LE JALOUX
Ne faites pas semblant, en effeuillant ces roses, De penser à celui dont mon cœur est jaloux; N'abaissez pas ainsi vos paupières mi-closes Sur ce regard trop lourd, trop lointain et trop doux.
Car il est trop cruel déjà pour qui vous aime Que de vous, trop longtemps, le destin l'ait exclu, Toute votre jeunesse, hélas ! fut à vous-même Et vous en avez fait ce qu'il vous aura plu !
Laissez à mon amour le soin de sa torture, Qu'il la puisse choisir parmi votre passé, Celui-là souffre moins dont la plaie est obscure Et qui ne connaît pas la main qui l'a blessé !