‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 56 sur 168 · ODELETTE · texte numérisé non relu

ODELETTE

J'ai gardé ce miroir où vous vous êtes vue

Un jour d'été Que du cristal terni vous approchâtes nue

Votre beauté.

Son rêve de regret, de langueur et d'attente

Et d'eau cmi dort S'est animé par vous de la grâce vivante

De votre corps,

Et mon cœur, comme lui, qui souffre en sa tristesse

D'un long désir, A conservé de vous et de votre jeunesse

Le souvenir...

LES MEDUSES

La marée a laissé sur la plage luisante, D'où son reflux nocturne au loin s'est retiré, Ses méduses sans nombre et leur reflet nacré Que le sable dessèche et que l'air désargente.

Glauques filles jadis de l'onde transparente Et fleurs du flot marin comme elles azuré, Il n'est d'elles, pourtant, à l'aube, demeuré Qu'un amas incertain que le talon tourmente;

Et sur la grève grise où, dans le matin clair, Je marche en regardant descendre vers la mer La corne bucolique et pâle de la lune,

Je songe que les Dieux ont mêlé, cette nuit,

Sur la plage visqueuse où leur vestige luit,

Le troupeau d'Amphitrite au bétail de Neptune.

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