‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 30 sur 203 · RENAISSANCE · texte numérisé non relu

RENAISSANCE

Tu montes marche à marche et tu viens pas à pas, Frôlant la dalle nue au fond du corridor, Et ta main à la clef hésite et tarde encor Et tu restes au seuil et respires tout bas;

La porte s'est ouverte et lente tu entras Et avec toi le clair matin de vent et d'or, Mais tu ne portais plus, reprise à l'amour mort, La lampe qui le veille et ne l'éveille pas.

Je ne reconnais point ton visage penché Vers moi; je ne t'ai pas reconnue, ô Psyché Morose ! ton sourire est si doux, et ton aile

Joyeuse ne s'alourdit plus d'un crêpe sombre, Et j'ai compris enfin à te trouver plus belle Que la beauté de l'aube est d'avoir été l'ombre.

LES MÉDAILLES d'ARGILE 63

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