‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 43 sur 85 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

rement la versification ont coûté à notre poète des soins non moins attentifs que l'invention et la disposition des idées. Les rimes inexactes de ses œuvres antérieures ont complètement disparu. Les rimes suffisantes sont réduitesau nombre insignifiant de sept. Même les rimes riches masculines ne se rencontrent plus que dans la proportion de 16 o/o. Tout le reste de l'ouvrage est écrit en rimes léonines (rimes féminines : 45 0/0; rimes léonines masculines : 38 0/0). Le même souci artistique se révèle dans l'accumulation de rimes formées sur la même racine, notamment dans l'introduction du poème : rimes sur las- vv. 1-6 ; sur li- vv. 7-20 (22) ; sur lai- vv. 23-3o '. Un soin tout particulier a été apporté à la versification de la grande complainte du début. L'auteur luimême en avertit le lecteur à deux reprises :

Cent rimes ay mis dedens ceste rime, Qui bien les conte (vv. 1021-1022),

dit-il d'abord, puis il complète cette remarque en insistant, avec une fierté légitime, sur le fait que le morceau se compose de « cent rimes toutes despareilles » et sans aucune « redite » (vv. 1049-1052) \

Machaut s'est visiblement efforcé d'offrir à ses lecteurs, et en particulier à son protecteur, le duc de Berry, une œuvre d'art qui répondît pour le mieux aux exigences et au goût de l'époque.

Le succès en fut considérable. Il n'est pas attesté cette fois par l'existence de copies particulières, mais par les nombreuses imitations qui en furent faites au cours du xive siècle en France et à l'étranger. Froissart s'en est

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