‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 1 sur 85 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

Le titre de Confort d'ami ne s'applique bien, en réalité, qu'à la première partie du poème (v. 1-1660), où le poète essaie véritablement de « réconforter » le captif dans sa misère. Une deuxième partie (vv. 1661-2872) se compose plutôt de conseils utiles que l'auteur croit devoir prodiguer au roi et qui s'appliquent spécialement à la situation particulière du prisonnier. Enfin, une troisième (vv. 2873-3944) contient des recommandations qui s'adressent aux princes en général. Abandonnant pour une fois son domaine habituel, la casuistique amoureuse, Machaut donne ici un véritable traité des devoirs des rois et de la noblesse. L'ouvrage occupe, par conséquent, une place à part dans l'ensemble de ses œuvres.

Le Confort proprement dit a un caractère essentiellement religieux. L'auteur procède à la manière des prédicateurs de son temps. Il exhorte l'illustre prisonnier à avoir confiance en la toute-puissance de Dieu, qu'il prouve par une profusion « d'exemples », tous empruntés à l'Ancien Testament. Sa mine la plus riche, c'est le Livre de Daniel, d'où il tire les exemples de Suzanne (vv. 73-410), de la Fournaise ardente (vv. 451-646), de la vision de Balthazar (vv. 661-954), de Daniel dans la Fosse aux Lions (vv. 955-1287). L'analogie de la situation du roi de Navarre avec celle du roi Manassé, prisonnier à Babylone, l'amène à emprunter aux Paralipomènes l'histoire de ce roi juif (vv. 1 353-1 548). Enfin, quelques passages plus brefs sont tirés de différents autres livres de l'Ancien Testament : il doit au premier livre des Macchabées (II,

p. xxvii). Cette hypothèse ne repose sur aucun fondement et ne s'accorde guère avec le ton général du poème. La prédiction d'une mise en liberté prochaine (vv. 2873 ss.) ne prouve rien ; c'est une consolation qui avait sa place tout indiquée dans une œuvre destinée à relever le moral du prisonnier.

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