Comparez la légende du Paria, page
Petit moine, sans froc et sans capuchon, ne viens pas me catéchiser : tu pourras bien me rendre capot, mais non pas modeste, non !
Tes phrases vides me font fuir : j'ai déjà usé cela sous mes semelles.
Quand le moulin du poëte chemine, ne l'arrête pas : qui vient une fois à nous comprendre nous pardonnera aussi.
Vie universelle.
La poussière est un des éléments dont tu disposes, avec une habileté rare, Hafiz, quand tu modules un chant gracieux en l'honneur de ta bien-aimée.
Car la poussière, sur le seuil de sa porte, est préférable au tapis brodé de fleurs d'or , sur lesquelles s'agenouillent les fa-voris de Mahmoud 1.
Si le vent qui passe en tourbillon enlève de sa porte un nuage de poussière, le parfum t'en est plus agréable que le musc et l'essence de rose.
La poussièrel j'en fus privé longtemps dans le nord, sans cesse enveloppé de brumes; mais, dans le midi brûlant, je l'ai trou-vée en abondance.
Toutefois il y a longtemps que les portes chéries restent pour moi muettes sur leurs gonds. Pluie orageuse, viens à mon aide, fais-moi sentir le parfum de la terre rafraîchie !
Si maintenant tous les tonnerres grondent et si tout le ciel est en feu, la poussière, que l'orage emporte, retombe humectée sur la terre.
Et soudain surgit la vie, il se développe une mystérieuse et sainte activité; tout est rafraîchi, tout verdoie, dans les ter-restres régions.
Une ombre noire est, sur la poussière, la compagne de mon amante. Je me suis fait poussière, mais l'ombre a passé par-dessus moi.
Pourquoi n'userais-je pas d'une image comme il me plaît, 1. Hafiz a compose un poëme en l'honneur de Ebou Ishak Mahmoud. puisque Dieu nous donne, dans la mouche, l'image de la vie?
Pourquoi n'userais-je pas d'une image comme il me plaît, puisque Dieu me montre son image dans les yeux de mon amie?
Bienheureuse ardeur.
Ne le dites qu'aux sages, parce que le vulgaire est disposé à la moquerie : je veux chanter le vivant qui cherche la mort dans la flamme.
Dans la fraîcheur des nuits d'amour, où tu reçus la vie, où tu la donnas, une étrange impression te saisit, à la clarté du flambeau tranquille.
Tu ne restes plus enfermé dans l'ombre, et un nouveau désir t'entraîne vers un plus haut hyménée.
Nulle distance ne t'arrête, tu viens, tu voles, enchanté; en-fin , amoureux de la lumière, papillon, tu es consumé.
Et tant que tu n'as pas obtenu de mourir pour renaître, tu n'es qu'un hôte obscur de la terre ténébreuse.
Un roseau sort de terre pour adoucir les mondes : puissent d'aimables sentiments couler du roseau qui trace mes vers !