SUR LE HARDENBERG
Revenez, vieux songes d'autrefois, ouvre-toi, porte de mon cœur ! Que de chants de délices et de larmes douloureuses merveilleusement en jaillissent !
Je veux errer à travers les sapins, où la source gaiement murmure, où les cerfs orgueilleux cheminent, où la grive siffle son chant.
1 Les poèmes suivants figurent dans le f^oyage au Harz des Reisebilder. (Note des éditeurs).
Je veux monter sur les montagnes, sur les hauts rochers escarpés, où les sombres ruines des châteaux apparaissent à la lumière du matin.
Là, je m'asseoirai silencieux, songeant aux temps anciens, aux vieilles races vigoureuses, aux splendeurs disparues.
L'herbe couvre maintenant la place du tournoi, où combattait l'orgueilleux champion qui avait battu les plus braves, et remporté le prix du combat.
Le lierre rampe sur le balcon où se tenait la belle dame dont les yeux vainquirent l'orgueilleux vainqueur.
Hélas ! la main de la mort a vaincu le victorieux et la victorieuse, — ce maigre chevalier de la faux nous couche tous dans le sable.