‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 121 sur 168 · AGRIGENTE · texte numérisé non relu

AGRIGENTE

Sur la colline fauve où l'herbe fut brûlante, Le fronton grec s'appuie encore au chapiteau, Mais plus d'une colonne a chu sous le fardeau Et les temples, par blocs, jonchent la noble pente.

Le soir vient. L'olivier dont la feuille s'argente Frissonne au bord poudreux de l'Acragas sans eau, Et dans le sable sec piétine le troupeau Des chèvres que mènent tes pâtres, Agrigente !

Tes médailles jadis, dans l'or et dans l'argent, Montraient l'aigle céleste et le crabe nageant, Quelque profil divin ou le quadrige agile,

Mais aujourd'hui sur toi, dans l'azur noir des cieux,

La lune arrondit seule en la nuit de Sicile

Son disque sans emblème et son orbe sans dieux.

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