‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 139 sur 168 · LE NOM · texte numérisé non relu

LE NOM

Vous ne fûtes longtemps, ô nom oriental, Qu'un incertain écho de splendeur et de gloire Où pour moi se mêlait, dans un bruit sans mémoire, Le frisson de la soie à l'éclair du métal.

Vous étiez le marteau délicat et brutal Sous qui le fer ardent bave à l'enclume noire, Et l'aiguille qui fait, au tissu qui se moire, Courir en arabesque un fil ornemental.

Mantenant, ô Damas, je sais votre beauté. Je connais dans leur grâce et dans leur vérité Le parfum de vos fleurs et l'eau de vos fontaines,

Car, devant le turbé du sultan Saladin,

J'ai vu, par un beau soir, près d'une vasque pleine,

S'épanouir la rose à l'ombre du jasmin !

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