LES JARDINS
Ne pensez pas, un jour, que mon cœur vous oublie Et qu'il ne se souvienne plus d'avoir aimé Vos ombrages souvent dont la paix m'a charmé, Beaux promenoirs d'amour et de mélancolie,
Vous dont la pompe illustre à la grâce s'allie, Qui mêlez l'un à l'autre en votre air embaumé Et la rose odorante et le buis parfumé, Jardins, ô chers jardins, de France et d'Italie!
Vous voici. Je revois vos marbres et vos eaux; J'entends mon pas lointain au fond de vos échos, Car les lieux, comme nous, ont aussi leur mémoire;
Et vous ne changez point et le temps passe en vain Et l'ombre tourne encor, mouvante, aiguë et noire, Autour de l'if français et du cyprès romain !
LE MEDAILLIER 365