‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 51 sur 203 · SUR LA GRÈVE · texte numérisé non relu

SUR LA GRÈVE

Couche-toi sur la grève et prends en tes deux mains, Pour le laisser couler ensuite, grain par grain, De ce beau sable blond que le soleil fait d'or; Puis, avant de fermer les yeux, contemple encor La mer harmonieuse et le ciel transparent, Et, quand tu sentiras, peu à peu, doucement. Que rien ne pèse plus à tes mains plus légères. Avant que de nouveau tu rouvres tes paupières, Songe que notre vie à nous emprunte et mêle Son sable fugitif à la grève éternelle.

Page 1