LA HACHE ET LE FILET
Abats les chênes
De ta haute hache d'acier bleu
Qui hiit et frappe et coupe et peine,
El, peu à peu.
Ébranle l'arbre qui tremble et penche
Et tombe avec toutes ses branches.
Avec ses lierres et ses guis...
Et puis.
Dompte la mer
Et guide la proue et vogue et vire
Parmi l'écume et le flot vert
Et tire
Le lourd filet dont un poids clair
D'argent vif et d'or et d'écaillés
Gonfle les mailles...
Vous êtes
Hauts de stature et forts de bras,
Toi, pêcheur, et toi, bûcheron.
Mais si bien même
Les guis coupés étaient des tètes,
Et tes poissons
Pèseraient-ils leur poids d'or vrai,
Vous n'auriez pas contre mon gré.
Vous n'auriez pas.
Par la cognée ou par la rame.
Sans mon amour.
Une seule heure de mes jours,
Un seul cheveu de mes cheveux.
Et c'est bien peu
Tout votre vain orgueil d'hommes qui ne peut
Qu'à sa guise lui rie une bouche de femme !
A TRAVERS l'aN 203