LES FRÈRES
Crois-moi. Tes pieds sont faits pour suivre le chemin Qui, du seuil de la porte au bord de la fontaine, Conduit si mollement que sur son sable à peine Se marquera ton pas silencieux et vain.
L'air natal respiré rend ton soupir divin. Chante. Ta flûte est droite et juste ton haleine. La nature s'émeut à la chanson humaine; La colombe roucoule et ne fuit pas ta main.
Pour moi, mon dur talon convient à la sandale;
Ma semelle de cuir frappe fort sur la dalle;
Mon souflle âpre sied mieux au cuivre qu'au roseau.
Adieu, Frère, la vie est double, rude ou belle. Et saurons-nous quel Dieu nous fit ainsi rivaux. Car ma voix furieuse est pourtant fraternelle?
LES MÉDAILLES d'aRGILE 87