‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 115 sur 203 · PANNEAU · texte numérisé non relu

PANNEAU

L'ingénieux Amour noue à mon cadre d'or Sa couronne de fleurs et son carquois de flèches, C.ar sa bouche, jadis, douce à mes lèvres fraîches. Leur donna la couleur qui les empourpre encor.

Sous l'arceau du bosquet qui dresse son décor A ma beauté, l'Automne avec ses feuilles sèches Touche ma joue encor pareille au fard des pêches. Et l'éclair de mes dents pourrait y mordre encor.

L'Amour, hélas! vois-tu, ne fait pas d'immortelles; La toile d'araignée ourdit à mes denteUes Ses fils mystérieux qu'entrelace le temps,

Mais, si la triste Mort m'eflleura de son aile. Le dieu qu'en sa jeunesse adora mon printemps Me garde souriante et me voit toujours belle.

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