LA CAPTIVE
Je vous ai si souvent regardée au visage Que j'en ai désiré votre corps tout entier, Et maintenant mes yeux conservent une image Que mon cœur désormais ne peut plus oublier.
Que m'importe à présent si vos mains trop rapides Couvrent votre beauté de longs voiles jaloux ! C'est en vain qu'à vos pieds tombent leurs plis rigides Puisqu'ils ne sont plus là lorsque je pense à vous.
Le jour peut s'achever et la nuit ténébreuse Peut vous confondre toute à son obscurité, N'êtes-vous pas debout dans son ombre amoureuse En un rêve pareil à votre nudité?
Et si vous détournez du mien votre visage,
Si, loin de moi, s'en va votre pas orgueilleux,
Est-il rien qui pourra dénouer l'esclavage
Qui vous fait ma captive et vous lie à mes yeux?