A UN POÈTE
Du même geste dont on sème Au sillon l'or épars du grain, Tu composes chaque poème Selon ton geste ample et serein;
En ta strophe, je crois entendre Le bruit éclatant ou secret Que fait le vent, grondeur ou tendre Dans les feuilles de la forêt;
Ton vers, tour à tour, marche ou vole, Tantôt grave, tantôt ailé ; Et tantôt il est la corolle, Tantôt le fruit mûr et gonflé;
Tout le ciel et toute la terre Se sont peints au fond de tes yeux La bête et son humble mystère, Et l'homme qui songe à ses Dieux;
Salut à toi, fils de Virgile !
La Muse te dresse un autel, Car tu sus, d'un roseau fragile, Faire naître un chant immortel I