ODELETTE
J'ai gardé ce miroir où vous vous êtes vue
Un jour d'été Que du cristal terni vous approchâtes nue
Votre beauté.
Son rêve de regret, de langueur et d'attente
Et d'eau cmi dort S'est animé par vous de la grâce vivante
De votre corps,
Et mon cœur, comme lui, qui souffre en sa tristesse
D'un long désir, A conservé de vous et de votre jeunesse
Le souvenir...
LES MEDUSES
La marée a laissé sur la plage luisante, D'où son reflux nocturne au loin s'est retiré, Ses méduses sans nombre et leur reflet nacré Que le sable dessèche et que l'air désargente.
Glauques filles jadis de l'onde transparente Et fleurs du flot marin comme elles azuré, Il n'est d'elles, pourtant, à l'aube, demeuré Qu'un amas incertain que le talon tourmente;
Et sur la grève grise où, dans le matin clair, Je marche en regardant descendre vers la mer La corne bucolique et pâle de la lune,
Je songe que les Dieux ont mêlé, cette nuit,
Sur la plage visqueuse où leur vestige luit,
Le troupeau d'Amphitrite au bétail de Neptune.