‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 95 sur 203 · CRÉPUSCULE D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

CRÉPUSCULE D'AUTOMNE

Pâles et par la main et comme deux amies La Tristesse et la Paix vous conduisent vers rom])re Où, dans le vieux jardin mélancolique et sombre, S'effeuillent doucement des roses endormies.

La face du silence aux fontaines bleuies Se regarde mourir au fond de l'eau qui tombe. Goutte à goutte, éveillant le repos des colombes. Lourde dans l'or de l'arbre et des feuilles vieillies.

Car l'automne est venue avec le crépuscule. Et, lorsque vous marchez, un fantôme recule. Devant vous qui sourit d'avoir été vous-même;

Une épine survit où fut la Heur éclose,

Le Passé, soir par soir, s'accroît de l'ombre vaine,

Goutte à goutte, le Temps se meurt et rose à rose !

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