‹ Œuvres de Henri Heine (volume 4)Chapitre 26 sur 81 · LA CONSÉCRATION · texte numérisé non relu

LA CONSÉCRATION

Seul dans la chapelle des bois, devant l'image de la céleste Vierge, un pieux et pâle garçon était dévotement prosterné.

" O madone ! laisse-moi éternellement ici, agenouillé sur ce seuil ; ne me rejette jamais dans le monde glacé des pécheurs.

" O madone ! les boucles rayonnantes de ta tête ondoient au soleil ; un pur sourire se joue doucement sur ta bouche, rose sacrée.

" O madone ! tes yeux m'éclairent comme une illumination d'étoiles ; la barque de vie s'égare, les étoiles toujours la dirigent sûrement.

" O madone ! sans défaillir, j'ai porté le fardeau de ta douleur, aveuglément confiant dans le pieux amour, enflammé de tes seules ardeurs.

" O madone ! entends-moi aujourd'hui, pleine de grâce, fertile en miracle, accorde-moi un témoignage, un tout petit témoignage de ta bonté !

Il se produit alors un effrayant miracle : le bois et la chapelle disparaissent tout-à-coup. Le garçon ne savait ce qui était arrivé ; tout s'était brusquement transformé.

Il se trouvait, plein de surprise, dans une salle d'apparat où la madone était assise, mais sans son auréole ; elle s'est muée en une charmante jeune fille, et salue et sourit avec une joie d'enfant.

Et voyez: de ses blonds cheveux, elle coupe elle-même une boucle et elle dit au garçon avec une voix céleste : " Prends, voici le plus beau présent de la terre ! "

02 HENRIHEINE

Parle maintenant ! Que signifie la consécration ? Ne vois-tu pas des flammes colorées flotter dans le bleu du ciel ? Les hommes appellent cela Tarc-en-ciel.

Les anges montent et descendent, ils battent à grand bruit des ailes, chuchotent de merveilleux lieder, font entendre de douces harmonies.

Le garçon a fort bien compris ce qui le pousse, avec l'ardeur du désir, là-bas, là-bas vers le pays où croît le myrte éternel.

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