CYZIQUE
Un grand platane étend son ombre magnifique Où chante une fontaine avec un clair bruit d'eau; Un petit âne gris enjambe le ruisseau Et trotte, qu'un vieux Turc menace de sa trique;
Une cigogne au ciel passe d'un vol oblique; L'air est limpide, pur, odorant, calme, chaud, Et l'éternelle mer étale un flot nouveau Le long de la verte presqu'île où fut Cyzique.
En son orbe qui luit à l'horizon encor, Le soleil fait songer à ces statères d'or Qu'en un fauve métal, sans mélange et sans tares.
Tu frappais autrefois de ton coin, ô Cité,
Et qui portaient jadis jusqu'aux terres barbares
Le renom de ta gloire et de ta probité.