‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 156 sur 168 · LA VILLA · texte numérisé non relu

LA VILLA

Quel Prince au nom romain ou quel altier Prélat, Las de la Cour papale ou du rouge Conclave, Au milieu de ce site agreste, noble et grave, A tracé ces jardins autour de sa villa?

D'intrigue ou de complot venaient-ils rêver là, De plaisir sans regret et d'orgueil sans entrave, Et dans leur cœur encore ambitieux et brave Quel long désir d'amour ou de gloire brûla?

Je ne sais, mais il rôde en ces lieux magnifiques, Plantés de rouvres verts et de cyprès coniques, Comme une obscure fièvre et comme un philtre errant,

Et, vers le soir, du bord des terrasses hautaines,

On entend se mêler et frémir sourdement

Le frisson du feuillage au frisson des fontaines.

RENCONTRE STENDHALIENNE

L'ombre qui m'accompagne et que suivent mes yeux N'est point votre ombre, à vous, Madone du Corrège, A qui l'ascension des Anges fait cortège Dans la coupole haute où vous êtes aux cieux.

C'est une autre et qui rit d'un air mystérieux. Sa grâce lui compose un tendre sortilège; Elle semble mener vos pas vers quelque piège Que saura déjouer son pied malicieux.

Elle est belle, amoureuse et duchesse. Fabrice L'aime. Ranuce-Ernest s'incline à son caprice, Sachant quel ongle aigu sa main délicate a...

Et j'écris ce sonnet dont la lime me charme,

A l'heure où l'angelus sonne à la Steccata,

Dans les jardins Farnèse, un soir d'automne, à Parme.

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