L'ORAGE
Les lis du vase vert ont une odeur d'orage,
Et, peu à peu, Se dessinent la griffe et l'aile d'un nuage
Au ciel trop bleu;
Le miroir sur le mur, en sa rocaille torse
Crispant son or, Paraît terne, engourdi, sans reflet et sans force,
Et comme mort;
Les lis trop parfumés, en leur faïence verte,
Semblent trop blancs, Et, dans l'air lourd, là-bas, à la fenêtre ouverte,
Parfois j'entends,
Tandis que je regarde à travers la dentelle
Votre sein nu, Passer comme un éclair le cri des hirondelles
Au vol aigu...