‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 14 sur 203 · LA MÈRE · texte numérisé non relu

LA MÈRE

Prends garde, jeune mère, à l'enfant que tu portes.

Evite la ruelle et ne t'arrête pas,

Avec lui qui sommeille ou rit entre tes bras,

A l'angle de la place ou sur le seuil des portes.

Suis le sentier. Crois-moi. Il vaut mieux que tu sortes

De la ville et marcher doucement, pas à pas.

Le long de cette haie où tu respireras

Aux jardins qu'elle clôt l'odeur des roses fortes.

Il est, plus loin, des heux tranquilles, ce vieux temple En ruine où le temps a fait croître plus ample Le lierre rampant sur les dalles qu'il rompt...

Assieds-toi en chemin devant le soir qui tombe Et montre à cet enfant dont les jours passeront La borne de la route et la stèle des tombes.

Page 1