‹ Œuvres de Goethe. Tome 1Chapitre 84 sur 109 · Voyez page · texte numérisé non relu

Voyez page

2. C'est pourtant le sens général du mot : Dœmone obsessus, lymphaticus et insanus, furens, maniacus. (Meninsky, thesaur. lÍug. orient.)

GOETHE. — J Vous ai-je donc jamais donné des conseils sur la conduite de la guerre? Vous ai-je blâmés, lorsque, après vos exploits, vous voulûtes conclure la paix?

Et j'ai vu aussi avec tranquillité le pêcheur jeter ses filets ; je n'ai pas eu besoin de recommander au menuisier habile l'usage de l'équerre.

Mais vous voulez mieux savoir ce que je sais, moi qui ai médité ce que la nature, pour moi diligente, m'a déjà donné en partage.

Vous sentez-vous la même force, eh bien, avancez vos affaires ! Mais, quand vous voyez mes ouvrages, apprenez d'abord à vous dire : « C'est ainsi qu'il a voulu les faire. »

Paix de Pâme chez le pèlerin.

Que nul ne se plaigne de la bassesse, car c'est la puissance, quoi que l'on vous dise.

Elle règne dans le mal pour son grand avantage, et, de la justice, elle dispose comme elle veut.

Pèlerin , voudrais-tu regimber contre cette loi fatale? Laisse le tourbillon et la boue desséchée tourner et poudroyer.

Qui demandera au monde ce que le monde lui-même rêve et désire, et, regardant en arrière ou de côté , néglige de jour en jour? Ses efforts, sa bonne volonté, poursuivent d'un pied boi-teux la vie fugitive, et, ce qui vous fut nécessaire autrefois, il voudrait vous le donner aujourd'hui.

C'est un défaut de se louer soi-même : cependant il se loue, celui qui fait quelque bien, et puis, s'il n'est pas dissimulé dans son langage, le bien, quoi qu'on dise, est toujours bien.

Laissez donc, insensés, au sage, qui se croit sage, le plaisir de gaspiller, en véritable fou comme vous, l'insipide reconnais-sance du monde.

Croyez-vous donc que de la bouche à l'oreille il y ait un vé-ritable profit ? Insensés, la tradition est aussi une pure chi-mère. Voici enfin le moment de juger, et ce qui peut seul te délivrer des chaînes de la foi, c'est la raison, à laquelle tu as déjà renoncé.

Que l'on ait la manie française, anglaise, italienne ou alle-mande, les uns comme les autres veulent uniquement ce qu'exige leur amour-propre.

Car on n'avoue jamais ni plusieurs ni personne, si cela n'est utile, le jour où l'on voudrait soi-même paraître quelque chose.

Que demain le bien trouve donc ses amis favorablement dis-posés, pourvu que le mal ait encore aujourd'hui place et faveur entière.

Celui qui ne sait pas se rendre compte de trois mille ans, qu'il reste sans expérience dans les ténèbres et vive au jour le jour.

Autrefois, quand on citait le saint Coran, on indiquait le cha-pitre et le verset, et chaque musulman sentait, selon son devoir, sa conscience en respect et en repos. Aujourd'hui les derviches ne savent faire autre chose que bavarder sur l'ancien et sur le nouveau. Le désordre augmente chaque jour. 0 saint Coran ! ô repos éternel !

Le prophète (parle).

Si quelqu'un est fâché qu'il ait plu à Dieu d'accorder à Maho-met bonheur et protection, qu'il fixe à la plus forte poutre de sa maison une corde solide et qu'il s'y attache ! Cela tient, cela porte : il sentira sa colère s'apaiser.

Timour (parle).

Eh quoi ! prêtres menteurs, vous blâmez le puissant orage de l orgueil ? Si Allah m'avait destiné à être un ver, il m'aurait créé ver. 1, .....

Page 1