L'ABSENCE
Dans la chambre déserte, auprès de l'âtre éteint, Où l'air silencieux a l'odeur de l'absence, Je viens lire, l'esprit plein d'espoir et de transe, Chaque lettre de toi qu'apporte le matin;
Le timbre qui la marque est d'un pays lointain. Mais que me font le temps, l'espace et la distance? Le papier parle, rit, soupire, pleure, pense; Un fantôme s'esquisse au miroir incertain.
0 miracle ! Le feu sous la cendre vermeille Renaît; la flamme luit, palpite, se réveille. Il me semble t'entendre et que je te revois,
Car, par un cher prestige où mon cœur s'émerveille, La lettre, le miroir, me rendent à la fois L'écho de ton image et l'ombre de ta voix.