisies) avouant'ainsi qu'ils "avaient su mieux que.nous-mémedéyelûpper nos plus inttmessentim~ Pour en -vehtr à notre but particulier, rappelons une ma-nière bien connue) niais toujours mystérieuse, de côm qUerpârctuu'rës: DéUx personnes cohviehnent d'un li~ composant une lettre au môyeti de pages et de lignes, dont elles indiquent le numéro, ellessont assurées que celui qui la rece-vra eh comprendra le sens aisément.
Le chant que nous allons donner ici fait allusion & une con-vention de ce genre. Deux amants s'accordent'pour prendre les poésies de Haux comme instrument de leur commerce amou-reux ils désignent les pages et les lignes qui expriment leur situation présente, et cela compose des citants d'une expression ravissante~ des endroits gracieusement dispersés dans l'inesti-mable poète sont rapprochés par la passion'et le sentiment; l'inclination et le choix donnent a toUt l'ensemble Une secrète vie) et les amants trouvent Une dôucë consolation a parer leur tristesse des perlés de sa parole.
Mon coeur me demande de s'ouvrir a tôt je voudrais en-tendre parler de toi; c'est ce que je demande. Oit) que le monde est triste a mes yeux) 1 Dans ma pensée mon ami seul réside, et nul autre que lui et aUCUne trace d'ennemi. Comme un lever de soleil un dessein m'est vend! l « Je veux des aujourd'hui faire de son amour l'Unique souci de ma vie. Je pense à lui, le cceur me saigne. «Je n'ai aucune force que celle de l'aimer~ le bien aimer en silence. Que devenir? Je veux l'embrasser et je ne puis.
Btttm fMtnr.
A une certaine époque, on a distribué parfois en Allemagne des imprimés comme H)anuïcr<~ pouf amis. Celui qui pour-rait trouver la chose étrange devra faire rénexion qu'après tout, un livre n'est jamais écrit que pour les admirateurs, les amis et les adhérents de l'auteur. Cette désignation conviendrait particulièrement a mon Divan, dont la présente éd në péüi être considérée que comme incomplète. 'Plus jeUtie, je t'àuràt$ gardé plus longtemps eh portefeuille aujourd'hui je trouve plus avantageux de le rassembler moi-même que de laisser~ comme HaOz, cette affaire a ceux qui viendront après moi. En effet, la circonstance que ce livre est mis au jour, tel que je pouvais le publier maintenant, excite mon désir de lui donner peu a peu la perfection convenable~ Je vais indiquer de suite, livre par Itvre, ce qu'on pourraittj'imàglhe, en espérer. LE LIVRE Dit pôËTËt Tel qu'il se présenter on y trouye expri-mées avec enthousiasme les vives impressions que font sur les sens ét sur l'âme divers objets et divers phénomènes; on y voit indiquées les relations particulières du poète avec l'Orient. S'il continue de la sorte le riant jardin pourra se voir décoré de la manière la plus agréable; toutefois, il se développerait sur-tout heureusement~ si le poète ne se bornait pas a parler de lui-même et de ses propres impressions, mais s'il exprimait aussi sa reconnaissance et rendait hommage à ses patrons et à ses amis pour captiver les vivants par un gracieux langage et rappeler avec honneur lui niémoire des morts. Cependant il faut considérer que l'essor et le vol orientale cette riche poésie qui verse là louange a pleins bords, pourrait bien ne pas étrcgoûtéede l'Occident. Nous nous donnons une haute et libre carrière, sans recourir aux hyperboles; car une poésie pure et bien sentie est seule capable d'exprimer peut-être les qualités les plus particulières de ces génies excellents i dont les perfections ne sont bien scnues que lorsqu'ils ne sont plus, quand leurs singularités ne nous distraient plus, et que les traces profondes de leur influence paraissent chaque'jour et chaque heure devant nos yeux. Le poète a eu dernièrement le bonheur de payer affectueusement, à sa manière, une partie de cette dette dans une fête magnifique en présence d'augustes personnages LE LIVRE DE HAFiz. Si tous ceuxqui parlent l'arabe et'ies i. AUusion aux fêtes données &We!mar, au mois de décembre i8t8, en l'hon-- MM de l'impératrice mère Maria TéodorowM.
DYVÀH.
679 .1 langues de la même famulë sont nés poètes et élevés comme tels, on peut imaginer qu'il doit se produire!~ tël peüplè uh nombre inHhi d'esprits excellents~ ét~ n'aer corde, en cinq sièclesy le premier rang qu'a sept poètes; nous devons sans doute recevoir cette décision avec respect mais il noUs sera' pe~m `de rèchéTChéi' sur quoi cette prééminence pëùtetreibndce.
On voudrait réserver au bivahmturlà'~ ée problème autant que là chose est'possible. Po~rhotis en tenir au seul Hànz ) l'admiration et l'auectiôn qu'il inspire croissent a mesure qu'on apprérfd a le mieux conhattré. Le plus heureux naturel une grande Culturel 'une libre facilite et là pure per-suasion qu'on ne saurait ~piâire'âux hommes qu'en leur chan-tant ce qu'ils entendent Volontiers, àisëhient~è~~ a quoi l'on peut même associer~ dans l'occasion quelque chose de difficile ) de laborieux /de repoussanU ce sont la les mérites et les particularités que nous aimons dans Hatiz, et qui nous fournissent encore une ahiplë matière pour de nouveaux chants sur cé poète.- LE UVRË DE L'AMoun prendrait unegrâhdë extension~ lorsque six couples d'amants se produiraient~ d'une manière plus dé-cidée, avec leurs plaisirs et loUrs peines~ et que d'autres encore surgiraient auprès d'eux < avec plus ou moins d'éclat) du sein des ombres du passé. On pourrait, par exemple, introduire de la manière suivante Vamic et Asra, dont on ne sait pas autre chose que les noms Oui, aimer est une grande vertu. Ou trouver un plus bel avantage? Tu n'es pas puissant) tu n'es pas riche, et tu es ce-pendant l'égal des plus grands héros. Aussi bien que du pro-phète on parlera de Vamic et d'Asra.i Non, oh n'en parlera pas, ônles nommera; toute la terre devra connanre leurs noms. Ce qu'ils ont fait, ce qu'ils ont entrepris, aucun homme ne le sait. Nous savons qu'ils ont aimé. C'est assez eh dire a ceux qui s'cnquiercnt de Vamic et d'Asra. JI Ce livre n'est pas moins consacré aux digressions symbo-liques, auxquelles on ne renonce guère dans les plaines de t'Orient. L'homme ingénieux, non content de ce qu'on lui pré-sente, considère tout ce qui tombe sous les sens comme une mascarade) dcrnerc laqucHe une vie supérieure) spiriiucHe, se cache avec un malicieux caprice; pour nous attirer et nous inviter dans de~plus nobles régions. Si le poète procède avec intelitgehcc et mesuré oh 'peut admettre là chose y prendre plaisir et essayer ses ailes pour un essor plus hardit LE uvRË i)Ës REFLÉxtONs s'étend chaque jour pour celui qui habite rOnént car) en ces lieux, tout est réflexion, qui flotte sans cesse entre le sensible et 'le supersehsiblë~ sans se décider pourl'uh où pour l'autre; Cette médttatton~ sollicité) est d'une nature toute particUt{èré;eI!e ne se~~y~ pas seulement a là sagesse, qui élevé cependant les plus fortes prétentions, elle est aussi conduite a ces points extrêmes où les plus étranges problèmes de la vie terrestre se posent devant nous hardiment) impitoyablement, ethous contraignent de ployer les genoux devant le s6rt/ devant une Providence et devant leurs insondables décrets, et de reconnaitrc là résignation absolue comme là suprême loi politique, religieuse et morale. LE MYRË t)Ë M MAuvAtSE HUMEUR.Si les autres tivrésgros-sissent, on accordera bien a celui-ci le même droit. Il faut commencer par recueillir des assaisonnements agréables/char-mants etsages/avant queles éclats de là mauvaise humeur puissent être supportables. La bicnveillanccgénél'ale~es sen-timents indulgents et sccourables unissent le ciel avec la terre et préparent aux hommes un paradis en pure grâce. En re-vanche, l'humeur est toujours égoïste; elle ne cesse de deman-der ce qu'elle n'a pas obtenu; elle est envahissante, repous-sante, et ne contente personne, ou tout au plus ceux que le même chagrin possède. Néanmoins l'homme ne peut réprimer toujours ces explosions, et même il fait bien de chercher a donner ainsi l'essor à son mécontentement, surtout lorsqu'on gène ou que l'on trouble son activité. Ce livre devrait être des a présent beaucoup plus fort et plus riche, mais nous avons laissé décote bien des choses pour prévenir toute mésintelli-gence. Aussi ferons-nous observer que des manifestations de ce genre, qui semblent dangereuses pour le moment, mais qui seront reçues dans la suite tout simplement avec bienveillance et sérénité, ont été mises en réserve, pour être publiées plus tard sous le titre de Paralipomenes. < Mais nous saisirons.cëttë occasion pour dire quelques mots des préfënttpns et,, d'abôrd~'de là-manière dont eile~ s lnàrii- {estent :ën Onent. Elles se môntrcht en premier lieu, chez lé souverain lui-même) qui semble exclure tous les autres. Tout te monde est ses ordres, iL est mattré de lùi~~ ne lui commande, et sa propre volonté créé tout ce qui 'l'envi-ronne) en :SQrte qu'il ipëut se comparer àu~~s~ l'uniYërs.~Toutefois c'est une chose surprenante qu'il soit, par 1~ même, obligé de se choisir uh'cprégeht) qui l'assiste danscet immense domàmë, et le maihtiehnë, d'une façon toute particulière, sur le tr6he du monde î c'est le poète qui agit auprès de lui et de concert avec lui, et l'étevë au-dessUsde tous les mortels. Un grand nombre de ces talents se rassemblent-ils a sa cour} il leur donne un roi des poètes; et montre ainsi qu'il reconnatt pour son égal lesuprême talent. Mais par la le poëte est engagé) est ëhtratné, a penser'aussi avantageusement de lui-même que du prince/et a sentir qu'il partage avec lui les.prérogatives et les félicités les plus grandes. Il est con-firmé dans ces pensées par les présents inmus qu'il reçoit, i par les, richesses qu'il amasse, par l'innuence qu'il exerce. Il s'auërmit tellement dans ces idées~ que le moindre échec a ses espérances l'égaré jusqu'à la folie. Ferdoucy~ se fondant sur une déclaration antérieure du chah, attend soixante mille pièces d'or pour son Livre des rois, màis~ comme il ne reçoit que soixante mille pièces d'argent) se trouvant alors au bain, il partage la somme en trois parts il donne l'une au messager, l'autre au baigneur) et la troisième à l'homme qui sert les sor-bets, et sur-le-champ il rétracte eh quelques vers diffama-toires, toutes les louanges qu'il a prodiguées au chah depuis tant d'années. Il s'enfuit) il se cache; loin de renoncer a sa haine, il la transmet aux siens, en sorte que sa sœur dédaigne également et refuse un présent considérable envoyé par le sultan apaisé, J mais qui n'arrive malheureusement qu'après la mort du frère.
Si nous voulions poursuivre ces développements, nous di-rions que, du trône, en descendant par tous les degrés, 1 jusqu'au derviche du coin de rue~ on trouve partout les pré-~ tentions) partout l'orgueil séculier et sacerdotal, qui, à la moindre occasion, fait une explosion soudaine. Ce défaut, s! l'ôh veut que c'en soit Un .produit chez nous tth eflet ires-~smguliër< La modestie est propreniënt une ~ër~ sociale; elle dénote Une grande cultUrë~ âbâégàtiôü extérieure ) qui .reposant sur ~in grand mérhe intérieur, est considérée comme la plus haute vertu. Aussi Yoyôns-nôùs que la foute commence' toujours, qu~hdf elle parité des ho~tnes éminënis)' paï' faire Déloge de leur modestie, N&na s'éteindre beaucoup sur leurs autres qualités. 'Mais la modestie est tou~-joUrs !)éé avec ta dissimulation et avec Une sorte dé natterié) qhi est d'autant plUsénicacè qu'eue caresse les autres sans importunité, eh évitant d6 fies troubler dans l'agréable sën~ mentde leur mérite. Tout ce qu'on nomme bôhnecbmpagnte consiste dans une négation toujours croissante de sot-même en sorte que la société imit par devenir tout à taitjaùHeTa moins que l'on ne sache' développer le talent de satisfaire sa propre vanité en nattant ta vanité dés autres. Cependant nous voudrions réconcilier les compatriotes dé notre poète occidental avec ses prétentions~ Lé Divan he pouvait manquer d'ofirir quelque chose de 'présomptueux, puisqu~l devait reproduire, en quelque mesure, le caractère orientai. Le poète ne pouvait tomber dans un orgueil'déplaisant a l'égard des hautes classes son ~heureuse position l'élevait au-dessus de toute lutte avec le despotisme. Le tribut de louanges qu'il pourrait payer aux princesses maîtres, le monde s'y as-socie. Les personnes éminentes avec lesquelles il s'est trouvé en relation on les honorait et On les hohore toujours. On peut même objecter au poète qUe la partis ~j~gyrique de son Divan n'est pas assez riche.
Pour ce qui regarde lé livre de la Mauvaise humeurt on aurait pcut-6tre quelque chose y reprendre. Chaque mécontent exprime trop clairement que son attente personnelle n'est pas remplie, que son mérite n'est pas reconnu; Ainsi donc, lui aussi! II n'est pas gêné d'en haut, mais On le blesse d'en bas et de coté. Une foule importune, souvent plate, souvent sour-noise, avec ses coryphées, paralyse son activité; il s'arme d'abord do fierté et de dédain, mais ensuite, harcelé et pressé trop vivement, il se sent la force de s'ouvrir passage, les armes à la main. Au reste nous lu! accorderons aussi qu'il sait.adpucir bien des prétenttons, en ce qu'tt le~ rapporte avec art. et sentin\ent à sa bien-année qu~il s'hunuhe et même s'anéantit devant elle. Le ~cœur et l'esprit du lecteur lui en~~ < ,0. > 1~ uvRE DES MAxtMËs.deYrait s'accrottre avant les.autres; M est d'un genre très-semblable aux livres des rénextëns et de la mauvaise humeUr. Cependant !èsTna~tthest)riehialës con-servent le caractère propre a toute,la poésie, .de se rapporter tort souvent des objets très-sensibles et très-apparents/îls'en trouve beaucoup dans le nombre:qu'on aurait droit d'appeler des paraboles laconiques. Ce genre est le plus difficile .pour l'homme de l'Occident.'parce que le monde au milieu duquel nous Yivons semble trop seC) trop réglé et trop prosaïque; Cependant (tous les proverbes allemands où la. pensée se transforme en image peuvent également être ici nos mo-dèles~ Le LIVRE DE TiMôuR. Oh n'aurait dû proprement entêter les bases qUe plus tard~ et il iaudraitpeut-6tre laisser écouler une couple d'ahnées~ aunquel'applicationt qui en est trop près de nous, ne noUs rendtt pas plus dtmcile la contemplation sublinie de vastes et terribles événements. On pourrait égayer cette tragédie) si l'on se décidait~ faire parattre de temps en temps Noussreddtn Khodschat le plaisant compagnon de guerre et de tente du formidable déyastatcur~De bonnes hcurM, une tête libre, serontici les meilleurs moyens de succès. ~!ous allons citer, comme un petit ;chef-d'œuvre< une des historiettes qui nous sont parvenues.
TimoUr était laid, il était borgne et boiteux. Khodscha tour-nant un jour autour de lui, Timour se gratta la tête, car le moment était venu où.iL se faisait raser. Il ordonna qu'on nt entrer le barbier. QUand ses citeyeux furent tondus, le barbier mit, comme d'ordinaire, le miroir dans la main de Timour~ qui, se voyant dans la glace, se trouva par trop laid. Là-dessus il se mit pleurer Khodscha pleura de son côté, et ils pleu-rèrent comme cela une couple d'heures.Ensuite quelques amis consolèrent Timour et l'amusèrent en lui faisant des contes, pour lui faire oublier tout. Timour cessa dû pleurer, mais Khodscha ne cessait point; au contraire, ses larmes rcdou-blaicnt. Enfin Timour lui~dit <Hcot)te/j'at regarda dans le miroir et je me suis vu fort lànl~ I~dëssus'Je me suis ânligé dëcc'qu'étant souverain et possédant beaucoup de trésors'et 'de femmes, j'étais néanmoins si làid~ vbil~ pourquoi j'ai pIèUré i mais, toi i'd'où vient que tu pIeUres encore) sans pouvoir t'arrêter?' khodschar~pondi~t< Si, pour avoir~~ üiié seule fois ta figure dans le miroir, tu n'as pu eh sou tenir là vue et si tu t'es mis a pleurer, que devons-nous faire,' nous qui sommes appelés a vôin, Jour et nuit~toh visage? St noUs ne pleurons pas; a qui appartient-il de plëUrer? Voila pourquoi je pleure/ ÂcesparoIes~Timour faillit étoùfïcr dé rire. LE LIVRE bË SouLËtkÀt Ce ]iVre, d'âitteurs le plus fort de tout le recueil pourrait être considéré comme achevé. Le sôufne et l'ardeur d'une passion qui anime tout l'ouvrage n'est pas une chose qu'on voie souvent reparàttre: du moins son retour doit être, comme celui d'une année de bon vin, attendu avec espoir et humilité.
Mais, dans ce livre) la conduite du poète occidental appelle quelques observations. A l'exemple de plusieurs anciens poètes d'Orient, il se tient éloigné du sultan. Il ose, comme frugal derviche, se comparer même au pDncc, car le véritable mendiant doit être une espèce dé roi. La pauvreté donne l'au- f dace. Ne pas reconnaurc les biens terrestres et leur prix/cn demander fbrtpeU) ou memey renoncer, est sa résolution, qui produit la plus délicieuse insouciance. Au lieu de rechercher une possession inquiète, il donne) par la pensée, des provinces et des trésors, et se raille de celui qui les possédait et les a perdus: Mais, en réalité~ notre poète fait profession d'une pau-vreté volontaire, pour se montrer d'autant plus fier qu'elle lui ait valu les faveurs et lé dévouement d'une belle. Au reste il fait gloire encore d'un plus grand désavantage il a vu fuir la jeunesse; l'amour de SoUleika est la parure de sa vieillesse, de ses cheveux blancs; il n'est point sottement im-portun, non; comme il aime, il est sûr d'être aimé. La 'spiri-tuelle Soulcika sait estimer l'esprit, qui mûrit promptement la jeunesse et qui rajeunit le vieil âge.
LE LIVRE DE L'ECHANSON. Ni le penchant immodéré pour le vint a demi défendu, ni le tendre sentiment qu'inspirela beauté
DIVAK.
:685 d'un jeune adolescent, ne pouvaient être oubliés dans le Divan mais nos mcûUrs exigeaient que le dernier point fût touche avec unepùretépàrfaite.
L'incnnattonmutuenedùjcUne~ dé ilâge:~Ÿàïiti 'èst proprementl~h~ice d'un rapport puM ifât-tachemehtpasstpnné de l'enfant pour le vteil!ard n'est point~ùn phénomène rare, tnais it est rarement mis en oeuvre. QUe l'on observe les relatibhs du petit-fils avec le grand-père de l'héri-tier tardif avec le père étonne et attendri, C'est dans ces relations que sc~ développe véritablement l'ihteUtgence 'des enfants ils sont attentifs. & la dignité, a l'expérience, a l'autorité du vieil-lard, des Ames nées pures éprouvent d'ailleurs le besoin d'un respectueux attachement; la vieillesse en est émue et captivée. Si le jeune âge devine et met pront son ascendant pour atteindre des buts enfantins, pour satisfaire d'innocentes fantaisies, la grâce nous rend indulgcntspourla malice précoce. Mais rien de plus touchant que les aspirations de l'adolescent, qui, frappé de la haute raison du vieillard, éprouve un étonnement secret, et comme .un pressentiment que chose pareille pourrait se dé-velopper en lui. Nous avons essaye d'indiquer des relations si beltes dans le livre de l'échanson et de les expliquer ici. Cepen-- ,dant Saadi nous a conservé quelques exemples, dont la ten-dresse, évidente pour tout le monde, revête la plus complète intelligence. Voici en enet ce qu'il raconte dans son jardin des rosés: "Quand le sultan Mahmoud fit lapaixaRhouarcsm avec le sultan de Khatta't, j'entrai dans l'église de Kaschker, ville des Usbecs ou Tartares, ou, comme vous le savez, l'école est aussi tenue. La je vis un enfant merveilleusement beau de corps et de.visagCf Il tenait une grammaire à la main, pour apprendre !à langue a fond, dans toute sa pureté.! Il lisait a'hautc voix et c'était un exemple d'uneregle Saraba Seidon Amran. (Sci-ddna vaincu oU attaqué Amran.)Amràn est l'accusatif (ces deux noms i sont là pour désigner, d'une manière générale, des ad-versaires, comme nous disons Pierre et Paul). Quand il eut ré-pété quelquefois ces mots, pour les graver dans sa mémoire, je dis Khouarcsm et Khattat ont enfin conclu la paix, Seidon "et Amran seront-ils toujours en guerre? L'enfant sourit gra-cieusement et me demanda de quel pays j'étais. Et comme je répondis que j'étais de Chiràz, il me demanda si je savais quelque chose par coeur des écrits de Saadi, car la langue per-saneluipiaisaitfbrt..
< Je répondis i'* Tout comme ton cœur s'est IWé avec zèle a < là grammaire, :par amour pour la pureté dé la'langue, mon < cœur s'est livré.tout entier a l'àmdùr que tu lut Inspires, eh « sorte que la vue de ta personne me Uérobe la vue de ma râl-- < son. V II m'observa âttentivem~ comme' pour chercher a savoir si ce que! j'avais~dit était lés paroles du 'poète ou mes propresséntimënts.Jé~poursuiYis: Comme Seidonj;tu~à~ dans tohGiet lécœurd'uh amant; il nous sëràitdôux de tetré-quehter, mais tu t'éloignes de nous avec aversion comme Sei-- < dona'Amran.~Ilme répondit, avec un embarras modeste, ed Yers tirés de mes propres ouvrages, et j'eus l'avantage de pouvoir lui dire de la même manière les choses lés plus déli-cieuses, et nous passAntes ainsi quelques jours en d'agréables entretiens~ Bientôt là cour se disposa à retourner en Perse. La veille du joUr où nous devions partir) un de nos compagnons de voyage dit a l'enfant Cet homme est Saàdi lui-même, que «tudésiraisconnattre.' p < L'enfant accourut, il se présenta devant moi avec toutes les marques du respect etde l'aSëctioh) exprimant le regret de ne, m'avoir pas connu plus t6t~ et il dit 'Pourquoi n'as-tu pas voulu te découvrir à moi pendant ces jours et me dire 'Je suis Saadi, àun que je pusse te rendre) selon mes facultés, < l'tionneur convenable, et mettre humblement mes services a tes pieds? Je répondis Quand je te vis, je ne pus articuler cette parole et te dire C'est moi) 'Mon cœur s'ouvrit de-vant toicomme une rose qui commence a fleurin II me de-manda ensuite s'il ne me serait pas possible de m'arrêter quel-qués jours encore, ann qu'il pût apprendre quelque chose de moi dans l'art et la science~ Je répondis < C'est impossible, < car je vois ici des hommes excellents qui habitent entre de grandes montagnes, mais tout mon plaisir, toute mon envie, < est d'avoir dans ce monde une grotte et d'y demeurer; Comme il me parut là-dessus un peu triste, je lui demandai pourquoi il ne se rendait pas dans la ville, où il pourrait déli-vrer son cœur des liens de la tristesse et vivre plus joyeuse-ment~ Ji me répondhi' H s'y trouve, tl est vrai) beaucoup de belles et agréables choses ) mais tes rues de; là vilte sont boueuses et glissantes, eh sorte que lés éléphants même :y < pourraient glisser et tomber) et moi aussi) à' là vue;des mauvais exemples, je ne resterais pas ternie sur mes pieds. Après avoir ainsi parlé ) nous nous ~aisAmes là tête et le vi-sage; et nous primes congé l'un de~ l'auto 'Alors se véri6à ce que dît le poète < îiesamahts~àu départ, sont sëmblabJtés à une belle pomme i la J que qui se presse contre la joue est rouge de plaisir et de vie) mais l'àutrë'est pâle désouffrance *.ettte;châgrtn.
Ailleurs le même poète Mtieréchs~ ,.< Dans mes jeunes années, je liai une amitié solide et sincère avec un de mes égaux. Son Yisàg* était pôUr moi le ciel, vers lequel nous nous tournons dans la prière) comme vers un aimant. Sa société fut le plus prëcieux avantage que j'aie rétiré du commerce de là vie. 'J'àMrme que jamais H n'exista, je ne dis pas un ange peut-être) mais un homme comparable a lui pour la bëaUté) là sincérité et l'honneur. Après avoir joui d'une pareille ànutté) j'ai fait le vœu) et il me semble juste, de ne donner, après sa mort) mon amour àUcun autre. Son ipied tomba fortuitement dans les pièges de là destinée, et il fut en-tratné dans là fosse. Je suis resté longtemps assis et couché sur sa tombe comme un gardien, et j~i modulé sur sa mort et sur notre séparation bien des plaintes funèbres, qui seront tou-jours touchantes pour les autres et pour moi." LE uvRË DM PARABOLES. Quoique les peuplés de l'Occident se soient appropriéunë bonne partie des richesses de l'Orient, il s'y trouvera bien des moissons a faire encore. Pour en donner une idée plus précise) nous ajouterons quelques ex-plications.
Les paraboles, comme d'autres genres de poésie de l'Orient qui se rapportent a la morale, peuvent être assez convenabte-ment divisées en trois classes elles sont éthiques~ morales ou ascétiques. Les premières renfërment'des événements et des aHusions qui se rapportent a l'homme en général et a ses con-ditions diverses, sans que l'on déclare ce. qui est bon ou mau-vais. C'est ce que les secondes font ressortir, préparant ainsi a l'auditeur un choix raisonnable. Les troisiemesy ajoutent une invitatio~ formelle~ l'exiiortàtion morale fdëvicht un co!hmah-demeht ëtuhëlot.' A'ces troisclasses on'~cu~ ajouter une quatrième les paraboles de ce genre'expôsént les merveilleuses directions et diâpënsatiôhsqut découlent dës'~insoM compréhensibles décrets de Dieu} elles enseignent et cdnnr~ ment le vérnable islamisme, la résignation absolUë'a la volonté de Dieu, là persuasion que personne ùe pëUt~ échapper a son sort une fois arrêté. On peut même, si l'on v~Èut, ~outérùhe cinquième classe, qu'il faudrait appeler mystique~ elle* tiré rhommede la situation que nous venons d'indiquer~ laquelle est toujours angoissante et pénible; elle le pousse a l'union avec Dieu des cette vie, et d'abord a la rèhonciatioh aux biens fragiles dont la perte pourrait hoUs affliger. Si l'on distingue les difTerchtsbUtsdàns toutes les àltég6ries de l'Orient) on a dëja beaucoup gagne làutrement~oh se sent toujours embarrassé dans leur mélange} on citerchë d'abord uhcapplication pratique ou il ne s'en trouve point, mais ensuite on découvre Une signi-fication profonde. Si l'oh donnait des exemples frappants dé toutes les espèces~ on rendrait le livre des paraboles instructif et intéressant. Dans quelle classe faudrait-il ranger celles qUe nous ayons données cette fois~ c'est ce que nous laisserons déci-der au lecteUr intelligent.
LE utRE DU PARSt. Des distractions multipliées nous ont seules empêché d'exposer poétiquement, dans toute son étendue, le culte du soleil et du feu, si abstrait en apparence, et pourtant si profondément pratique. C'est un magnifique sujet offert a la poésie. Puisse-t-il nous être donné de réparer heureusement cette négligence! 1 LE LIVRE DU pARAbis. HIle présenté aussi bien d'autres places d'une merveilleuse beauté, cette région de la foi mahôniétane, des paradis dans le paradis, ou l'on se promènerait, où l'on se nxcrait volontiers. La le riant et le grave s'entrelacent agréa-blement l'habitude d'une vio glorifiée nous donhe dés ailes, pour nous élever par degrés jusqu'aux régions les plus su-blimes. Ht qui empêcherait le poète de monter le merveilleux cheval de Mahomet et de s'élancer a travers tous tM cicux? Pourquoi ne céiébrcrait-il pas avec respect cette nuit solen-nette, oh le Coran tout entier fut apportéd'en haut au prophète? Il se trouve encore ici bien des trésors a recueillir.
.itet'AmeteM.TrettumeNt.
Après m'être flatté de la ddûcë espérance que jepourrais plus tard faire encorë~ien des travaux pourle Divan, ainsi que pour Bon commentaire, je parcours iesétudes~p devant moi~ inachevées et sans emploi, eh fed~ ~~innoiü= brables; et j~ trouve un traité~é~ 'vi~gt.lèihqans, 'quI se rapporte a~des études plus ancienhes'ehcôre, Mes amis sesouviëhdrbnt'd'àvoir lu dans mes essais biogra-phiques~ que j'ai dohn6 -beaucoup de .temps et d'âttehttoh au premier livre'de Moise~ et que j'ai pass4 tuen des jours de ma jeunesse à me promener dans les paradisjde l'Orient. Mais j'a( aussi étudié avec ardeur et zèle les autres ouvrages InstorIqUes. Les quatre derniers Uvres de Moïse exigeaient des traYaux mt-nûtieux, et le ire suivant eh renferme les singuliers ré-sultats. Qu'on nous permette de lui faire ici une place, toutes nos pérégrinations en Orient ayant été occasionnées par les saintes Écritures) nous y revenons constamment~ comme aux sources les plus vivifiantes, quoique ça et la troublées et se perdant sotts terre, mais pour jaillir de nouveau pures et vives.
JttMtMdMtIèd~ert.
Alors il s'éleva dans l~gypte un roi nouveau à qui Joseph était inconnue Comme le roi, le peuple avait perdu te souve-nir de son bienfaiteur; les Israélites eux-mêmes n'entendaient plus que comme un écho lointain des vieux âges les noms de leurs premiers ancêtres. Depuis quatre cents ans, la petite famille s'était multipliée d'une manière incroyable. Elle est ac-complie, la promesse que Dieu avait faite, contre toute vraisem-blance, à leur grand ancêtre. Mais quel en est pour eux l'avan-tage ? C'est justement ce grand nombre qui les rend suspects a la race indigène. On cherche à les tourmenter, les vexer, les acca-bler, les détruire, et,quelque vive résistance que présente leur nature obstinée, ils prévoient cependant leur perte totale, lorsqu'on les oblige, eux~ jusqu'alors peuple libre de pasteurs, à bâtir, de leurs propres mains, dans leur territoire et auprès,
COEFHE. –( P90 des villes fortes, manifestement destinées & les dominer et & les emprisonner':
Avant d'aller plus loin et de nous frayer pémblemeht un pas-sage a travers des;~ltYrës'(l'unè~'fé~ smgulière, osons même'dire ma!!tëurëuse, nous demanderons ce'qUt~ commefonds, comme base des qu~~ dérniérs lures dc~'MoÏsel puisque nous irouYons nécessaire d*y;releverp~ chosës,d'en écarterplusieurs.~ ;.= t Le thème propre, iunique et ~hdament~ ûni=.
verselie, celui auquel tous tes aùtresj sont subordonnés,; c'est iottjours le conuit entrera: foiiet'i'mcrédulhé;<jTôutes' les épo-ques dans iesquenesla'tbir~ghe'sous une fbrn~e quelconque, sont bnilantes; grandes et fécondes pôUr. les contemporains et la postérité en revanche~ toutes' Ie~ éppquest dans lesquelles l'incrédulité, sous quelque forme' que ce isoit remporte! une tnste victoire brillent peut-Atrc''qdelques! moments d'un éclat trompeur} mais elles disparaissent; aux .yëux~de la ~postérité, parce qu6 personne n'aime a se fatiguer a des études stériles. Si le premier liyre de Moïse nous à exposé le triomphe de la foi, les quatre derniers ont pour thème l'incrédulité~ qui, recou-rant aux plus petits moyens, ne parvient pas, il, est~ vrai ) a dompter et a vaincre la foi, bien qu'elle ne se montre pas non plus dans toute sa plénitude, mais la traverse et l'arrête pas a pas, et, malgré de nombreux bienfaits, malgré de terribles châtiments, plus nombreux encore, n'est pas guérie, n'est pas extirpée, mais seulement réduite pour quelque temps au si-lence, et poursuit de telle sorte sa marche tortueuse, qu'une grande et noble entreprise) commencée sur les promesses ma-gnifiques d'un Dieu national et Cdèle~ menace d'échouer dès son début et Me peut jamais être entièrement accomplie. Si letristecaractèredu fonds) si lent principal~embrôuiné, du moins au premier coup d'œil, et courant dans tout l'en-semble~ nous Mgue etnous déplaît) d'un autre coté, ces livres sont. tout.~ fait insipides, à cause de leur rédaction profon-dément triste et incompréhensible. Partout nous voyons la marche de l'histoire arrêtée par d'innombrables-lois interca-lées, dont il est impossible d'apercevoir) le plus souvent, la raison et le but. On ne sait du moins pourquoi elles furent données a ce niôhient jt bu st eHcg son~d'ùnc orjgine pjus~r~~ cchté) p6urqu6!9ttesfur6ht;citëespt~ .Çet\p'laçé. Onnevôtt pas pourquoi,'dans ~no~ qui dcvatt rencontrer d'aittcUrstaht~ t oJ($.frorè~i. dessem et fminùtieusement, de ;tnultiplter~le bagage, des;(;é~ montes rei igicuses.cëiqui, augmente inf)nnment la ~ifOc~é de la' marche.. On ine'cbmprcnd pas~ d'où r yiënt ;qUë~ des lp~s ~'ta~és p6ur un avenir àbs6!ument;incértain~ sont promuJgu~es.én un temps.oh ,'chaque'jour;et & chaqU.e.heure, ônno;saitque.deve--ni~~o.h'te chef) qui'deYrâtt rester sûü se§ p~e,M/Il~ ççsj~~ de se prosternerta facc.çontre terf.e~ pour implorer les laveurs et !es,ehâtiments du ciei, qm.ne;sont accordés ) les uns et les autres; que brtn a M'in en sorte qu'on pe!'d tout fait de vue, avecle peuple'cgaré,l'objetprincipai. ti .= PourmeretrouYer dans ce labyr~ t~¡ 'p~iJ1~Ae, séparer avec soin ce'qùtjMt proprement !e récita que l'on~~y tût cnsuttele'considérer comme une histoire, comme une fabie ou comme run et l'autre a ta fois) comme Un poème. J'ai se-, paré ceia des ihstruçtiQhs .et des .commandements. Je com-r prends sous te nom d'instructions ce qui serait approprié tous les pays, tous les hommes civilisés) et sous le nom de com-mandements ce qui; concerne: et~pbttge particulièrement ~e peuple d'Israël. Jusqu'à quel point j'ai réussi, je-me permets a r~ine d'en juger) car je, ne; suis pas maintenant en position de reprendre ces études ce que j'ai dessein d'en-expqserje l'em-prunte; selon qua te moment le permet, ~des papiers de,datcs diverses. Ainsi doncil.y a.dcux points sur lesquels je voudrais diriger l'attention de mesjecteurs) d'ab~o~d ~ur; Ï'cnscnib!c de cette singulière expédition, et son développement d'après le ca-ractère du chef ).qui ne ,so montre pas d'abord sous le jour le plus fayorable; ensuite sur la suppos~tton ~que~'expéditton n'a pas duré quarante ans, mais deux tout au plus t d'où !l résulte que le chef, dont H nous faUait d'abord condamner la conduite, se trouve justifié,et remis~en honneur) et,.en mOne, temps, l'honneur du Dieu national sauvé du reproche d'une rigueur encore plus fâcheuse que l'obstination d'un peuple, et presque rétabli dans sa première pureté.
Happelons-nous d'abord le peuple israélitc en Egypte et sa servitude) a làqueïïë devra s'ihtérësser la ~q~ ii pl\Îs~t(' `~ culéef'bu sein de cette race, dans ~énergique tribu de Lévi, un homme énergique se levé; tl se distingue par un vif senti-ment du juste et de FinjusteMI se montre digne de ses violents ancêtres, dont" le premier a di~ Sim~éon et Lévi, les frères t Leurs épées sont dës~armés meurtrières. Que mon amè ne s'associe pomi à ïéurs consetis ni ma gloife à leur ligue t car ils ont égorgé l'homme dans léUf colère, et malice,Us ont fait périr lé* b~ùf.'MaUditc soit leur colère, parce qu'elle est violenter et leùr'tureurj parce qu'eHe est in t Je les. disperserat dàhs'Jàcôb et je !es disperserai dans Ïsraëi.' C'est toUt a fait dans cet esprit que Motsc s'annonce, il tue eh secret l'Mgyptich qui maltraite un Israélite. On découvre son meurtre patriotique et il doit prendre la fuite. Celui qui, par une telle action ~se montre purement l'homme de la nature, on n'a pas besoin de rechercher quelle éducation il a reçue. Qu'une princesse ait protège son enfance, qu'on l'ait élevé la cour~ rien n'a opère sur lui il est devenu Un homme émihcnt~ i un homme fort, mais il est resté dur dans toutes ses relations. Et, dans son exil, nous le trouvons tel encore, énergique~. t, prompt, résolu ~insbciable.
L~ vigueur de son bras lui gagne l'affection d'un préh-c sou-verain de Madiàh) quile fait entrer auss!t6t dans sa fa<niHe. Il apprend a cohnattre le désert, ou il paraîtra plus tard dans l'emploi diMciIe de chef d'armée. '¡, Jetons avant tout un coup d'oeil sur les Madiahites .chez qui Moïse se trouve maintenant. Noua devons rcconnattre en eux Un grand peuple, qui semble, comme tous les peuples nomades et trafiquants, encore plus grand qu'il n'est, causé des occu-pations diverses de ses tribus 'et de son développement mobile. Nous trouvons les Madiahites au pied du mont IIorcb ) sur la rive occidentale du petit golfe~ et, de la, jusque versMbab et l'Arnon. Nous les avons vus de bonne heure un peuple mar-chand, dont les caravanes se rendaient tncme en Egypte a tra-vers le pays de Chanaan.
C'est chez un tel peuple que Moïse passe maintenant sa v!c, mais toujours en berger solitaire et taciturne. Réduit a la plus triste situation où se puisse trouver un homme supérieur, qui
C93 n'est pas fait pour méditer et rénéctnr, qui n'aspire qu'a l'ac-tion, nous le voyons seul dans le désert < sans :céSse"occupé'éh (~pritd~sôrt de son peup!ey sans cesse <ô~~ iirhî'éihJê ses pères, sentant avec angoisse le bannisse~ pays,'qui jj sans être lé pays de ses ancêtres,' est pourtant au-jourd'hui la patrie de son pëuple.Il est trop faible 'pour que soh~bràspùisse venir a bout d'Uiïc'sigr~ iïïcapaHedeibrmerùhp!ân,'et, s'il eh forhtait~~U~~ biie à toute négociation a tout'd'scôurs suivi ,~qui serait ~ë nature faire accueillir sa personne. Il ne faudrait pas s*é<6n-ner quc~ dans une situation pareille cette forte nature se con-sumât cnc-meme.
Cependant it troUYe quelque cohsoiatidh dans !ës rapports qu'il continue d'entretenir avec !cs siens par les caravanes' qui passent et repassent. Après bien des doutes et~ dés retards, it se décide & retourner et a devenir le sauvcUr du peuple. Aarôn, son frère, vient au-devant de tui et lui apprend que ]à' fermen-tation est a son comble parmi les Israélites. Les deux frères peuvent risquer de se produire devant le roi comme représen-tants. Mais te roi ne se montre rien moins que disposé a laisser partir si aisément de ses J~tats, et rehtrer dans !cUr antique indépendance ) de nombreuses tribUs qUi, d'abord peuple pas tcul') se sont formées, depuis des sicctes, dans son royaume a ragricuiturc, aux métiers et aux arts, se sont mêlées avec ses sujets et dont ta masse grossière peut être employée, par cor-vées & l'édification de monuments énormes, la construction de villes et de forteresses nouvelles.
La requête est donc refusée; et, a mesure que lés fléaux en-vahissent le pays/répétée d'une manière toujours plus pres-sante, elle est refusée toujours plus obstinément. Mais le peuple hébreu, souievé dans la perspective du pays héréditaire que lui a promis une antique tradition, dans l'espoir de l'indépendance, ne reconnaît plus aucuns devoirs. Sous le prétexte d'une fête générale, on escroque aux voisins leurs vases d'or et d'argent, et ) dans le moment où les égyptiens croient les Israélites occu-pés de festins paisibles, sont entreprises des Yépres siciliennca en sens inverse l'étranger égorge l'indigène, le convive son hote.ct~ sous l'inspiration d'une crucDe politique, on n'égorge
DiyAN.
que les prêmters-hés.aRh d'occuper l'égoïsme des cadets, dans un pays; où la primôgémtdt'e adonne tant de droits et dé pou-votr échapper par une prompte fuite~~ vbngèàncè. L'artifice réussit, on chasse les ïneurtriërs au lieu de les punir. .Le rpitarde & rass<Bml)ler son armée) ma lès :'càvaii~f(.cR lés chariots armés,defaux~ordinaircmcnt si redoutables aux fan-tassins~ HYrent~ sûr; uh sol; marécageux, .un combat inégal a ràrn&re-gaftte, ~Mg~re. et Jtégere~cnt armée i c'étatt~selbh toute, apparence, cette même troupe hardie et résolue qui s'était, déjà; exercée ;dans.I'audactéusc ëhtrcprise pas massacre gênerai et ;quefp!ustard;nous/.nein~ pàs ,de' i'eéonnaftfe a ses cruets exploits et designatcr.
Une mu)titu(ieyuhe;armd6~ si. bien munie pour l'attaque et pour !a~défënse):avait !e choix entre ptusieurs chemins pour se rendre dans ta terre promise t le.premier) le long de la mert par Gaza) n'étattpasjme rou<e de. caravahc, et !cs habitants bettiqueux ) bien armes), pouvaient !e rendre dangereux le eccônd ) quoique plus long, semMait om'ir plus de sûreté et plus d'avantages. Il côtoyait la Mer Rouge jusqu'au Sinaï. De la on pouvait de nouveau prendre, deux routes l'une) qui menait au but par le plus court, s'avançait en côtoyant !e petit golfe, à travers !e pays des Madianites;et des Moabitcs jusqu'au Jour-dain;'l'autre traversait le désert et se dirigeait sur Cades. En suivant la première direction, on laissait gauche le pays 'd'~dom~et a droite en suivant la seconde. Moïse avait proha-blement résolu do prendre le premier chemin~ et il semble s'être engagé dans le second par.le conseil des rusés A!adia-nitcs, commenoussongeons a faire probablement nous-mêmes, après avoir d'abord témoigne la mauvaise humeur où nous jette l'exposé des circonstances extérieures qui accompagnent cette marche.
.Le ciel pur, étincelant d'innombrables étoiles, sur lequel Abraham fut invité par son Dieu a fixer sa vue, ne déploie plus sa tente d'or sur nos têtes. Un peuple innombrable, au !icu d'offrir l'image de ces astres sereins, s'avance découragé dans un triste désert, tous les joyeux phénomènes ont disparu; on ne voit que flammes do toutes parts; le Seigneur, qui avait appelé Motse du buisson enflammé, marche maintenant doyant la multitude dans une vapeur ardente et sombre, qui paraît, le~jour~ coMme une colonne tte'n~ huit)\ commê Übmé~ tëorë igné. Du! sommet lès éclairs et les" tonné~ës~épàndent l'épouvante, et, .pour des fautes qù~iparàtssent!'leg6rës ,~des Gammés 'jàtlli~seht du~sol et dévorent les extrémités du can~p~ La disette de nournture et d'eau se'rën8~vellè~sanscMse~ ,iê'dési~ di.' rètoüf, âgîte' ~oü= jours daYânta~é le'peuplé thëcontent~ mesure que son chef sattn~oins trouver'des '); ~ànt thé'tne que rexpédhton soit parYehu~ SinM ) Jëthrô se hâte devenir aU~eVa~fdé'so~ et ses petUs-ùls,'qù'tlaYatt gardes~ au temps du danger,'sous ta tente pâtérnette, et se comporte en homme sage/ Un peuple tel que les Madtanitcs~ qui suit iibrëmertt sa destmatton~et q~ trouve occasion d~cxercer ses'forces~ doit être plus piviiis~ que ce!u~qm vit s6us'un'jpdgf~tranger~eniMttepérp6iue~e avec lui-même et avec les circonstances. Combien le chef du premier devait être capàbte de vues plus élevées qu'un hraYe hon~me, melancoliquëet renferme en lui-même, qui se sent n<~} il est vrai~pour'agir et pour commander, mais & qui la nature a refusé les'instrurnenta nécessaires .pour ce dangereux ofucet > Mo'ise ne pouvait s'élever a l'idée qu'un chef ne saurait être prcsent~partout) hi~iout faire lui-même; au contraire, il se rendait, par son action personnelle, ses fonctions très-rudes et très-pénibles: EuHn Jéthro lui fait part de ses lumières~ l'aide à organiser le peuple) a établir~ des autorités inférieures,: a quoi Motsc aurait dû, semMc-t-il~'arrtvcr par lui-mêmet
Au reste Jéthrb pourrait bien n'avoir pas euseuicmcnt en vue l'avantage de son gendre et des Israélites, mais.aussi le stch propre ëtcclui des Madianites. Ce Mo~se, qu'il a reçu au-trefois comme un fugitif~ qu'il à compté au nombre de ses ser-- 'vitcùrs e't de ses valets, vient a lui maintenant a la tete'd'une grande multitude, qui, délaissant ses anciennes demeures, cherche des terres nouvelles, et partout, sur son 'passage, répand la frayeur et l'épouvante.
Or l'homme sage ne pouvait ignorer que le plus court çhemm des enfants d'Israël était de iraverscr les terres des Madianites; que cette multitude rencontrerait partout les troupeaux de son peuple, en toucherait les etablissements~ct~ Í!Íémj} ei!a~(qmM;â¡\, les YiUes;(iéJ~ieh~po!!cecs~~ '¡'¡¡lt,i pes:d I~ pi:Jtipr~iPÍgrant'ne sontpâsun myst~re~ i!~ 'sur Je,'drq(f~e;~6, qu~6té{ h'he'passèpottitsans~~ semble une injustice; qui refend son bien est un ennemi, qu'on peut détruire sans imiséricbrde. L~ ,1.
Il n'était'pas~besoth'd'un' dl(etFbièn-;péÍ1étr~rii poiîr prévoir le s$rtàUqùelsëràieht;expo~ les peüples su>' Iesquéls s'abattrait cette huée de sauterencs~ D'e:j on. peu t'd,i âliÓfd,coh~ jccfurér~qu~JetItrd dégoûta soh~ehdt'~du adroit et bonchemth, 1 étie'décida a prendre par le désert. Cctte'opiniohest~~ par cette ctrconstàncëlqueHobab ne quitte pas son bèa~ aYaht~dc l'avoir YÙ prendre le chemin conseiiie,çt metne l'ac-compagne plus toin~ànn'dedëtôurner plus sûrement toute la troupe des établissements madianites.
C'est seulement quatorze mois âpres' !a; sortie d'Egypte que s'effectua le départ dont nous parlons. Sur sa route le peuple nomma 'Sépulcres de concupiscence* un :Iicu ou.it soun'nt ~hc grande calamité a cause de sa convoitise ensuite ils; ga-gnèrent Hazaroth ) puis ils campèrent plus loin dans le disert de Parant Cette marche est hors de doute. Ils touchaient déjà ait terme de leur voyage; ils n'avaient plus devant eux que la chatne de montagnes qui sépare du désert la terre de Chanaan. On ~décida d'envoyer des explorateurs et on avança cependant jusques a Cadcs: La les envoyés revinrent; ils rapportèrent que le pays était excellente mais aussi les habitants redoutables. Alors éclata de nouveau une anreuscdiscorde~ et laquercUe entre les croyants et les incrédules recommença. Par mameur,' MoYse 'avait moins encore les talents d'un gé-néral que d'un prince. Uéja auparavant) il, s'était retiré sur la montagne pour prier, pendant le combat contre lesAmalécitcs, tandis qu'a la tête de l'armée, Josué unit par remporter sur l'ennemi une victoire longtemps balancée. A Cades, on se trouva de nouveau dans le doute. Josué et Calcb~.les plus cou-rageux dès douze explorateurs, conseillent d'attaquer; ils font appel au peuple; ils garantissent la conquête du pays mais la description hyperbolique de races de géants armés s~mcpar-tout.Ia terreur; l'armée intimidée refuse de gravir la mon--
Dt\'AN.
iaghe'; Mose est de nouveau pë~pîcx§~d'abor~, il exhortc~es Israélttes} ensuite une aMaque,de ce c6i~ lui semble JEmsst pent-ieùse.i~propose de marcher à i'pne~ Les plus \r~Httiht~,ti¿ti~, vent par trop ind{gne'd'abandpnner)j en œ moment: désirée un plan sérieux, péniblement poursuiYh~i~ tÓt~è't, é>1 troupé et gravissent la montàgnei Mais Mp!se.reste eh arriet'e~ te tabernacle né se met pas en mouvement y en sorte que ni Josue ni'Calebnelpèuvént décemment se mëtire~~ des plus hardis. Bref)I'a\'ant-gardC)qUi n'est pas soutënttë~ .qur.agit sans ordres, est battue; l'tmpatie~ auglnenÍt}; L~iriitàtion dû peUpte, qui s'est déjà dechatnee,sr souvent séditions Jàuxque)!esAaron luj-memeetMirjamontpnspa~ éclatent de nouveau) plus violentes que jamais, et démontt'cnt, une fbts de plus~ combien peu Mpise étatt & la hauteur, de sa grande mission. 1} n'est pas doUtëUx~ehspi, mais c'est un fait connrmé invinciblement par le témoignage do Calcb, qu'i! était possible) qu'il était même indispensable, de pénétrer par cet endroit dans !e payadeChanaan, d'occupcf tlébron et tafbrét dé Mambrc, ,dë conquéru'te samt tombeau d'Abrahatn, et de s'assurer par ta un but, un point d'appui) un centre ) pour toute l'entreprise. QueUes soun'rances n'allait pas éprouver au contraire ce peuple malheureux, si l'on décidait tout a coup, si témérairement, d'abandonner le. plan suivi jusqu'alors, et que JéthrO avait proposé, non pas, il est vrai~ d'une manière entièrement désintéressée, mais du moins sans se rendre tout à fait coupable de trahison) i La deuxième année depuis la sortie d'Kgypte notait pas en-core écoulée, et, avant qu'elle fut accomplie, on se serait vu, quoique assez tard, en possession de la plus belle partie du pays désiré; mais les habitants, rendus attentifs, avaient poussé le verrou ou se tourner maintenant? On s'était assez avancé vers le nord, et l'on dut marcher de nouveau vers~'o-rient, pour entrer enfin dans la route qu'on aurait du prendre des le commencement. Mats, do ce coté, on avait en face de soi, 1 a l'orient, te pays d'Hdom environné de montagnes on essaya de soHiciter !e passage les Hdômitcs, bien avisés, le refuseront nettement. Se frayer la route par la force était une imprudence: il fallut donc se résoudre !t faire un détour, en laissant à gauche les moh)agnes'desËdpm{(cs/ Cette uiarche~sc' Ht en~ !iéiiétal sansdtmcuI~/caHts~Mi~ dé ~tfi1iÓh'iJi Ob6th Ijim~ ~o'Ur'arriver aUruissëau'deSared.i~ verse ses ~aux'dans la Mc~ Morte, 'ct'ë~suife a~l'Afnon~ Cependant M trjam ~tâit~ mort ~Aa~on 'avait d ispârd, p'ëu (Ïe temps apr~s leurr'~61te'c'6ntire~
Du r~ssëaÛ'd'Arnoh'tout'at~ e~côfè~:to' pe~p!e'to~cha'~pou~j!a~scco~ i /âQtêhnede,;scs: Vœu'X, Dans Une c6n~Mëqu~p!'ësëhtâit peu d'6~ :pÕÙ"àit s'avancer en masse;~anicrë)d~ ies;pl3upies quifëfusai6htiepSssaget 6nma~ tes Moahttes ) tçs~AmorItcs ~furent attaquas 'dans leurs 'plus bëit~s possessions leSipremiers Airent même anéantis ;'cë:qùe le prudent'Jëttn'o ~avatt vëMù empêcher; on 'occupa la rive 'gauche dH Jôurdàm/'ët'I'on'pertnit'~ quelqu6s"tnbus im~ttentes~'de' s'y ctaMir. En àtten~dant~ sUiYant'1'ànctcnne c6u-tutne~ on rendit des lôis~bh fit des ôrdohnances~et l'on différa 'de passer le Jourdain. Au milieu dc'ccs'dëb&tsj'Mo'ise disparut lui-même, comme Aaron avait disparu,' et nôbs serions bien trompe si Josuô et Càteb n'avaient Retrouve bon de mettre un a ladomihàtidh d'un homme a \'ues étroites, qu'ils souf-fraiënt depuis quelques anhccs,'ct'de renvoyer rejoindre tant de n~meUreUxqu'ilaYait fait partir avant lui: voûtant ainsi tnencr la chose a Une iteurcusefin, etseniettre Une bonne fois eh pos-session de toute ta rive gauche du Jourdain ainsi que du payst
On accordera volontiers que l'exposition dés fahs, tctfc que nous venons delà prcsenter, offre a l'esprit te progrès rapide et raisonne d'une grande entreprise {mais elle n'obtiendra pas d'ahor'd'Iacohnancc et ~'approbation'.parce qu'elle présente comme accomplie en un court espace de temps, cette expédi-tion, que !a tettre de l'Écriture sainte faitdurcr'un grand nom-bre d'années. 11 faut donc exposer les raisons qui nous parais* sent justifier un si grand écart, et) pour ce}a,'hous ne pouvons mieux faire que de fixer notre attention sur les plaines que cette multitude avait à traYerser, et sur te temps nécessaire a toute cara\'ahc pour Une marche parcilie~ puis nous mettrons en parauete et nous pèserons ce qui nous a été transmis dans 'ce'cas particulier. r t~ôus pas5ons;sous.isnence rcxp~ditt~ la ~1~R¿tigè 'àu SinaÏ;,DOUsIatssohs~~a~ 'p~~s sé~' aux enmrôns delà;mont&gn~~nôusrèmar~ :,qué '¡laj~~Mde muItttitd~pajrtiCctu~p~ddu~naU~ o'ürio<t ti~e'ÜH~:D\e n)ois,tdans là deuxième at)néeid~~l~~ Jli~~ qù'attidësertdeTaran~e' pâ.qu.Í"tiu~t~, I,ûilles; qü~Ùn(} caravane chargée pai'court ~ats~mqnt~enYemq ijouM j Qu'on donne toute ta.coiqnne le.tcmpsd'ar~iYer chaque fois qu'on lui donne des jô.Urs de repos, en s nombre suntsant j qu'oh sup-pose d'autres,ha!tes il n'en.e?t)pas~ vrai que dans tous les MS);le~Isra~hcs podvaien~a~ a!i,,rlÎçu de leur destination, ce qui s'accorde aussi avccJa Bib!cet avec l'opinion commune. Ici on envoie les explorateurs; ta multi-tude aYancé.qucIquç~pe.U'jusques~tCad~s, où tes envoyés re-viennent au bout de quarante jours~ là-dessus, après quelques tehtatiyeà; bettiquëuse~, qui réussissent mal, on chtanic ~des négociations avec les Ëdomites. Que l'on prenne pour ces négo-ciattohs'tout le temps qu'on voudra, on ne pourra les étendre au dc!a de trente jours. Les Hdomites refusent nettement le passage, et il ne pouvait nullement convenir aux Israélites de s'arrêter longtemps dans une position si dangereuse f'càr, si les Chananéens se lussent entendus avec les !~dom!tes, si les premiers avaient débouché du nord et les derniers de l'orient, en sortant de leurs montagnes, les Israélites se seraient trouvés dans une fâcheuse sitùatioh.
Le récit ne iait non plus ici aucune pause; la résolution est prise sur-le-champ de tourner les montagnes d'~dom. La mar-che autour de ces montagnes~ d'abord dirigée vers le sud, puis vers le nord, jusqu'à la rivière d'Arnon, ne va pas non plus cette fois au delà de quarante rniHes, qu'on aurait donc pu par-courir en cinq jours. Qu'on ajoute les quarante jours pendant lesquels on célèbre la mort d'Aaron, il nous reste encore six mois de la seconde année pour les retards et les détais de toute sorte et pour les marches qui doivent mener heureusement les enfants d'Israël jusqu'aux riyes du Jourdain. Mais que devien-nent les trente-huit années .qui restent?
Elles ont beaucoup embarrassé les interprètes, tout comme les quarante et une stations, entre lesquelles, il en est quinze dont le rectt ne dit rien, 'nats qui, mtercàlëës dans le denôtn-brethëht~ôht~donhe beaucoup de peine aux 'géographes; br les stations i htércatees sont dans un rapport Këttreusémënt ima-giné avec les années surabondantes ~ehë~ on ne sait rieh~et~rentc-hutt années sur tesqueHës on n'a aucuns :dcians,' fournissent la~rheinéure occasion ae se perdre dans le désert avec les Israel~es.
Nous aUcns placcr'lës stations ~du rëcit~qui sont devenues remarquables par les' e~cnëmënts,' en regard ~des stations du dënombrëniëht) ou l'on dishhguërà ~res-biën'ënsuite les noms de lieux imaginaires de ceux auxquels appartient une valeur historique.
atMoMdMÉMrmèMtét<!M<tté<tétért.
Hettt, d'âpre te! titres tt, m, tV et V Dénombrement de< st~tfont, d'après
de Moïse. tentreiVdeMoTie.ch.um). `-
Raems&s
Suchoth.
Btham.
~tabiroth.
Habiroth. j~g~
Passage de ta Mer Rottgo.
Marah)d6sertdeSur. Marab,d6sertd'Etham.
~jim. Etim. Douze fontaines.
Au bord do ta mer< DësertdoSin. D~ertdeSin. '`
Dâphka.
AtUs. = Raphtditn. Raphidim.
Disert de SinaY. Désert do Sinaï.
S~putcrca do concupiscence. Seputcrcs do concupt~ccnce. Hazeroth. Hazeroth.
Rfthma.
Cadès, dans le désert do Paran. Rimmon Parez.
Libna.
Rissa.
Kchetatha.
Montagnes do Saphcr.
narada.. ` t. On a conserva en général l'orthographe adoptée par Goethe.
Nt~twM de* ~M~MtM dM* te <M~r< (SaMe).
R<ttt, <i'tpr~ lés tiTrM n, m, IV tt V Dénombrement des :ht!oM, d'tpr~
de Motte, le livre IV de Moise, th. )[mu
MakehëtoUt.
Thahatn..
Tharan.
MHhtta.
Hasmona.
'Moseroth?"
'Bùejapkoh. 0
;Horgidgad.
Jathbâtha.
Abroha.;
Ezeongatter.
Cad~d~ser~deZ!n. Cad~, disert de~~ Montagne de Hor, frbhttèrea d'È- 'Montagne de HortfronttÈres'd'È-- ''dom. domf
Zatmpna.
.c~ ~unon.
Oboth. Oboth.
DibonGad.~
AtniohDibtàthaint.
Montagnes d'Abarna. Montagnes d'ÀbarimiNebo.
Ruisseau deSared.
Endecàde)'Ârnba..
Mathana..
~àhatiet' ,¡ Bamoth.
MpntagnodéPisga.
JahM.
Hesbon.
Sihbn.
Basàh.
Terres des Moabitet, prêt du Jour- Terrea des Moabites, près du Jour-dain. dain.
Sur quoi nous remarquerons, avant tout, que t'histoire nous mené d'abord tout droit de Hazeroth à Cades~ mais que te dénombrement Omet Cades âpres Hazeroth, et ne le cite qu'a-près Ézéongaber, a la suite de plusieurs nomsintercà!es, et, par la~ met le désert de Zin en contact avec le petit bras du gone arabiquct Là chose à fort embarrassé les interprètes les uns admettent deux Cadès, !es autres, en plus grand nombre, i n'en admettent qu'un et cette dernière opinion semble ne laisscr'aucun doute.
Le r~cit, te! que nods l'avons présenté soigneusement dé-gagé de toute' intcrpolatioh~parle d'un Cadès dans le désert de Paràn, et, aussitAtapt'ès~'d'uh Cadès dans le désert de Zih. C'est du premier que l'on~expédie tes envoyés~ et toute la mul-titude s'éloigne du seëônd, après que les Ëdomites ont refusé le passage a travers leur,pays< 11 en résulte, sans dimcûtté, que c'est un seUlctnt6mo!ieU) car le projet de passer & tra-vers Edom était une suite'ae'.i'échcc cssuyë dans !a tentative d'entrer par ce coté dans 16 pays de Chahaan; et il résulte clài-ronent d'autres, endroits que les deux déserts, sq~vent nom-méS)Con<inenil'un ~l'autre; que JZin était, plus aunprd~ Paran plus au sud, et que Cadès formait Une étape située dans une oasis entre les deux déserts*
On n'aurait non plus jamais eu l'idée de se figurer deux Cadcs, si l'on ne s'était trouvé dans l'embarras~ pour promener assez longtemps les Israélites, dans le désert. Cependant ceux qui n'admeticnt'qu'Uh seul Gadès, et qui veulent néanmoins rendre.cbmptc des quarantc'années de marche et'des stations intercalées, sont encore plus embarrassés/et surtout it'h'cst point de conceptions si bizarres auxqueiles ils ne recourent pour représenter sur la carte l'expédition et rendre évident !'impossib!e. L'ceil est en et!et meilleur juge de l'absurde que le sens intime. Sanson insère entre le Sinat et Cadès les qua-torze stations apocryphes. A cet cuet, il ne peut dessiner assez de zigzags sur sa carte, et cependant chaque station n'est que dedcuxmiUes, espace qui n'est pas mémo sumsant pour.quo cette immense procession pût/se déployer~
Combien ho doit-il pas être populeux et fertile, ce désert où l'on trouve, tous les deux milles~ sinon des vtUcs et des bour-gades ~du'moins des étapes qui avaient leurs noms particu-liers t Quel avantage pour le chef et pour son peuple) Alais cette richesse de.l'intérieur.du désort est bicntôt'tatale au géo-graphe: 11 ne trouve que cinqstations de Cadès a Ëxéongabcr, et, dans !o retour à Cadès, ou il doit pourtant amener les lsraéiitcS)'il n'en tPduvc) par.mameu llr. faùt;do~ç: qu~t àjdutë'quelques ~inés ëtrang~ ne ~oht pas nommas mémëi dans le dénombrement;) tout :tt~fois;;5i~i~b~ vrait ayëc~dcs é!ë~MntS!]ës îae~ ~fi~; M2i~pW:~¡¡ ~l1i,il):c,t, cherche afsettr~rd'an~airep~ d~"s.i~i1~Yl\?,ç~; f9A~W£~ qûi sé; croisehténioussëns~ il rejette ~1 t~tf~»~~)~H~Vl; sùraiKtndants~iiffaitde Hazerqth.e~ eil= droit~fèt;i!/amene.~nnn~p~r IM ':bî~~if.(~r~j~(!: son mondè:au bordde l'~rnbn/fWei!s)~ujt.adme~ dc-ngurë le~ pays outre' mesurer Notm~ans~ une polonaise~ qu!tà!ràmehe&!a~ J\p»ge$.Q~ 'ie-s.9J~~tI\ avoir à dds~ au nord ]e; mont Sina~H est;impossi{j!e'd~ ren-contrer moihs.d'iniagmahon, de co~pd'œ et de discernement que.chez ces homnicspieHxc~ Tout bien: considéré) i! parait que,; cet mù<t!e cataî6g(i9 des ~tattons A) t interM!é pour ~tre. passer; !es quarante années prQMematiques/Car on,lit te~t(); ari-. quel nous sommes resté ndete'd~ns noire ~0~ p!c) ayant été,va!ncu par tes ph~nan~ens).c~ se, voyant; refuser le passage.par les Ëdonntes, .avait toUrn~ leur pays, en suivant le chemin de !a Mer desJpncs~,du~.c6téd'.Ézéongaher. be la est venue l'erreur) qu'ils étaient en etïet arrivés au bord de !a Mer Houge à Ëzéongaber, qui prQbabtemcnt n~cxistait pas encore, quoique le. texte parle! do ta .marche autour des .montagnes de Se!) par ta route susdite) comme on;~it qu'un ypiturier suit ta' route de Leipzig) sans qu'it soit nécessatre; qu'it se rende a Leipzig. -(' .i; Une fois que nous serons parvenu? :écarter,, tes stations surabondantes, nous réussirons peut-~tre~ nous défaire aussi des années superf!ues.~pus savons que ta chronptpgie de l'An-cien Testament est artHicteUe; que, toute ia.cpmputatiçn du temps peut se résoudre en cycles déterminés de quarante-neuf années, et que) pour amener ces époques mystiques, on est contraintdechangcrbicndes dates historiques. Or, s'H man-quait peut-être dans un cycte trente-six ou trente-huit ans, où pouvait-on les intcrcater plus commodément que dans une i. LaMerpouge. époque si obscure, et qui devait s'être écoulée dans une contrée inconnue'ët déserte?
Ainsi iJonc,saïfs"touchër lë'môihs dufmôhdc a ia.chrônd-logie~ la plus dinictië~ de toutes les étudesyhous voulons, a l'apputdè notre hypothèse, jeter Un coup d'œil rapide sur sa parttepoétiquèt Bëaucoûp~de~nomDres~rohdS) sàcr~ syrn})ÓHciuéS d'une: dénomination pbéiiqttetSgurëntdah éli:~lau::
trM ëcrits'de'i'antiqMté~L~ 'noMbre'isêpi;~èillpte. ,tiM là créàtioir, & l'action; le nombre~ Quarante )~ à t'attente et particulièrement a la séparation; Le déluge, qui devait séparer Nôé~et sa famille' dé tout le reste du monde.'est en croissance pendant quarante jours après que les .eaux ont été assez longtemps stationnàtrcs, elles s'écoulent pendant qua-rante jours ) et Noé tient fermé tout ce temps encore ) le gui-chet de l'arche Moïse passe aL deux reprises ce même espace de temps sûr le Sina! ) séparé du peuple; les gens envoyés dans lé pays de Chanaah y restent de même quarante joUrs'~ et le peuplëehtier a du côn!)rmér et consacrer aussi la période qua-dragénaire, en vivant autant de douloureuses années séparé de toutes lés natiohSt Là sighiGcation de ce nohi~re'pàssë même, avec'tbutc sa valeUr/dans le Nouveau Testament Christ de-meuré'quarahte'jours dans le désert pour attendre le tentateur. Si nous avons réussi a reniermer en un plus court espace de temps la marche des Israélites du Sinat aU Jourdain ~quoique nous ayons réservé trop) beaucoup trop d'espace~ pour des hésitations, des retards invraisemblables, legrand chef sera pleinement Justine des reproches que nous avons dû lui faire. La manière en laquelle Dieu se manitcstc dans ces'livres nous sera aussi moins pénible que jusqu'à ce jour, ou il se montre vraiment en'rayaht et terrible, tandis'que, dans le livre de Josué et des Juges, et même dans làsuite~ on voit se reproduire un caractère plus pur et patriarcal, et que le Dieu d'Abraham apparatt aux siens avec bienveillance comme auparavant, au lieu qUc le Dieu de Moïse nous a remplis quelque temps d'hor-reur et d'effroi. Pour nous expliquer 1~-dessus, disons « Tel est l'homme, tel est son Dieu. Cela nous amène a dire encore, pour conclure, quelques mots sur le caractère de Moïse. 'C'est trop dc'témérué.pourrait-bn s'écricr.-de refuser, commevous l'aYcz~fai~ & un ho~ qltil lités qu'on a jusqu'à ce jour hautement àdmtr~ës~c~ lu! tes qualit~du souverain et du capitaine. QU'es~t~ tingue ? Far quoi est-ce qu'il légitime Une sr importante voca-tion ? Qu'est-ce qui lui donne la hardiesse d6 s'ingérer dans une afraire pareille, tout dépour~u~ dOh8'- int¿HeÜ~~et exteneurs, s'il manque de ces qualités essentielles', de ces ta-lents indtspensabics que vous lut contestez avec Une témérité inoufe? 'Que l'on nous permette de repo~ i ce ne sônt.vpàs les talents, ce n'est pas l'habitete pbUr telle ou telle chose qui font proprement l'homme d'action, c'est de t'individuàtité que tout dépend. Le caractère répose sûr rindividua!itc'; non sur. tes tà!ehts.'L6s tatcnts peuvent s'associer au caractère, te ça ractere ne s'associe pas aux talents~ car it peut se passe!' de tout excepte de tui-meme) et hoùs aimons a recohhaitrc que rindividUaHie'deMôjse~depuis le premier meurtre) a travers toute ia suite de ses cruautés Jusqu'à sa disparition~ nous ôfïrë Une image imposahieëtp!ëine de dignité d'un tiomme qui est porté par sa'nature aux plus grandes choses. Mais une teUe image est complètement defigurëc, quand nous voyons un homme d'action, vif, énergique et prompt, errer a l'aventure, sans dessein et sans nécessite~ pendant quarante années, avec une immense multitude, dans un si petit espace, ayant son grand objet devant les yeux. Il nous a suffi d'abréger la marche et !e temps qu'il y employa, pour enaccr tout le mal que nous avons ose dire de lui et pour l'élever à sa véritable place. Il ne nous reste donc plus qu'a répéter ce que nous avons dit en commençant ces réflexions on ne fait aucun tort a l'Kcri-iure sainte, non plus qu'a toute autre tradition, en lui appli-quant les règles de la critique, en faisant voir ou ellesc contre-dit et comme'quoi ce qu'il y a de primitif, de plus excellent, a a été souvent voilé et même défigure par des additions, des in-terpolations et des arrangements. La valeur propre, intérieure, primitive et fondamentale se manifeste avec une vivacité, une pureté nouvelle, et c'est la ce que chacun, avec ou sans ré-flexion, considère et saisit, c'est 1~ qu'il puise son édification, rejetant tout le reste ou du moins le laissant tomber dans l'oubli.
R~pédtioh Mnhthtttre.
(Deuit~me année de t'Mpeditfôh.)
SéjouraùpieddttSmàL.t.t/t..t.tt. 60 jours.
Marche jusqucs a Cades.t. .<. 5
Joursdchalté.t.tt~<t~t/< 5
Halte~acaUsédelàmaladicdcMirjàm.t.. i 7
ÀbM~MdMe~t~ 40
Négôciaiton avec les I~domitcSt. 30
Marche jusqu'à l'Arhon.«.<< 5
Joursdehalte.t.t..t. 5
Deuil pour là mort d'ÂarOn.t.. t. t. < ~40
Ensemble cent quatre-vingt-sept jours, c'est-à-dire environ six mois. D'pui! résulte que !atr6tipë) en comptant tùut ce qu'on vottdrà pour les retards, les hcsitattons et la résistance, put fort bien arriver au Jourdain avant la un de ta seconde année.
tttMonM plus prechmtna.
Si l'Ecriture sainte nous représente l'état prnnitifet !ë déve-loppement graduel d'une nation considérable, et si des honnnes tels que- Michaelts Kichhôrn Paulus, ïîcereh, ï)6us ont fait remarquer plus de nature et d'originattté dans ces traditions que nous n'aurions pu en découvrir nous-mêmes, nous sommes -surtout redevables, pour les temps modernes, aux descriptions de voyage et aux autres documents que des hommes de l'Occi-dent, qui se sont avancés dans les contrées orientales, ont rap-portés chez eux avec jouissance, mais aussi avec fatigue et danger, et dont la publication a été une source féconde d'in-struction. Nous ne ferons que mentionner entre eux quelques hommes; par les yeux desquels nous nous sommes appliqués, depuis nombre d'années, a considérer ces objets bien étranges etbienéioignésdonous.
fèlerint~e* et croisades.
Les descriptions innombrables des pèlerinages et des croi-sades sont aussi instructives a leur manière, mais elles abusent trop notre imagination sur le véritable état de l'Orient uour
DIVÀNt qû'eltë~uisseen tirer quelque secours. ~Lepomtd~ chré-tien; hostile et exclusif, nous resserre dans les bornes étroites où il se renMhie ~èt nous n'a(~uét'ohs/ daM~~ déntës~ des idées un'pe~pIùs'étenduesqU'en~ naître peu & peu ces guerres'par des écnvams do l'pr~n~. (kpendant 'tous ces pèlerins, ces.cr~ ia notre reconnaissance ~parce que ce fut YMtableme~ ,ên~ thousiasme religieux) leur résistance énergique~ mMigabI~ & l'invasion briëntate, qui protégea et quî maintint là civilisation de l'Occident.
MM~e Poto.
Cet homme admirable ;occupc une; plâco émmehie. Son voyagëtonmedans la seconde moidé dû tretzicmë siècle. Mà~ Polq arrive jusqu'aux timites les .plus reculées de Tpnent il hous initie aux mœurs les plus étranges, qui nous semMeht pres-que iabuleuses et nous jettent dans l'étonnement. Mais, quoique nous ne parvenions pas d'abord a nous ta<re des idées claires sur!e détait, l'exposition concise de ce voyagetir.à larges vues est éminemment propre a réveiller en nous le sentiment de l'infini, du prodigieux. Nous;nous trpuypnsMa cour de Kou-- Mai Klmn} qui régnait, comme successeur de GengiS) sur des contrées immenses. Qtje faut-il penser en cu'et de l'étaidUe d'un empire, duquel on peut dire entre autres < La Perse est une grande province qui se compose .de neuf royaumes et tout le reste est mesuré cette mesure. La résidence~ au nord de la Chine, est inaccessiMe le palais du'Mian est une ville dans la ville; les trésors et les armes y sont en monceaux les em-ployés les soldats et les courtisans sont innombrables chacun est invité avec sa femme à des banquets répétés; puis une rési-dence champêtre, des établissements pour tous les plaisirs, surtout une armée de chasseurs, et le divertissement de la chasse dans les plus grandes proportions;'des léopards ap-privoiséS) des faucons dressés, ardents auxifiaircs des chas-seurs des mohceauxde gibier. Ajoutez a cela, durant toute l'année, des présents dispensés et reçus; de l'or et de l'ar-gent, des joyaux, des perles, mille objets précieux en la, possession du prince et de ses favoris, tandis que des rniHions de sujets doivent se contenter d'une monnaie fictive pour leurs échanges.
St nous quêtons la ville pour nous mettre ë~Y~oyàge)! suite des faubourgs ne'nbu~permë~ pas 'de ou la ville finit nous trouvons maisons après matsbns,viHages âpres vil-iageS) et ~en descendant le côUrs~d fleuve magnifique Une sui te de lieux de~ plaisàncct Tout est comj)té par journées de .narcn~B,qu~nëson~ Par les ordres du souverain te voyageur visite d'autres con-trées il nous tait traverser des déserts immensës.ipuis des campagnes riches eh troupeaux; il nous fait gravir des chaînes de montagnes nous mène chez des hommes de figures et de mœurs étranges, et franchissant les glaces et les neiges il nous fait contempler a la Hn l'éterheUe huit du p6!e. Tout & coup il nous transporté, comme ënveioppés d'un manteau magique~ dans là presqu'ilé de l'Inde. KôUs voyons se déployer devant nous Ceyiah, .tava) Madagascar; nos regards se promènent sUr dcsiles aux noms étranges, enfin it nous signate partout milic particularités sur les races humaines, les mœurs, les contrées, les arbres, les plantes et les animaux, qui garantissent la vérité deses observations) quand même bien des choses pourraient sembler fabuleuses. Un savant géographe pourrait seul tout classer et vcrifien Nous avons dû nous en tenir a l'impression générale, car nous n'avons point eu de notes et d'observations pour nous aider dans notre première étude.
<teàndèMehte~n~ Son voyage commence en t320,etla'description en est par-venue jusqu'à nous comme livre populaire, mais, par malheur, très défiguré. On admet que l'auteur a fait de grands voyages, t qu'il à beaucoup vu et bien vu, et que ses descriptions sont exactes. Mais d'abord il se platt à tahourcr avec les bœufs du voisin', ensuite il entremêle a ses récits des fables vieilles et nouvelles, qui font perdre a la vérité même son autorité. Traduit du latin, d'abord en bas allemand, puis en haut alle-mand, ce petit livre en a souffert, dans les noms de lieux et Profiter du travaU d'autrui. depérsohhès, des, altérations nouvelles; D'a)~ :le trà=. ductcur se permet des omissions et des interpôlattohs,- ainsi que le fait voir hotrcGoer~ sÓnHî~sthnablo'ifa\'âH sür les livres populaires allemands, on il montre comme on à diminué l'agrément et l'utilité de ce remarquable ouvrage.
Rietre<eU<tV<tMe.
Pietro délia Valle haquit~en 1586, d'une ancienne famille romaine qui ~taisah;remdh(er/soh origine Jusqu'aùx: familles de la~ république. A cette époque, .tous lés Ëtàts de l'Europe se glorifiaient d'une < civiltsatton; avancée. Le Tasser Yiyait.encore/mais réduit & Un triste étaf;cëp~ agissaient sûr tous tes esprits d'éi ite. ;L'art des vers s~étatt te! tement répandu, qu'it se produisait déjà des imprôvisateùrsj, toùt jeune homme animé .d'incnnattons libérales, devatt être capable de s'exprimer eh rimes. Oh se uvrait sérieusement a t'étude des langues a la grammaire, l'éloquence et a, i'art. d'écrire; notre jeune homme grandissait) en cultivant avec soin. toutes ces belles connaissances..
L'exercice des armes, a pied et a cheval, l'escrime, l'équt-, tàtion développèrent chez lui la force corporelle et la force de. caractère, qui sont si intimement unies. Le mouvement désor-; donné des croisades s'était transformé en art militaire et en, habitudes chevaleresques, auxquelles se mêlait la galantene.; Nous voyons le jeune.homme <airela'*cour a plusieurs dames,. les célébrer surtout dans ses vers et tomber dans une extrême affliction, quand celle dont il a désiré faire la compagne .de sa, vie le méprise, et se donne à uh indigne amant. Sa douleur c~t sans bornes, et, pour se soulager, il se décide a prendre l'habit. de pèlerin et ~visiter la terre sainte. `.
Il arrive, en t6t4, a Constantinople, ou ses manières nobles,. insinuantes, lui valent le plus favorable accueil. Il reprend! ses habitudes studieuses, et se livre aussitôt àl'étude des lan-gues orientales, acquiert d'abord une connaissance générale de, la littérature, des coutumes et des mœurs turques, et part en-; suite pour l'Egypte, non sans exciter les regrets de ses nouveaux, amis. Il profite encore de son séjour dans ce pays pour cher-cher et poursuivre, avec les plus sérieux efforts, dans le monde
DfVAN.
moderne le mondé antique et ses vestiges. Du Catre il se rend au Siu:u;'poUr honorer, ie tombeau de sainte Catherine, et re-vient de la, comme d'un voyage de plaisir, dans la capitale de l'Egypte. H là quitte pour la séc6hde!tbiS)et'arrive en seize jours a Jérusalem, ce qUi gravé'dàns notre imagmatton la véri-table mesure de là distance des deux villes. La il honore le saint sépulcre, et U prf~Ie Sàû~ëùr~cohime il à dëja prie sainte Catherine) de le délivrer de sa passion. Lés écailles lut tpmi)entdesyeux; ilrëconnaitqu~ sa" '(olÎedl¡Ú'bir Cru la femme qu'il avait adorde jusqu'à ce jour seule digne d'un pareil hommage son élôigheinent pour le sexe s'évanouit il sunge'a ? pout'VOtr d'une compagne~ et il ecnt a ses amis, qu'il ~espère bientôt 'réjoindre de lui chercher une digne ëpdusè. t Apres avoir 'parcouru et honore tous les saints lieux grâce àlà reeommahdatiûn'descë'àmis d6 Constâhtihople et surtout aux services d'un capidj~ qu'on lui a donné pour escorter il t'éloigne) emportant Une idée'complète de l'étatdU pays; i! gagne Damas puis Alep, où il prend l'habit syrien et se laisse crottre la barbe, ta il lui arrive une aventure importante et qui décide de son sort. il se lie avec un voyageur) qui ne peut Maèz lui décrire la beauté et lés grâces d'une jëUne chrétienne de Géorgie, qui demeure à Bagdad avec sa iamilley délia Yalle ae sent épris d'amour, a la véritable manière de l'Orient, pour uneimage au devant de làqueHe il se liate de courir. Là pré-sence de la belte augmente son-amour et ses d<!sirs;'H sait gagner la mère, il persuade le père; cependant Us ne cèdent l~un et l'autre qu'avec regret a sa violente passion; se séparer de leur 611e aimable et Chérie leur semble Un trop grand sacri-fice. Enfin elle devient sa femme) et~'en èHë, il acquiert pour sa vie et ses voyages le plus précieux trésor. En enët) quoique n'ait entrepris son pèlerinage qu'après s'être pourvu d'un nohto savoir et dé connaissances diverses~ et bien qu'il observe avec attention et avec succès ce qUi se rapporte immédiatement aux hommes, et qu'il se soit montré/en toute occasion, un modète dans sa conduite avec chacun, une chose lui manque, c'est la connaissance de la nature, science renfermée a cette époque dans le cercle étroit de circonspects et graves investigateurs.
DI~ÂH.
7H Aussi ne peut-ir s'acquitter que d'une manière incomplète des commissions ~de ses anus, qui lui demandent des renseigne-ments sù~ les plantes et les bois, les~épices et les drogues. Mais la belle Maam, aimable Médecin de la iamillc; sait dii-è en datait commehi croissent lès racines, lès et les Heursi cohunentlecon~mèrcepi'~ lés 'réiihesllés' bëiümés, les huilés, les gràmës et les bdisyèlle'sait; en respectant les usages, acctôhre les cohhàissàh dô~Ôh' marL", < Mais cette Union impritne surtout Une activité houvelte la vie et aux voyages de delta Vaue. Maani, avec toute ta dëtica-tessedeson sexe, se montre d~ résÓiúi' ta tiàu-teUr de tous les événements ~eîlc ne redoute au~ eiie les cherche plutôt et se conduit en toute occasion avec calme et noblesse; elle monte son cheval la manière des hommes ëltesait le contenir et l'animer, et ne cesse pas de se montrer une gaie et chcourageante compagne. Ce qui n'est pas moins important) c'est qu'en voyage elle se met en contact avec toUtes les femmes, en sorte que son mari est bien rë~u, accueil!! et entretenu, par les hommes, parce qu'elle sait se livrer avec les femmes aux travaux et aux occupations de son sexe.
Mais la fortune réservait au jeune couple un bonheur in-connu jusqu'alors aux voyageurs qui ont parcouru l'empire turc. Ils entrent en Perse dans la trentième année du règne d'Abbas 11, qui amérité/comnïe Pierre et Frédéric, le nom de grand. Apres Une jeunesse pleine de dangers et d'alarmes, des ledéhut de son règne, il voit clairement que, pour pro-téger son empire, il doit en reculer les bornes; il voit aussi par quels moyens il peut auermir son pouvoir au dedans en même temps, ses pensées et ses eiTorts tendent faire retleurir, en y appelant des étrangers~ son royaume dépeuplé; il veut animer et faciliter le commerce intérieur, en établissant des routes et des hôtelleries. Il consacre a d'immenses construc-tions des revenus et des tributs considérables. Ispahan, dont il fait sa capitale, est parsemé de palais et de jardins, de cara-vansérails et de maisons pour des h6ics royaux; un faubourg est bâti pour les Arméniens, qui trouveront sans cesse l'occasion de se montrer reconnaissants, car, en trafiquant pour leur pro-pré compte et pour celui du roi, ils sont assez hab)lcs pour solder tout & la fois au prince prbHt et tnbut. Un faubourg pour les Géorgiens et un aUtrc'poUr !cs;succcsseurs des adorateurs du feu agrandissent encore la ville, qui nmt par devenir im-mense, comme une de nos modernes capitales. Les qucs cattiohqUes romains, particulicréhieht les moines carmé-lites, sont bien reçus et protèges; ta religion grecqùecst moins favorisée, parce que, se trouvant sous la protection des Turcs, elle semble appartenir & l'ennemi commun de l'Europe et de l'Asie.
Délia Valle avait séjourné plus d'une année a Ispahan, et il avait employé son temps sans relâche pour s'informer exacte-ment de toutes les positions et les rctatiohsch'Hes. Aussi, quelle vivacité dans ses descriptions! quelle précision dans ses récits t Après avoir goûte de tout pleinement, il ne lui manque plus que de pénétrer dans !a sphcrc la plus ëtevëe, d'apprendre a conuaitre personncilemcnt ce souverain, objet de sa vive admi-ration; il ne lui manque plus que d'apprendre comment on vit à la cour, a l'armée et en guerre.
Dans le pays de Maxcnderan, sur la côte méridionale de la mer Caspienne, dans une contrée pourtant marécageuse et mal-saine, le prince, que son activité tourmente, se bâtit encore unegrandcvitle, nommée Ferhabad, et la peuple d'habitants commandés. Aussitôt il se construit dans Icvoisinagcmaintc résidence de montagne, sur les hauteurs disposées en amphi-théâtre, pas trop loin de ses ennemis les Russes et les Turcs, dans une situation protégée par des masses de montagnes. C'est 1~ sa résidence ordinaire, et delta Valle le visite. Il arrive avec Maani et il est h!cn reçu; âpres un délai, prudent, conforme aux coutumes orientâtes, il est présenté, au roi, il gagne sa faveur, il est admis a sa table et a ses festins, où il doit surtout rendre compte des constitutions, des moeurs et des religions européennes au prince, déjà bien instruit et jaloux de s'é-clairer.
On trouve en général chez les Orientaux, et particulièrement en Perse, une certaine naïveté, une certaine ingénuité de con-duite, dans toutes tes conditions et jusqu'auprès du trône. A la vérité, on remarque dans ic rang suprême une étiquette sévère