‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 150 sur 168 · LE LECTEUR · texte numérisé non relu

LE LECTEUR

La Vila del gran Pliilosopho Apollonio Tianeo,

composita da Pliiloslralo, scriltor greeo, et tradolla

nella lingua volgare de M. Lodovico Dolcc.

In Vinegia. Appresso Gabriel Giolitto de Ferrari, mdxlix.

C'est un de ces beaux fils comme les peint Titien. Le soleil de Venise a bronzé sa peau mate; Sous le felze bombé de sa gondole plate, Il rêve d'un amour qui répondrait au sien.

Aussi feuillette-t-il, d'un doigt patricien,

Ce vieux livre, traduit du grec de Philostrate,

Qui d'Apollonius de Tyane relate

Les pouvoirs merveilleux et l'art magicien.

Connaîtra-t-il jamais la science suprême

Qui fait qu'on soit aimé de celle que l'on aime?

Il soupire : à quoi bon chercher le vain secret?

Mais un profil charmant s'évoque en sa mémoire

Et, tour à tour, avec espérance et regret,

Il contemple anxieux la page blanche et noire.

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