‹ Œuvres de Goethe. Tome 1Chapitre 4 sur 109 · CHANSONS DE SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

CHANSONS DE SOCIÉTÉ

Ce que nous chantons en société pénètre

du cœur dans les cœurs.

Pour la nouvelle année.

Entre la vieille et la nouvelle, le sort nous donne de nous ré-jouir ensemble ; et le passé nous invite à regarder en avant, à regarder en arrière, avec confiance.

Les heures de tourment, hélas ! séparent la fidélité de la souf-france, l'amour du plaisir ; des jours meilleurs nous rassem-blent ; de joyeux chants fortifient le cœur.

Peines et plaisirs évanouis laissent aux amis de joyeux sou-venirs. 0 de la destinée étranges retours ! Vieille amitié, nou-veau don !

Rendez-en grâce à la fortune mobile, flottante ; rendez grâce au sort des biens dispensés à chacun : aimez l'alternative des joyeux désirs, de l'amour avoué, de l'ardeur secrète.

D'autres observent avec tristesse et crainte le voile étendu sur l'année expirante, mais pour nous brille l'aimable fidélité : voyez ! la nouvelle nous trouve nouveaux.

Comme à la danse tour à tour se quitte et se retrouve un cou--

1. Ces chansons furent la plupart composées pour des soirées d'hommes et de dames qui se réunissaient chez Goethe. Schiller en faisait partie. Il s'y trouvait plusieurs femmes fort aimables. Chacun devait être le chevalier d'une dame : Goethe était celui de la baronne d'Einsiedlen. pie amoureux, à travers le tourbillon de la vie, que l'amitié nous mène dans l'année !

Chant d'installation

Pourquoi, belle voisine, aller ainsi seule au jardin? Quand tu soignes les champs et l a maison, je veux être ton serviteur.

Mon frère s'est glissé chez la sommelière et ne lui a laissé aucun repos. Elle lui a donné un coup à boire, et un baiser par-dessus.

Mon cousin est un drôle habile : il fait la cour à la cuisi-nière ; il tourne la broche incessamment, pour un doux salaire d'amour.

Et les six personnes faisaient ensemble un bon repas, et, en chantant, un quatrième couple s'élança dans la salle.

Bienvenus !.. et bienvenu aussi, le cinquième couple alerte y qui était fourni de contes et de nouvelles et de vives gaudrioles.

Il restait de la place pour les énigmes, l'esprit, les saillies et les jeux amusants : un sixième petit couple survint, le trésor était trouvé.

Mais un couple manquait et manquait beaucoup, c'était celui qui fait le mieux : un tendre couple survint, un couple fidèle.... Alors il ne manqua plus rien.

Ensemble célébrez, prolongez le paisible repas, et que l'un • fête avec l'autre le saint nombre deux.

L'oracle dn printemps.

Oiseau prophétique, chantre des fleurs, ô coucou, dans la plus belle saison de l'année, cher oiseau, écoute la prière d'un couple amoureux. S'il peut espérer, adresse-lui ton coucou, ton coucou, et toujours coucou, coucou.

Entends-tu, un couple amoureux soupire vivement après l'autel, et il est, dans sa jeunesse, plein de foi, plein de vertu. L'heure n'est-elle donc pas venue ? Dis, combien doit-il attendre encore ? Écoutez : coucou ! Écoutez : coucou ! Silence complet!... Rien de plus !...

1. M. Viehoff prétend reconnaître presque tous ces couples. Goethe et la com-tesse d'Einsiedlen seraient le premier. Le poète lui seul aurait pu nous donner la clef.

Ce n'est pourtant pas notre faute! Eh bien, encore deux an-nées de patience! Mais, quand nous serons unis, les pa... pa... pa... pa... viendront-ils? Sache que tu nous réjouiras, si tu en prédis beaucoup. Un : coucou ! deux : coucou ! Et toujours cou-cou, coucou, cou.... *• Si nous avons bien compté, il s'en manque peu de la demi-douzaine. Si nous te donnons de bonnes paroles, nous diras -tu peut-être combien de temps nous vivrons ? Franchement, nous te l'avouons, nous irons volontiers aussi loin qu'il se pourra. Cou, coucou, cou, coucou, cou, cou, cou, cou, cou, cou, cou, cou,cou.

La vie est une grande fête, si l'on ne peut en faire le compte. Ensemble quand nous aurons vécu, le fidèle amour vivra-t-il encore? S'il pouvait prendre fin, plus rien au monde ne serait beau. Cou, coucou, cou, coucou, cou, coucou, cou, cou, cou, cou, cou, cou, cou, cou, cou. -»

(On continue avec grâce in INFINITUM.)

Les heureux époux.

Après cette pluie de printemps, que nos prières ont si ardem-ment demandée, petite femme, vois la bénédiction qui plane sur nos campagnes. Le regard se perd au loin dans l'azur va-poreux. Ici l'amour séjourne encore; ici habite encore le bonheur.

Ce couple de blanches colombes, tu le vois, il vole là-bas où les doubles violettes fleurissent autour du bocage doré par le soleil : là nous fîmes le premier de nos bouquets, là, pour la première fois, éclatèrent nos flammes.

Mais, lorsqu'après le doux serment, le prêtre nous vit quit-ter vivement l'autel avec maint jeune couple, de nouveaux so-leils et des lunes nouvelles passèrent, et le monde s'ouvrit à notre course.

Et mille et mille gages confirmèrent l'alliance, dans le bos-quet de la colline, dans les buissons qui bordent la prairie, dans les grottes, dans les ruines, sur la roche escarpée, et l'a-mour porta ses feux même dans les roseaux de la rive.

Nos jours s'écoulaient dans la joie, et nous pensions être deux, mais il en était décidé autrement, et voilà que nous fûmes trois et quatre et cinq et six : ils étaient assis autour de la soupière, et maintenant ces rejetons nous ont presque tous dépassés.

Et là-bas, dans la belle plaine, les ruisseaux, bordés de peu-pliers, entourent la maison neuve : agréable tableau ! Qui s'est bâti sur l'autre bord cette riante demeure ? N'est-ce pas, avec sa bien-aimée, notre brave Frédéric ?

Et là, dans le creux des rochers, où la rivière, encaissée, tombe, écumante, du chenal sur les roues.... On parle de meu-nières, et comme elles sont belles, mais celle de là-bas, notre enfant, l'emportera toujours.

A la place où le feuillage est si touffu autour de l'église et du gazon, où l'antique sapin seul se balance dens le ciel, là repo-sent nos morts, moisson prématurée, qui de la terre élève nos regards vers le ciel.

Les arides, à flots étincelants, descendent la colline, d'un pas .balancé: voici, voici l'armée qui nous a donné la paix! Qui marche en tête fièrement, avec l'écharpe de l'honneur ? Il res-semble à notre enfant ! VDilà comme Charles revient à la maison !

La fiancée accueille aujourd'hui le plus chéri de tous les hôtes; aux fêtes de la paix, elle épouse son fidèle ; chacun se presse à la danse joyeuse, et tu couronnes de guirlandes nos trois plus jeunes enfants.

Au son des flûtes et des chalumeaux, le temps se renouvelle où, parmi les danseurs, nous aussi, jeune couple, nous prenions nos ébats, et, dans le cours de l'année (je sens déjà cette joie), nous accompagnerons au baptême le petit-fils et le fils.

Chant d'alliance.

Dans toutes les bonnes heures, exaltés par l'amour et le vin, unissons nos voix pour dire cette chanson. Il nous lie, le dieu qui nous amène ici ; il ranime nos flammes, que ses mains allumèrent.

Soyez aujourd'hui brûlants d'allégresse ; ne soyez qu'un même cœur. Amis, buvez à la joie renaissante ce verre de vin généreux. Amis, dans cette heure charmante, trinquez, et qu'à chaque nouvelle alliance, par un baiser fidèle les anciens soient rajeunis !

Qui vit dans notre cercle et n'y vit pas heureux ? Jouissez d un libre commerce et d'une fraternité fidèle ! Ainsi demeure en tout temps le cœur au cœur enchaîné. Point de vétilles qui troublent notre accord.

Un dieu propice nous a donné de jeter sur la vie un libre re-gard, et tout ce qui survient renouvelle notre bonheur. Jamais, troublé par des caprices, ne s'altère notre plaisir ; affranchi de vaines façons, notre cœur bat plus librement. A chaque pas, s'élargit la rapide carrière de la vie, et, tou-jours, toujours sereins, nos regards s'adressent plus haut ; nous n'éprouvons jamais d'alarmes, quand tout s'élève et tombe ; et nous resterons unis longtemps, longtemps, toujours !...

Durée dans le changement.

Ah! si cette richesse printanière durait une heure seule-ment ! Mais déjà le tiède zéphyre secoue et fait pleuvoir les fleurs. Prendrai-je plaisir à la verdure, qui m'a donné ses pré-coces ombrages? Bientôt l'orage aussi la dispersera, lorsqu'en automne elle se bercera flétrie.

Veux-tu cueillir des fruits, hâte-toi d'en prendre ta part ! Les uns commencent à mûrir, et les autres déjà naissent. A chaque averse de pluie, se transforme soudain ta douce val-lée ; hélas ! et tu ne nages pas deux fois dans le même courant.

Et toi-même!... Ce qui s'offre à ta vue avec la force des ro-chers, ces murailles, ces palais, tu les vois sans cesse avec d'autres yeux ; tu les chercherais en vain, ces lèvres où tu cueil-lis le baiser, ces pieds légers qui défiaient sur la roche l'audace des chamois.

Cette main qui, si volontiers, si doucement, se portait à faire le bien, ces formes délicates, tout est changé maintenant, et ce qui, à cette place, se nomme aujourd'hui de ton nom, est venu comme une onde, et s'en va de même à la mer.

Laisse le commencement se relier avec la fin ; plus vite que les choses, toi-même, laisse-toi passer. Bénis le ciel, que la fa-veur des Muses promette des biens impérissables : le fond dans ton cœur et la forme dans ton esprit.

Chanson de table. !

Je suis saisi, je ne sais comment, d'une céleste joie. Veut-elle

peut-être m'élever jusqu'aux astres ? Mais j'aime mieux rester

ici, je le dis d'un cœur sincère, à chanter, à boire, en frappant

sur la table. r ...

Amis, ne vous étonnez pas de mon allégresse : vraiment tout est pour le mieux sur la terre charmante. Aussi, je le jure

solennellement, et sans aucune feinte, jamais lâchement je ne

veux déserter.

Mais, puisque tous ensemble nous sommes attablés, je vou-drais entendre la coupe retentir aux chants du poëte. De bons amis s'en vont, peut-être à cent lieues : il nous faut donc ici vite choquer nos verres. ;

Vive celui qui fait vivre ! C'est ma philosophie. Donc, à notre roi les prémices ! A lui revient l'honneur. Il se met en défense contre les ennemis intérieurs, étrangers ; il songe à maintenir sans doute, mais plus encore aux moyens d'agrandir.

Maintenant je la salue, la seule, l'unique ! Que chacun galam-ment songe en même temps à la sienne. Si une belle enfant s'aperçoit à qui je songe en ce moment, que, d'un signe, elle me dise : a: Vive aussi le mien ! ».

Aux amis, le troisième verre ! Aux deux ou trois amis , qui avec nous, en ce bon jour, sans bruit se réjouissent, et douce-ment, aisément, dissipent les sombres nuages. Pour eux donc, vieux ou nouveaux, qu'un vivat soit porté !

Plus large maintenant, le fleuve roule des eaux plus abon-dantes : un éclatant vivat aux compagnons fidèles, qui, les rangs serrés, bravement s'unissent sous le soleil de la prospérité et dans les mauvais jours 1

Comme ensemble nous voilà, bien d'autres sont ensemble. A ^ leurs jeux ils prennent plaisir, comme nous aux nôtres. De la source jusqu'à la mer, plus d'un moulin travaille, et le bien du monde entier est le but où j'aspire.

Coutume devient nature.

J'ai connu l'amour, aujourd'hui j'aime enfin tout de bon! Autrefois j'étais le serviteur, à présent je suis l'esclave ; autre-fois j'étais le serviteur de chacune, à présent elle m'enchaîne, cette personne charmante ; elle fait tout aussi pour l'amour de moi, pour ma récompense. Seule au monde elle peut me plaire.

J'ai cru, aujourd'hui je crois enfin tout de bon. Et quoi qu'il arrive d'étrange ou de funeste, je demeure dans l'ordre des croyants. Si sombre, si ténébreuse que fût souvent la nuit, dans la détresse pressante, dans le péril voisin, soudain le ciel s'est éclairci.

J'ai mangé, aujourd'hui je mange enfin tout de bon. Avec un cœur joyeux, avec une humeur enjouée, à table tout s'oublie. La jeunesse dévore à la hâte, et puis elle chuchote sans trêve : j'aime à tabler dans un aimable lieu ; je goûte et je savoure ce que je mange.

J'ai bu, aujourd'hui je bois enfin avec délices. Le vin nous exalte, il fait de nous des rois et délie les langues esclaves. Oui, n'épargnez pas la bienfaisante liqueur ; car, si le vin le plus vieux s'écoule des tonneaux, les jeunes gens, de leur côté, vieillissent.

J'ai dansé et j'ai fèté la danse, et, sans glisser, sans valser avec furie, nous savons nous tirer d'une danse modeste. Et si vous avez tressé sur vos fronts bien des fleurs, quand même çà et là quelqu'une tombe, il vous reste une gentille couronne.

Courage donc, courage encore! Point de réflexions! Celui qui se fait un bouquet de roses fleuries, les épines ne font, à vrai dire, que le chatouiller. Aujourd'hui comme hier l'étoile brille; évite seulement les têtes baissées, et va toujours le front levé.

Confession générale.

Que la noble assemblée écoute aujourd'hui ma remontrance. Mettez à profit mon humeur sérieuse, car elle se montre rare-ment. Vous avez fait mainte entreprise, vous avez essuyé maint échec, et il faut que je vous gronde.

Il faut bien, une fois dans la vie, être touché de repentir ! Eh bien, confessez, d'un cœur pieux et sincère, vos plus grands ' péchés. Retirez-vous des fausses voies de l'erreur et tâchez de reprendre à propos le bon chemin.

Oui, nous avons, osons le dire, souvent songé en veillant; nous n'avons pas vidé hardiment le verre, quand le vin écu-mait; souvent l'heure du berger, l'heure fugitive, souvent le volage baiser de lèvres chéries, furent par nous négligés. Nous sommes restés silencieux et la langue glacée, quand les philistins' bavardaient, et prisaient leur caquet plus que le chant divin, et, pour d'heureux moments, dont il serait permis de tirer gloire, venaient nous quereller.

— Si tu veux donner l'absolution à tes fidèles, tu nous verras, dociles à tes avis, travailler sans relâche à nous corriger de nos faiblesses, et, en toutes choses bonnes et belles, vivre ré-solûment ; Rire gaiement de tous les philistins du monde; non pas effleurer seulement ce vin aux perles écumantes, non pas co-queter avec de légères œillades, mais nous attacher constam-ment à des lèvres chéries.

Chanson cophte Laissez les savants débattre et disputer, les docteurs aussi se montrer circonspects et sévères ! Les plus sages de tous les temps sourient et s'entendent et s'accordent à dire : « C'est folie de s'arrêter à guérir les fous! Enfants de la sagesse, tenez les fous pour ce qu'ils sont : on ne saurait mieux faire. » Le vieux Merlin, dans son brillant tombeau, où, jeune en-core, je lui parlai, me répondit par la même leçon : cc C'est folie de s'arrêter à guérir les fous! Enfants de la sagesse, tenez les fous pour ce qu'ils sont : on ne saurait mieux faire. » Et sur les hauteurs du ciel indien, et dans les profondeurs des tombes égyptiennes, je n'ai entendu que cette sainte parole : « C'est folie de s'arrêter à guérir les fous ! Enfants de la sagesse, tenez les fous pour ce qu'ils sont : on ne saurait mieux faire. »

1. C'est ainsi qu'on appelle, dans les villes d'université, ceux qui ne sont ni professeurs, ni étudiants; les bourgeois, les béotiens. 2. Goethe avait songé d'abord à faire de Cagliostro et de l'histoire du Collier un opéra. Ces strophes, ainsi que les suivantes, en sont détachées. Le grand Cophte les chantait à ses adeptes. Voy. dans cette comédie, acte III, scène v, les principes égoïstes que le Chanoine, déjà instruit, veut inculquer au Che-valier.

Chanson cophte.

Va, écoute mes avis, mets à profit ta jeunesse; apprends de bonne heure à être sage : dans la grande balance du sort l'ai-guille est rarement stable; il faut monter ou descendre; il faut régner et s'agrandir ou servir et déchoir, souffrir ou triompher, être l'enclume ou le marteau.

Vanitas vanitatum vanitasi Je ne veux plus compter sur rien, ô gué! C'est pourquoi je me trouve si bien dans le monde, ô gué ! Qui veut être mon camarade, qu'il trinque avec moi, qu'il chante avec moi, en buvant ce reste de vin!

J'avais compté sur l'argent et le bien, ô gué! J'en perdis courage et gaieté. Hélas! les espèces couraient par-ci par-là; et, si je les attrapais d'un côté, de l'autre elles s'échappaient.

Sur les femmes j'avais compté, ô gué! Il m'en revint mille tourments. Hélas! la trompeuse chercha un autre lot; la fidèle m'ennuya; la meilleure n'était pas à vendre.

J'avais compté sur les courses et les voyages, ô gué! Et je quittai les coutumes de chez nous. Hélas! nulle part je ne me trouvai bien : la table était étrangère, le lit était mauvais, per-sonne ne m'entendait bien.

J'avais compté sur l'honneur et la gloire, ô gué! Et zest! voyez-vous, un autre en eut davantage. Hélas ! quand je me fus distingué, on me regarda de travers : ce que j'avais fait n'agréait à personne.

J'avais compté sur la guerre et les combats, ô gué! Et nous remportâmes mainte victoire, ô gué! Nous entrâmes dans le pays ennemi : l'ami ne s'en trouva pas beaucoup mieux, et je perdis une jambe en chemin.

Désormais je ne compte sur rien, ô gué! Et le monde entier est à moi, ô gué! Chants et festins, tout passe : buvez-moi donc tous ces restes, jusqu'à la dernière goutte, buvez !

Joyeux et hardi.

Avec les femmes s'arranger, avec les hommes batailler, et plus de crédit que d'argent : voilà comme on fait son chemin. Avec beaucoup d'argent, on fait grande chère ; avec peu d'ar-gent, on vit de ménage : afin que peu soit beaucoup, amenez seulement la joie.

Ne veut-elle pas se montrer facile, usez de force avec elle. Quelqu'un ne veut-il pas déguerpir, qu'on le mette à la porte. Laissez les gens envier ce qu'ils ne peuvent prendre , et soyez de joyeuse humeur : c'est l'alpha et l'oméga.

Continuez à rêver de la sorte, à suivre le train du monde ; dans le bonheur et la disgrâce, rappelez-vous ce précieux ABC.

Bonheur en guerre.

Je ne connais rien de plus fatal en guerre que de n'être pas blessé; on marche hardiment de victoire en victoire, accou-tumé au péril ; on a déballé, on a plié bagage, et l'on n'a rien gagné que des marches accablantes et les ennuis du camp. Puis vient le cantonnement, aux paysans onéreux, fâcheux au gentilhomme, au bourgeois odieux. Soyez honnête, on vous sert mal; le grossier, on le sert à grand'peine; et, si l'on se fait justice aux dépens de son hôte, on mange le pain du prévôt.

Mais, lorsqu'enfin le canon gronde, que la fusillade fait ta-page , que les tambours, les chevaux et les trompettes s'éveil-lent, alors cela va bien ! Et, comme le veut la bataille, on cède, on recommence, on recule, on avance, et toujours sans croix d'honneur !

Enfin siffle une balle, et, Dieu le veut, elle blesse la jambe. Alors, adieu tous les ennuis! On nous voiture aussitôt dans la petite ville, que couvre le vainqueur, où l'on était entré avec furie ; les femmes, auxquelles on avait fait peur d'abord, sont aimables, apprivoisées.

Alors s'ouvrent le cœur et la cave; la cuisine ne chôme plus. Sur le duvet de lits bien mous, on peut se donner du bon temps. Le petit dieu ailé sautille, l'hôtesse n'a point de repos; elle parfile même sa chemise : en voilà de la charpie !

Une dame est-elle, par ses soins, sur le point de gagner le héros, la voisine , assidue auprès de lui, ne se donne point de relâche; une troisième arrive empressée; à la fin aucune n'y manque, et il se voit au milieu de tout le cercle.

Le roi apprend, de bonne main, que vous êtes plein d'ardeur guerrière, et rubans et croix viennent bien vite parer l'habit et la poitrine. Dites-moi si, pour un fils de Mars, il est quelque chose de mieux? Enfin, l'œil en pleurs, vous partez, honoré autant que chéri.

Table ouverte.

Je souhaite voir aujourd'hui de nombreux convives à ma table. Les mets sont prêts en suffisance : volaille, gibier et pois-son. Ils sont conviés, ils ont accepté.

Jeannot, va, informe-toi, regarde s'ils viennent.

J'espère de jolis tendrons, qui ne savent rien au monde, qui ne savent pas que c'est chose gentille de baiser un ami. Tous, ils sont conviés, ils ont accepté.

Jeannot, va, informe-toi, regarde s'ils viennent.

J'espère aussi voir des femmes qui, plus leur époux était maussade, plus elles l'aimaient. On les a conviées, elles ont accepté.

Jeannot, va, informe-toi, regarde.si elles viennent.

J'ai aussi prié de jeunes seigneurs, qui ne sont pas vains le moins du monde ; qui sont même réservés, avecla bourse pleine. Je les ai priés particulièrement, ils ont accepté. Jeannot, va, informe-toi, regarde s'ils viennent. J'ai convié avec respect des maris qui ne regardent que leurs femmes, et non, à côté, la plus jolie. Ils ont répondu à mon appel, ils ont accepté.

Jeannot, va, informe-toi, regarde s'ils viennent. J'ai aussi prié, pour augmenter notre plaisir, des poëtes qui écoutent beaucoup plus volontiers d'autres chansons que celles qu'ils ont faites. Tous ont promis, ils ont accepté. Jeannot, va, informe-toi, regarde s'ils viennent.

Mais je ne vois venir personne, je ne vois personne accourir! La soupe cuit, elle est ébouillie, le rôt va brûler. Ah! je le crains, nous avons été trop exigeants.

Jeannot, dis-moi, qu'en penses-tu? Il ne viendra personne.

Cours, Jeannot, ne tarde pas; appelle-moi d'autres convives! Que chacun vienne comme il est : c'est le mieux, je pense. Déjà la ville est informée; le message est bien reçu.

Ouvre les portes, Jeannot 1 Vois-tu comme ils viennent!

Compte rendu.

LE MAÎTRE. Courage! que le vin coule largement! Que nul chagrin ne nous assiège! Parle, si tu veux jouir avec nous, as-tu fait ton devoir?

UN SERVITEUR. Deux bons jeunes cœurs ne s'aimaient que trop vivement, hier avec tendresse, avec fureur aujourd'hui, demain peut-être plus encore; elle baissait la tête, il s'arrachait les cheveux : j'ai tout arrangé, et j'en ai fait un couple heureux.

CHOEUR. Je ne veux pas, buveur, que tu languisses : vite, vite, le verre plein 1 Car les soupirs, les déplaisirs, par toi dans ce jour ont cessé.

UN SERVITEUR. Pourquoi pleurer, jeune orpheline? c 0 Dieu, je voudrais être dans la tombe, car mon tuteur, doucement, doucement, me réduit à la mendicité. » Et je démasquai le drôle ; je traînai le larron devant la justice : nos juges sont probes et sévères, et la jeune fille ne mendie pas.

CHOEUR. Je ne veux pas, buveur, que tu languisses : vite, vite, le verre plein ! Car les soupirs, les déplaisirs, par toi dans ce jour ont cessé.

UN SERVITEUR. Un pauvre petit nabot, qui n'était pas trop alerte, s'était vu traité grossièrement par un énorme rustre : et je me sentis un homme, je me souvins de mon devoir, et je fis sur l'heure au grand imbécile une balafre à travers le visage.

CHOEUR. Je ne veux pas, buveur, que tu languisses : vite, vite, le verre plein! Car les soupirs, les déplaisirs, par toi dans ce jour ont cessé.

UN SERVITEUR. Je n'ai que peu de chose à dire, car je n'ai rien fait: sans souci, sans embarras, je me suis occupé du ménage, mais je n'ai rien oublié, je me suis souvenu de mon devoir; chacun voulait repaître, et la pâture ne manquait pas. CHOEUR. Je ne veux pas, buveur, que tu languisses : vite, vite," le verre plein ! Car les soupirs, les déplaisirs, par toi dans ce jour ont cessé.

UN SERVITEUR. Un quidam voulait me transformer : il s'y prit mal, Dieu me pardonne. Il haussait les épaules, il me vexait; et il se nommait patriote: je maudis son verbiage, je suivis mon vieux train. Insensé, quand il brûle, sache éteindre le feu; quand il a brûlé, rebâtis.

CHOEUR. Je ne veux pas, buveur, que tu languisses : vite, vite, le verre plein I Car les soupirs, les déplaisirs, par toi dans ce jour ont cessé.

LE MAÎTRE. Que chacun de même publie le bien qu'il a su faire aujourd'hui. C'est la véritable étincelle pour enflammer le chant. Qu'ici Tordre soit à jamais de ne souffrir aucun sournois. Les pleutres seuls sont modestes; les braves se complaisent dans leurs actions.

CHOEUR. Ne laisse pas les buveurs languir : vite, vite, le verre plein 1 Car les soupirs, les déplaisirs, par nous dans ce jour ont cessé.

TROIS VOIX. Que tout chanteur entre dans la salle, joyeux et bienvenu ! C'est au songe-creux seulement que nous ne faisons pas fête : nous craignons, derrière ces caprices, cette douleur de parade, ces sombres sourcils, un cœur vide ou mauvais.

CHOEUR. Il ne faut pas- qu'aucun buveur languisse ! Mais ici point de poëte, qui n'ait pas fait cesser d'abord les soupirs et les déplaisirs!

Ergo bibamus.

Ici nous sommes assemblés pour une action louable, chers frères, ERGO BIBAMUS! Les verres tintent, les causeries cessent : avec courage ERGO BIBAMUS. C'est là toujours une vieille et bonne parole. Elle convient d'abord et convient sans cesse, et un écho retentit de la joyeuse salle, un magnifique /ERGO BI-- BAMUS 1

J'avais vu ma charmante amie, et je me dis : ERGO BIBAMUS; et je m'approchai d'un air gracieux : elle me laissa planté là. Je pris courage et me dis : BIBAMUS! Que, radoucie, elle vous baise et vous caresse, ou que vous n'obteniez caresses ni bai-sers, tenez-vous-en, jusqu'à meilleure fortune, au consolant ERGO BIBAMUS.

Loin de vous, mes amis, le sort m'appelle : âmes loyales, ERGO BlBAMUS. Je pars avec un léger bagage : eh bien, deux fois ERGO BIBAMUS! Que l'avare se refuse tout ce qu'il voudra, le bon vi-vant est toujours bien pourvu, parce que les joyeux camarades ^titre eux se font toujours crédit. Courage, frères, ERGO BIBAMUS !

Que dirons-nous pour le jour qui nous luit? Je ne saurais que . dire ERGO BIBAMUS 1 C'est un jour qui marque entre tous : ainsi * donc, sans trêve et sans cesse, BIBAMUS! Il ouvre la porte à la joie, qui marche sur ses pas; les nuages brillent, le voile se lève, une image nous apparaît, une image divine! nous trin-quons et chantons : BIBAMUS! J

Les Muses et les Grâces dans la Marche

Oh ! que la ville est peu de chose ! Laissez désormais reposer les maçons! Nos bourgeois, notre monarque, pourraient faire de meilleur ouvrage. Le bal et l'opéra nous tueront. Mignonne, viens dans mes campagnes, car les poëtes surtout nous gâtent la nature.

Oh! qu'il m'est doux, mignonne, de te voir si naturelle! A l'avenir, nos fillettes, nos garçonnets, prendront leurs ébats sur le fumier. Et, dans nos promenades, enfin paraîtra la force de l'amour. 0 ma mie, pataugeons, pataugeons à travers ce bour-bier!

Puis perdons-nous dans le sable, qui ne nous ferme aucun chemin. Viens, suivons cette lisière, où l'épine tiraille le ju-pon. Gagnons pays, jusqu'au petit village où tu vois ce clocher pointu. Quelle auberge sans égale ! De la bière aigre et du pain sec!

Ne me parlez pas d'un sol fertile, des campagnes de Magde-bourg! Nos semences, nos morts, reposent dans le sable léger. La science elle-même ne perd rien à sa marche rapide : chez nous, tout ce qui végète pousse un germe desséché.

Cela ne va-t-il pas dans notre cour comme dans le paradis? Au lieu de la princesse, au lieu de la suivante, la poule fait glou, glou, glou, Ce ne sont pas les faits et gestes des paons qui nous occupent, mais ceux des oies seulement. Ma mère élève les grises, ma femme les blanches.

Laissons les beaux esprits nous persifler. Heureux le loyal Allemand qui peut hanter le cher cousin Michel et lui souhaiter 1. Dans cette pièce, Goethe persifle agréablement Auguste Schmidt et son Almanach des Muses et des Grâces, publié à Berlin en 1802. Schmidt emprunte, sans beaucoup de discernement, la plupart de ses sujets à la vie champêtre, et, en voulant être sentimental, il reste trivial et prosaïque. le bonsoir. Quel réconfort, de pouvoir songer qu'un être si noble est notre voisin! On se dit tous les jours : « Hier au soir, le cousin Michel était pourtant là ! »

Et, dans nos chansons, une syllabe germe après une autre, un mot après un autre mot. Quoique rien ne rime avec deutsch1, le Deutsche rime sans cesse. Si c'est avec force, avec grâce, c'est ce qui nous inquiète assez peu. Nous sommes honnêtes et na-turels, et cela doit suffire.

Epiphanie *• Ces trois rois pieux, avec leur étoile, ils mangent, ils boivent et ne payent pas volontiers; ils mangent volontiers, ils boivent volontiers, ils mangent, ils boivent et ne payent pas volontiers.

Ces t rois rois pieux ici sont venus ; ils sont trois et ne sont pas quatre; et, si à ces trois s'en ajoutait un quatrième, il y au-rait un pieux trois rois de plus.

Moi, le premier, je suis le blanc et aussi le beau. Il vous fau-drait me voir au grand jour! Mais, hélas! avec tous mes aro-mates, je ne charmerai plus jamais aucune belle. Moi, je suis le brun, je suis le grand, bien connu chez les femmes et aux lieux où l'on chante. J'apporte de l'or, au lieu d'aromates, et je serai partout le bienvenu.

Et moi, je suis le noir, je suis le petit, et j'aime aussi parfois à rire. Je mange volontiers, je bois volontiers; je mange et bois et remercie volontiers.

Les trois rois pieux sont bien disposés ; ils cherchent la mère et l'enfant; l'honnête Joseph est assis auprès; le bœuf et l'âne sont couchés sur la paille.

Nous apportons de la myrrhe, nous apportons de l'or : les dames respirent l'encens volontiers, et, quand nous avons du vin d'un bon cru, nous buvons, à nous trois, autant que six autres.

Mais, comme nous voyons ici de beaux messieurs et de belles 1. Allemand. DEUTSCH n'a en effet aucune rime. 2. C'est la coutume en Allemagne, que, le jour de l'Épiphanie, de jeunes garçons déguisés, figurant les trois rois, chantent de porte en porte, et deman-dent quelque monnaie. L'idée de cette pièce avait pris d'abord la forme d'une scène de carnaval, puis elle fut réduite en strophes. dames, et point d'ânes et point de bœufs, nous ne sommes pas à notre place et nous passons notre chemin.

Les bons vivants de Weimar.

Le jeudi, on se rend au Belvéder; le vendredi, à Iéna, car, sur mon honneur, c'est un lieu des plus charmants. Le samedi est le jour souhaité ; le dimanche, on roule à la campagne : Zwaezen, Burgau, Schneidemuhlenl, nous sont tous bien connus. Lundi, le théâtre nous attire ; mardi doucement arrive, mais il amène, pour secrète pénitence, une bonne petite débauche; mercredi ne manque pas de mouvement, car on donne une bonne pièce; le jeudi, la tentation nous ramène au Belvéder. Et il s'enchaîne sans cesse, le cercle des plaisirs, pendant les cinquante-deux semaines, si l'on sait bien le conduire. Le jeu et la danse, les assemblées et le théâtre, nous rafraîchissent le sang. Laissons aux Viennois leur Prater : Weimar, Iéna... c'est là qu'il fait bon !

Chanson sicilienne.

Jolis yeux noirs, au moindre signe que vous faites, les mai-sons, les villes s'écroulent, et ce mur d'argile, qui défend mon cœur (que l'on y songe de grâce!), il ne devrait pas s'écrouler?

Chanson suisse 1.

Sur la montagne j'étais assise, et les oiseaux j'ai regardé: ils ont chanté, ils ont sauté, ils ont bâti leurs nids.

Dans un jardin je me trouvais, et les abeilles j'ai regardé : elles ont murmuré, elles ont bourdonné, elles ont bâti leurs cellules.

Dans la prairie je suis allée; j'ai regardé les papillons : ils ont sucé, ils ont volé. C'était trop joli comme ils faisaient!

Et voici Hansel justement, et je lui montre, toute joyeuse, comme ils font, et nous rions, et nous faisons comme eux. 1. Villages aux environs de Weimar.

2. Dans cette chanson, Goethe a imité le dialecte suisse. Cet effet gracieux est nécessairement perdu, ainsi que bien d'autres.

Chanson finlandaise.

S'il revenait, l'ami que je connais si bien, s'il revenait tel qu'il est parti, mon baiser résonnerait sur ses lèvres, le sang du loup les eût-elles rougies.; je presserais sa main dans la mienne, ses doigts fussent-ils des serpents.

0 vent, si tu avais l'intelligence, tu saurais porter et rappor-ter les paroles de deux amants éloignés l'un de l'autre, quel-ques-unes dussent-elles se perdre dans les airs. Je me passerais volontiers de bonne chère, j'oublierais les viandes de la table du prêtre, avant de renoncer à l'ami que je saurais, après l'avoir pris brusquement pendant l'été, appri-voiser lentement pendant l'hiver.

Chanson bohémienne.

Dans la brume ruisselante, dans la neige profonde, dans le bois sauvage, dans la nuit d'hiver, j'entendais les hurlements des loups affamés, j'entendais le cri des chouettes:

Wilie vau vau vau ! Wille wo wo wo ! Wito hou !

Un jour je tirai une chatte dans la haie, la chatte noire, favo-rite de Jeanne la sorcière : la nuit, sept loups-garous vinrent à moi; c'étaient sept femmes du village.

Wille wau wau vau! Wille wo wo wo! Wito hou!

Je les reconnus toutes, je les reconnus bien, la Jeanne, l'Ur-sule, la Catau, la Lise, la Barbe, l'Eva, la Betty. Elles hurlaient en cercle autour de moi :

Wille wau wau wau ! Wille wo wo wo ! Wito hou!

Je les nommai toutes à haute voix par leur nom. Que veux-tu, Jeanne? Que veux-tu, Betty? Alors elles s'agitèrent, alors elles se secouèrent, et s'enfuirent en hurlant :

Wille wau wau wau ! Wille wo wo wo ! Wite hou1 !

1. La Chanson bohémienne, telle à peu près qu'on la trouve ici, ouvrait le cinquième acte de Gœts de Berlichingen, dans sa plus ancienne forme.

Après cette pièce, le texte allemand donne une suite de poésies qui figurent dans les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister. Elles se trouvent dans notre sixième volume, savoir, trois pièces, intitulées MIGNON, aux pages 341, '229, 495; trois pièces, intitulées LE JOUEUR DE HARPE, aux pages 129, 321, 128; une pièce, intitulée PHILINE, à la page 305. On a jugé superflu de les reproduire ici. Nous donnons, en revanche, la Chanson des soldats, qui manque dans les

Chanson des soldats.

Vive les soldats ! Le laboureur'donne le rôti, le vigneron donne le vin : c'est la table des soldats.

Tra da ra la la la la.

Le bourgeois fait cuire pour nous ; la noblesse, il faut la plu-mer; son valet est notre valet : c'est le droit des soldats.

Tra da ra la la la la.

Aujourd'hui, nos serments à Jeanne, et, demain, à Suzanne; amour nouveau sans cesse : c'est la foi des soldats.

Tra da ra la la la la.

Nous festinons comme des princes ; le lendemain, il faut jeû-ner : riches le matin, pauvres le soir, c'est le sort des soldats.

Tra da ra la la la la.

Riches, avec nous partagez, et vive celui qui n'a rien! Le mari a la femme, et nous, le passe-temps.

Tra da ra la la la la.

Nous disons dans nos fêtes : « Morceaux volés ont meilleur goût, bien mal acquis engraisse. » C'est la prière des soldats. Tra da ra la la la la.

Œuvres de Goethe. Elle se chantait au lever du rideau du Camp de Wallenstein de Schiller. Ces couplets sont de Goethe, à la réserve de deux, les derniers peut-être , que Hoffmeister attribue à Schiller.

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