‹ Œuvres de Henri Heine (volume 4)Chapitre 27 sur 81 · SÉRÉNADE MORESQUE · texte numérisé non relu

SÉRÉNADE MORESQUE

Sur le cœur de Zulcima endormie, coulez goutte à goutte, mes larmes. Et le doux petit cœur battra, plein de désir pour Abdul.

A l'oreille de Zulcima, jouez-vous, mes tristes soupirs ; et la blonde petite tête rêvera en secret du doux amour d' Abdul.

Sur la petite main de ma Zulcima endormie, épanche-toi, mon cœur sanglant. Et la douce petite main sera rouge du sang clair d'Abdul.

Ah ! la douleur est née muette, n'ayant pas de langue en la bouche ; elle n'a que des larmes, elle n'a que des soupirs, elle n'a que le sang des blessures du cœur.

ALMANSOR MOURANT ^

Sur Zulcima endormie tombent de brûlantes larmes ; le flot de mes larmes arrose sa main d'une blancheur de cygne.

Sur Zulcima endormie mon sang rouge tombe goutte à goutte ; elle soupire tristement en rêve et j'entends battre son petit cœur.

^ Variante de la poésie précédente, publiée le 5 septembre 1847 par la Feuille du Dimanche, de Vienne. (Note des éditeurs.)

Ah ! la douleur est née muette ; n'ayant pas de langue en la bouche, elle n'a que des larmes, elle n'a que du sang, le sang de sa profonde et mortelle blessure.

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