‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 153 sur 168 · LES VILLES · texte numérisé non relu

LES VILLES

Vous êtes à mon cœur plus douce que les villes Que l'on voit apparaître à l'aurore et qui sont Chères au souvenir par l'écho de leur nom, Venises au beau ciel ou dansantes Sévilles,

Qu'elles dressent dans l'air dômes ou campaniles, Flèches, clochers, tour à créneaux, porte à blason, Et que leur fier passé domine, à l'horizon, Plaines, forêts, lacs, ports ou golfes semés d'îles.

C'est en vous, pour jamais, que j'ai cherché l'abri;

Vous êtes le séjour où murmure sans bruit

Le peuple rouge et chaud du sang qui vous habite,

Tandis qu'à vos pieds nus coule, souple et joyeux, Parmi les roseaux d'or où je chante sa fuite, Le fleuve de mes jours qui reflète vos yeux.

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