‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 33 sur 203 · L'AVEUGLE · texte numérisé non relu

L'AVEUGLE

La Tristesse a pesé longtemps sur tes paupières Du baiser de sa lèvre grave et du poids las De sa bouche, et tes yeux qui ne souriaient pas Restaient clos dans la nuit de ta face de pierre;

Et tu marchais ai'isi aveugle à l'aube claire Dans l'écho où de toi semblaient s'enfuir tes pas, Et, dans ton âme sombre où tu errais, là-bas, Les arbres se mouraient de l'étreinte du lierre;

Et, dans l'or doux des jours et l'argent des matins. Tu ne voyais, hélas ! sous tes pas incertains, Ni les fleurs s'entrouvrir, ni voler les colombes.

Ni, dans le crépuscule ébloui de son sang

Qui saigne goutte à goutte où le pétale tombe,

Une rose divine en flamme dans le vent I

LES MÉDAILLES d'aRGILR 67

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