‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 108 sur 168 · VISAGES · texte numérisé non relu

VISAGES

Je vous ai trop aimée, Automne au cher visage, — Dit-il, - — ô vous pareille à celle que j'aimais ! Son cœur, comme le vôtre, était ardent et sage ; Vos yeux, comme les siens, me sont doux à jamais.

Lorsque vous regardiez sans regret, une à une, Vps feuilles dans le vent s'envoler vers la nuit, Il me semblait la voir, comme vous sans rancune, Sourire indifférente à l'heure qui s'enfuit.

En vous je retrouvais sa façon d'être belle : Car elle eut, comme vous, cette même beauté Qui, d'un instant, paraît devoir être éternelle Et qui se rajeunit de sa maturité.

Ainsi, faite de brume et d'air et de feuillage, Votre face divine et qui ne meurt jamais, Automne, se confond avec un cher visage Et celui que je vois est celui que j'aimais !

Page 1