‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 40 sur 85 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

dans son modèle la conclusion Ou bien il rectifie sa source : pour lui. c'est Pallas qui est la déesse des ouvriers et ouvrières, tandis que dans ÏOvide moralisé c'était Junon.

En composant les passages en question, Guil" laume avait certainement un exemplaire de Y Ovide moralisé ouvert à côté de lui. Malgré toutes les libertés qu'il se permet, aucun doute ne saurait subsister à cet égard. Il s'était visiblement épris pour ce livre d'une véritable passion et d'une admiration sans bornes. Toutes les occasions lui sont bonnes pour en offrir à son public des extraits ou des résumés. A partir du Jugement doit Roy de Navarre, ses emprunts se succèdent sans interruption dans tous ses poèmes jusque dans le Voir Dit, où ils sont plus nombreux et plus étendus que jamais '. Mais Guillaume n'est jamais devenu l'esclave de son modèle. Il ne se fait aucun scrupule d'y introduire des changements profonds, quand il le juge nécessaire, et ses modifications l'améliorent presque toujours.

Le troisième récit emprunté à l'antiquité, le songe commun des cent sénateurs, remonte à une source différente. Machaut l'indique clairement :

Quier en l'istoire des Rommains !

La le verras, ne plus ne mains, (vv. 2695-96).

C'est là aussi qu'on en trouvera l'interprétation, dont xMachaut nous fait grâce. Ce conte, suivi d'un long commentaire explicatif, nous l'avons trouvé dans un traité attribué à Bède le Vénérable2. Dans certains passages, le texte de Machaut correspond presque mot pour mot au texte latin \ Il y a cependant aussi des

1. A côté du chapitre cité de C. de Boer, voy. là-dessus aussi A. Thomas, Romania, t. XLI, p. 382.

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