‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 77 sur 203 · LA HACHE · texte numérisé non relu

LA HACHE

Ecoute. Le vent froid aux cailloux de la route

Aiguise lentement, invisible ouvrier,

Les serpes et les faulx de ses bises d'acier;

Le pas du Temps résonne au carrefour. Ecoute.

Ecoute. Au loin déjà les fleurs s'clTeuillent, toute La prairie alentour frissonne, et tout entier Le grand arbre frémit au soufïle meurtrier; Et sa Dryade en lui va saigner, goutte à goutte.

Les bûcherons, liant le fagot et l'écorce,

Vont dépecer, hélas! ta stature et ta force;

Ton ombre a marqué l'heure à ta chute; mais sache.

Au soir de quelque Automne orgueilleux de ta mort,

Parmi l'elïondrement de ta ramure d'or.

Tomber au moins hautain et grave, sous la hache.

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