‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 140 sur 168 · LE DÉPART · texte numérisé non relu

LE DÉPART

Dans le bazar bruyant, mystérieux et sombre Qui sent l'huile, le fruit, le cuir et le jasmin, J'ai marchandé longtemps et touché de la main Le harnais, le tapis, la figue et le concombre.

Grave et chaude, j'ai vu sur toi descendre l'ombre, Damas ! Un soir, le long de ton vieux mur romain Où le Seigneur frappa saint Paul en son chemin, J'ai marché lentement sur la route en décombre.

Sur le toit en terrasse et sur le dôme blanc, J'ai vu la lune courbe au beau ciel musulman Faire aboyer les chiens et gémir les fontaines,

Et, pour mieux conserver l'image où tu me suis, J'emporterai, gardien de tes beautés lointaines, Ce clair sabre pareil à l'astre de tes nuits I

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