‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 41 sur 85 · XXXV11I INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXV11I INTRODUCTION

divergences assez importantes qui prouvent que notre auteur n'est pas remonté jusqu'au texte attribué à Bède. Il n'aurait d'ailleurs pas appelé ce traité « Histoire des Romains », C'est donc évidemment à quelque compilation historique dans laquelle avait passé le texte latin que Guillaume a emprunté son récit, sans doute à un texte qui était déjà traduit en français '.

Un trait commun relie entre eux les trois exemples de notre poème : chacun d'eux illustre le pouvoir de Morphée, le dieu des rêves. C'est bien ce que le poète a voulu indiquer par le choix de son titre : « Le livre de Morpheùs ». Titre excellent : d'une part, il symbolise pour nous l'ascendant considérable qu'exerce de plus en plus vigoureusement la tradition littéraire de l'antiquité sur la production poétique de Machaut 2; d'autre part, il indique bien l'importance que le poète lui-même attachait à ces récits dont il a émaillé son œuvre ; nous aurions tort d'v voir des digressions inutiles. En etf'ct, le poème, vu sous cet angle, est l'un des ouvrages les plus soigneusement composés de Machaut. Les digressions apparentes se subordonnent à l'intention générale de cejpoème, telle qu'elle est indiquée dans son titre, et ne

Or tenebreus et obscurs yere,

Or regetloit une clarté

Comme espars dessous obscurté.

correspondent par exemple d'une manière t'rjppante au texte latin :Quintus sol eiat tenebrosus, sanguineus et lampas sicitt in tonitruo tenebroso.

i. C'est peut-être dans le même ouvrage que Machaut a eu connaissance des dix Sibylles (voy. p. xxxvi, n. 2). S'agit-il de la compilation connue sous le titre de « Faits des Romains » ? L'analyse de P. Meyer. Remania, t. XIV, p. 1 ss., ne nous permet malheureusement pas de nous prononcer là-dessus.

2. Nous voyons là le début de ce mouvement des idées qui atteindra son plein développement dans la deuxième moitié du xive siècle.

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