‹ Œuvres de Henri Heine (volume 4)Chapitre 35 sur 81 · A FRANZ DE Z · texte numérisé non relu

A FRANZ DE Z

Une étoile brillante m'attire vers le Nord; mon frère, adieu ! pense à moi quand je serai loin ! Reste fidèle, oui, fidèle à la Poésie, n'abandonne jamais la tendre fiancée ! Conserve en ton cœur, ainsi qu'un trésor, la chère et belle parole allemande ! — Et si tu viens jamais sur les plages du Nord, prête avec soin l'oreille jusqu'à ce qu'un chant s'élève et domine les flots apaisés. Alors il pourra se faire que le lied du poète bien connu s'avance au devant de toi. Alors prends également ton luth et donne-moi mainte aimable nouvelle.

Dis-moi ce qui t'advient, mon fidèle poète, et comment vont tous ceux que j'aime, et ce qu'est devenue la belle demoiselle qui réjouit et enflamme tant de jeunes cœurs, la rose qui fleurit auprès du Rhin en fleur ! Et donne-moi encore des nouvelles de la patrie : dis-moi si elle est encore la terre de l'amour fidèle, si le Dieu de nos pères est encore en Allemagne, si personne n'est plus au service du mal. Et le poète au pays du Nord se réjouira quand ton lied suave lui apportera par dessus les flots de joyeuses nouvelles.

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