LE SOUVENIR
Laisse-moi. Tu sais bien que mon cœur est blessé, 0 Souvenir ! Pourquoi me parles-tu dans l'ombre, A moi qui ne veux plus revoir sous un ciel sombre Le chemin de l'amour où mes pas ont passé?
Pourquoi m'apportes-tu, du temple renversé, Cette pierre choisie au monceau du décombre, Et pourquoi donc choisir, seule parmi leur nombre, Celle qui porte encore un nom presque effacé?
Ah ! je n'ai pas besoin, pour que je me souvienne, Que ta cruelle main s'empare de la mienne Afin de la poser sur mon cœur palpitant !
Il me suffit que, tendre, odorante et farouche, Fleurisse, toujours jeune en le jeune printemps, La rose qui ressemble à ce que fut sa bouche I